Les heureux hasards de la TNT m'ont fait tomber, mercredi soir, sur une sympathique émission littéraire digne de feu Apostrophes : Les Livres de la 8. Comme beaucoup de cases de Direct 8, il s’agit d’une émission en direct. En cela, elle a déjà du sel, parce que la parole des écrivains est toujours quelque chose de spécial, d’atypique, de révélateur, par-delà ce que Proust disait à propos du moi écrivain et du moi social.
Et Maurice G. Dantec, connu à la fois pour ses œuvres remarquables (je n’en ai hélas pas lu) et ses idées étranges, était invité en ce mercredi 19 septembre 2007, peu après la morne défaite de l’OL face à Barcelone. Sa parole dans ce contexte était d’autant plus intéressante qu’il a choisi de tirer parti du dispositif : au lieu de répondre à la première question du présentateur interviewer, il a souligné les difficultés que lui a causées la troncature de ses propos dans de nombreuses émissions littéraire en différé.
Il était posé, développait à loisir ses idées et sa vision de la langue (par exemple abondant dans le sens de l’essai Mauvaise Langue de la jolie Cécile Ladjali). Il était impec’, bien dans son rôle de paranoïaque / prophète / ermite, et pourtant pas outré au point de masquer l’intérêt réel de son propos littéraire et sociologique. J’ai beaucoup aimé que par contagion le présentateur prenne la liberté de parler comme son interlocuteur, sans demi-mesure, pour souligner l’excellence des première et troisième nouvelles d’Artefact, mais l’absurde ésotérisme abscond de la deuxième nouvelle de ce recueil.
Cela donne très envie de lire son dernier ouvrage. C’est une bonne émission littéraire.










