Il n'y a pas de justice en ce bas-monde, surtout dans les sphères paradoxales de l'art vidéoludique (le monde des jeux vidéo, en clair). En effet l'art rend onéreux l'oeuvre la plus en phase avec les critères de qualité dans le plus grand nombre d'époques : si l'oeuvre est portée au pinacle "posthumément", ou pendant une longue période historique, la valeur marchande grimpe. Si cette oeuvre colle avec les critères financiers d'une société économique à forte capitalisation, le coût en est d'autant augmenté.
Mais quand on lit la liste des jeux les plus cotés du monde, ceux qui s'échangent à prix d'or en particulier à cause de leur caractère quasi-unique, on se dit : que de nullités ! Que de médiocrité insigne ! Et c'est ça qui retient l'intérêt des zélotes du jeu ?
Soyons objectifs, il s'agit non d'oeuvres uniques, où la qualité fait le plus souvent foi, mais de tirages limités, et dès lors c'est la rareté qui fait monter les enchères. Mais tout de même, un "gold master" (CD ou DVD gravé de la préversion officielle d'un jeu) d'Ultima VII, la cartouche personnelle de Shigeru Miyamoto du jeu Ocarina of Time, ou même pour ceux qui ont un gros salon, le prototype de Steel Battalion avec sa manette de commande d'1 mètre cube, ça aurait donné un jour plus reluisant aux oeuvres ludiques... Allez faire comprendre ensuite à vos interlocuteurs interloqués que les jeux vidéo sont une voie extraordinaire d'innovation artistique et sociale...










