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Blog de José Spéret
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Publié le 18 août 2008 à 16:11
Par José S.
Les pions sont maintenant placés,
la guerre à l'horizon se profile.
La guérison est occultée de l'information par les médias
qui distillent
perfidement intox et désintox... 

Je n'ai guère envie de guerre.
A l'usure, les bombardements épurent.
Les misères de l'Est rattrapent les mises en terre du gaz à l'Ouest.

La ruse, ici, n'est que l'attrait du gain,
tuer plus pour
gagner plus. 

Je n'ai guère envie de guerre.
Bravades du désespoir, ou quête de l'éternel pouvoir,
ces pauvres hommes politiques sont pathétiques.
Les palabres avant les cadavres,
parce qu'il faut toujours des cadavres.

Je n'ai guère envie de guerre.
Là, c'est trop tard, déjà trop de morts,
trop de bombardements,
de destructions... épuration.

La ruse, ici, n'est que l'attrait du gain,
tuer plus pour gagner plus.

Je n'ai guère envie de guerre.
Pour la fortune et la gloire,
pour l'ego des généraux,
les envies des prétendus présidents.
C'est tous les humains qui paient...

Je n'ai guère envie de guerre.
C'est des femmes, des enfants, des anciens
que l'on trouvera sous les décombres.
Des fondations bien saignantes
émergeront de jolis complexes commerciaux...
Joyaux du capitalisme et du socialisme
du poutisme et du buchisme...

Je n'ai guère envie de guerre.
Mais là, ce qui se prépare
c'est bien une putain de guerre,
une boucherie sans nom !

Eh bien, ça faisait longtemps...
 

Pas assez apparemment.
Je n’ai vraiment guerre en vie…

José Spéret (ne pas voir ça !)
Publié le 14 août 2008 à 02:11
Par José S.

Tout ne s’explique pas.

Partant de ce principe, rien ne s’explique pas non plus.
Mais alors, qu’est-ce qui s’explique ?
La théorie enseigne la pratique.
Cette dernière renseigne plus souvent la théorie.
Partons d’un constat d’échec : plus on a d’informations, moins on en sait.
Les réponses soulèvent beaucoup trop de questions.
Abstraction faite du doute, la recherche ne fait qu’augmenter la difficulté.

"Si l’infini commence demain, hier, il s’achève."

Aberration ou réalité scientifique ?
Nulle hypothèse ne viendra apporter ici une réponse.

Mais l’on verra naître un vivier de questions, de suggestions, et d’affabulations excentriques.

 A propos des rêves
Les rêves sont des rediffusions d’images glanées çà et là par l’inconscient à travers l’œil.
Stockées dans une partie autonome de votre cerveau, suivant votre état d’esprit, les images seront replacées dans un contexte dont seule votre imagination est coupable ou responsable…
Vous n’êtes qu’un spectateur conscient, réceptacle d’un trop plein d’images qui reconstruisent une histoire, voire des histoires.
Pour ne plus rêver, fermons les yeux !
Trop tard ! Nous avons emmagasiné de quoi rêver pendant cent ans…
Alors, les aveugles ne rêvent pas ?
Faux ! La nature est bien faite : l’aveugle hérite du surplus d’images (donc, de rêves) de ses parents.
Par conséquent, son cerveau est déjà programmé.
Le flux de la vie est permanent. Elle trouve toujours un chemin. Il me plaît à croire que ce chemin ne sera jamais rompu.
Entité inexpliquée, l’esprit est le lien entre nous et la terre, entre nous et l’espace.
Nous ne subissons pas  le temps, nous sommes le temps.
Ne vous avais-je pas prévenus des affabulations excentriques ?!
Mais le sont-elles vraiment ?

José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).
Publié le 11 août 2008 à 11:38
Par José S.

Dans la série "on vit une époque formidable"...

Un archéologue suisse est tombé, complètement par hasard, sur un cimetière de mots.
Enfouis, oubliés, disparus depuis des milliers d'années.

Ont-ils vraiment existé ?

Damnés, certainement, ils l'étaient ces mots.

Leur sens et leur signification ne peuvent être que des hypothèses. 
"Esotériques, non, je ne pense pas" a révélé le professeur aux nombreux médias présents lors de sa conférence de presse surréaliste.

Ironiques, les journalistes, toujours plus au courant des événements que les propres acteurs des faits qu'ils commentent, se sont emmêlés stylos et micros pendant le discours quasi onirique du scientifique.

Des gargouillis, des éructations, un invraisemblable charabia inaudible et incompréhensible sortaient, comme psalmodiés, de la bouche de l'éminent intervenant...

Pour l'heure, à ce jour, dans l'état d'avancement de notre civilisation, les conclusions sont que le professeur a mis la main sur un texte codé, dans une langue certainement extraterrestre. 

Et là, même notre langage et notre communication universels googlonet.65 ne peuvent l'expliquer. Le titre de ce document s'appelle... enfin, je crois : l..e..s...d..r..o..i..t..s...d..e...l..'..h..o..m..m..e.

5 novembre 2055

José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")

Publié le 06 août 2008 à 11:38
Par José S.

En poétique,
pays de l'éther,
ce pays fantastique,
les mots sont éphémères
et magnifiques.

On peut se souvenir, en vers,
d'un coucher de soleil
inoubliable, au bord de la mer,
comme d'un rêve vermeil.

Le pire est de ne pas trouver les mots
pour le décrire.
La description est une galère,
si l'on ne veut pas être mièvre et rigolo.

Il n'y a pas de mot assez beau
pour définir le bonheur.
Pas de mot assez haut
pour toucher les cœurs.

Sous les pavés d'émotions, la page reste vide,
le stress envahit l'écriture.
Sous le stylo, celle-ci devient torture,
Immaculé, le papier devient avide.

Les rêves en nous sont enfouis,
les cauchemars sont là... encore.
En poésie, personne ne se réjouit,
dans les vers sont les remords.

La pensée est dissipée,
dans les strophes sont les accords.
Les couleurs des idées
restent au port.

Le doute est vague,
le goût amer.
L'esprit divague,
dans les cieux, en l'air.


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 03 août 2008 à 11:38
Par José S.

L'art de la poésie permet de se plaindre des maux par l'écriture.
Parfois, sans sombrer dans la caricature.
On peut décrire, sans être ridicule,
un homme politique comme un rejeton de pustule !
Il est possible que certains tiquent
ou que ce dernier s'offusque, pathétique !
Et alors, ce ne sont que des mots qui piquent,
évidemment pas très sympatiques.
Tordus, tout nuls,
assez pointus pour s'accrocher au pull.
Comme des uppercuts,
frisant parfois l'insulte.
Peu importe le support,
s'il mène le message à bon port.
Si l'on fait comme les vieux sages,
on reste là, à se taire, rongeant sa rage.
Par contre, on peut aussi y croire,
et s'en prendre aux pouvoirs.
On hausse la voix !
Surtout, on n'oublie pas de passer par l'isoloir
et de laisser sa voix.
Là, sans se casser la voix,
on peut, peut-être, influer sur la voie...
Même si elle est sans issue !
Je m'arrête là, le manque d'espoir tue !


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

Publié le 13 juillet 2008 à 00:11
Par José S.

Prisonnière de l'arbre, l'onde vagabonde ne s'essouffle plus.
Ombre parmi les décombres,
l'eau ne respire plus.

Souillée d'immondices marketées,
plastifiées et perfidement empoisonnées,
agonisante
elle laisse derrière elle le cortège funèbre d'une faune et d'une flore asphyxiées.
Ombre parmi les décombres,
l'eau ne respire plus.

Le sombre ruisseau halète, s'égosille, s'éparpille,
voilà qu'on le torpille.
Sous le torrent des larmes de la rivière,
les carcasses de poissons vacillent.
Ombre parmi les décombres,
l'eau ne respire plus.

L'horreur touche aussi les rivages amers et instables.
La mer assoiffée et affamée avale tout le sable.
Ombre parmi les décombres,
l'eau ne respire plus.

Salées sont ces larmes,
sourdes, ces alarmes.
Ombre parmi les décombres,
l'eau ne respire plus.

C'est dans l'oubli que s'abreuvent les fleuves.
Ombre parmi les décombres,
l'eau ne respire plus.

José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")

Publié le 08 juillet 2008 à 20:11
Par José S.
Et pourtant, il est loin le printemps
la saison où c’est important de prendre son temps. 

Les nids sont fatigués et les arbres, ébouriffés,

le seul souci, c’est de bouffer.
Dans le lointain, ça gazouille.

Ça mouille !

Le pèlerin sous sa pèlerine ignore la pluie,
serein, il fend le vent comme un parapluie.

La gamine a les pieds tout mouillés,
quand on chausse du trente-deux, faut pas tout éclabousser.
Dans le lointain, ça gazouille. 

Ça brouille !

La buée a envahi les fenêtres,
à travers disparaissent les bouleaux et les hêtres.
Tout ce gris me fout le cafard,
le ciel est descendu… brouillard.
Dans le lointain, ça gazouille.

Ça grouille !

Climatisation, chauffage, émanations,
évaporation… transpiration…
ça souille !
La grosse planète de baudruche
se flétrit, c’est la contamination.
Dans le lointain, ça gazouille.

José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le 08 juillet 2008 à 09:11
Par José S.
Ce sont des textes "génietiquement" non modifiés (en bref, écrits sans génie),
un assemblage, pas si simple, de mots "border line".
Références trouvées dans l'ouvrage
"Que deviennent les mots quand on les enlève du dictionnaire ?"
sous-titré "Y a-t-il un ouvrage qui les regroupe et comment s'appelle-t-il ?"
(par G. Lamy-Graine).
La poésie expérimentale ne se décline pas forcément en vers (et contre tout).
Utilisant les rimes ou pas, lourde et légère, on se pâme devant (spam dans le vent)
et se paume derrière...
Un texte plutôt Rabelais "rond" que Racine "carré", en tout cas cherchant toujours le bon mot.
Adeptes, sans le savoir, de la poésie expérimentale, les regrettés Pierre Dac, Francis Blanche,
Boris Vian, Pierre Desproges et Jean Yanne ont posé les fondations et les murmures -oui les murmures-
(comme ça, ça fait quatre murs, c'est plus solide) d'une expression vibrante et bancale,
poétique et prosaïque que Raymond Devos n'aurait pas reniée et Guy Bedos, pas bégayée.

Pour ce qui est des chanteurs, Georges Brassens (dessus-dessous) et Jacques Brel (n'en était pas une...)
ont rajouté le toit...
Voilà une belle maison et eux, tous au ciel (illustration : logiciel libre, enfin un logis sous le ciel libre de droits).
C'est dans ce joli logis que se sont retrouvés les soi-disant esprits mentaux et pas expérimentés,
griffonneurs de sornettes, jongleurs de sonnets, affubleurs de fables et compteurs jets d'air d'histoires.
Leurs mots d'ordre : raconte, rencontres et raconte encore !
Donc, déchiré du papier peint d'une des pièces de ce joli logis, voici un extrait de cette poésie expérimentale.

L'auteur lui a donné un titre provisoire  :

"Mais... Lody... écoute-moi".

Ecoute la mélodie
Elle se lève, pianotant dans le matin,
rampante et frémissante dans le bassin.
Ecoute la mélodie

Ouvre tes oreilles,
ouvre ton cœur.

Ecoute la mélodie

Oh ! jamais musique pareille
ne fera faner les fleurs.

Ecoute la mélodie

Ta haine, tu l'oublies,
mets tes chaînes au cachot.

Ecoute la mélodie

Laisse la nostalgie
envahir un autre badaud.

Ecoute la mélodie

Elle ronronne,
et toi, tu chantonnes.

Ecoute la mélodie

Elle dissipera ton chagrin,
j'écoute, mais l'eau dit rien !


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître
).

Publié le 06 juillet 2008 à 11:38
Par José S.
L'air que l'on respire ne nous appartient pas.
C'est pour cela que l'on expire.

José Spéret (Poésies & aphorismes)
Publié le 04 juillet 2008 à 11:11
Par José S.

Les fleurs sont éphémères
Les pleurs ont un goût amer

La joie est dans la couleur
Le noir dans la douleur

Doux est le soleil du soir
Douloureux est le matin noir

Mon amie la rose
est immortelle

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 29 juin 2008 à 23:11
Par José S.

Réflexions administratives

- Bonjour Madame, pouvez-vous m'indiquer la sortie ?
- Passez par où vous êtes entré, ça sera plus court !


- Le service e-versa, s'il vous plaît ?
- Pour monter, prenez l'escalier ; pour descendre, prenez l'ascenseur !
- Et au fond du couloir, je reviens sur mes pas ?


- Retenez-moi l'ascenseur !
- Oui, pour quelle date ?


- Le temps est orageux sur la vallée.
- C'est vrai, c'est couvercle !


- Il carbure à quoi ?
- J'ai pas vu qu'il avait une soutane.


- C'est pour un bilan de santé ?
- Non, c'est pour un dépôt.


- Rassurez-moi, vous avez réservé ?
- Là-dessus, je reste sur ma réserve... c'est bon ?


- Dans la salle d'attente, j'adore écouter la soul
- Ah bon ! l'assistante boit ?


- Dans le service, ils ont les fonctions nerfs à fleur de pot.


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 23 juin 2008 à 14:11
Par José S.
Sur la palette, le pinceau maculé de rouge
sèche, depuis bien longtemps il ne bouge...

La toile, immaculée, est éblouissante,
sur les planches du chevalet, pourrissantes...

L'heure est à la solitude,
le soir apporte l'incertitude...

Que me vaut cette douce brise,
si ce n'est qu'une sordide crise...

Sors de là, mon doute,
laisse-moi continuer ma route...

Il est des fantômes envahissants
qui me rattrapent à chaque tournant...

Mes pas sont lourds dans mes tennis de sous-marque,
mes pieds sont gourds quand en ville je débarque...

Je fais partie des ombres que l'on ne regarde plus,
de ceux que l'on veut de plus en plus reclus...

Cachez ce sang que je ne saurai boire,
enfouissez-le jusqu'au désespoir...

Je me lève, puis je retombe,
loin des rêves, j'ai la tête dans la tombe...

Perdu, dans les étoiles,
devant la solitude de la toile...

José Spéret (Poésies & aphorismes)
Publié le 15 juin 2008 à 11:38
Par José S.
Allez-vous faire foot ?

Onze mecs sandwichs en short bleu
qui se battent avec un ballon
contre
Onze mecs sandwichs en short rouge
dans une arène verte.

C’est foot, ça !!! 

Dans les tribunes bariolées et banderolées

Oh…là !

ça braille, ça gueule, ça jure, ça injure

C’est foot, ça !!!

Au milieu de tout ça
un mec en noir, aussi en short griffé
Lui, il évite le ballon…

Oh… là !

Pas si fou… quoique !
Il court, il siffle, il siffle, il siffle…

C’est flûte, ça !!!

Et ils appellent ça du spectacle…
L’école de la vie, qu’ils disent même…

Oh…là !

Bah… il est beau le spectacle

Oh… là !

Coupe de l’Euro, coups francs, coups bas, coup de boule !
 

Oh… là, là, là, là !...


Allez-vous faire foot ?

Non, merci ! pas aujourd’hui.

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).
Publié le 12 juin 2008 à 02:11
Par José S.
 Angoissante et intrigante question.
Sans avoir peur de la rupture du continuum espace temps, je pense que je changerais de chemin.
Simplement pour voir, recommencer la même journée, mais d'un autre point de vue ;
ne pas provoquer les mêmes gestes, donc être confronté à de nouvelles conséquences.
Un droit à l'erreur ?
Non, plutôt le droit de recommencer : "play again", tant qu'il y a des crédits de vie.
Vivre plus, pour vivre plus... c'est très tendance, non ?
Pour influer et maîtriser le temps, en pratique, l'homme n'est pas encore prêt.
Mais en théorie, oui.
Il a ces outils merveilleux qui s'appellent imagination, création et  réflexion, qui le distinguent des animaux.
En théorie, bien sûr car, en pratique, ce n'est pas prouvé.
Par la pensée, l'homme n'a aucune limite si ce n'est lui-même.
Après la terre, la mer, la lune, l'espace, il tente de s'installer dans le cyberespace. Un lieu où tout est possible, une seconde vie rêvée.
Là, on peut se téléporter ou voler d'un lieu à un autre, avoir l'apparence que l'on désire, la vie que l'on a toujours voulue... enfin, presque. Certains vivent par procuration, leur avatar est sûrement plus heureux qu'eux.
Mais la triste réalité les rappelle vite à son bon souvenir, dès qu'ils lèvent les yeux de l'écran.
C'est bien d'avoir des discussions avec un autre cybernaute, alors qu'on baisse les yeux quand on croise les voisins qui, eux, ne mentent pas sur leur apparence. Si l'on pense pouvoir changer le cybermonde, pourquoi ne pas essayer de changer la vie réelle...
Parfois, il ne faut pas grand-chose : une rencontre, un geste et, tout simplement, se montrer tel qu'on est.
Les quartiers, dans les villes, sont vivants. Les gens se rencontrent dans les bars, à la sortie des magasins, devant telle ou telle vitrine...
Aller vers les autres est encore plus facile que dans le cyberespace.
Mais oui ! il n'y a pas besoin de clavier, ni d'écran. Non. Seulement être soi-même et dire bonjour quand on croise quelqu'un sur un trottoir... "Plus facile à écrire qu'à faire !" me direz-vous. Je ne peux que vous répondre : "essayez... une fois, deux fois, trois fois...
Il y a toujours quelqu'un qui a quelque chose à vous dire, voire à vous apporter.
Comme disait mon père, "le savoir ne prend pas de place"...
Alors, c'est dans l'échange que l'on apprend."
Utopique et rêveur, je viens d'hier et je vais vers demain.
Mais la chance, pour les êtres humains, c'est qu'aujourd'hui, on peut encore regarder en arrière et choisir ce que l'on fera demain.


José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")

Publié le 11 juin 2008 à 17:38
Par José S.

Si au rang de philosophe
je suis bien après le dernier

Cioran lui était le premier
Il est affreux de dire cela
Il est à Freud de me dire cela
A l'un qui se prend pour Dieu
Alain répond qui est Dieu
Dieu voit mieux que tous
Dix yeux voient mieux qu'un oeil
Les chemins sont tracés sur les feuilles
Des cartes pour les voyages touristiques
Descartes là c'est plutôt mathématique
Et pourtant le regard aiguisé du scientifique
ne voit pas la paille enfoncée dans la poutre


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

Publié le 10 juin 2008 à 10:11
Par José S.

J'ai traîné ma solitude
sur de vagues incertitudes,
ballotté d'habitudes
par le ressac des remords,
la fierté n'est que le regret des forts.

J'ai oublié cette ville, son phare, son port,
le cri muet des mouettes
m'a réconcilié avec les poètes.

J'ai relu Rimbaud, Aragon, Verlaine, Camoes, Pessoa,
des prophètes...
Ici, nul ne l'est en son pays.

Le pays de l'homme est tout simplement la vie,
un vague chemin de passage,
semé d'embûches...

On naît d'une rencontre,
mais l'on meurt comme l'on pense, seul.

Espérant voir cette lumière blanche
et passer au-delà,
retrouver tous ceux qui nous ont laissés trop tôt
et suivre le chemin, la lumière blanche...


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 08 juin 2008 à 19:11
Par José S.

Je sais, c’est dramatique.
 Mais, pendant les heures de cours de cette spécialité ésotérique,
mon esprit prenait la tangente.

Plus jeune, j’ai appris les tables de multiplication comme des récitations :
savoir compter sans calcul, j’y trouvais une implication. 
J’entendais dire "c’est logique, il n’y a pas d’équivalence." 
Puis, vint l’algèbre qui m’a vite abrégé.

J’essayais de garder une contenance, une certaine appartenance au groupe.
Mais, en maths, c’était la non-appartenance. Je tentais l’inclusion ; définitivement, c’était la non-inclusion.
Stoppé à toutes les intersections, je ne parvins jamais à la réunion.

J’étais exclu de l’ensemble.
Loin du cosinus, hors du cercle, on me nommait cosécante.

Des conséquences, il y en a eu.
 
Ma préférence va plus à l’allégorie qu’à l'algorithme. Je trouve souvent la porte de l’arithmétique plutôt hermétique.
Pourtant amateur de symbolique, collectionneur de cartes trigonométriques, je restais toujours celui avec le plus petit dénominateur commun. Sans doute trop primaire, pas assez binaire pour eux. 

Je suis le différentiel, infinitésimal j’espère, du groupe dont je suis l’abstraction.
 
L’infini est réducteur et non vectoriel, intégral et non statistique. L'indéfini est littéral et non littéraire, ou le contraire : booléen, donc.
 
Voilà des probabilités, des théorèmes, des courbes et des schémas, reliés entre eux par la seule chose qui les fait vivre : le questionnement. C'est une analyse purement rhétorique et non scientifique qui frôle follement la philosophie.

Pour moi, la logique ment, par pur opportunisme, intentionnellement. Elle ne me révèle pas sa vrai nature : sarcastique, despotique et donc mathématique, démontrable et probablement démontée.

Eden ou enfer, sélection surnaturelle, aberration surréaliste des esprits scientifiques, la galaxie mathématique est lointaine, très lointaine. J'ai beau m'approcher, m'accrocher, rien n’y fait, ça reste flou, et pas du tout artistique…

Pour moi, c'est pas mathématique… c'est problématique.


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

Publié le 27 mai 2008 à 14:05
Par José S.
... Non, non, c'est le quotidien !

Tout système n'aime pas tout le monde.

Ici, le pauvre hère qui n'en finit pas d'errer.

"Il y a toujours plus malheureux que vous",
c'est ce qu'on lui répète à longueur
de colonnes de journaux et de flashs radio.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

A midi, le journal de la Une en remet une couche
et persuade tout le monde que si vous êtes en déchéance,
c'est de votre faute et pas celle à pas de chance.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

Les trottoirs des rues sont noirs,
les vitrines sont illusoires.

Tout système a ses dysfonctionnements.

Il ne faut pas croire...
Mais tout nous pousse à croire !

Un travail, Monsieur, sinon rien.

Que vous êtes le rouage cassé,
le problème et la cause du problème.

Tout système recycle.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

Le parasite rêve de paradis,
mais il n'a pas un radis.

Tout individu a un souhait.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

L'errance nuit à la santé.

Tout système se protège de ses ombres,
tant qu'il est sous la lumière.

Les ombres grandissent,
les ténèbres s'étendent.

Les pas sont toujours les mêmes,
mais les chaussures sont usées.

Le pauvre hère est blessé,
mais toujours debout.

L'errance est proche de la délivrance.

La quête continue, en déshérence...
... sans évidence !

José Spéret (Trouver demain, ou mourir.)
Publié le 18 mai 2008 à 09:11
Par José S.

"La critique cinéma des calés" par J. Spéret

Laisse tes ongles pousser


Film français, 2008, durée : 1h42.

Réalisateur : Jacques Doigt-Long
Interprètes : Bertrand Tainedannée, Séraphine Desbors-Dulac, Britney Toillé, Mireille Lesdisk...
Musique de Moustafa Diez


Doigt-Long nous propose un renversant huis clos pas très neuf.


Un but, le réalisateur est intransigeant mais gratte toujours là où ça ne fait pas trop mal.
Il signe ici une
œuvre ambiguë, un miroir aux alouettes, une piètre succession de vagues tableaux blafards... sans queue, ni fête.

Les actrices, hors cadre ou en plan large sont merveilleuses, bien épaulées par des acteurs toujours filmés
en plan serré et contre-jour.

Ce réalisateur adore vraiment les acteurs... qui aime bien châtie bien.
Tous les
personnages s'agitent - ou pas - devant la caméra lascive de cet auteur de l'ancienne vague.
Tels des
lambris sur les murs, les acteurs et actrices, costumés bobos, donnent un côté rustique et s'intègrent fort bien dans des décors, intérieurs et extérieurs, aussi minimalistes que le scénario... si, si, en cherchant bien, on trouve un semblant de scénario.


Tout ce petit monde s'emmerde à débiter des débilités allègrement, sous l'œil mi-clos d'un réalisateur qui ne
réalise - toujours pas - ce qu'il fait derrière une caméra... J.S.

Cette critique est une fiction, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que fortuite.

Publié le 27 mars 2008 à 19:11
Par José S.

Autrefois pour faire sa tour
On parlait d'armures
Pour mieux prouver sa valeur
On perçait son cœur

Aujourd'hui, c'est plus pareil
Ça tremble, ça tremble
Pour réduire le cher angle
On lui brise l'orteil

Ah ! Pustule !

Viens m'embrocher
Et je t'éperonnerai
Avec un cimeterre
Une épée en fer
Une flèche amère
Et un bout de tuyau
Un coup de Walther

Une poudrière
Avec un sabre en verre
Des tas de bouts de verre
Des truelles et des marteaux

Une tourniquette
Pour te ratatiner au ras des pâquerettes

Un bel aérateur
Pour te faire bouffer les odeurs

Des gaz à effets qui chauffent
Un pistolet à beaufs
Un avion ferreux
Et nous serons sous les feux

Autrefois s'il arrivait
Que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait
En cassant sous l'aisselle
Aujourd'hui, que voulez-vous
La mort est si chère

On dit : rentre chez ta mère
Et on sauvegarde tout
Ah ! Pustule !

Excuse-toi

Ou je reprends tout ça

Ton bouclier précaire
Tes armoiries d'hier
Mon échassier trop fier
Tes vacances d'août
Tes mini-godasses
Ton repasse-limaces
Mon pic a glace
Et mon chasse-filous


Une tourniquette
Pour te ratatiner au ras des pâquerettes

Le ratatine-ordures
Et le coupe-biture

Et s'il se montre encore rebelle

On le fiche dehors
Pour confier son sort

Au bouclier précaire
Au ramasse-poussière
A l'échassier pas fier
Au Mongol fier

Au canon à patates
A l'éventre-tomates
A l'écorche-poulet

Mais très très vite
On reçoit la visite
De Pustule qui vous offre son coffre


Alors c'est la tourniquette
Pour tout ratatiner au ras des pâquerettes.

José Spéret (Chants des pleurs, à réapparaître)

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