Je regrette amèrement de ne pouvoir m'étendre plus largement sur le sujet, car il pourrait faire l'objet de volumes et d'articles en pagaille. Là où l'économie de l'attention gagne peu à peu ses modes de régulation, au travers de la dimension inter-active et participative, quelqu'un, sorti des urnes sans doute, propose de fonder un business model de télévision sur l'économie de club. L'innovation mérite d'être saluée, d'autant que quelques semaines plus tôt le rapport Olivennes proposait un chemin inverse pour l'ensemble des connexions réseau dans les limites du territoire national (c'est bien connu, les pirates s'arrêteront alors aux frontières, comme le nuage de Tchernobyl et la crise des subprimes).
Ce qui me dérange plus, beaucoup plus, c'est que la régulation étatique des champs de production culturelle porte alors non plus sur les besoins des acteurs dans leur diversité, mais sur les contraintes de production d'une frange déjà trop fortement contrainte des producteurs médiatico-culturels. France Télévision a besoin d'argent pour accomplir ses missions, elle n'a pas besoin de plus de missions ! France Télévision a un cahier des charges lourd, et le montage financier proposé par on-ne-sait-plus-qui est tout sauf une garantie de pouvoir les remplir.
Et soyons scandaleux, le financement de France Télévision se ferait sur le dos des consommateurs français. Et les Belges, les Suisses, les Luxembourgeois, les Monégasques, ils regardent jamais France Télévision, peut-être ? Alors pourquoi on va pas taxer leurs téléphones mobiles à eux ? A l'inverse, moi qui ne regarde que Téva et NT1 les soirs de catch, pourquoi je devrais me faire taxer pour une chaîne que je regarde jamais, même si elle fait du bien à la société dans laquelle je vis? Ce serait pas plus logique de faire payer les consommateurs directs ?
Tant qu'à faire oeuvre de salut public, pourquoi alors ne pas interdire totalement la pub sur toutes les chaînes, qui ne marcheraient plus alors selon la pression de l'audimat mais selon le besoin de contenter leurs abonnés pour des sommes modiques mais honnêtes ? C'est à contre-courant de l'évolution générale de la télévision, évidemment, mais certainement dans le sens de l'évolution des connexions internet, qui fonctionnent par bouquets. Alors, pourquoi ne pas passer à l'avenir lointain... tout de suite ?










