J'ai fait mes valises jeudi soir pour partir sur les îles très réputées de Perenthian, dans un week end aparemment organisé au dernier moment par un étudiant malais pour les étudiants étrangers. J'ai très peu d'infos sur le voyage mais je suis une aventurière, me voilà donc partie.
Première surprise à mon arrivée au point de rendez-vous : je suis la seule à ne pas être asiatique. Je m'attends à un gros choc culturel. Nous partons avec Mat l'organisateur, ses deux amis malais Wan et Yoyo (originaire de l'île où nous allons), Yuko et Yoshimi les japonaises et Kun et Ellen (Aie-Lung en chinois) les taïwanais. Notre car part à 21h d Penang et nous arriverons sur la côte Est au matin.
Après un très long trajet dans le froid glacial du car climatisé (mais pourquoi font-ils ça...?), nous arrivons à un petit port d'où nous prenons un bateau pour Perenthian Kecil. Le trajet en bateau dure une demi-heure et on se croirait dans un manège de parc d'attraction. Le bateau tangue violemment d'avant en arrière, se soulève de quelques mètres puis retombe sans prévenir sur les vagues dans un bruit sourd. C'est plutôt amusant, mais malgré tout je m'agrippe très fort à la rambarde. Nous apercevons enfin une plage et je comprends très vite quelle va être l'ambiance du week end. Environ 200 personnes habitent sur l'île, tous sur la plage (l'interieur de l'île est une jungle inhabitable), il y a très peu de constructions en dur, la plupart sont des cabanes en bois améliorées et l'électricité ne fonctionne qu'entre 20h et 8h. C'est un paradis dans l'esprit "robinson crusoé" en mode touriste : un mélange aussi inattendu qu'intéressant.
Notre chambre d'hôtel (en fait un bungalow en bois sur la plage) n'étant pas encore disponible (il n'est que 8h), nous laissons nos affaires dans l'arrière boutique d'un petit magasin (comme tous les habitants de l'île, la patronne est une amie de yoyo, l'étudiant local) puis ce dernier nous emmène en ballade. Prudente, je demande si j'aurais besoin de tennis, on me répond qu'il s'agit seulement d'une petite promenade et que donc mes tongs suffiront. Je comprends vite que la notion de "petite promenade" est très différente ici lorsque je me retrouve à escalader des rochers dans la jungle. Les malais, qui sont pieds nus et le font sans problème, ne peuvent pas imaginer que c'est la première paire de tongs que je porte... Une fois en haut (après quelques glissades), la vue est magnifique. Je m'en serais bien contentée mais yoyo trouve qu'en dscendant plus bas sur la falaise escarpée, ce sera plus intéressant. Tout le monde le suit et de toutes façons je ne sais pas dire "j'ai peur du vide" en anglais... J'aurais du trouver une autre façon de m'exprimer parce que, très vite je suis prise de tremblements incontrolables et je commence à tétaniser. J'arrive à descendre quand même avec l'aide de Mat et Wan mais une fois arrivée, je comprends qu'il va falloir faire le même chemin en sens inverse... Après avoir analyser les différentes options (dont l'appel à un hélicoptère), je prends sur moi et réussis à remonter. Pour le reste du week end je garderais mes tennis dans mon sac!
Je décide ensuite de profiter des massages thaïlandais proposés par l'hôtel. Je suis un peu déçue quand on m'installe sur un vieux matelas posé au sol dans la salle des ordinateurs, sans musique ni encens (mais avec la clim annonce fièrement une pancarte sur la porte). Le massage est quand même très agréable et je compte retenter l'expérience en Thaïlande où ce sera encore plus authentique. Yoyo, toujours aux commandes de notre week-end, nous emmène sur une plage peu fréquentée par les humains mais peuplée d'animaux étranges. L'eau est complètement transparente (sur la photo j'ai de l'eau jusqu'aux genoux) et chaude. Nous voyons une pieuvre, que j'ai filmée en train de se déplacer, on dirait un extra-terrestre. Il y a aussi des centaines concombres de mer, dont je ne connaissais même pas l'existence. Ca a bien sûr la forme d'un concombre et un corps mou, sans tête ni yeux mais seulement une petite bouche. Nous avons mis la petite pieuvre à côté d'un des concombres de mer pour voir s'il y avait une réaction. Eh bien effectivement, la mer est pleine de surprises. Après des recherches sur wikipédia, j'ai compris ce que j'avais vu : lorsqu'il se sent mencé, le concombre de mer expulse ses organes à l'extérieur de son corps et peut survivre jusqu'à ce qu'ils se reconstituent. Un cours de bio en direct!
Nous rentrons ensuite nous coucher, la journée du samedi sera longue!
Le lendemain matin, nous louons des masques, des tubas et des palmes (la photo de moi dans cet accoutrement est malheureusement censurée) et nous partons en bateau faire de l'observation sous-marine. J'ai un peu peur de devoir chercher des heures pour voir le moindre poisson. Nous nous arrêtons en pleine mer, sautons, et là à ma grande surprise, nous nous retrouvons dans le monde de Nemo! Nous sommes entourés de coraux, d'anémones et de milliers de poissons multicolores à portée de main. Je vois d'ailleurs une famille de poissons clowns plus communément appelés Nemo. L'eau est si transparente que nous pouvons voir le fond, parfois une dizaine de metres en dessous. Nous passerons la journée entière les palmes aux pieds. L'après-midi, nous nageons avec une tortue géante (presque de ma taille). J'ai pu la caresser et m'accrocher à sa carapace pour nager. J'espère pouvoir recommencer le week-end prochain, c'est vraiment magique. Nous profitons ensuite du bateau pour aller sur une petite plage déserte, l'occasion de se baigner et de faire des photos sympa malgré le ciel un peu nuageux.
Le dimanche matin le soleil est enfin présent, le ciel est bleu! C'est donc une journée consacrée au bronzage et à la plage. L'eau doit avoisiner les 30° et pourtant elle semble fraiche lorsqu'on entre dedans tant l'air est brulant. Finalement heureusement que le soleil n'était pas là les jours précedants parce qu'il ne s'agit pas vraiment d'une séance de bronzage mais de brulage. Ici entre l'équateur et le tropique nord (je ne me souviens plus de son nom...) losque le soleil est à son zénith rien à vir avec la côte d'Azur. Ses rayons tapent à la verticale et quelques minutes suffisent à prendre des coups de soleil (même avec de la crème!). J'ai de la chance le lendemain le rouge a viré a bronzage. L'une des japonaises est moins chanceuse : elle est blanche comme le lait et a peau prend donc une teinte rose vif "allemand en vacances" avant de former des cloques. Le malais n'en croient pas leurs yeux, il ne savaient même pas que le soleil pouvait faire ça!
Je prends soudain conscience que je me baigne dans la mer de Chine, ce qui a quand même plus d'allure que la Manche.
Nous faisons nos valises et reprenons le bateau à 16h puis attendons notre car de retour qui doit venir nous chercher à 22h. L'attente es longue mais nous sommes tous soulagés à l'approche de l'heure fatidique : nous allons bientôt rentrer! A 23h, nous attendons toujours, tout comme à minuit. A 2h, nous comprenons que notre car ne viendra pas. Je suis hors de moi tandis que mes amis asiatiques prennent la situation avec beaucoup de philosophie et s'en amusent presque (ah voilà le choc culturel tant attendu!). Nous prenons donc une chambre d'hôtel et attendons le prochain car dont nous ignorons l'heure de départ. Nous apprenons au réveil qu'il nous faudra attendre 21h pour quitter la côte Est. Pendant un instant je regrette cette chère SNCF dont on se plaint beaucoup mais avec laquelle on a a moins le plaisir de partager ses malheurs avec des millions d'autres usagers...
Nous partons donc à 21h, sur le siège derrière moi un enfant pleure pendant les 9h que dure le trajet... Je rentre pour dormir une heure avant de partir en cours. Vous pouvez constater mon immense dévotion envers ce blog puisque cet après-midi, plutôt que de faire la sieste, je rédige cet interminable article!
Je n'aurais pas le temps de me reposer beaucoup parce que je pars jeudi à Phuket en Thaïlande... Je suis lancée,on ne m'arrete plus!
A bientôt



