La coupe de l'UEFA... Au départ, quel challenge modéré, mais quel défi tout de même ! Petite coupe des perdants toutes compétitions, elle gagnait en valeur à cause du côté "coupe", les matchs jamais joués entre des équipes de force inégale.
Maintenant le couplage de la coupe de l'UEFA avec la Champion's League, principale vitrine des clubs européens, rend cette coupe insipide. Peut-être, je ne l'ai pas vu, peut-être que le match entre Helsingborg et Bordeaux était de qualité et comportait un enjeu (en témoignent les cartons distribués). Mais si on prend par exemple le prochain match de Rennes, décisif (en cas de victoire de plus de 2 buts d'écart ils pourraient passer au tour suivant), je me dis "à quoi bon?". En effet, à l'issue de cette peu enthousiasmante phase de poules copiée un peu mais pas trop sur celles de la grande coupe aux grandes oreilles (la C1), il y a l'arrivée des "rejetés" de la grande soeur ! Si Rennes parvient à se qualifier, ce qui serait déjà un exploit, il pourrait se retrouver contre des clubs d'un gros calibre, genre Liverpool, Glasgow Rangers,... Les chances existent, mais elles sont minimes connaissant les doutes actuels des Rennais sur leur animation de jeu.
Ce "passe-droit" casse vraiment l'idéal du fonctionnement d'une coupe : au départ tout le monde est sur la même ligne, puis les vainqueurs des premiers matches rencontrent les autres vainqueurs, puis les vainqueurs des vainqueurs... Cette coupe de l'UEFA insipide déroge à la règle : on peut avoir été qualifié parce qu'on a gagné la coupe de la Ligue par exemple, on passe 1 ou 2 tours puis c'est un mini-championnat (où les calculs de sioux apparaissent souvent). Pendant ce temps, le second d'un grand championnat (qui n'a donc rien gagné l'année précédente) fait un parcours moyen en poule de Champion's League; il est donc reversé en UEFA, punition considérée comme presque équivalente dans l'esprit des supporters à une fin définitive de la campagne européenne. Les bons élèves se hissent au niveau des mauvais élèves rejetés, vous trouvez ça normal ?
J'entends d'ici les récriminations selon lesquelles être second d'un grand championnat c'est aussi dur que gagner une coupe de Norvège; c'est vrai, la situation des clubs en fin de championnat ne reflète pas toujours leur valeur lors de la saison suivante, alors que la réussite dans un système de coupe se mesure mois après mois. Mais enfin, grosso modo, ce système de vases communicants, pour sauver les comptes des clubs, a largement tué la "glorieuse incertitude du sport" et le plaisir d'une bonne coupe de l'UEFA.










