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Blog de José Spéret
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Publié le 29 juin 2008 à 23:11
Par José S.

Réflexions administratives

- Bonjour Madame, pouvez-vous m'indiquer la sortie ?
- Passez par où vous êtes entré, ça sera plus court !


- Le service e-versa, s'il vous plaît ?
- Pour monter, prenez l'escalier ; pour descendre, prenez l'ascenseur !
- Et au fond du couloir, je reviens sur mes pas ?


- Retenez-moi l'ascenseur !
- Oui, pour quelle date ?


- Le temps est orageux sur la vallée.
- C'est vrai, c'est couvercle !


- Il carbure à quoi ?
- J'ai pas vu qu'il avait une soutane.


- C'est pour un bilan de santé ?
- Non, c'est pour un dépôt.


- Rassurez-moi, vous avez réservé ?
- Là-dessus, je reste sur ma réserve... c'est bon ?


- Dans la salle d'attente, j'adore écouter la soul
- Ah bon ! l'assistante boit ?


- Dans le service, ils ont les fonctions nerfs à fleur de pot.


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 23 juin 2008 à 14:11
Par José S.
Sur la palette, le pinceau maculé de rouge
sèche, depuis bien longtemps il ne bouge...

La toile, immaculée, est éblouissante,
sur les planches du chevalet, pourrissantes...

L'heure est à la solitude,
le soir apporte l'incertitude...

Que me vaut cette douce brise,
si ce n'est qu'une sordide crise...

Sors de là, mon doute,
laisse-moi continuer ma route...

Il est des fantômes envahissants
qui me rattrapent à chaque tournant...

Mes pas sont lourds dans mes tennis de sous-marque,
mes pieds sont gourds quand en ville je débarque...

Je fais partie des ombres que l'on ne regarde plus,
de ceux que l'on veut de plus en plus reclus...

Cachez ce sang que je ne saurai boire,
enfouissez-le jusqu'au désespoir...

Je me lève, puis je retombe,
loin des rêves, j'ai la tête dans la tombe...

Perdu, dans les étoiles,
devant la solitude de la toile...

José Spéret (Poésies & aphorismes)
Publié le 15 juin 2008 à 11:38
Par José S.
Allez-vous faire foot ?

Onze mecs sandwichs en short bleu
qui se battent avec un ballon
contre
Onze mecs sandwichs en short rouge
dans une arène verte.

C’est foot, ça !!! 

Dans les tribunes bariolées et banderolées

Oh…là !

ça braille, ça gueule, ça jure, ça injure

C’est foot, ça !!!

Au milieu de tout ça
un mec en noir, aussi en short griffé
Lui, il évite le ballon…

Oh… là !

Pas si fou… quoique !
Il court, il siffle, il siffle, il siffle…

C’est flûte, ça !!!

Et ils appellent ça du spectacle…
L’école de la vie, qu’ils disent même…

Oh…là !

Bah… il est beau le spectacle

Oh… là !

Coupe de l’Euro, coups francs, coups bas, coup de boule !
 

Oh… là, là, là, là !...


Allez-vous faire foot ?

Non, merci ! pas aujourd’hui.

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).
Publié le 12 juin 2008 à 02:11
Par José S.
 Angoissante et intrigante question.
Sans avoir peur de la rupture du continuum espace temps, je pense que je changerais de chemin.
Simplement pour voir, recommencer la même journée, mais d'un autre point de vue ;
ne pas provoquer les mêmes gestes, donc être confronté à de nouvelles conséquences.
Un droit à l'erreur ?
Non, plutôt le droit de recommencer : "play again", tant qu'il y a des crédits de vie.
Vivre plus, pour vivre plus... c'est très tendance, non ?
Pour influer et maîtriser le temps, en pratique, l'homme n'est pas encore prêt.
Mais en théorie, oui.
Il a ces outils merveilleux qui s'appellent imagination, création et  réflexion, qui le distinguent des animaux.
En théorie, bien sûr car, en pratique, ce n'est pas prouvé.
Par la pensée, l'homme n'a aucune limite si ce n'est lui-même.
Après la terre, la mer, la lune, l'espace, il tente de s'installer dans le cyberespace. Un lieu où tout est possible, une seconde vie rêvée.
Là, on peut se téléporter ou voler d'un lieu à un autre, avoir l'apparence que l'on désire, la vie que l'on a toujours voulue... enfin, presque. Certains vivent par procuration, leur avatar est sûrement plus heureux qu'eux.
Mais la triste réalité les rappelle vite à son bon souvenir, dès qu'ils lèvent les yeux de l'écran.
C'est bien d'avoir des discussions avec un autre cybernaute, alors qu'on baisse les yeux quand on croise les voisins qui, eux, ne mentent pas sur leur apparence. Si l'on pense pouvoir changer le cybermonde, pourquoi ne pas essayer de changer la vie réelle...
Parfois, il ne faut pas grand-chose : une rencontre, un geste et, tout simplement, se montrer tel qu'on est.
Les quartiers, dans les villes, sont vivants. Les gens se rencontrent dans les bars, à la sortie des magasins, devant telle ou telle vitrine...
Aller vers les autres est encore plus facile que dans le cyberespace.
Mais oui ! il n'y a pas besoin de clavier, ni d'écran. Non. Seulement être soi-même et dire bonjour quand on croise quelqu'un sur un trottoir... "Plus facile à écrire qu'à faire !" me direz-vous. Je ne peux que vous répondre : "essayez... une fois, deux fois, trois fois...
Il y a toujours quelqu'un qui a quelque chose à vous dire, voire à vous apporter.
Comme disait mon père, "le savoir ne prend pas de place"...
Alors, c'est dans l'échange que l'on apprend."
Utopique et rêveur, je viens d'hier et je vais vers demain.
Mais la chance, pour les êtres humains, c'est qu'aujourd'hui, on peut encore regarder en arrière et choisir ce que l'on fera demain.


José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")

Publié le 11 juin 2008 à 17:38
Par José S.

Si au rang de philosophe
je suis bien après le dernier

Cioran lui était le premier
Il est affreux de dire cela
Il est à Freud de me dire cela
A l'un qui se prend pour Dieu
Alain répond qui est Dieu
Dieu voit mieux que tous
Dix yeux voient mieux qu'un oeil
Les chemins sont tracés sur les feuilles
Des cartes pour les voyages touristiques
Descartes là c'est plutôt mathématique
Et pourtant le regard aiguisé du scientifique
ne voit pas la paille enfoncée dans la poutre


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

Publié le 10 juin 2008 à 10:11
Par José S.

J'ai traîné ma solitude
sur de vagues incertitudes,
ballotté d'habitudes
par le ressac des remords,
la fierté n'est que le regret des forts.

J'ai oublié cette ville, son phare, son port,
le cri muet des mouettes
m'a réconcilié avec les poètes.

J'ai relu Rimbaud, Aragon, Verlaine, Camoes, Pessoa,
des prophètes...
Ici, nul ne l'est en son pays.

Le pays de l'homme est tout simplement la vie,
un vague chemin de passage,
semé d'embûches...

On naît d'une rencontre,
mais l'on meurt comme l'on pense, seul.

Espérant voir cette lumière blanche
et passer au-delà,
retrouver tous ceux qui nous ont laissés trop tôt
et suivre le chemin, la lumière blanche...


José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le 08 juin 2008 à 19:11
Par José S.

Je sais, c’est dramatique.
 Mais, pendant les heures de cours de cette spécialité ésotérique,
mon esprit prenait la tangente.

Plus jeune, j’ai appris les tables de multiplication comme des récitations :
savoir compter sans calcul, j’y trouvais une implication. 
J’entendais dire "c’est logique, il n’y a pas d’équivalence." 
Puis, vint l’algèbre qui m’a vite abrégé.

J’essayais de garder une contenance, une certaine appartenance au groupe.
Mais, en maths, c’était la non-appartenance. Je tentais l’inclusion ; définitivement, c’était la non-inclusion.
Stoppé à toutes les intersections, je ne parvins jamais à la réunion.

J’étais exclu de l’ensemble.
Loin du cosinus, hors du cercle, on me nommait cosécante.

Des conséquences, il y en a eu.
 
Ma préférence va plus à l’allégorie qu’à l'algorithme. Je trouve souvent la porte de l’arithmétique plutôt hermétique.
Pourtant amateur de symbolique, collectionneur de cartes trigonométriques, je restais toujours celui avec le plus petit dénominateur commun. Sans doute trop primaire, pas assez binaire pour eux. 

Je suis le différentiel, infinitésimal j’espère, du groupe dont je suis l’abstraction.
 
L’infini est réducteur et non vectoriel, intégral et non statistique. L'indéfini est littéral et non littéraire, ou le contraire : booléen, donc.
 
Voilà des probabilités, des théorèmes, des courbes et des schémas, reliés entre eux par la seule chose qui les fait vivre : le questionnement. C'est une analyse purement rhétorique et non scientifique qui frôle follement la philosophie.

Pour moi, la logique ment, par pur opportunisme, intentionnellement. Elle ne me révèle pas sa vrai nature : sarcastique, despotique et donc mathématique, démontrable et probablement démontée.

Eden ou enfer, sélection surnaturelle, aberration surréaliste des esprits scientifiques, la galaxie mathématique est lointaine, très lointaine. J'ai beau m'approcher, m'accrocher, rien n’y fait, ça reste flou, et pas du tout artistique…

Pour moi, c'est pas mathématique… c'est problématique.


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).