Il y a un monde entre la réaction à chaud et la réaction H.O. (pour Hyper Objective). Hélas, et heureusement en même temps, nous ne sommes pas comme Descartes pesant toute chose avec un oeil scientifique avant de porter l'esquisse d'un jugement dessus. Nous devons nous comporter en chevaliers fonçant à travers la forêt pour en sortir au plus vite. (portrait du philosophe en honnête homme)
Bref, je me dois de faire une réaction à chaud de temps en temps. Par exemple, la publication d'un livre par Ségolène Royal aux "bonnes feuilles" incendiaires ne laisse pas mes proches insensibles, et ceux-ci me demandent mon avis. Comme ça, sur quelques passages non contextualisés. Il le faut je me lance donc.
Remarque préalable, le circuit de publication de mes articles rend cet idéal d'immédiateté absurde. En effet j'envoie sur clé, le texte est revu, réécrit, repris un peu plus tard, il part à l'impression, le tirage se fait sur vélin broché à Sablé sur Sarthe, l'exemplaire revient à la Bibliothèque Municipale de Lyon, qui le fait numériser par Google, et le texte en est extrait pour transfert sur les serveurs hébergeant ce blog. A mon avis je pourrais faire plus simple, mais j'écrirai sous peu à la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour savoir si je peux moralement faire autrement.
Le temps imparti pour la rédaction de cet article est déjà fini, quel dommage ! Je n'aurai pas le temps de développer le paradoxe insoluble que je vois dans la volonté de faire un livre politique sans langue de bois. Ségolène a jusqu'alors joué la carte de l'éthique politique. Constatant sans doute que le climat se radicalise et n'est plus aux tièdes revendications polies mais aux révolutions, elle tombe le masque politique pour montrer la coulisse, ce qui se passe vraiment, pour parler aux vrai gens méfiant vis-à-vis de l'idée même de politique. Mais ne peut plus se targuer d'être au-dessus des querelles, de prendre de la hauteur.
Dans l'ensemble les deux postures se défendent et ont une portée en sciences politiques, mais je trouve personnellement qu'elle est allé un peu trop vite d'une attitude à l'autre, comme (sans doute est-ce le cas) sous le coup du ras-le-bol devant tant d'opposition socialiste infondée à ses projets, à ses actions, à ses paroles.










