Le vieux Le Senne, chercheur en psychologie, divisait le monde en deux catégories, les primaires et les secondaires. Pour une fois je ne vais pas me moquer de ce grossier découpage, puisqu'il me sert bien souvent à me rassurer sur ma capacité de réaction.
Je l'avoue, je suis éperduement secondaire, en tout cas quand je ne me surveille pas. Les mauvais aspects du secondaire font de moi une banane footballistique, qui sait bien anticiper les occasions d'interception, mais est incapable de prendre une décision rapide quand le ballon est dans les pieds. Ce soir par exemple, j'étais une catastrophe, on aurait dit le PSG au Parc des Princes en 2007, ou Laurent Blanc en finale de la C3 poussant à moitié le ballon de la tête vers le gardien olympien (Barthez ou Runje?).
En matière d'envoi de SMS, le caractère secondaire touche juste: plutôt que de faire appel à son cerveau reptilien, il prend le temps d'une réponse au ton juste, qui touche sans blesser : il est cyranien car à la fin de l'envoi il touche. Le téléphone portable version voix, non, là c'est pas bon, on n'a plus le temps du schéma Action - Temporisation - Réaction, qui aurait donné des boutons aux cadres du pensionnat des Choristes.
A l'ère moderne, toutefois, reste-il de la place pour ceux qui ont l'esprit d'escalator? Pour avoir rencontré d'autres dinosaures secondaires, et des plutôt salés, et pas malheureux, je l'espère et je le pense... Et puis, s'il faut être vrai plutôt que gentil, la vengeance est toujours, jusqu'à preuve du contraire, meilleure froide...










