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Publié le 08 juillet 2008 à 20:11
Par José S.
Et pourtant, il est loin le printemps la saison où c’est important de prendre son temps.
Les nids sont fatigués et les arbres, ébouriffés, le seul souci, c’est de bouffer. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça mouille !
Le pèlerin sous sa pèlerine ignore la pluie, serein, il fend le vent comme un parapluie.
La gamine a les pieds tout mouillés, quand on chausse du trente-deux, faut pas tout éclabousser. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça brouille !
La buée a envahi les fenêtres, à travers disparaissent les bouleaux et les hêtres. Tout ce gris me fout le cafard, le ciel est descendu… brouillard. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça grouille !
Climatisation, chauffage, émanations, évaporation… transpiration… ça souille ! La grosse planète de baudruche se flétrit, c’est la contamination. Dans le lointain, ça gazouille.
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le 08 juillet 2008 à 09:11
Par José S.
Ce sont des textes "génietiquement" non modifiés (en bref, écrits sans génie), un assemblage, pas si simple, de mots "border line". Références trouvées dans l'ouvrage "Que deviennent les mots quand on les enlève du dictionnaire ?" sous-titré "Y a-t-il un ouvrage qui les regroupe et comment s'appelle-t-il ?" (par G. Lamy-Graine).La poésie expérimentale ne se décline pas forcément en vers (et contre tout). Utilisant les rimes ou pas, lourde et légère, on se pâme devant (spam dans le vent) et se paume derrière...Un texte plutôt Rabelais "rond" que Racine "carré", en tout cas cherchant toujours le bon mot. Adeptes, sans le savoir, de la poésie expérimentale, les regrettés Pierre Dac, Francis Blanche, Boris Vian, Pierre Desproges et Jean Yanne ont posé les fondations et les murmures -oui les murmures- (comme ça, ça fait quatre murs, c'est plus solide) d'une expression vibrante et bancale, poétique et prosaïque que Raymond Devos n'aurait pas reniée et Guy Bedos, pas bégayée.
Pour ce qui est des chanteurs, Georges Brassens (dessus-dessous) et Jacques Brel (n'en était pas une...) ont rajouté le toit... Voilà une belle maison et eux, tous au ciel (illustration : logiciel libre, enfin un logis sous le ciel libre de droits). C'est dans ce joli logis que se sont retrouvés les soi-disant esprits mentaux et pas expérimentés, griffonneurs de sornettes, jongleurs de sonnets, affubleurs de fables et compteurs jets d'air d'histoires. Leurs mots d'ordre : raconte, rencontres et raconte encore ! Donc, déchiré du papier peint d'une des pièces de ce joli logis, voici un extrait de cette poésie expérimentale.
L'auteur lui a donné un titre provisoire :
"Mais... Lody... écoute-moi".
Ecoute la mélodie Elle se lève, pianotant dans le matin, rampante et frémissante dans le bassin. Ecoute la mélodie Ouvre tes oreilles, ouvre ton cœur. Ecoute la mélodie Oh ! jamais musique pareille ne fera faner les fleurs. Ecoute la mélodie Ta haine, tu l'oublies, mets tes chaînes au cachot. Ecoute la mélodie Laisse la nostalgie envahir un autre badaud. Ecoute la mélodie Elle ronronne, et toi, tu chantonnes. Ecoute la mélodie Elle dissipera ton chagrin, j'écoute, mais l'eau dit rien !
José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).
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