La place pour parler de sport, alors que le monde tourne encore au vinaigre ? Des raisons géographiques me poussent à faire un sort à la chute de la maison Laure. Le parallèle avec Teddy Riner, plantigrade jeune et bronzé pas encore au sommet, nous montre la permanence du mythe d’Icare. La devise olympique, plus vite, plus haut, plus fort, ressemble trop souvent à « trop vite, trop haut, trop fort ». La dame papillon est sans doute montée trop haut sur l’olympe lors des jeux d’Athènes, tout de suite, et de ces hauteurs on ne peut que redescendre, en France en particulier.
Qu’est-ce que c’est ce racisme anti-français, les Français ne seraient pas capables de tenir leur rang lorsqu’ils gagnent ? Beaucoup moins que les américains si l’on en croit l’exemple évident de Michael Phelps. La règle générale oublie forcément les exceptions, tels les Hinault, Douillet, Longo, Makelele, Rives. Mais dans l’ensemble les sportifs français préfèrent vivre heureux plutôt que mourir glorieux. Laure a envie de vivre, qui lui lancera la pierre fera des ricochets.
Tony Estanguet le montre aussi, il était champion olympique, le fait de porter le drapeau risque d’amoindrir ses capacités pour l’épreuve de slalom, mais c’est un moment unique à vivre, une expérience à faire… donc il y va. Et il perd.
Teddy Riner gagnera donc encore, parce qu’il n’a pas atteint le but de son voyage sportif, et qu’il peut raisonnablement profiter de son sport ET de sa vie ensuite. D’après moi Manaudou ne gagnera plus, ou différemment, dans un nouveau domaine propre et non plus dans le fil rectiligne de son passé sportif. Trop de blessures, trop d’amertume, trop de poids de son propre passé.
Sur l’étonnant monsieur Bolt, c’est sans doute le seul jamaïcain qui produise de la fumée non par ses herbes mais par ses foulées. Mon chagrin est qu’il soit à hauteur des 9’60, limite physiologique ou biologique de l’humain, sans une courbe de progression digne de ce nom. J’espère donc qu’Usain Bolt ne nous laissera pas sur le carreau…
Pendant ce temps, la Russie évacue ses troupes de Géorgie, mais elle se trompe de sens, les chars vont vers Tbilissi ! Quels farceurs ces Russes.










