Avant de poursuivre notre périple au Cambodge nous faisons une petite pause à Kuala Lumpur pour laisser le temps à Florian, qui vient de rejoindre notre groupe d'aventuriers, de récuperer un peu du trajet. Nous en profitons pour visiter Batu Caves, un grand temple troglodyte dans les environs. Pour entrer dans le temple, il faut d'abord gravir les 272 marches qui y mènent... Mais rien ne nous arrête! Nous commençons notre ascension sous le soleil et nous sommes très vites rejoints par des singes (qui se promènent partout dans le temple). Ils sont sans doute nourris toute la journée par les touristes mais continuent de poursuivre les gens à la recherche d'un peu plus de cacahuètes. Nous ne dérogeons pas à la tradition et en achetons un petit paquet. Les 50 dernières marches se révèlent assez douloureuses mais elles en valaient le coup! Le temple est très original. Les temples hindous sont d'habitudes très chargés, de toutes les couleurs avec des statues partout. Ici la roche a été conservée telle quelle et seules les quelques statues sans couleur, la musique indienne et les hindous en tenue traditionnelle qui se promènent au milieu des touristes rappellent qu'il s'agit d'un temple.
Après cette escale culturelle, nous nous préparons à partir au Cambodge. Un chauffeur de taxi fou, ancien traffiquant d'héroïne (ce qu'il nous raconte tranquillement pendant la course) vient nous chercher à l'hôtel à 4h du matin, pour nous déposer à l'aéroport. Nous nous posons à 9h à Siem Reap, au Nord-Ouest du Cambodge, tout près du site des temples d'Angkor. Alors que nous ne sommes pas encore sortis de l'avion, la première chose qui nous frappe est la quantité d'eau qu'il semble y avoir dans ce pays. Tout autour de l'aéroport on dirait que la région n'est faite que de rizières, ou de champs innondés. Nous nous posons d'ailleurs sous une averse. A l'arrivée à la douane, nous avons la surprise de découvrir des panneaux en français (la décolonisation est pourtant très loin!). Nous sommes aussi très étonnés en constatant qu'ici tout se paie en dollar. La monnaie locale, le riel, est tellement dévaluée qu'elle ne sert que pour rendre la monnaie en centimes. Nous trouvons un hôtel dans le centre-ville et partons rapidement vers les temples en tuk-tuk. Les routes (qui sont pour la plupart en terre) sont détrempées. Nous nous retrouvons vite devant Angkor Wat, le temple le plus célèbre dans le monde (Il y a plus d'une centaine de temples à Angkor). Il pleut toujours et dès notre arrivée, avant même d'avoir pu descendre du tuk-tuk, nous sommes assaillis par une bande de petites filles tentant de nous vendre des imperméables en plastique. Florian et moi en prenons un que nous choisissons bleu. Nous aurons un look de schtroumpfs pour le reste du séjour... Lorsque nous descendons, d'autres enfants plus jeunes (6-10 ans) veulent nous vendre des cartes postales ou des bracelets. C'est assez triste à voir, et ces enfants sont partout autour des temples, tellement nombreux à nous entourer que parfois nous avons du mal à avancer.
A l'interieur d'Angkor Wat, nous écoutons très sérieusement le guide Dareck nous expliquer (avec l'aide du National Geographic) la signification des nombreuses frises, dont celle du baratage de la mer cosmique qui nous suivra jusqu'en Thaïlande (avec sa sculpture dans l'aéroport de Bangkok). Le temple est magnifique et immense, nous y passons la journée entière.
Le soir, nous repérons un restaurant sympa dans le centre ville. En fait il s'agit d'un restaurant assez classe qui vient d'ouvrir, nous sommes les seuls clients... Une nuée de serveurs et de serveuses ne parlant pas un mot d'anglais mais pleins de bonne volonté nous entoure, impossible de faire un geste sans qu'ils essaient de l'interpreter (non non je ne veux pas plus d'eau, ni la carte des desserts...). Nous testons la nourriture Khmer mais j'ai du mal à voir une énorme différence avec les plats malais, ça reste du poulet avec du riz...!
Le lendemain matin, nous repartons à l'exploration des temples et visitons notamment Ta Prohm, qui a servi au tournage du film Tomb Raider. Il s'agit du temple célèbre avec les arbres qui viennent se prendre dans les pierres. Malgré les nombreux touristes (dont le nombre est heureusement limité par les pluies incessantes), le temple dégage une impression de calme.
A la fin de notre visite, notre chauffeur de tuk tuk est déterminé à ne pas nous laisser là. Il nous propose plusieurs excursions possible (dont un diner chez lui avec sa femme pour manger du serpent...). Nous décidons de visiter un village flottant, sur la rivière. Le trajet est périlleux, nous longeons la rivière tout le long et avec les pluies torrentielles qui sont tombées et tombent encore, il est impossible de faire la différence entre la rive et la route. Toute la route est recouverte d'une bonne vingtaine de centimètres d'eau et de boue. Notre chauffeur, trempé, enlève son jean et sa veste pour continuer la route en caleçon et t-shirt. Le long de la route, nous croisons des huttes (qui ne doivent pas vraiment protéger de la pluie). Le sol surelevé au dessus de la rivière est en bois, les cloisons et le plafond en taule ou en chaume. Il n'y a apparemment qu'une pièce dans chaque habitation et pas vraiment de porte. Par l'ouverture, on voit dans chaque hutte briller la lumière d'une télé allumée.
Après avoir vaillamment lutté contre la mousson, nous arrivons au petit bateau qui va nous conduire à travers le village flottant. Les bateaux servant de maison sont tous très éloignés, alors que j'imaginais quelque chose d'assez dense. Nous croisons quelques barques, parfois conduites ar des enfants qui doivent à peine savoir marcher (ans un village flottant, il doit être plus utile de savoir ramer...). Nous croisons même un terrain de basket flottant. Le bateau nous arrête à ce qui doit constituer l'attraction touristique locale: une "maison" où se trouve un bassin avec 6 ou 7 crocodiles. Il doit y en avoir beaucoup dans la rivière, vu le nombre de magasin de chaussures et de sac à main que nous avons croisé sur la route!
Il fait déjà nuit lorsque nous rentrons, et nous allons diner dans un restaurant où le patron nous accueille en parlant français. Il nous parle longtemps d'Angkor, nous met en garde contre quelques arnaques réservées aux touristes. Le lendemain matin, nous avons prévude partir pour la Thaïlande en prenant un bus jusqu'à Bangkok. Le voyage doit durer 10h mais je ne suis pas inquiète, les bus sont toujours très confortables. J'avais oublié un détail: nous ne sommes plus en Malaisie...
Nous embarquons donc le lendemain matin dans un bus miniscule, non climatisé et sans soute pour les bagages. Nos sacs s'entassent tout le long de l'allée, faisant ressembler chaque déplacement à une séance d'escalade. La distance jusqu'à la frontière est très courte, mais les routes sont si mauvaises qu'il nous faut des heures pour l'atteindre. Le bus nous arrête peu avant la frontière pour déjeuner. Nous avions tous cru très intelligent de nous débarrasser de nos derniers dollars et riels avant de partir, il ne nous reste plus rien. Nous finissons par supplier quelques touristes (anglais il me semble) de nous échanger les quelques euros que nous avons contre des dollars qui nous permettent d'acheter du riz et du poulet (ah, la gastronomie asiatique...!).
Tout le long du trajet du côté Cambodgien, nous ne voyons rien d'autre que des rizières, pendant plus de 5 heures. Ce pays donne vraiment l'impression d'être entièrement recouvert d'eau. Nous croisons aussi souvent des vaches faméliques au bord de la route. Je n'imaginais pas qu'une vache puisse être aussi maigre... Après un trajet interminable, nous atteignons enfin la frontière, qui nous semble être une vraie passoire. Plusieurs casinos se font face entre les deux douanes, il y a des chances que les casinos soient interdits au Cambodge. Après avoir changé de bus pour un mini van bien plus confortable, nous continuons la route côté thaïlandais, en direction de Bangkok, la prochaine escale du voyage!
Après quelques jours à la plage, nous voici prêts à affronter la jungle! Nous prenons donc la direction du Taman Negara. Il s'agit de la plus ancienne jungle du monde, qui s'étend sur plus de 4000km2 au centre de la Malaisie.
Le trajet s'avère un peu compliqué. Nous prenons d'abord un bus de nuit pour Kuala Lumpur et arrivons à la capitale vers 4-5h du matin. Nous devons aller de l'autre côté de la ville où se trouve la station de bus. Là-bas bien sûr, tout est fermé et nous prenons notre petit déjeuner dans le seul resto déjà ouvert : un endroit assez douteux, sur une "terrasse" ou de sympatiques rats viennent nous tenir compagnie. A 8h, nous prenons finalement le bus pour Jerantut, à deux heures de Kuala Lumpur. Arrivés là-bas, nous embarquons dans un taxi pour une heure de trajet, direction Kuala Tahan. C'est notre dernière escale. Nous prenons enfin le bateau (il s'agit plutôt dune pirogue) pour nous rendre au petit village qui accueille les touristes aventuriers au coeur de la jungle (une trajet de trois heures!).
Le village est tout petit mais très sympa, situé au bord de la rivière. Tous les restaurants sont des petites terrasses flottantes et on y rencontre des gens venant d'un peu partout, notamment des polonais et des français de la réunion. Le soir tombe vite, et nous partons en compagnie d'un guide et de nos lampes de poche pour une marche nocturne dans la jungle. Le plus impressionnant est le bruit assourdissant qui nous entoure. Il fait très noir (malgré la pleine lune) et pourtant le guide parvient à repérer les animaux sur notre chemin avec une facilité déconcertante. Nous voyons un petit serpent dormant dans les branches d'un arbre, au-dessus de nos têtes, ainsi qu'une chauve-souris. Nous voyons aussi des cerfs, ainsi que quelques gros insectes. Le guide nous explique que les animaux sortent moins pendant la pleine lune, mais même avec peu d'animaux, l'ambiance de la jungle la nuit valait le coup.
Le lendemain matin, nous partons avec le même guide pour traverser le plus long pont suspendu du monde (ici ils aiment bien les "plus... du monde"). Il fait 500m de longueur et atteint à certains endroits une hauteur de 80m. J'étais un peu angoissée avant la traversée mais en fait c'est beaucoup moins impressionnant que ça n'en a l'air. Avec les arbres tout autour, on ne se rend pas bien compte de la hauteur. Certains endroits du pont offrent une vue magnifiques, mais on a surtout tendance a regarder ses pieds et à se concentrer pour marcher le plus prudemment possible...
Après la traversée, le guide nous emmène à un endroit d'où la vue est très sympa. Le seul inconvénient est qu'il faut grimper une côte escarpée pendant une quarantaine de minutes avant d'y arriver. Effectivement la vue est très sympa, mais avec la montée et l'humidité, plus personne n'est présentable pour les photos!
L'après-midi, nous décidons d'essayer l'exploration de grotte, décrite par les guides comme une mini-aventure. Bien sûr ils n'ont absolument pas la même notion de l'aventure que nous et je ne suis pas convaincue de l'utilité du mot "mini" dans leur description. Jusqu'à maintenant j'avais toujours visité des grottes avec des sols droits et des plafonds très hauts. Ici nous nous retrouvons à sauter de rocher en rocher et à ramper dans des tunnels. Je suis la première du groupe et je me retrouve à attendre les autres dans un endroits un peu sombre, pendant que le guide les éclaire avec sa lampe de poche. lorsque tout le monde est arrivé, le guide tourne sa lampe de poche vers moi, et je m'aperçois que je viens de passer 3 minutes à quelques centimètres d'une centaine de chauve-souris sans le savoir... Un peu plus loin, les parois en sont remplies. Tant qu'elles restent accrochées ça va, mais quand elles s'envolent et que je les sens frôler mes cheveux, j'avoue que j'aprécie moyennement la sensation! Nous ressortons vivants de la grotte (après avoir du ramper dans un ruisseau et escalader une paroi pour sortir). C'était une expérience très sympa, mais le plein-air ça a du bon!
Nous passons la soirée à écouter des jeunes du villages jouer du U2 et du Bob Marley à la guitare, accompagnés au chant par deux polonaises. Le lendemain nous émigrons de notre petit hôtel au coeur du village vers le resort 5 étoiles situé sur l'autre rive. Nous avons enfin accès à une vraie douche, ainsi qu'à une clim deux objets de luxe dont nous avions oublié l'existence. Loïc et JF se préparent à une grande expédition: 4h de trek dans la jungle, sans guide. Après une longue hésitation, je décide de ne pas les suivre et de les rejoindre plutôt à l'arrivée en bateau. Je ne regrette pas mon choix. Lorsque je les retrouve, leurs pieds sont en sang... Eh oui, ils ont tenté de leur échapper mais elles les ont eu. Ils n'ont pas résisté à l'attaque des sangsues! J'ai même la chance de faire la connaissance de l'une de leur nouvelles amies, retrouvée sur le cou de Loïc. Après ces émotions, nous nous relaxons au bord d'une petite cascade, le point d'arrivée de l'expédition. Après une petite baignade (ils sont les seuls à s'y aventurer, l'eau trouble de la cascade ne m'inspire pas vraiment), nous rentrons.
Le lendemain matin nous avons droit à un petit déjeuner de luxe dans notre hôtel pour aventurier aimant les douches et les toast au nutella. Nous reprenons ensuite la route pour Kuala Lumpur où nous allons récupérer un cinquième aventurier pour la suite du voyage!
Ca y est, tout le monde est parti... Me revoilà seule sur ma petite île de Penang, avec plein de temps pour raconter ce mois de septembre très chargé, aux quatre coins de l'Asie du Sud Est. Loïc, JF et Dareck ont donc posé le pied en Malaisie il y a déjà un mois. A peine arrivé à l'aéroport après un trajet épuisant, je les fait remonter dans un avion, direction la côte Est, où se trouvent les plus belles plages de Malaisie. Entre temps, petit choc culinaire à l'aéroport : j'ai oublié de leur préciser de commander "not spicy"... Ils se souviendront de cette premiere experience douloureuse! Nous passons la nuit dans une petite ville près de la côte, où nous dinons dans un foodstall chinois très typique. On se débrouille comme on peut pour choisir les plats sur photos (je ne lis pas encore les caractères chinois...). Nous partons le lendemain matin tôt pour rejoindre les îles Perhentian où nous restons pour le week-end. Nous avons de la chance, le ciel est bleu et le soleil est là (du coup la première journée est un peu violente pour la peau...!). Nous commençons par trouver un endroit pour dormir, sur la plage. Il s'agit de huttes en bois avec des matelas très sommaires et des moustiquaires trouées. Ca semblait plutôt sympa, très couleur locale de prime abord. Finalement nous n'y passeront qu'une nuit parce que les vrais murs, ça a quand même du bon! Nous passons toute la première journée dans l'eau, à profiter de l'appareil photo étanche de jf, de la mer transparente et du sable fin.
Le soir nous voulons tenter l'experience du bar sur la plage mais la soirée est écourtée par la pluie et nous rentrons tôt, heureux que les toits de nos huttes ne prennent pas l'eau. Le lendemain nous avons reservé une journée de "snorkelling" : palmes et tubas en mains, nous partons vers les récifs de coraux pour observer les poissons. Nous faisons d'abord la rencontre de tortues géantes, puis nous allons à la recherche de requins. La dernière fois que je suis allée sur ces îles, je n'en avais pas vu. On est plus chanceux cette fois et on en voit plusieurs. Malgré de nombreuses tentatives de photos, il me semble que nous n'en avons aucune des requins... Ils sont un peu plus rapides que les tortues! Nous voyons aussi plusieurs récifs de coraux pleins de poissons multicolores. Dans l'un d'eux, nous plongeons même directement au milieu d'un banc de poissons, ce qui est assez impressionnant.
En rentrant le soir, nous sommes tous fatigués, certains d'entre nous sont même écorchés par les coraux, d'autres commencent à peler, mais nous trouvons quand même la force de retenter l'experience du bar sur la plage. Peu de temps avant d'aller au bar, nous avons la chance de voir un aigle se poser sur la plage, près de nous. Il déguste un poisson et nous laisse nous approcher. On voit aussi un chaton téméraire qui entreprend d'attaquer l'aigle (qui heureusement avait assez de son poisson pour diner). Nous passons une très bonne soirée assis dans le sable à siroter un alcool local, le "orang utan", qui ressemble vaguement à du whisky au caramel si mes souvenirs sont bons. Le bar passe du Bob Marley et des torches sont plantées dans le sable pour délimiter la "salle". Ambiance très cool!
Le lendemain, nous avons prévu de louer un canoe dans la matinée pour profiter de nos derniers moments sur l'île. Finalement nous dormons tard et restons allongé sur la plage jusqu'au départ, en bons touristes oisifs. Nous faisons même une sieste à l'hôtel, ce qui nous vaudra quelques problèmes avec notre logeuse. Nous devions rendre la chambre à midi, et nous rendons en fait la clé à 14h, à notre réveil. La responsable de l'hôtel (ou LE responsable, le doute persiste...) nous demande de payer une demie nuit. A ce moment, c'est le choc culturel : jf, appelé à la rescousse, déclare comme tout français le ferait que c'est inadmissible, impossible, pas normal, etc. Les malais ne s'énervent jamais et ne connaissent pas la colère, ils ne savent donc pas réagir. Notre logeuse androgyne est désemparée et bien que nous ayons payé quand même, refuse d'appeler le bateau qui doit nous ramener sur la côte. Au moment où nous partons de l'hôtel à la recherche d'une autre solution, elle nous rattrappe, s'excuse et nous explique que le bateau sera là comme prévu. Nous finirons même pas faire des photos avec elle! Le retour en bateau sera plutôt violent. La mer est très agitée, on nous distribue des gilets de sauvetage et nous nous attendons à être secoués. En fait ce ne sera pas tellement le problème principal, le vrai problème étant qu'à l'arrivée il y avait plus d'eau sur mes vêtements qu'il n'en restait dans la mer... Je me change rapidement avant de prendre le taxi qui nous emmene jusqu'à la station de bus.
Nous roulons toute la nuit pour arriver à Penang vers 6h et nous allons aussitôt nous coucher (je dois profiter de ce peu de sommeil, j'ai cours deux heures plus tard!). Le premier week-end de ces longues vacances était assez tranquille, plage et farniente. La vraie aventure nous attend pour la suite!
Nous sommes parties de Malacca le mercredi matin et en début d'après midi, nous arrivions à Singapour.
Dès l'arrivée à la frontière, le changement est frappant: du côté malaisien, trois modestes douaniers nous accueillent dans une petite douane à l'organisation chaotique. Quelques centaines de mètres plus loin, la douane ressemble à s'y méprendre à un aéroport. Les messages affichés au murs ne sont plus rédigés au marqueur sur du papier mais brillent sur de grands panneaux lumineux. Dans l'immense hall, une vingtaine de files nous font concurrence pour nous accueillir.
Ces formalités effectuées, nous remontons dans le car, prêtes à découvrir Singapour. Nos premières réactions sont très rapides. Dans l'ordre: Qu'est ce que c'est grand! Qu'est-ce que c'est propre! Puis qu'est ce que c'est cher! Si j'ai un conseil au touristes européens en Asie du Sud Est, c'est de commencer leur tour par Singapour, puis de continuer par les pays où les prix sont plus abordables, pour éviter le choc. Les prix restent moins chers qu'en France, mais ils sont deux à trois fois plus chers qu'en Malaisie! C'est plutôt violent...! Nous abandonnons rapidement l'idée de trouver un hôtel dans nos prix et nous rabattons sur un dortoir (de filles). Nous partons ensuite à la découverte de la culture singapourienne.
C'est l'un des pays les plus sûrs au Monde, le taux de criminalité est proche de zero. C'est aussi le pays où il y a le plus d'éxecutions capitales par habitant (500 en 15 ans pour une population de 4 millions d'habitants). Ici, les chewing-gums sont interdits. Le piéton traversant en dehors du passage clouté est passible d'une amende de 250 euros. Les cartes d'abonnement de bus sont munies de puces qui permettent de suivre vos moindres déplacements dans la ville. Où que le regard se pose, les bâtiments sont beaux, entourés d'arbres. On trouve des sculptures partout dans les rues. Seuls les touristes sont mal habillés.
C'est sans doute l'une des villes les plus agréables au monde avec celle de la Belle au bois dormant et du "Meilleur des Mondes"... C'est presque trop, ça donne l'impression d'être faux. On a aussi le sentiment d'être sortis d'Asie. Ca pourrait être n'importe quelle grande ville européenne, en plus propre et peuplée de chinois. Au delà de nos balades dans la ville, où l'on croise des monuments et des oeuvres d'art à chaque coin de rue, nous visitons des musées (dont la ville regorge bien entendu). Le Singapore Art Museum est très interessant. Il s'agit d'art moderne asiatique: je n'avais jamais imaginé avant qu'il puisse exister un art moderne vietnamien ou cambodgien... Nous visitons aussi le musée de la civilisation asiatique. Le pays est si riche qu'il possède sans doute la plupart des oeuvres majeures de l'Asie. Dans une salle du musée (destinée à la base aux enfants je pense), nous pouvons essayer des costumes traditionnels asiatiques...
Le deuxième soir, nous dormons chez un ami de l'une de mes colocataires. C'est un pas de plus hors d'Asie. Il est mexicain et vit avec deux allemands. L'appartement est entièrement meublé chez Ikea, je retrouve même certains de mes propres meubles! Singapour n'est pas un voyage extremement dépaysants. A côté de la Malaisie, j'ai l'impression que les français sont partout... J'entends parler français dans les rues, et à Penang ça tiendrait du miracle! Il y a certains aspects confortables: nous pouvons être sûres par exemple que les endroits où nous mangeons ont une hygiène irréprochable, ce qui est un gros changement. Je n'ai plus de sac à main depuis Kuala Lumpur mais ici, je n'aurais pas eu à m'inquiéter. On se sent vraiment en sécurité (mais la sécurité a un prix quand on voit tous les panneaux d'interdiction les plus divers). A un moment, alors que je suis un peu perdue dans la ville, je décide de prendre le taxi. En montant, je demande immédiatement au chauffeur combien il veut pour aller à un certain endroit, comme je le fais tut le temps en Malaisie. Le chauffeur me regarde interloqué: "je ne sais pas combien, j'ai un compteur mademoiselle!!". Eh oui, ici on ne marchande pas, c'est vrai...
Au moment de partir, Singapour me laisse une impression mitigée. Les gens sont accueillant, la ville est magnifique mais quelque chose manque, et je ne peux pas dire ce que c'est. En tout cas c'était une expérience interessante et si ce n'était pas vraiment dépaysant par rapport à l'Europe, par contre ça m'a beaucoup changé de la Malaisie. Mes prochaines photos à venir seront sans doute les meilleures puisque ce seront des photos de groupe! Les fils spirituels d'Indiana Jones débarquent de France en quête d'aventure. Esperons que l'aventure malaise sera à la hauteur!
Eh oui, déjà deux mois que je suis loin de l'Europe et de sa bien aimée charcuterie. Pour fêter ça, l'université nous offre (ainsi qu'à tous les élèves et étudiants malais) une semaine de vacances bien méritée. C'est le mid-term break, ce qui signifie que j'ai déjà effectué la moitié du semestre...
Pour cette semaine de vacances, nous avons décidé avec mes colocataires de partir vers le sud de la malaisie en passant quelques jours à Kuala Lumpur, puis à Malacca avant de partir pour Singapour. A Kuala Lumpur, nous séjournons dans Chinatown, qui est un quartier assez sale (peuplé de rats) et bruyant mais qui est dépaysant et très économique! Nous payons en effet 4 euros pour une chambre d'hôtel (pas le grand luxe hein...!). Nous déposons nos valises et partons retrouver des amis allemands dans le centre pour faire ce que chaque touriste se doit de faire à KL : l'incontournable photo au pied des tours Petronas. C'est un peu la tour Eiffel de Malaisie, le tourisme de la capitale tout entière est concentré sur ces deux tours.
Le soir, nous allons au marché chinois où l'on trouve des parfums, des sacs à main, des lunettes ou des bijoux pour tous les goûts. Les imitations de grandes marques sont souvent parfaites et très abordables après un peu de négociation. Nous passons ensuite la soirée dans un bar sympa où nous rencontrons deux français (fait assez rare pour être signalé!). Le lendemain, nous allons nous promener dans le "quartier vert" de KL, où se trouvent les parcs. Nous croisons une bonne centaine de singes pas farouches du tout, à la recherche de nourriture et nous visitons le jardin des orchidées.
Le lundi matin, la chance ne semble pas être de notre côté : à notre réveil il pleut des cordes. Quand finalement, à midi, nous décidons de partir prendre notre petit déjeuner, la pluie se calme un peu. Après avoir avalé rapidement mon McMuffin, je me lève pour attraper mon sac et partir mais la journée s'annonce longue : mon sac n'est plus là... Ma grande chance est que, cinq minutes auparavant, j'ai confié mon passeport à ma colocataire dont le sac était plus imperméable. Je n'ai donc plus de portefeuille, de téléphone, d'appareil photo ou d'ipod mais j'ai mon passeport et ça reste l'essentiel! Le personnel de Mcdo ne semble pas particulièrement coopérant alors nous partons rapidement à la recherche d'un poste de police. Je sais maintenant que s'il y a un métier à ne surtout pas exercer en Malaisie, c'est bien policier. Le poste (qui semble être le poste central de KL) a des allures de prison désaffectée, tout tombe en ruine et l'ascenceur donne envie de monter les dix étages à pieds. J'y vais plutôt par principe, pour effectuer une déclaration de vol. J'avais un mauvais a priori et j'ai été très surprise de la réaction des policiers qui (après des centaines de documents administratifs à remplir) me proposent de m'accompagner chez Mcdo pour visionner les caméras de surveillance! Le visionnage ne donnera rien mais soyons positifs, j'ai eu la chance de monter dans un fourgon de police malaisien... La journée continue avec la recherche et visite de la banque pour l'annulation de mes différentes cartes de crédit (française, française pour la malaisie et malaise...), tout en étant en contact quasi-permanent avec la France via ma mère (merci ;-) qui fait les mêmes démarches depuis la France. Je pars le lendemain de KL et je ne peux pas vraiment dire que je suis triste de quitter la capitale...
Le mardi matin, nous quittons Kuala Lumpur pour nous diriger vers Malacca, ancienne cité impériale puis coloniale où se sont succédés les portugais, les hollandais et les anglais. Les rues de la vieille ville évoquent très bien ce mélange, on se croirait dans un quartier historique européen (sans le climat bien sûr...).
Alors que nous nous baladons dans les rues, un malais qui distribue des tracts pour sa petite agence de voyage se propose comme guide de la région. Il nous emmène dans les petits villages où nous voyons les maisons typiques. Le plus frappant est le contraste entre les petites maisons délabrées et les grosses voitures garées devant. Notre guide nous explique que les gens de ces villages dépensent tout leur argent dans leur voiture et leur télé... Il nous explique le nom et l'utilité de chaque plante et arbre que nous croisons. Nous voyons aussi des rizières et des plantations d'arbres à caoutchouc (hévéas). C'est une après-midi très interessante où on a vraiment l'impression de découvrir la Malaisie.
Le soir, nous nous promenons dans les rues de Malacca. Nous tombons sur chinatown et c'est la surprise : le premier chinatown que je crois qui soit vraiment propre et ordonné. C'est très joli, avec beaucoup de temples et de petits magasins typiques.
Le mercredi matin nous quittons déjà Malacca pour partir à Singapour, où l'ambiance s'annonce très différente. Mais c'est un autre chapitre à venir très bientôt!
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