Vendredi, je suis retournée au Parc National pour prendre le deuxième chemin menant à Turtle Beach en compagnie de mon unique compatriote (nous sommes vraisemblablement les seuls français à Penang). Dès les premiers mètres nous nous prenons pour Indiana Jones. En effet les buissons bougent, nous nous approchons... Et là, nous voyons un crocodile s'éloigner!! Le temps de sortir l'appareil photo il était parti, et les crocodiles ne répondent pas à coup de "petit, petit..", nous en sommes maintenant certains. Après cette importante découverte, nous nous dirigeons vers Turtle Beach ou en malais "pantai kerachut".
Comme vous pouvez le remarquer dans la jungle la notion de distance est très différente : 2 heures pour 2,3km... pfiou trop facile, moi je les fais en vingt minutes (non non, ça prend bien deux heures!). La grande différence de ce chemin par rapport au premier, c'est qu'il n'est pas plat et ça change tout! C'est un peu comme monter les escaliers de la tour Eiffel un jour de canicule... Nos vêtements sont vite trempés, nous nous déshydratons à une vitesse impressionnante. Cela ne nous empêche pas de profiter du paysage : ce chemin est plus préservé que le premier. Ici nous traversons réellement la jungle alors que le premier longe la côte. Nous croisons des "chemins de fourmis", des milliers de fourmis empruntant une route bien précise à travers les racines, nous entendons des oiseaux mais ils sont très difficiles à voir. Nous voyons aussi quelques ruisseaux. Le bruit de l'eau est très apaisant par cette chaleur.
Puis nous arrivons enfin à destination. La plage ne présente pas un grand intérêt mais sur le côté il y a un petit lagon très agréable. Nous demandons à voir les tortues et on nous sort d'une petite cabane un bac en polystyrène où pataugent une vingtaine de bébés tortues. Elles sont reccueillies là après la ponte et conservées jusqu'à atteindre l'âge où elles pourront se débrouiller seules. Même si c'est pour les protéger, elles me font un peu de peine dans leur petit bac... Nous pouvons les prendre dans nos mains (mais elles n'ont pas l'air aussi ravies que nous). Le chemin du retour me semble bien plus rapide (mais tout aussi difficile...).
Je rentre épuisée mais la journée en valait la peine.
Le lendemain une dure journée m'attends. Nous prenons le ferry à 8h pour nous rendre sur l'île de langkawi, trés réputée pour ses plages. Le trajet dure trois heures et j'ai comme toujours le mal de mer. A l'arrivée nous louons une voiture avec les deux mexicaines, l'autre français et un finlandais et décidons de manger un morceau avant de partir pour la plage. Nous trouvons un restaurant mexicain, mes colocataires sont ravies. Il est déjà 15h lorsque nous demandons l'addition, le soleil brille et nous sommes prêt à aller bonzer.
C'est à ce moment précis que le week-end tourne au désastre : il se met à pleuvoir comme jamais. Je n'imaginais même pas qu'il puisse y avoir autant d'eau sur la planète... Le soleil ne réapparaîtra vraiment que lorsque nous embarquerons sur le ferry du retour. Nous allons donc à l'hôtel attendre la fin de l'averse (qui ne viendra jamais). Sur une île où il n'y a que des plages, lorsque la pluie se met à tomber on ne peut qu'attendre.
Nous ressortons le soir, lorsque la pluie n'est plus qu'une petite bruine, pour rejoindre des amis au restaurant. Sur le chemin bien sûr, nous nous perdons alors que la nuit tombe. Patricia, l'une des mexicaines, remarque d'ailleurs que la scène fait étrangement penser à "Souviens-toi l'été dernier"... La similitude ne s'arrêtera pas là puisque quelques minutes plus tard la voiture semble heurter quelque chose, un bruit se fait entendre. Nous nous arrêtons pour constater qu'un des pneus vient de crever. Nous sommes perdus en pleine nuit avec un pneu à changer...
A ce moment, je prononce la phrase qu'il ne faut jamais, absolument jamais dire, ni même penser : "Au moins ça ne pourrait pas être pire". Ca peut TOUJOURS être pire!
La réponse arrive immédiatement sous la forme d'une nouvelle averse, encore plus violente que la précédente. Nos amis partent à notre recherche mais nous somme incapable d'indiquer où nous sommes. La roue s'embourbe, nous sommes trempés... Une heure plus tard, un chauffeur de taxi s'arrête et nous vient en aide. Grâce à lui nous changeons la roue rapidement et pouvons retourner à l'hôtel nous doucher et étendre nos vêtements dégoulinants de pluie. Il est minuit et demi et nous sommes affamés, nous partons donc (à pieds!) à la recherche d'un restaurant. Bien sûr tout est fermé et nous nous contentons d'un endroit au confort assez sommaire. Pendant notre repas nous affronterons trois coupures d'electricité...
Après une bonne nuit de sommeil nous repartons de cette île étrange en nous sentant pour la première fois chez nous à Penang! Le week-end a été éprouvant, nous n'avons pas bronzé mais au moins nous avons beaucoup ri devant l'acharnement du sort contre nous.
Vivement le week-end prochain!




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