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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 09/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Je suis, je dois l'avouer, impressionné par le passage en quelques mois, pour l'indice CAC 40, de 5000 points à 4000 et sans doute bientôt 3000 points. La finance est malade, et de nombreuses structures (états, instances internationales, groupes bancaires) sont à son chevet. Quelle sera la prescription finalement? Ce qui permet à la bête de renaître de ses cendres ou ce qui en fera un instrument nouveau de valorisation au carré de la compétence et de la qualité?

Ce soutien peu conditionnel des banques et organismes financiers mérite d'être examiné longuement, mais autant il est légitime de vouloir sauvegarder un outil de création de valeur dans un pays, autant l'absoluion pour tous les péchés de gourmandise des établissements semble très dangereuse à long terme. Le sentiment de différents poids, différentes mesures peut prévaloir ici ou là. Deux débats se superposent et se polluent:
- Faut-il laisser chuter le marché pour que la "sélection naturelle" pousse les bourses à valoriser les actifs aux fondements solides dans l'économie réelle, ou utiliser l'action étatique pour sortir à court terme de la crise ?
- Faut-il remettre d'aplomb l'économie en faisant confiance aux acteurs économiques pour apprendre de cette crise majeure pour ne plus reproduire les mêmes erreurs (partisans d'un simple retour à la situation précédant la crise), ou remettre à plat les règles de fonctionnement de la finance mondiale pour encadrer la vie financière à venir (partisans d'un "nouveau Bretton Woods")?

Au premier débat la réponse la plus courante est que les conséquences économiques d'un abandon complet à la logique de crise seraient contraires à la fois à l'intérêt de tous et à l'intérêt de chacun. Donc, à éviter.
La seconde alternative, entre le rétablissement et la remise à plat complète, est plus ou moins l'opposition entre les vues économiques de la droite et celles de la gauche. Mais les deux positions restent sur le plan de la théorie: concrètement, l'existence de précédents fera une sorte de "jurisprudence" internationale. Donc les règles de la finance internationale sont déjà changées. A l'inverse, comment reconstruire toutes les règles de la finance sans une économie qui reparte de zéro conjointement, hypothèse douloureuse pour tous, ramenés à l'âge de pierre et à la guerre du feu? Le changement total des rouages économiques n'est pas accessible aux acteurs économiques qui le souhaitent, et pas souhaité par ceux qui le peuvent.

L'aspect positif de cette lancinante et vertigineuse affaire, c'est de prouver un peu plus qu'il n'est de progrès humain que dans l'organisation des structures et non dans la prolongation de l'état de nature dans la société.
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