Ce jeune Blésois, dont la famille est installée au Mans (Sarthe), comparaît pour avoir, entre 2005 et 2007, porté atteinte au secret de la correspondance Internet de sa sœur. Il est aussi accusé d'appels téléphoniques malveillants et d'accès et de modification frauduleuse sur un système d'information.
Désireux de retrouver trace de sa sœur qui avait coupé les ponts avec sa famille, et compétent en informatique, il a pénétré dans sa messagerie Internet à plusieurs reprises après en avoir modifié le mot de passe de sa messagerie.
Une première plainte de sa sœur pour violation de sa messagerie avait été classée sans suite. Mais un peu plus tard, sur réquisitoire supplétif, cette plainte était prise en compte. La défense de la sœur avait réussi à obtenir les preuves comme quoi le frère avait violé à plusieurs reprise le secret de son courrier.
A l'audience, on apprend ainsi que les conséquences ont été très graves pour la sœur et son compagnon. En effet, s'ils se sont mariés devant le maire, la cérémonie à l'église a été annulée deux jours avant la date prévue. Cela parce que les modalités de la cérémonie avaient été modifiées par les parents sans consultation des futurs époux. Le frère avait communiqué à ses parents l'information tenue secrète par le jeune couple. Bref, une indélicatesse qui a été très mal vécue par le couple.
A la barre, le frère fait profil bas. Il reconnaît l'essentiel des faits : « C'était le seul moyen d'avoir des nouvelles de ma sœur et de savoir si elle existait encore. Ce n'était en aucun cas pour lui nuire. » « Vous avez violé la sphère privée de votre sœur et de son mari. Ce n'était pas un moyen légal pour les contacter », lui rétorque la présidente.
“ Je n'en suis pas fier ”
Lui reconnaît mais minimise sa responsabilité : « C'est vrai, je l'ai appelée plusieurs fois sans résultat. Mais pas autant qu'on veut le dire. Je n'en suis pas fier. »
Pour l'avocat de la partie civile, c'est une affaire qui a tourné au cauchemar et qui a failli faire capoter leur mariage. La cérémonie religieuse a été annulée, en fait mise entre parenthèse en attendant le règlement de l'affaire, du fait de cette intrusion.
Le ministère public s'en remet à ses conclusions.
L'avocat de Jérôme, Me Simard, demande que toute proportion soit gardée. « Mon client n'a rien d'un hacker et il n'a rien révélé des informations sinon celles du mariage. Il a essayé d'aider sa famille à reprendre contact avec la sœur. Il s'y est mal pris certes. Mais il ne tire aucun bénéfice et je demande la relaxe ou du moins une application modérée de la loi. »
Le jeune Blésois est relaxé du délit d'appels malveillants mais reconnu coupable du reste. Il écope de 3.000 € d'amende dont 1.000 avec sursis et devra verser 1.500 € pour préjudice moral et 1.000 € à chacun des membres du couple au titre de dommages. Il est néanmoins débouté du préjudice économique.














