Le grand bonhomme est mort depuis trop longtemps déjà, mais son humour me hante encore. Je ne faisais rien, je me suis demandé : "mais qu'est-ce que tu fais ?".
M'est alors revenu en mémoire ce magnifique sketch du danger de voir ce qui n'existe pas : la bouteille qui fait tituber, le risque de rester à tout jamais dans l'imaginaire, et ce splendide passage où Devos raconte avoir joué un mime qui devait ne rien faire. Légèrement angoissant, tutoyant l'absurde, linguistiquement génial, c'est du grand Devos, du Devos tout simplement.
De mémoire d'internet, je restitue le passage du mime, saccadé mais avec un mouvement d'ensemble encore perceptible :
On dit qu’un mime sait tout faire.
C’est faux !
Un mime ne peut tout faire.
Exemple :
Un jour …
Je devais mimer un personnage
Qui n’avait rien à faire …
Eh bien… je n’ai rien pu faire,
Parce que ne rien faire,
Ca peut se dire.
Ca ne peut pas se faire. (…)
Paradoxalement, plus je ne faisais rien
plus les gens, dans la salle, disaient :
“Qu’est-ce qu’il fait ? Mais qu'est-ce qu'il fait ? (…) “
A rappeler aussi, la remarque du directeur du théâtre : "Non seulement je paye un mime pour ne rien faire, et il ne le fait pas, mais en plus il parle !"
Devos, si tu existes (encore), envoie-nous une preuve de ton existence !










