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Publié le 11 août 2008 à 11:38
Par José S.
Dans la série "on vit une époque formidable"...
Un archéologue suisse est tombé, complètement par hasard, sur un cimetière de mots. Enfouis, oubliés, disparus depuis des milliers d'années.
Ont-ils vraiment existé ?
Damnés, certainement, ils l'étaient ces mots. Leur sens et leur signification ne peuvent être que des hypothèses. "Esotériques, non, je ne pense pas" a révélé le professeur aux nombreux médias présents lors de sa conférence de presse surréaliste.
Ironiques, les journalistes, toujours plus au courant des événements que les propres acteurs des faits qu'ils commentent, se sont emmêlés stylos et micros pendant le discours quasi onirique du scientifique.
Des gargouillis, des éructations, un invraisemblable charabia inaudible et incompréhensible sortaient, comme psalmodiés, de la bouche de l'éminent intervenant...
Pour l'heure, à ce jour, dans l'état d'avancement de notre civilisation, les conclusions sont que le professeur a mis la main sur un texte codé, dans une langue certainement extraterrestre.
Et là, même notre langage et notre communication universels googlonet.65 ne peuvent l'expliquer. Le titre de ce document s'appelle... enfin, je crois : l..e..s...d..r..o..i..t..s...d..e...l..'..h..o..m..m..e.
5 novembre 2055
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le 13 juillet 2008 à 00:11
Par José S.
Prisonnière de l'arbre, l'onde vagabonde ne s'essouffle plus. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
Souillée d'immondices marketées, plastifiées et perfidement empoisonnées, agonisante elle laisse derrière elle le cortège funèbre d'une faune et d'une flore asphyxiées. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
Le sombre ruisseau halète, s'égosille, s'éparpille, voilà qu'on le torpille. Sous le torrent des larmes de la rivière, les carcasses de poissons vacillent. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
L'horreur touche aussi les rivages amers et instables. La mer assoiffée et affamée avale tout le sable. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
Salées sont ces larmes, sourdes, ces alarmes. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
C'est dans l'oubli que s'abreuvent les fleuves. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le 08 juillet 2008 à 20:11
Par José S.
Et pourtant, il est loin le printemps la saison où c’est important de prendre son temps.
Les nids sont fatigués et les arbres, ébouriffés, le seul souci, c’est de bouffer. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça mouille !
Le pèlerin sous sa pèlerine ignore la pluie, serein, il fend le vent comme un parapluie.
La gamine a les pieds tout mouillés, quand on chausse du trente-deux, faut pas tout éclabousser. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça brouille !
La buée a envahi les fenêtres, à travers disparaissent les bouleaux et les hêtres. Tout ce gris me fout le cafard, le ciel est descendu… brouillard. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça grouille !
Climatisation, chauffage, émanations, évaporation… transpiration… ça souille ! La grosse planète de baudruche se flétrit, c’est la contamination. Dans le lointain, ça gazouille.
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le 12 juin 2008 à 02:11
Par José S.
Angoissante et intrigante question. Sans avoir peur de la rupture du continuum espace temps, je pense que je changerais de chemin. Simplement pour voir, recommencer la même journée, mais d'un autre point de vue ; ne pas provoquer les mêmes gestes, donc être confronté à de nouvelles conséquences. Un droit à l'erreur ? Non, plutôt le droit de recommencer : "play again", tant qu'il y a des crédits de vie. Vivre plus, pour vivre plus... c'est très tendance, non ? Pour influer et maîtriser le temps, en pratique, l'homme n'est pas encore prêt. Mais en théorie, oui. Il a ces outils merveilleux qui s'appellent imagination, création et réflexion, qui le distinguent des animaux. En théorie, bien sûr car, en pratique, ce n'est pas prouvé. Par la pensée, l'homme n'a aucune limite si ce n'est lui-même. Après la terre, la mer, la lune, l'espace, il tente de s'installer dans le cyberespace. Un lieu où tout est possible, une seconde vie rêvée. Là, on peut se téléporter ou voler d'un lieu à un autre, avoir l'apparence que l'on désire, la vie que l'on a toujours voulue... enfin, presque. Certains vivent par procuration, leur avatar est sûrement plus heureux qu'eux. Mais la triste réalité les rappelle vite à son bon souvenir, dès qu'ils lèvent les yeux de l'écran. C'est bien d'avoir des discussions avec un autre cybernaute, alors qu'on baisse les yeux quand on croise les voisins qui, eux, ne mentent pas sur leur apparence. Si l'on pense pouvoir changer le cybermonde, pourquoi ne pas essayer de changer la vie réelle... Parfois, il ne faut pas grand-chose : une rencontre, un geste et, tout simplement, se montrer tel qu'on est. Les quartiers, dans les villes, sont vivants. Les gens se rencontrent dans les bars, à la sortie des magasins, devant telle ou telle vitrine... Aller vers les autres est encore plus facile que dans le cyberespace. Mais oui ! il n'y a pas besoin de clavier, ni d'écran. Non. Seulement être soi-même et dire bonjour quand on croise quelqu'un sur un trottoir... "Plus facile à écrire qu'à faire !" me direz-vous. Je ne peux que vous répondre : "essayez... une fois, deux fois, trois fois... Il y a toujours quelqu'un qui a quelque chose à vous dire, voire à vous apporter. Comme disait mon père, "le savoir ne prend pas de place"... Alors, c'est dans l'échange que l'on apprend." Utopique et rêveur, je viens d'hier et je vais vers demain. Mais la chance, pour les êtres humains, c'est qu'aujourd'hui, on peut encore regarder en arrière et choisir ce que l'on fera demain.
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le 15 janvier 2008 à 11:38
Par José S.
Il va de soi que l'être humain se déshumanise, que la planète se déplanétise. L'homme de Neanderthal, croisé avec le fameux chaînon manquant, a donné vie à l'homme du néant qui représente notre civilisation...
L'éden s'est évanoui. Les ruisseaux, rivières, lacs, mers, océans, tous évaporés...
L'ordre naturel a laissé la place au chaos qui, lui, a laissé à son tour la place au vide, un planétoïde gris et froid. Les cendres, sans cesse, chahutées par les vents.
Tout n'est que désolation. Les dernières colonies des pôles sont décimées par la maladie. Seuls les animaux à sang froid vivent dans les profondeurs...
Au début, seules les abeilles avaient disparu. Puis, rapidement, une grande partie de la flore, puis la faune ailée et la faune rampante...
La poussière ne parle pas. Le vent a beau crier, je ne sais vraiment pas comment on en est arrivé là...
José Spéret ("Mémoires d'après-demain")
Publié le 16 décembre 2007 à 11:38
Par José S.
Le oueb est un univers superficiel et souvent métaphorique, jalonné d'icônes et de cryptogrammes... "bar b'art", ray b'art" et "atif" de surcroît.
C'est l'espace métaphorique par excellence, lisible sur des milliers de niveaux. Indéchiffrable, d'ailleurs, il ne sert à rien de chercher à le déchiffrer.
La narration visuelle est toutefois assez transcendante : certaines images sont parfois inoubliables et d'autres carrément misérables...
Pour la plus grande part des sites de ce gigantesque souk virtuel, le tout est trop clinquant et forcément nuit et jour gravement à la santé mentale.
L'angoisse naît souvent lors de notre passage dans ce déroutant dédale de signes, de glyphes et de symboles ésotériques. Il y a beaucoup trop de pages inertes, vides de sens, inachevées...
Le oueb, on ne l'explique pas... ou plus. C'est trop dense, trop touffu. La jungle, quoi !
José Spéret ("Mémoires d'après-demain")
Publié le 23 novembre 2007 à 11:38
Par José S.
A propos de poésie expérimentale (expert e-mental) (piqûre de rappel)
Ce sont des textes "génietiquement" non modifiés (en bref, écrits sans génie), un assemblage, pas si simple, de mots "border line". Références trouvées dans l'ouvrage "Que deviennent les mots quand on les enlève du dictionnaire ?" sous-titré "Y a-t-il un ouvrage qui les regroupe et comment s'appelle-t-il ?" (par G. Lamy-Graine).
La poésie expérimentale ne se décline pas forcément en vers (et contre tout). Utilisant les rimes ou pas, lourde et légère, on se pâme devant (spam dans le vent) et se paume derrière...
Un texte plutôt Rabelais "rond" que Racine "carré", en tout cas cherchant toujours le bon mot.
Issu de cette mouvance, voici le premier texte extraterrestre, apocryphe bien sûr, quoique ?
A part leur seule forme de vie, rien de concevable.
Inertes, les nuages s'effacent dans l'atmosphère. Ceux-là n'étaient pas des masses d'eau à l'état gazeux.
Non, beaucoup des nôtres sont désormais sur le chemin du retour. Long sera le périple, chaotique sera le voyage.
Certaines de ces âmes se rebellent. Elles ne voulaient carrément pas partir.
Ce petit bout de caillou sphérique les a comme magnétisées et complètement adoptées.
Les nôtres sont trop imprégnés par leur environnement, la nature les a assimilés. Façonnés. L'osmose avec la faune, la flore et le sel de la mer a agi beaucoup plus rapidement que lors de leur implantation.
Ils ne sont pas encore préts. Leur cerveau est bien trop primitif, leurs choix sont les plus faciles, ils ne calculent plus, ils le font faire à des machines, il ne ressentent plus avec leur cœur, mais certains despotes leur dictent leurs destins.
Non, ils ne sont pas prêts. Leur chemin sera bien plus long, beaucoup plus ardu et tortueux...
Suite en cours de compréhension et de traduction.
José Spéret ("Mémoires d'après-demain")
Publié le 07 novembre 2007 à 11:38
Par José S.
La pièce est sombre et oppressante, c'est sûrement dû à son manque d'espace. Exiguë, enfumée et puante, elle est l'écrin de mon inexorable chagrin. Une masse informe tourbillonne sur le sol, dans une mer de sang. Alors, il faut se soustraire. C'est là que le combat a lieu. Onirique est mon combat! Ironique est mon réveil. Pas la peine de chercher, La violence engendrant le chaos, la mort s'est bel et bien invitée. Puissante et inflexible, Douce et irrésistible. Victorieuse. Pourtant, c'est elle qui gît là. Dans une mare de vent. Alors, il faut se taire. L'horreur engendre la peur, la peur engrange les pleurs. Les ombres percent souvent les cœurs. Aphone d'avoir trop crié, apathique, amorphe, le choc m'a rendu aphasique. Amnésique. Des images hystériques et stroboscopiques défilent devant mes yeux. Je suis las. J'ai encore oublié d'éteindre la télé, Dieu que c'est horrible de s'endormir sur le canapé !
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le 29 septembre 2007 à 16:11
Par José S.
Dès que l'on naît, on commence à mourir... Le temps présent ne le reste pas très longtemps. Il se mue rapidement en temps passé. Oyez, braves gens ! Notre avenir est commun et aussi connu de tous. Il y a un futur précédent qui n'a rien de réjouissant. Les bonnes âmes sont chères, ou bien vendues au diable qui les emporte au veau, vert de rage de s'être égaré dans le ruisseau, aux pieds sans vers de la fontaine. L'homme est un fou pour l'homme.
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
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