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Publié le 29 février 2008 à 11:38
Sors de là, immonde cafard !
Tu amasses, tes déconvenues sont tes seules vertus. Sors de là, immonde cafard ! Tu ramasses, tes plus-values sont tes verrues. Entre là, pauvre zonard ! Tu amasses, tes déconvenues sont tes seuls revenus. Entre là, pauvre zonard ! Tu ramasses, tes plus-values font de toi un détenu. Passe par là, immonde zonard ! Tu ne repasseras pas par là ! Passe par là, immonde zonard ! Tu trépasseras par ici ! Casse-toi de là, pauvre cafard ! Ta place est dans un musée. Casse-toi de là, pauvre cafard ! Ta place est d'amuser. Reste pas là, cafard zonard ! Va planter ta tente ailleurs. Reste pas là, cafard zonard ! Va manger tes rentes ailleurs. José Spéret (Poésie et aphorismes) Publié le 26 février 2008 à 10:11
Molécule dans l'univers,
l'humain est une entité fragile. Nul ne sait d'où il vient, ni où il va... Insignifiant, il n'est même pas conscient, Des millions d'êtres vivants, De la bactérie à la plaque continentale, Une image, un son, un matricule, Un simple accident de parcours, Un concept. Une idée. Je dois oublier quelque chose, suis-je bête ? José Spéret ("Faire de vieux zoos", ouvrage à paraître) Publié le 20 février 2008 à 11:38
Ivre, le pêcheur délire comme un prêcheur. Lisse, l'âme de l'eau va du mât aux mets. L'effet mer tangue et brouille sa vue. La houle, bercée par les alizés, le maintient éveillé. Il dérive au pays des chimères et aperçoit, à l'horizon filant, les arêtes des six reines. De rames en galères, sa vie de moussaillon n'est plus qu'une fine écume dans sa mémoire.
Vigie perchée en haut du mât, les pieds dans le vide, la tête dans les nuages, il hait tous les orages. Il se bat, tôt et tard et son sang d'encre ne lâche pas les amarres. Il ferme les yeux et imagine les fonds marins, les pires œuvres du plancton, des pieuvres et des poissons. Pris dans les filets, il hausse le thon et, à coups d'espadon, taille les mailles du grillage. Son réveil fut brutal. De vagues en vagues, de lames de fond en fond de larmes, il se noya dans sa douleur.
Publié le 17 février 2008 à 13:11
Il n'est pas simple de bousculer les idées sans bousculer les mots.
Je veux dire que la narration et la syntaxe ne s'improvisent pas, à moins de poétiser ses rêves ou ses cauchemars. Il faut apprendre à apprendre. La musique littéraire est parfois trop dissonante pour être mélodieuse. Le tempo, l'harmonie et la variété du vocabulaire, s'ils sont pauvres, ne composent qu'une mièvre prose. La moisissure se dépose sur l'accentuation, les points et les virgules s'enterrent d'eux-mêmes. La partition est ahurissante et abrutissante, l'hymne est imbécile et débilitant. Anonymes et amis des synonymes sont jetés dans les cloaques, là où s'embourbent les ignorants, comme moi, pour essayer de se faire entendre. Là, je pose mon stylo. (Il ne crie pas assez fort et n'écrit pas suffisamment gras.) C'est pas toujours facile, la vie d'agiculteur... surtout à notre époque : l'ère de la communication. Mais, le grand paradoxe, c'est que tout le monde communique alors que tout le monde n'écoute personne. Maintenant, le plébiscite rime plus avec publicité, promotion personnelle avant tout, c'est la civilisation du moi, je, moi et du bas art. Dissoudre les émotions, dans des images ou des petites phrases assassines, est très révélateur. Après coup, on se rend compte d'un grand vide dans ce genre de communication. Ecoute, écoute... tu écoutes, mais tu n'entends pas. Il faut de la raison se garder, et de l'oraison se méfier. Pourtant, devant les nuages, il ne faut pas hésiter à méditer. Je dois oublier quelque chose, suis-je bête ? José Spéret ("Faire de vieux zoos", ouvrage à paraître) Publié le 13 février 2008 à 17:11
Le départ permanent,
un départ imminent. De départements en appartements, d'errements dans les serres, aux serments dans les airs. Point d'escale dans le bizarre. L'exode sans méthode, une suite d'épilogues et de prologues, l'exode distillé en plusieurs épisodes. Point d'escale dans les bazars. L'errance dans le silence, un combat constant contre l'absence. Point d'escale dans les bars. Porter les valises, pour certains, ça dépayse. Pour d'autres, ce sont des bêtises. Point d'escale dans les arts. Partir pour oublier les souffrances, endurées dans l'indifférence.
Publié le 06 février 2008 à 11:38
Sous les sables millénaires,
harassé, le scarabée se désole dans son nid précaire. Enfoui dans les sables millénaires, agacé, il chancelle sur les cadavres de milliers de ses congénères. Sous les sables millénaires, il se dirige vers son destin, noir comme l’ébène. Sous les sables millénaires, il sait que bientôt sera la fin, il ornera la somptueuse coiffure de la reine. Sous les sables millénaires, le scarabée l’a vue sourire, bien avant que sa momie se mette à flétrir. Sous les sables millénaires, le scarabée immortel se dirige vers son destin. José Spéret (Poésie et aphorismes) Publié le 04 février 2008 à 20:11
Trop poli... tique pour être au net ?
Non à l’apologie du trop-dit ! Je ne suis candidat à rien ! Par contre, ma ville est candidate à tout et à tous... Peut-être pas à n'importe quoi ! Arrête tes élucubrations, m’a-t-on dit. Dans élucubrations, il y a élu. Et si un est lu vaut mieux que deux tu liras, Libre comme un livre, l'élu non plus, tu ne l'éliras pas, José Spéret ("Faire de vieux zoos", ouvrage à paraître) |
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