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Blog de José Spéret
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Publié le 26 novembre 2007 à 11:11
Par José S.
Il y a quelques années,
j'ai acheté un cahier.

Moi, qui ne suis plus écolier.

Avec un crayon, dans un tiroir,
je l'ai rangé.

Moi, qui ne suis plus collégien.

Après avoir erré sur les trottoirs,
je l'ai ouvert, ce tiroir.

Moi, qui ne suis plus lycéen.

Sur la table, je l'ai posé.
Sur la plage blanche, j'ai pleuré.

Moi, qui ne suis pas écrivain.

Des larmes amères
ont envahi mes yeux.

Moi, qui ne suis pas poète.

Il y a des mots qui coulent,
d'autres qui se fondent dans le moule.

Moi, qui ne suis pas conteur.

Le crissement du crayon sur la feuille
s'avéra un véritable écueil.

La suite, je ne vous la livrerai pas,
la mine du crayon s'est cassée.

José Spéret (Chants des pleurs, à réapparaître)
Publié le 25 novembre 2007 à 11:38
Par José S.
Un défaut physiologique
dans le câblage du cerveau.
Alors, tout devient glauque.

C'est glauque comme décor.
Glauque comme des corps devant les yeux.
Glauques, ces ombres qui s'allongent.

Des rassemblements de rats qui préparent le festin...
La guerre intestine a commencé,
toute proche déjà est la fin.

Au loin, des cris rauques étouffés,
sanglant destin et funeste chemin.

La lune, ce soir, ne viendra pas,
les étoiles ne brilleront pas.

Devant tant d'horreur et de tristesse,
le ciel, ce soir, sera silencieux.

Pas une étoile, pas un nuage,
que le chaos face à ce carnage...

L'homme est l'avenir du vide...

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).
Publié le 23 novembre 2007 à 11:38
Par José S.

A propos de poésie expérimentale (expert e-mental) (piqûre de rappel)

Ce sont des textes "génietiquement" non modifiés (en bref, écrits sans génie),
un assemblage, pas si simple, de mots "border line".
Références trouvées dans l'ouvrage
"Que deviennent les mots quand on les enlève du dictionnaire ?"
sous-titré "Y a-t-il un ouvrage qui les regroupe et comment s'appelle-t-il ?"
(par G. Lamy-Graine).


La poésie expérimentale ne se décline pas forcément en vers (et contre tout).
Utilisant les rimes ou pas, lourde et légère, on se pâme devant (spam dans le vent)
et se paume derrière...

Un texte plutôt Rabelais "rond" que Racine "carré", en tout cas cherchant toujours le bon mot.

Issu de cette mouvance, voici le premier texte extraterrestre, apocryphe bien sûr, quoique ?

A part leur seule forme de vie,
rien de concevable.

Inertes, les nuages s'effacent dans l'atmosphère.
Ceux-là n'étaient pas des masses d'eau à l'état gazeux.

Non, beaucoup des nôtres sont désormais sur le chemin du retour.
Long sera le périple, chaotique sera le voyage.

Certaines de ces âmes se rebellent. Elles ne voulaient carrément pas partir.

Ce petit bout de caillou sphérique les a comme magnétisées et complètement adoptées.

Les nôtres sont trop imprégnés par leur environnement, la nature les a assimilés.
Façonnés. L'osmose avec la faune, la flore et le sel de la mer a agi beaucoup plus rapidement que lors de leur implantation.

Ils ne sont pas encore préts. Leur cerveau est bien trop primitif, leurs choix sont les plus faciles, ils ne calculent plus, ils le font faire à des machines, il ne ressentent plus avec leur cœur, mais certains despotes leur dictent leurs destins.

Non, ils ne sont pas prêts. Leur chemin sera bien plus long, beaucoup plus ardu et tortueux...

Suite en cours de compréhension et de traduction.

José Spéret ("Mémoires d'après-demain")

Publié le 22 novembre 2007 à 21:11
Par José S.
Sur l'instant, on ne se rend pas compte.
Les choses se déroulent, doucement.
Avec prudence, on affronte la réalité.
Des mouvements incertains bousculent les habitudes.
Un pas en avant, un pas en arrière et ouste !

L'écoute des inepties ravage tout sur son passage.
L'air de rien, on se retrouve l'esprit nu.
L'œil est attiré par la lumière brillante de l'espoir, mais les paupières restent closes.

Il se peut qu'une réponse vienne, un jour.

Démolir ici, pour reconstruire là, ou là-bas, pas obligatoirement où l'on vous attend.
Mon carburant préféré, celui qui m'aide à avancer, est le rêve.

Il me fait oublier les indispensables futilités des uns et des autres qui s'éparpillent d'une gerbe multicolore de "flammilles" folles et désordonnées, libres de mourir où bon leur semble.

Une triste symphonie lumineuse d'aberrations molles.
Des scrupules, maintenant. Pourquoi je dis oui à tout et à tous ?
Non parce que je suis lâche, bonne poire et moche Hélène.

Mais parce que je suis un ion égaré dans l'espace.
Une excentricité mobile cherchant la stabilité !

Prie, ion, maintenant, pour que tes chants ion s'envolent et atteignent le paroxysme de ta misérable existence.

José Spéret (Chants des pleurs, à réapparaître)
Publié le 18 novembre 2007 à 11:38
Par José S.
L'auteur de littérature ne rature pas assez.
Il faut donc revenir sur l'ouvrage sans cesse.
Faire l'économie de palabres pour éviter le verbiage.
Les mots rares sont rébarbatifs,
donnent souvent un ton qui tient plus du poncif.

Les descriptions précises -géologique, cartographique-
nous placent dans le contexte, mais nous sortent de l'action.

Ah, l'action ! (pas celle du CAC 40).

Le mouvement, le rythme et les rebondissements sont
plus attractifs qu'un bon vieux suspense.

Je hais ces livres où l'intrigue est présentée et dévoilée en début de récit.
Et après, on disserte avec des ronds de jambe ennuyeux et éprouvants pour revenir à l'intrigue qui n'est plus intrigante du tout.

Imaginez un pays où les auteurs se mettent en grève.
Voilà maintenant des livres, des nouvelles, des séries, des films écrits sous forme de SMS, sous forme "Wiki", avec des références aléatoires et souvent hasardeuses.

Je gage que, même en grève, tous ces auteurs ne pourront rester sans pianoter sur leur traitement de texte ou griffonner sur leur cahier. Pour certains, c'est une chose primordiale, vitale même.

Je pense que ce n'est pas de gaieté de cœur que les auteurs et scénaristes américains -tout comme les cheminots, cette semaine- font grève... C'est sûrement dû à un problème plus terre à terre que les histoires qui les font vivre.

Le mal n'est pas dans la tête, ni sous la ceinture, mais plutôt au niveau du portefeuille.

C'est l'automne, rien ne m'étonne. Mais les mots ne sont pas faits pour être pris en otage, les voyageurs non plus, d'ailleurs.
Alors, il y a grève et grève : les mots sont libres d'aller et venir par les ondes, les mails, les lettres... Et les voyageurs aussi sont libres d'être libres. Si les cheminots étaient bien avisés de les laisser voyager librement, voire gratuitement, je pense que les grèves feraient l'unanimité auprès de tous !

Vous voyez, les mots sont libres... Mais ces dernières lignes sont utopiques... de la pure fiction.

Les mots ne sont pas en grève, mais les lecteurs, oui.

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).
Publié le 17 novembre 2007 à 19:11
Par José S.
Qu'importe le flocon pourvu qu'on ait l'ivresse.
De la neige naît l'excitation, ou bien l'inverse...

Pas de précipitation, ne suivons pas les agités,
avec leur allure de moulin à vent.

Ils font voler les feuilles à l'automne,
et plus personne ne s'étonne.

José Spéret (L'air de... quoi ?)
Publié le 07 novembre 2007 à 11:38
Par José S.

La pièce est sombre et oppressante,
c'est sûrement dû à son manque d'espace.

Exiguë, enfumée et puante, elle est l'écrin
de mon inexorable chagrin.

Une masse informe tourbillonne sur le sol,
dans une mer de sang.

Alors, il faut se soustraire.

C'est là que le combat a lieu.

Onirique est mon combat!
Ironique est mon réveil.

Pas la peine de chercher,

La violence engendrant le chaos,
la mort s'est bel et bien invitée.

Puissante et inflexible,
Douce et irrésistible.

Victorieuse.

Pourtant, c'est elle qui gît là.
Dans une mare de vent.

Alors, il faut se taire.

L'horreur engendre la peur,
la peur engrange les pleurs.

Les ombres percent souvent les cœurs.

Aphone d'avoir trop crié,
apathique, amorphe,
le choc m'a rendu aphasique.

Amnésique.
Des images hystériques et stroboscopiques
défilent devant mes yeux.

Je suis las.

J'ai encore oublié d'éteindre la télé,
Dieu que c'est horrible de s'endormir sur le canapé !


José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")

Publié le 02 novembre 2007 à 11:38
Par José S.

A chacun ses blagues !

On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Certains sont ridicules et font rire malgré eux...
Ceux-là ne me font pas rire du tout.
En plus, ils se prennent un peu trop au sérieux...
Et pour cause, regardez-les ! 
Et z'y vas que je me mets dans tous mes états d'humeur et je balance ça sur la grand' place du "oueb" et j'ai mon avis sur ça et je suis contre si (fa sol la mi).
D'ores et déjà, là, cette partition est connue de tous. Certains se voyaient déjà en haut de l'affiche, car quelques rires sont arrivés inopinément à leurs oreilles... Quelle galéjade !
Quelle comédie ! Du Desperate housewives puissance dix et j'en retiens plus d'un.

Souvenez-vous : je blogue, donc je suis... (Cf. http://blog.ifrance.com/joquintino, épisode 116 du 5 octobre 2007).
La blogation nuit gravement à la santé mentale de ceux qui s'en servent comme journal intime ; la blogation rend sûr... et le cerveau mis sur la table... n'est bon qu'avec une bonne préparation : un bon élevage sous la mère et nourri comme il faut... accommodé avec une bonne sauce ; relevé, mais pas trop...
Laissez mijoter. Non, surtout ne pas en faire trop... Le jour, le sombrilisme nuit à la santé... Grave ! Le nombrilisme aussi.

José Spéret ("Je blogue mais je me soigne"... ouvrage à paraître)