Précédent Créer son blog Suivant Signaler un abus Noter :  
Ma photo
Badauderies
Contactez-moi
Mail :
Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 26/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Reprenant une réflexion de Gilles Deleuze je commentais l'addiction aux jeux en ces termes : le joueur accro vise toujours l'avant-dernière partie. En ces temps de cadeaux, j'ai envie de rajouter une pierre à l'édifice déjà pesant de nos tristes angoisses du vide.

Les cadeaux, ça va cinq minutes, mais trop de cadeaux tuent les cadeaux. Ainsi lorsqu'on reçoit pléthore (spéciale dédicace à feu madame Adrienne Lidoine), on n'a plus de plaisir à recevoir plus. Pour les économistes, ce serait une forme de gain marginal de plaisir décroissant, qui tend à devenir rapidement négatif. Pour les lecteurs d'histoires pour enfants, c'est le syndrome de Piem la pieuvre qui a bien besoin de se faire manger les jouets par Bali la baleine.

D'une certaine façon, ceux qui offrent des cadeaux redoutent consciemment ce moment, mais ils se disent qu'ils sont encore en-deçà de la saturation : les généreux donateurs cherchent toujours à donner l'avant-dernier cadeaux, et non le dernier, car ainsi ils peuvent continuer à offrir sans "pourrir", sans "gâter". Ils sont d'autant plus enclins à pousser le bouchon plus loin que sous l'effet potlach propre à toutes les sociétés humaines, plus de don implique plus de redevance, et donc plus de pouvoir... C'est peut-être l'un des seuls effets bénéfiques de l'individualisme croissant dans nos sociétés, de se détacher de cette culpabilité de recevoir pour ne plus donner de pouvoir ou d'emprise à ceux qui donnent. Adieu Dickens, adieu paraboles bibliques...
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire

Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Mon calendrier
< Sep. 2008  
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     
Trafic
2 connectés
26366 visiteurs