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Blog de José Spéret
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Publié le 08 juillet 2008 à 09:11
Par José S.
Ce sont des textes "génietiquement" non modifiés (en bref, écrits sans génie),
un assemblage, pas si simple, de mots "border line".
Références trouvées dans l'ouvrage
"Que deviennent les mots quand on les enlève du dictionnaire ?"
sous-titré "Y a-t-il un ouvrage qui les regroupe et comment s'appelle-t-il ?"
(par G. Lamy-Graine).
La poésie expérimentale ne se décline pas forcément en vers (et contre tout).
Utilisant les rimes ou pas, lourde et légère, on se pâme devant (spam dans le vent)
et se paume derrière...
Un texte plutôt Rabelais "rond" que Racine "carré", en tout cas cherchant toujours le bon mot.
Adeptes, sans le savoir, de la poésie expérimentale, les regrettés Pierre Dac, Francis Blanche,
Boris Vian, Pierre Desproges et Jean Yanne ont posé les fondations et les murmures -oui les murmures-
(comme ça, ça fait quatre murs, c'est plus solide) d'une expression vibrante et bancale,
poétique et prosaïque que Raymond Devos n'aurait pas reniée et Guy Bedos, pas bégayée.

Pour ce qui est des chanteurs, Georges Brassens (dessus-dessous) et Jacques Brel (n'en était pas une...)
ont rajouté le toit...
Voilà une belle maison et eux, tous au ciel (illustration : logiciel libre, enfin un logis sous le ciel libre de droits).
C'est dans ce joli logis que se sont retrouvés les soi-disant esprits mentaux et pas expérimentés,
griffonneurs de sornettes, jongleurs de sonnets, affubleurs de fables et compteurs jets d'air d'histoires.
Leurs mots d'ordre : raconte, rencontres et raconte encore !
Donc, déchiré du papier peint d'une des pièces de ce joli logis, voici un extrait de cette poésie expérimentale.

L'auteur lui a donné un titre provisoire  :

"Mais... Lody... écoute-moi".

Ecoute la mélodie
Elle se lève, pianotant dans le matin,
rampante et frémissante dans le bassin.
Ecoute la mélodie

Ouvre tes oreilles,
ouvre ton cœur.

Ecoute la mélodie

Oh ! jamais musique pareille
ne fera faner les fleurs.

Ecoute la mélodie

Ta haine, tu l'oublies,
mets tes chaînes au cachot.

Ecoute la mélodie

Laisse la nostalgie
envahir un autre badaud.

Ecoute la mélodie

Elle ronronne,
et toi, tu chantonnes.

Ecoute la mélodie

Elle dissipera ton chagrin,
j'écoute, mais l'eau dit rien !


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître
).

Publié le 06 juillet 2008 à 11:38
Par José S.
L'air que l'on respire ne nous appartient pas.
C'est pour cela que l'on expire.

José Spéret (Poésies & aphorismes)
Publié le 04 juillet 2008 à 11:11
Par José S.

Les fleurs sont éphémères
Les pleurs ont un goût amer

La joie est dans la couleur
Le noir dans la douleur

Doux est le soleil du soir
Douloureux est le matin noir

Mon amie la rose
est immortelle

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 29 juin 2008 à 23:11
Par José S.

Réflexions administratives

- Bonjour Madame, pouvez-vous m'indiquer la sortie ?
- Passez par où vous êtes entré, ça sera plus court !


- Le service e-versa, s'il vous plaît ?
- Pour monter, prenez l'escalier ; pour descendre, prenez l'ascenseur !
- Et au fond du couloir, je reviens sur mes pas ?


- Retenez-moi l'ascenseur !
- Oui, pour quelle date ?


- Le temps est orageux sur la vallée.
- C'est vrai, c'est couvercle !


- Il carbure à quoi ?
- J'ai pas vu qu'il avait une soutane.


- C'est pour un bilan de santé ?
- Non, c'est pour un dépôt.


- Rassurez-moi, vous avez réservé ?
- Là-dessus, je reste sur ma réserve... c'est bon ?


- Dans la salle d'attente, j'adore écouter la soul
- Ah bon ! l'assistante boit ?


- Dans le service, ils ont les fonctions nerfs à fleur de pot.


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 23 juin 2008 à 14:11
Par José S.
Sur la palette, le pinceau maculé de rouge
sèche, depuis bien longtemps il ne bouge...

La toile, immaculée, est éblouissante,
sur les planches du chevalet, pourrissantes...

L'heure est à la solitude,
le soir apporte l'incertitude...

Que me vaut cette douce brise,
si ce n'est qu'une sordide crise...

Sors de là, mon doute,
laisse-moi continuer ma route...

Il est des fantômes envahissants
qui me rattrapent à chaque tournant...

Mes pas sont lourds dans mes tennis de sous-marque,
mes pieds sont gourds quand en ville je débarque...

Je fais partie des ombres que l'on ne regarde plus,
de ceux que l'on veut de plus en plus reclus...

Cachez ce sang que je ne saurai boire,
enfouissez-le jusqu'au désespoir...

Je me lève, puis je retombe,
loin des rêves, j'ai la tête dans la tombe...

Perdu, dans les étoiles,
devant la solitude de la toile...

José Spéret (Poésies & aphorismes)
Publié le 15 juin 2008 à 11:38
Par José S.
Allez-vous faire foot ?

Onze mecs sandwichs en short bleu
qui se battent avec un ballon
contre
Onze mecs sandwichs en short rouge
dans une arène verte.

C’est foot, ça !!! 

Dans les tribunes bariolées et banderolées

Oh…là !

ça braille, ça gueule, ça jure, ça injure

C’est foot, ça !!!

Au milieu de tout ça
un mec en noir, aussi en short griffé
Lui, il évite le ballon…

Oh… là !

Pas si fou… quoique !
Il court, il siffle, il siffle, il siffle…

C’est flûte, ça !!!

Et ils appellent ça du spectacle…
L’école de la vie, qu’ils disent même…

Oh…là !

Bah… il est beau le spectacle

Oh… là !

Coupe de l’Euro, coups francs, coups bas, coup de boule !
 

Oh… là, là, là, là !...


Allez-vous faire foot ?

Non, merci ! pas aujourd’hui.

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).
Publié le 12 juin 2008 à 02:11
Par José S.
 Angoissante et intrigante question.
Sans avoir peur de la rupture du continuum espace temps, je pense que je changerais de chemin.
Simplement pour voir, recommencer la même journée, mais d'un autre point de vue ;
ne pas provoquer les mêmes gestes, donc être confronté à de nouvelles conséquences.
Un droit à l'erreur ?
Non, plutôt le droit de recommencer : "play again", tant qu'il y a des crédits de vie.
Vivre plus, pour vivre plus... c'est très tendance, non ?
Pour influer et maîtriser le temps, en pratique, l'homme n'est pas encore prêt.
Mais en théorie, oui.
Il a ces outils merveilleux qui s'appellent imagination, création et  réflexion, qui le distinguent des animaux.
En théorie, bien sûr car, en pratique, ce n'est pas prouvé.
Par la pensée, l'homme n'a aucune limite si ce n'est lui-même.
Après la terre, la mer, la lune, l'espace, il tente de s'installer dans le cyberespace. Un lieu où tout est possible, une seconde vie rêvée.
Là, on peut se téléporter ou voler d'un lieu à un autre, avoir l'apparence que l'on désire, la vie que l'on a toujours voulue... enfin, presque. Certains vivent par procuration, leur avatar est sûrement plus heureux qu'eux.
Mais la triste réalité les rappelle vite à son bon souvenir, dès qu'ils lèvent les yeux de l'écran.
C'est bien d'avoir des discussions avec un autre cybernaute, alors qu'on baisse les yeux quand on croise les voisins qui, eux, ne mentent pas sur leur apparence. Si l'on pense pouvoir changer le cybermonde, pourquoi ne pas essayer de changer la vie réelle...
Parfois, il ne faut pas grand-chose : une rencontre, un geste et, tout simplement, se montrer tel qu'on est.
Les quartiers, dans les villes, sont vivants. Les gens se rencontrent dans les bars, à la sortie des magasins, devant telle ou telle vitrine...
Aller vers les autres est encore plus facile que dans le cyberespace.
Mais oui ! il n'y a pas besoin de clavier, ni d'écran. Non. Seulement être soi-même et dire bonjour quand on croise quelqu'un sur un trottoir... "Plus facile à écrire qu'à faire !" me direz-vous. Je ne peux que vous répondre : "essayez... une fois, deux fois, trois fois...
Il y a toujours quelqu'un qui a quelque chose à vous dire, voire à vous apporter.
Comme disait mon père, "le savoir ne prend pas de place"...
Alors, c'est dans l'échange que l'on apprend."
Utopique et rêveur, je viens d'hier et je vais vers demain.
Mais la chance, pour les êtres humains, c'est qu'aujourd'hui, on peut encore regarder en arrière et choisir ce que l'on fera demain.


José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")

Publié le 11 juin 2008 à 17:38
Par José S.

Si au rang de philosophe
je suis bien après le dernier

Cioran lui était le premier
Il est affreux de dire cela
Il est à Freud de me dire cela
A l'un qui se prend pour Dieu
Alain répond qui est Dieu
Dieu voit mieux que tous
Dix yeux voient mieux qu'un oeil
Les chemins sont tracés sur les feuilles
Des cartes pour les voyages touristiques
Descartes là c'est plutôt mathématique
Et pourtant le regard aiguisé du scientifique
ne voit pas la paille enfoncée dans la poutre


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

Publié le 10 juin 2008 à 10:11
Par José S.

J'ai traîné ma solitude
sur de vagues incertitudes,
ballotté d'habitudes
par le ressac des remords,
la fierté n'est que le regret des forts.

J'ai oublié cette ville, son phare, son port,
le cri muet des mouettes
m'a réconcilié avec les poètes.

J'ai relu Rimbaud, Aragon, Verlaine, Camoes, Pessoa,
des prophètes...
Ici, nul ne l'est en son pays.

Le pays de l'homme est tout simplement la vie,
un vague chemin de passage,
semé d'embûches...

On naît d'une rencontre,
mais l'on meurt comme l'on pense, seul.

Espérant voir cette lumière blanche
et passer au-delà,
retrouver tous ceux qui nous ont laissés trop tôt
et suivre le chemin, la lumière blanche...


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 08 juin 2008 à 19:11
Par José S.

Je sais, c’est dramatique.
 Mais, pendant les heures de cours de cette spécialité ésotérique,
mon esprit prenait la tangente.

Plus jeune, j’ai appris les tables de multiplication comme des récitations :
savoir compter sans calcul, j’y trouvais une implication. 
J’entendais dire "c’est logique, il n’y a pas d’équivalence." 
Puis, vint l’algèbre qui m’a vite abrégé.

J’essayais de garder une contenance, une certaine appartenance au groupe.
Mais, en maths, c’était la non-appartenance. Je tentais l’inclusion ; définitivement, c’était la non-inclusion.
Stoppé à toutes les intersections, je ne parvins jamais à la réunion.

J’étais exclu de l’ensemble.
Loin du cosinus, hors du cercle, on me nommait cosécante.

Des conséquences, il y en a eu.
 
Ma préférence va plus à l’allégorie qu’à l'algorithme. Je trouve souvent la porte de l’arithmétique plutôt hermétique.
Pourtant amateur de symbolique, collectionneur de cartes trigonométriques, je restais toujours celui avec le plus petit dénominateur commun. Sans doute trop primaire, pas assez binaire pour eux. 

Je suis le différentiel, infinitésimal j’espère, du groupe dont je suis l’abstraction.
 
L’infini est réducteur et non vectoriel, intégral et non statistique. L'indéfini est littéral et non littéraire, ou le contraire : booléen, donc.
 
Voilà des probabilités, des théorèmes, des courbes et des schémas, reliés entre eux par la seule chose qui les fait vivre : le questionnement. C'est une analyse purement rhétorique et non scientifique qui frôle follement la philosophie.

Pour moi, la logique ment, par pur opportunisme, intentionnellement. Elle ne me révèle pas sa vrai nature : sarcastique, despotique et donc mathématique, démontrable et probablement démontée.

Eden ou enfer, sélection surnaturelle, aberration surréaliste des esprits scientifiques, la galaxie mathématique est lointaine, très lointaine. J'ai beau m'approcher, m'accrocher, rien n’y fait, ça reste flou, et pas du tout artistique…

Pour moi, c'est pas mathématique… c'est problématique.


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

Publié le 27 mai 2008 à 14:05
Par José S.
... Non, non, c'est le quotidien !

Tout système n'aime pas tout le monde.

Ici, le pauvre hère qui n'en finit pas d'errer.

"Il y a toujours plus malheureux que vous",
c'est ce qu'on lui répète à longueur
de colonnes de journaux et de flashs radio.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

A midi, le journal de la Une en remet une couche
et persuade tout le monde que si vous êtes en déchéance,
c'est de votre faute et pas celle à pas de chance.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

Les trottoirs des rues sont noirs,
les vitrines sont illusoires.

Tout système a ses dysfonctionnements.

Il ne faut pas croire...
Mais tout nous pousse à croire !

Un travail, Monsieur, sinon rien.

Que vous êtes le rouage cassé,
le problème et la cause du problème.

Tout système recycle.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

Le parasite rêve de paradis,
mais il n'a pas un radis.

Tout individu a un souhait.

Un travail, Monsieur, sinon rien.

L'errance nuit à la santé.

Tout système se protège de ses ombres,
tant qu'il est sous la lumière.

Les ombres grandissent,
les ténèbres s'étendent.

Les pas sont toujours les mêmes,
mais les chaussures sont usées.

Le pauvre hère est blessé,
mais toujours debout.

L'errance est proche de la délivrance.

La quête continue, en déshérence...
... sans évidence !

José Spéret (Trouver demain, ou mourir.)
Publié le 18 mai 2008 à 09:11
Par José S.

"La critique cinéma des calés" par J. Spéret

Laisse tes ongles pousser


Film français, 2008, durée : 1h42.

Réalisateur : Jacques Doigt-Long
Interprètes : Bertrand Tainedannée, Séraphine Desbors-Dulac, Britney Toillé, Mireille Lesdisk...
Musique de Moustafa Diez


Doigt-Long nous propose un renversant huis clos pas très neuf.


Un but, le réalisateur est intransigeant mais gratte toujours là où ça ne fait pas trop mal.
Il signe ici une
œuvre ambiguë, un miroir aux alouettes, une piètre succession de vagues tableaux blafards... sans queue, ni fête.

Les actrices, hors cadre ou en plan large sont merveilleuses, bien épaulées par des acteurs toujours filmés
en plan serré et contre-jour.

Ce réalisateur adore vraiment les acteurs... qui aime bien châtie bien.
Tous les
personnages s'agitent - ou pas - devant la caméra lascive de cet auteur de l'ancienne vague.
Tels des
lambris sur les murs, les acteurs et actrices, costumés bobos, donnent un côté rustique et s'intègrent fort bien dans des décors, intérieurs et extérieurs, aussi minimalistes que le scénario... si, si, en cherchant bien, on trouve un semblant de scénario.


Tout ce petit monde s'emmerde à débiter des débilités allègrement, sous l'œil mi-clos d'un réalisateur qui ne
réalise - toujours pas - ce qu'il fait derrière une caméra... J.S.

Cette critique est une fiction, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que fortuite.

Publié le 27 mars 2008 à 19:11
Par José S.

Autrefois pour faire sa tour
On parlait d'armures
Pour mieux prouver sa valeur
On perçait son cœur

Aujourd'hui, c'est plus pareil
Ça tremble, ça tremble
Pour réduire le cher angle
On lui brise l'orteil

Ah ! Pustule !

Viens m'embrocher
Et je t'éperonnerai
Avec un cimeterre
Une épée en fer
Une flèche amère
Et un bout de tuyau
Un coup de Walther

Une poudrière
Avec un sabre en verre
Des tas de bouts de verre
Des truelles et des marteaux

Une tourniquette
Pour te ratatiner au ras des pâquerettes

Un bel aérateur
Pour te faire bouffer les odeurs

Des gaz à effets qui chauffent
Un pistolet à beaufs
Un avion ferreux
Et nous serons sous les feux

Autrefois s'il arrivait
Que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait
En cassant sous l'aisselle
Aujourd'hui, que voulez-vous
La mort est si chère

On dit : rentre chez ta mère
Et on sauvegarde tout
Ah ! Pustule !

Excuse-toi

Ou je reprends tout ça

Ton bouclier précaire
Tes armoiries d'hier
Mon échassier trop fier
Tes vacances d'août
Tes mini-godasses
Ton repasse-limaces
Mon pic a glace
Et mon chasse-filous


Une tourniquette
Pour te ratatiner au ras des pâquerettes

Le ratatine-ordures
Et le coupe-biture

Et s'il se montre encore rebelle

On le fiche dehors
Pour confier son sort

Au bouclier précaire
Au ramasse-poussière
A l'échassier pas fier
Au Mongol fier

Au canon à patates
A l'éventre-tomates
A l'écorche-poulet

Mais très très vite
On reçoit la visite
De Pustule qui vous offre son coffre


Alors c'est la tourniquette
Pour tout ratatiner au ras des pâquerettes.

José Spéret (Chants des pleurs, à réapparaître)

Publié le 24 mars 2008 à 16:11
Par José S.
Du lieu commun au lieu-dit, il n’y a qu’un pas.
Du cimeterre au cimetière, il n’y a qu’un bras.

De la mort à la morgue, il n’y a qu’un pas.
De la morgue au mépris, il n’y a qu’un rat. 

José Spéret (Poésie et aphorismes)

Publié le 21 mars 2008 à 15:11
Par José S.
Si elle a des calculs, c’est la peau math.

Si elle héberge des petites bêtes, c’est la peau zoo logis.
 
Si elle fait des cercles, c’est la peau p’tits ronds.

Si elle est rouge de colère, c’est la peau mad.

Si elle marche au radar, c’est la peau lisse.
 
Si elle est belle, c’est la peau cible.

Si elle vous pend de haut, c’est la peau tance.
 
Si elle vous guérit, c’est la peau Sion.

Si, gourmande, elle vous perd, c’est la peau mets.

Si elle vous irrite, c’est la peau lution.
 
Si elle grossit en zappant, c’est la peau telée.

Si elle vous brûle, c’est la peau-t-au-feu.
 
Si vous décollez, c’est la peau tentiel.
 
Si vous croyez la voir en musique, c’est la peau CD.

Si vous êtes arrivé là, y a plus qu’à vous faire la peau (tre).
 
Si vous êtes tatoué, là, c’est du grand art : de la peau easy.

José Spéret (Peau de chat Grain)
Publié le 15 mars 2008 à 17:11
Par José S.
Ce qui va suivre c'est pas jazz, c'est jozz ! et même Jozz à part !

José Spéret Agiculteur*


Jozz à part.


Il... il cherche les mots. Oui, les mots.
Sur un solo de saxo là-bas, là-bas, tout là-haut.


Il est contre, tout contre, sa contrebasse.

Boum, boum, boum... la baston du basson.

Il... il écorche les mots. Oui, les mots.

Sur un solo de saxo là-bas, là-bas, tout là-haut.

Il... il a le souffle court, qui court, qui court et parcourt les touches,
comme les doigts du pianiste sur les blanches et sur les noires.


Et lui... lui, dans son coin, trop, trop, trop trompette !
souffle, souffle et jamais ne s'arrête.

Il... il approche les mots. Oui, les mots.

Sur un solo de saxo là-bas, là-bas, tout là-haut.

Et l'hôte, là-bas, en trombe, dans la peine, ombre, il coulisse, glisse.
II fait tout pour avoir du piston.


Trombone musique, trombone musique.


Gare, gare à la guitare, record d'accords, six ou douze cordes, qui,
avec le piano, s'accorde et se discorde.

Et l'hôte, là-bas, tribal avec ses cymbales suspendues...
ses caisses claires amoureuses des baguettes.

Ils font corps au-dessus de la grosse,
grosse caisse qui encaisse les coups de pédale à l'ombre du tom-tom.

Il... il perche les mots. Oui, les mots.
Sur un solo de saxo là-bas, là-bas, tout là-haut.


Il est contre, tout contre, sa contrebasse.


Boum, boum, boum, la baston du basson.

Il... il lâche les mots. Oui, les mots.

Sur un solo de saxo là-bas, là-bas, tout là-haut.


*Agi tateur de culture

Publié le 07 mars 2008 à 17:11
Par José S.
Il était plusieurs fois longtemps, dans une plaine perdue au milieu de nos montagnes capricieuses… l’aventure de Starlatine, la sorcière au chapeau cassé.
 

Par les sentiers cabossés, dépenaillée, la pauvre sorcière noiraude et puante traînait son vieux balai décrépi.
Une vasque dans l’autre main, elle radotait en allant cahin-caha vers le puits de son domaine ténébreux.
Le soleil, baignant dans sa splendeur, était haut dans le ciel et les nuages s’étaient cachés derrière les collines.


Aujourd’hui, Starlatine n’avait pas pris son chapeau cassé. Heureusement, car celui-ci est très laid.
La tête en l’air, elle regardait, d’un sourire édenté, son brave compagnon Etouti, le corbeau blanc, qui planait, faisant le beau au-dessus d’elle, et croassait à s’en défaire le bec. Contemplative, elle marchait, béate, la tête levée, sans regarder où elle mettait ses grands pieds bouffis et velus.

Bien mal avisé, Croimoi, le crapaud qui ne coassait plus depuis plusieurs fois longtemps avait décidé de profiter du soleil au milieu du sentier. Bien mal l’en prit. Car la dernière chose que ses yeux globuleux aient pu voir fut la semelle crasseuse du sabot de sa maîtresse Starlatine.

Scrachtchebzzgrrzzzzz !

La sorcière s’arrêta net et leva le pied gauche… pour regarder sur quoi elle avait marché. Mais c’est de sous le pied droit que sortit une masse visqueuse brunâtre. Elle sauta en arrière et poussa un cri d’effroi, quand elle reconnut le corps éviscéré de son vieil ami Croimoi. Etouti, tout à son délire dans les airs, ne s’aperçut de rien.

C’est donc avec surprise et incrédulité qu’il se retrouva avec l’aile transpercée par le balai. Il eut vite fait de piquer du bec et, partant en vrille, il atterrit ainsi embroché en travers du puits.

Au-dessus du vide, au moins, il était au sec.

Bien sûr,  il ne croassait plus de joie, mais de douleur… La sorcière effarée ramassa, comme elle put, avec sa vasque, les restes du pauvre Croimoi et les jeta de rage sur Etouti, encore tout étourdi de sa chute, qui  ne comprenait toujours rien à ce qu’il s’était passé. Il vit déferler la dépouille de son colocataire qui se mit à flotter sur l’eau du puits. Peu de temps après, la sorcière tira sur son balai et l’aile du corbeau blanc se brisa…

A moitié sonné, il alla rejoindre les restes de Croimoi.

Starlatine brisa son balai et le jeta dans le puits.

Ensuite, elle grommela un gargouillis inintelligible et lança une poignée de terre dans l’eau. Celle-ci se mit à bouillonner et à fumer. Une immonde masse boueuse se forma au-dessus de la surface.
Sous les yeux de la sorcière, tout était emmêlé. Ici, un bec… là, une plume, des yeux, des pattes, des boyaux…


Alors, subitement, tout ce bouillon se mit à gonfler comme un vulgaire soufflet au fromage.

Et, lorsque le soleil fut à moitié derrière les collines avec les nuages, Starlatine vit se réaliser son sort. La boue prenait forme. Tout d’abord, une tête grosse et décrépite, avec des gros yeux globuleux, un nez en forme de bec, une bouche immonde, des lèvres atrophiées, lui barra le visage. Un gros cou, de larges bras et d’énormes cuisses de crapaud… Un troull. Oui, Starlatine ne rêvait pas. Elle avait enfin réalisé son désir de jeune sorcière. Un abominable troull…

 

En sortant du puits, dans un grand spasme, il se secoua… Gluant d’horreur, éructant et grondant, il ouvrit les yeux… Face à lui, Starlatine, stupéfaite et décontenancée, utilisa sa vasque comme chapeau et recula de quelques pas… Lourdement, le troull s’approcha de sa créatrice… pas pour la manger, non ! mais pour l’embrasser fougueusement.

Et voilà que Starlatine se transforme en grenouille et se retrouve à coasser sous sa vasque. Et le troull… se transforme en … euh… Et après… euh, eh bien, je crois que je me suis réveillé…

 

José Spéret (Le Grime était presque pas fait…)

Publié le 02 mars 2008 à 14:11
Par José S.
Imagine

Une image,
nature morte,
sur une mer bien vivante.

Souviens-toi

Un rivage,
marée basse,
une mère et son fils sous une tente.

Ecris-moi

Un message,
sans rature,
pour ne pas tourner la page.

Imagine

Un paysage,
le souvenir heureux,
des tourments du voyage.

N'oublie pas

Cette plage,
ces vagues rivages,
le souvenir n'a pas d'âge.

Je dois oublier quelque chose, suis-je bête ?

José Spéret ("Faire de vieux zoos", ouvrage à paraître)

Publié le 29 février 2008 à 11:38
Par José S.
Sors de là, immonde cafard !
Tu amasses, tes déconvenues sont tes seules vertus.

Sors de là, immonde cafard !
Tu ramasses, tes plus-values sont tes verrues.

Entre là, pauvre zonard !
Tu amasses, tes déconvenues sont tes seuls revenus.

Entre là, pauvre zonard !
Tu ramasses, tes plus-values font de toi un détenu.

Passe par là, immonde zonard !
Tu ne repasseras pas par là !

Passe par là, immonde zonard !
Tu trépasseras par ici !

Casse-toi de là, pauvre cafard !
Ta place est dans un musée.

Casse-toi de là, pauvre cafard !
Ta place est d'amuser.

Reste pas là, cafard zonard !
Va planter ta tente ailleurs.

Reste pas là, cafard zonard !
Va manger tes rentes ailleurs.

José Spéret (Poésie et aphorismes)
Publié le 26 février 2008 à 10:11
Par José S.
Molécule dans l'univers,
l'humain est une entité fragile.

Nul ne sait d'où il vient, ni où il va...
s'il va quelque part, évidemment.

Insignifiant, il n'est même pas conscient,
ni de lui-même, ni de ce qui l'entoure.

Des millions d'êtres vivants,
des milliards d'êtres immobiles.

De la bactérie à la plaque continentale,
dans le grand tout, l'humain n'est rien.

Une image, un son, un matricule,
rien qui ne s'oublie pas.

Un simple accident de parcours,
un concours de circonstances vite atténuées.

Un concept.

Une idée.

Je dois oublier quelque chose, suis-je bête ?

José Spéret ("Faire de vieux zoos", ouvrage à paraître)

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