
Le conte de la petite fille qui avait trouvé
un trésor très recherché
" Quand l'amour et la tendresse se partagent
dans l'abandon et la confiance,
ils peuvent s'agrandir jusqu'aux rires du soleil. "

Il était une fois une petite fille
qui avait trouvé un trésor.
Oh ! pas un trésor ordinaire,
comme il y en a beaucoup si on cherche un peu,
mais un trésor unique,
très recherché et rarement trouvé.
Vous allez me dire que tous les trésors sont recherchés.
C'est vrai, mais il est des trésors particulièrement rares.

Des trésors que même l'imagination
la plus fertile n'a pas osé inventer.
Ainsi par exemple,
qui aurait pu imaginer
qu'un sac de baisers inépuisable se trouvait là,
juste à l'endroit où la petite fille
un soir l'avait trouvé.
Dans quel endroit ?

Mais dans le cœur,
tout près de la tendresse et de la passion
d'être d'une petite fille tout étonnée de sentir,
un matin, ce trésor en elle.
Le jour où elle fit cette découverte,
elle fut transportée par une grande joie,
si vivante qu'elle aurait pu se croire immortelle.
Elle se sentait généreuse
et se voyait immensément donnante.
Pensez donc, un sac de baisers inépuisables !
Des baisers qui peuvent se renouveler sans cesse.
L'un appelant l'autre,
l'autre donnant le goût du suivant,
le suivant se précipitant pour s'offrir et ouvrir

ainsi plus d'espace à tous les baisers à naître,
lesquels se bousculaient les uns derrière les autres,
impatients d'exister.
Je vous vois songeur.
Oui, il faudrait que je vous parle quand même
un peu de la vie d'un baiser.
Pour cela j'ai besoin de choisir mes mots.
Qu'est-ce qu'un baiser ?

Un souffle, une douceur légèrement humide,
la palpitation de deux lèvres, un élan de tendresse
ou d'amour déposé au coin d'une joue,
d'une lèvre ou même sur tout le corps de l'autre.
Un instant arrêté aussi éphémère
que la rosée d'une émotion
.
Un baiser,
c'est comme le clin d'œil
d'une étoile dans l'immensité du cosmos.
C'est bon comme la mie d'un pain doré par l'amour.
Aussi la vie d'un baiser est-elle très courte,
même si chaque baiser paraît contenir
chaque fois une part d'éternité.
C'est pour cela d'ailleurs qu'une vie entière
ne suffirait pas pour décrire l'existence d'un baiser.
Entre toutes les ouvertures
et les possibles qu'il recèle,

un baiser est une tranche d'infini
qui va relier deux êtres pour les réconcilier
avec le meilleur d'eux-mêmes.
J'ai dit deux êtres ? Oui, car j'arrive au plus difficile.
Un baiser porté, tel un éclat de lumière déposé,
doit pour s'accomplir être reçu, amplifié.
Je ne sais si je peux continuer
à vous décrire tant de béatitudes,
car déjà vous pouvez imaginer tous les drames,
toutes les déceptions et les frustrations
au-delà des émerveillements possibles,
quand vous passez à côté d'un baiser.
La petite fille avait donc trouvé un sac de baisers inépuisables,
certes, mais qui peut accueillir l'inépuisable ?
Qui peut accueillir, s'ouvrir, s'agrandir
pour recevoir l'abondance,
la générosité infinie d'un tel trésor ?
Ce que ne savait pas cette petite fille,
c'est qu'elle allait passer une partie de sa vie
à rechercher quelqu'un
qui aurait aussi découvert en lui un trésor semblable.
Si vous connaissez celui ou celle
qui pourrait avoir fait cette découverte,
n'hésitez pas, avertissez-la d'urgence.
Mais peut-être allez-vous garder cette découverte pour vous !
Ainsi va le monde.
Beaucoup d'entre nous,
plus qu'on ne l'imagine, découvrent des trésors,
en oubliant que la qualité première d'un trésor
est de pouvoir être partagé.
C'est cela le plus difficile.

Mais quand on sait qu'un tel trésor s'agrandit
en se partageant,
peut-être est-ce moins difficile.
Jacques SALOME

Bons baisers aussi de la part de VALOU

notre Greffière