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Publié le 22/03/2008 à 04:52
Par Le Cinematographe
Jackie
Je ne me souviens plus où j’ai rencontré Jackie, du reste beaucoup d’entre nous se souviennent de leur première écoute de Brel mais très peu ont commencé par la chanson de Jackie. Sans vouloir dénaturer la chanson c'est-à-dire l’interpréter, je commencerai juste en disant que je n’ai pas besoin de savoir ce que Brel entend par le personnage de Jackie.
Jackie me fait rire et peu de chansons me font rire, les chansons marrantes sont rares finalement, ou alors très vulgaires. Mais Jackie est loin d’être une chanson légère. Elle met en lumière quelques facettes de la légende Brel, de plus son texte utilise plusieurs techniques comiques.
Rien que le début : « Même si un jour à knocke-le-Zoute je deviens comme je le redoute chanteur pour femmes finissantes même si je leur chante « mi corazon » ».
Le comique du texte se marie à la perfection avec la situation.
L’intensité du début de cette tragi-comédie s’inscrit dans la tradition des chansons de Brel qui démarrent tambour battant ; on peut citer dans le répertoire du Belge quelques chansons qui débutent aussi fort : Madeleine, Les flamandes et Mathilde.
L’accordéon se fait discret et le piano annonce les changements de rythmes, quant aux cymbales elles interviennent à chaques envolées de la voix de Jacques Romain Georges Brel. Dans cette chanson Brel décrit la masculinité du chanteur de manière très pertinente et qui colle parfaitement à cette chanson « beau et con à la fois ».
On retrouve aussi la haine de l’Eglise que déteste le Belge :
« décorés comme des arbres de noël » « de vrai pd, de fausses vierges », « même si un jour au paradis je deviens comme j'en serais surpris, chanteur pour femmes à ailes blanches. Même si je leur chante alléluia en regrettant le temps d'en bas où c'est pas tous les jours dimanche, même si on m'appelle Dieu le Père, Celui qui est dans l'annuaire entre Dieulefit et Dieu vous garde… », « J'entendrai dans mon paradis les anges, les saints et Lucifer me chanter la chanson de naguère ,celle du temps où je m'appelais Jackie. »
Alors bien sûr à la première écoute, la densité des paroles rebute. Mais je souhaite à tout à chacun de faire entrer comme il se doit cette chanson dans votre panthéon playlistique personnel.
Publié le 12/03/2008 à 03:16
Par Le Cinematographe
Un Singe en Hiver : Réalisé par Henry Verneuil d’après le Roman d’Antoine Blondin en 1962.

« En Chine quand les grands froids arrivent, dans toutes les rues des villes on trouve des tas de petits singes égarés sans père ni mère. On ne sait pas si ils sont venus là par curiosité ou bien par peur de l’hiver mais, comme tout les gens la bas croient que même les singes ont une âme ils donnent tout ce qu’ils ont pour qu’on les ramène dans leurs forets, pour qu’ils retrouvent leurs habitudes, leur amis. Et c’est pour ça qu’on voit des trains plein de petits singes qui remontent vers la jungle. »
Albert Quentin mène pendant la guerre une douce existence dans la petite ville de Tigreville en Normandie où il y a ouvert un hôtel, pendant l’occupation il semble attendre que cela se passe. Il occupe ses soirées à boire pour rêver d’Indochine avec son second Esnault. Pourtant ce prince de la cuite va promettre à sa femme Suzanne Quentin que si leur couple et leur hôtel survit à la guerre il ne touchera plus à l’alcool.
La guerre est finit mais la promesse tient toujours, la femme d’Albert sent le démon de l’alcool remonter à la surface quand un jeune publicitaire pétris d’un gros chagrin d’amour débarque à Tigreville pour y chercher sa fille. Il va loger chez Albert, le premier soir la première cuite est raisonnable, mais ce fougueux publicitaire prend le même plaisir à voyager dans ses souvenirs grâce à l’alcool. Il va donc offrir à Albert son dernier voyage.
Albert Quentin et Gabriel Fouquet sont deux rêveurs incarnés par le duo magique Gabin et Belmondo, la femme d’Albert est joué par Suzanne Flon (actrice de théâtre principalement mais que l’on a pu voir dans les Enfants du Marais, Effroyables Jardins ou encore Joyeux Noël). Monsieur Esnault est devenu le patron du bar de Tigreville, ce personnage est tenu par Paul Franqueur (Jour de Fêtes).
Alors c’est sur on est loin d’Hollywood, mais voir Gabin et Belmondo dans le même film ce n’est pas rien. Mais ne parlons pas trop de ce duo pour l’instant, laissons la place à Henry Verneuil dont l’œuvre est magnifique. Le rythme qu’il imprime par la réalisation est agréable à vivre. On ne s’ennuie pas; même dans les moments les plus lents, lors de l’exposition de scènes de la vie quotidienne du village Normand, le charme opère. Les alternances entre le jour et la nuit sont gérées de façon à dynamiser la narration et de toute façon le film dispose d’une énergie assez formidable grâce au duo magique sus nommé plus haut.
Un comédien de nouvelle vague rencontre un monstre du cinéma Français, comme le montre cette photo l’entente a du être bonne entre les deux acteurs. Le déclic qui va mener Albert à retoucher une bouteille intervient lorsqu’il vole au secours de Gabriel, celui-ci ayant décider d’organiser une corrida sur une route fréquenté. Ivre au possible, il échappe grâce à Albert aux foudres des autorités. Gabin et Bébel se rendent à l’ancien repaire de boisson d’Albert, la où il naviguait autrefois sur le Yang-tseu-kiang, grâce à l’ivresse d’une boisson artisanale.
La virée s’annonce formidable et elle le sera, en compagnie du fantasque commerçant Landru interprété par Noël Roquevert, acteur à la filmographie qui laisse rêveur : Les Barbouzes, Le Jardinier d’Argenteuil, Le Viager parmi plus de 180 films.
Publié le 11/03/2008 à 21:06
Par Le Cinematographe
 UN samedi soir qui ne décolle pas, je décide de regarder cette liste de divx qui pourrit l’espace libre de mon pc. Easy Rider, bon c’est un film culte paraît-il, par contre le trip de voir des Harley et des gros balaises qui puent le tabac gris pendant deux heures ne me plait guère.
Bon j’essaye, le culte de film est énorme, somme toute cela vaut bien le gravage. Quelle ne fut pas ma surprise, les cinq premières minutes sont enchanteresses. Est-ce le rail de coke pris sur le pouce par les deux motards (Denis Hopper et Peter Fonda) avant une chevauché en Harley ? Non. Plutôt la chevauché en Harley et le style du réalisateur ( Dennis Hopper multicarte ), des images subliminales tirées de nul part et l’intelligence de filmer soit les motards soit le paysage qui les entoure sans se limiter à la route.
Et quel paysage, sur fond d’un voyage entre L.A et New Orleans les amateurs de Kerouac ont déjà le cœur qui frissonne. Ainsi quel autre film vous déclenche l’envie d’une bière aussi rapidement, je n’en ai dégusté aucun auparavant, cinq minutes je dis bravo et sort l’Hoeggarden grand cru !
Le film déroule, dans cette Amérique frêle des campagnes et des déserts les protagonistes transportent on ne sait quoi dans le réservoir de leurs motos. Un Hippies est pris en stop par nos deux lurons, celui ci les emmènera dans un camp de hippies aussi pauvres que défoncé. L’entourloupe a lieu, et le duo doit s’enfuir, le prochain objectif étant un carnaval qui va tourner court.
Afin de manifester leur enthousiasme nos valeureux bikers suivent à quelques mètres une fanfare qui parade, ce n’est pas du gout du shérif qui les met dans ma prison de cette ville, et leur annonce qu’ils sont coupables d’avoir défilés sans autorisations. Mais cette prison n’est pas du même cru que nos taudis français. Non cette prison là a la classe de détenir en son sein un avocat qui sommeille, rond comme un ballon, mais aussi renommé qu’un prince, prince incarné par le divin Jack Nicholson. Le bon Jack au passage n’est pas loin de son meilleur role même.
Mais le drame doit bien commencé quelque part, cet avocat fait l’erreur d’accompagner les deux bikers, une halte dans un bled s’en suit, un petit arrêt dans le restaurant du village les mets nez à nez avec le maire le shérif et l’idiot du village. Quelques railleries et provocations plus tard le trio décampe avant d’être arrêter.
Les trois hommes décident de camper non loin du village, au cours de la nuit le shérif et ses hommes se persuadent que ces étrangers méritent une correction. Rossé de coup, Dennis Hopper s’en sort, mais le personnage qu’incarne Nicholson lui est trop fragile. « Qu’est ce qu’on fait de ses affaires ? On envoie tout à sa famille. ».
Jack aura laissé dans ce film une formidable envolée lyrique sur les OVNIs, et un discours sur la liberté convaincant : « Ces gens parlent tout le temps de libertés individuelles mais dès qu’ils voient un individu libre ils en ont peur ».
Je m’arrête ici car l’intensité dramatique de la fin du film est trop forte pour que je puisse vous la raconter.
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