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Publié le 17 novembre 2004 à 20:30
Par Élyse
Mise à jour : 17/11/2004 19h27

 


PALAIS DE JUSTICE DE MONTRÉAL

Guy Cloutier s'excuse...

 

Palais de justice de Montréal - Guy Cloutier s'excuse...

 

 

(PC) - Le producteur Guy Cloutier a plaidé coupable et s'est excusé, mercredi, d'avoir agressé sexuellement pendant six ans une fillette qui, lors de la première agression, n'avait que 10 ans et également une autre personne, dont le sexe n'a pas été révélé, pendant une période de six ans.


Dans le second cas, la personne en cause avait 11 ans au moment de la première agression.

Les gestes posés à l'égard de la première victime remontent au début des années 1980. Dans le cas de la seconde victime, l'année n'a pas été révélée.


M. Cloutier a fait son mea culpa en début de soirée mercredi.


«Je regrette profondément tout le mal que j'ai fait. Je reconnais mes torts, j'ai plaidé coupable, et puis comme vous le savez, maintenant mon sort est entre les mains du juge. Je le regrette de tout mon coeur», a-t-il dit lors d'une brève déclaration à la presse au Palais de justice de Montréal.


Le procureur de la Couronne a demandé et obtenu du juge Robert Sansfaçon de la Cour du Québec que la preuve touchant la deuxième victime soit présentée à huis clos, une situation rare dans les annales judiciaires.


«C'est une situation unique dans ma carrière de 20 ans», a déclaré le magistrat qui semblait fort mal à l'aise. Malgré les représentations faites par un avocat qui s'opposait au huis clos, à la demande de divers médias, le juge a conclu que si les informations concernant la seconde victime étaient publiques, cette personne serait non seulement facile à identifier mais subirait «un préjudice grave et important» en plus d'effets dévastateurs à moyen et long termes.


Après le plaidoyer de culpabilité de Guy Cloutier sur quatre chefs d'agression sexuelle et un chef de tentative d'entrave à la justice, les avocates Josée Grandchamp pour la Couronne et Sophie Bourque pour Guy Cloutier ont présenté un exposé conjoint des faits.


L'exposé était ponctué de bouts de la conversation survenue le 17 mars 2004, entre la victime et le promoteur, alors que la jeune femme portait un mécanisme d'enregistrement et que des policiers étaient cachés dans la pièce. Elle avait porté plainte le 12 février.


On y a appris que Guy Cloutier l'avait aidée financièrement, qu'il offrait de continuer, qu'il la suppliait de ne pas le dénoncer à la police, lui faisait valoir qu'il risquait la prison et évoquait le suicide.


La jeune femme lui parlait de la thérapie qu'elle avait entreprise et lui rappelait les gestes qu'il avait posés pendant toutes ces années. Il les reconnaissait, mais faisait valoir que de rendre publique cette affaire constituerait une véritable bombe qui ne ferait l'affaire que des médias. Il lui a alors offert une aide financière de 300 000 $.


«J'ai peur que la police vienne frapper à la maison, frapper à la porte», lui a dit l'accusé.

«Quand je vais être en dedans tu vas te sentir mieux?», lui a-t-il demandé.

«Fais moi pas arrêter, je te le demande», a-t-il poursuivi.


Il a ensuite dit qu'il priait «en Christ», comme jamais, et qu'il faisait du bénévolat pour l'Hôpital Sainte-Justine.


Au sujet de la seconde victime, avant que ne tombe la décision du huis clos, il avait été possible d'apprendre qu'il s'agissait d'attentats à la pudeur sous forme d'attouchements, de fellations et de masturbations.


Au début, les attouchements se produisaient quelques fois par mois puis étaient passés à trois fois par semaine quand la victime avait 14 et 15 ans. À l'âge de 16 et 17 ans, la fréquence des attouchements ont décliné de sorte que la victime a confié s'être sentie abandonnée et rejetée, comme un linge sale, a rapporté Me Grandchamp.


À son arrivée au palais de justice, peu avant 9h30, Guy Cloutier, âgé de 64 ans, n'en menait pas large quand il a aperçu la masse de curieux qui attendaient en file pour accéder à la salle d'audiences. Certains faisaient le pied de grue depuis 7h30. Il s'est assis au premier rang, la première victime avait déjà pris place également au premier rang, mais de l'autre côté de la salle.


La Couronne a réclamé une peine d'emprisonnement de cinq ans, dont trois ans pour les actes commis sur la première victime. Me Grandchamp a fait valoir que la teneur des rapports psychiatriques soumis par l'accusé n'était pas de nature à la rassurer sur les risques de récidive.


Pour sa part, Me Bourque a suggéré une peine de deux ans moins un jour, à purger dans la communauté.


Elle a demandé au juge de tenir compte de l'abondante couverture médiatique qui a fait de Guy Cloutier «un prisonnier social», du fait qu'il s'est vu forcé de cesser toute activité, même d'aller faire le marché, ce qu'il faisait avec plaisir depuis 25 ans.


Me Bourque a estimé à 1 million $ le montant versé au fil des ans par Guy Cloutier à la première victime. Elle a demandé au tribunal d'en tenir compte quand viendra le temps de déterminer la sentence. Ce qui sera fait le 20 décembre.



La nouvelle en vidéo

Video 1 


Video 2 

 

©LCN

Publié le 17 novembre 2004 à 07:57
Par Élyse
17-11-2004 | 06h39

 

PROCÈS GUY CLOUTIER

Des mesures exceptionnelles


Dany Bouchard - Journal de Montréal



Le début aujourd’hui de l’enquête préliminaire de Guy Cloutier au Palais de justice de Montréal force le ministère de la Justice à appliquer, pour la toute première fois, un plan de contrôle des médias qui évitera de revivre le chaos des procès Gillet, Hilton et Boucher.


Les journalistes seront admis en nombre limité dans la salle d’audience 3.05 alors que caméramans et photographes seront restreints à un bout de corridor.


«C’est la première fois que l’on doit établir d’avance un plan de la salle d’audience, mais ce sera probablement comme ça pour les autres procès très médiatisés», indique une porte-parole du ministère de la Justice, Jeannine Lahaye.



Pour assurer l’ordre


Selon elle, l’adoption de ce plan fait suite à une rencontre, au début du mois, entre le Barreau du Québec, la magistrature, le ministère de la Justice et le ministère de la Sécurité publique.


«Les intervenants du Québec se sont rencontrés après que la question de la sécurité et de la présence des caméras dans les Palais de justice eut été abordée au Congrès de l’administration judiciaire du Canada, à la fin du mois de septembre.


«Il s’agit simplement de mesures pour assurer la sécurité et le bon déroulement des audiences, pour permettre aux médias de faire leur travail, et pour permettre l’accès de la salle au public», renchérit-elle.



Un appel au bon sens


Pour l’instant, le plan ne prévoit pas de sanction pour ceux qui ne respecteront pas les mesures implantées.


«On fait appel au bon sens des personnes présentes, indique la directrice générale associée des Services judiciaires de la métropole par intérim, Christine Viens.


«Si les médias ne respectent pas ça, ils devront peut-être vivre avec les conséquences ; peut-être que les juges qui se préoccupent de la question des caméras dans les Palais de justice seront plus enclins à adopter des mesures contraignantes», met-elle toutefois en garde.


Des constables responsables de la sécurité au Palais de justice de Montréal seront aussi présents pour garder l’ordre.



Une vingtaine de privilégiés


Seules une vingtaine de personnes auront accès à la salle d’audience, bondée de journalistes ou de proches de l’accusé et de la victime.


La salle d’audience 3.05 compte, au total, 58 sièges.


Du nombre, quinze sont réservés aux médias qui ont un représentant permanent au Palais de justice et quinze autres sont réservés aux médias qui n’ont pas l’habitude de couvrir le milieu judiciaire.


«Des places seront réservées aux personnes impliquées et à leurs proches alors que les places restantes seront attribuées au grand public», indique la porte-parole du ministère de la Justice, Jeannine Lahaye.


«Dans ce dernier cas, ce sera premiers arrivés, premiers assis.»



Un plan précis


La vingtaine de caméramans et photographes attendus seront contraints à un petit espace, à l’entrée du corridor menant à la salle d’audience.


Au terme de l’enquête préliminaire, tous les représentants des médias seront dirigés vers la salle des Pas Perdus, devant la porte menant à l’Allée des Huissiers, où sont célébrés les mariages.


«Ce sera l’endroit où la famille et les avocats de la Couronne ou de la Défense pourront accorder, s’ils le souhaitent, des entrevues aux médias», mentionne Mme Lahaye.



Les hypothèses


Guy Cloutier ne change rien à son plaidoyer de non-culpabilité. La Couronne procède alors à la présentation des preuves, en vue d’un éventuel procès;

Guy Cloutier change son plaidoyer de non-culpabilité pour un plaidoyer de culpabilité. Sa représentation sur sentence est fixée à une date ultérieure.


L’accusé doit être présent, mais la victime présumée n’est pas tenue d’y être;

Guy Cloutier renonce à son enquête préliminaire. Ni lui, ni la victime présumée ne sont tenus d’être présents. Selon Me Claude F. Archambault.



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