Je ne me souviens plus où j’ai rencontré Jackie, du reste beaucoup d’entre nous se souviennent de leur première écoute de Brel mais très peu ont commencé par la chanson de Jackie. Sans vouloir dénaturer la chanson c'est-à-dire l’interpréter, je commencerai juste en disant que je n’ai pas besoin de savoir ce que Brel entend par le personnage de Jackie.
Jackie me fait rire et peu de chansons me font rire, les chansons marrantes sont rares finalement, ou alors très vulgaires. Mais Jackie est loin d’être une chanson légère. Elle met en lumière quelques facettes de la légende Brel, de plus son texte utilise plusieurs techniques comiques.
Rien que le début : « Même si un jour à knocke-le-Zoute je deviens comme je le redoute chanteur pour femmes finissantes même si je leur chante « mi corazon » ».
Le comique du texte se marie à la perfection avec la situation.
L’intensité du début de cette tragi-comédie s’inscrit dans la tradition des chansons de Brel qui démarrent tambour battant ; on peut citer dans le répertoire du Belge quelques chansons qui débutent aussi fort : Madeleine, Les flamandes et Mathilde.
L’accordéon se fait discret et le piano annonce les changements de rythmes, quant aux cymbales elles interviennent à chaques envolées de la voix de Jacques Romain Georges Brel. Dans cette chanson Brel décrit la masculinité du chanteur de manière très pertinente et qui colle parfaitement à cette chanson « beau et con à la fois ».
On retrouve aussi la haine de l’Eglise que déteste le Belge :
« décorés comme des arbres de noël » « de vrai pd, de fausses vierges », « même si un jour au paradis je deviens comme j'en serais surpris, chanteur pour femmes à ailes blanches. Même si je leur chante alléluia en regrettant le temps d'en bas où c'est pas tous les jours dimanche, même si on m'appelle Dieu le Père, Celui qui est dans l'annuaire entre Dieulefit et Dieu vous garde… », « J'entendrai dans mon paradis les anges, les saints et Lucifer me chanter la chanson de naguère ,celle du temps où je m'appelais Jackie. »
Alors bien sûr à la première écoute, la densité des paroles rebute. Mais je souhaite à tout à chacun de faire entrer comme il se doit cette chanson dans votre panthéon playlistique personnel.










