
Une fine bouche qui a du flair
Le sens de l'odorat
( probablement son sens principal )
extrêmement développé,
est essentiel au chat pour sa vie sociale
( la communication chez le chat
est surtout olfactive et sexuelle )
lui permettant d'identifier la présence
d'autres individus sur son territoire
ou de détecter des proies,
mais c'est aussi,
un " outil " indispensable
pour analyser sa nourriture
afin de savoir si
elle est comestible ou avariée.

c'est pour cela qu'il renifle toujours ses repas
avant de les goûter. Un chat qui perd son odorat, cesse,
en général de s'alimenter.
Les fosses nasales du chat abritent
un labyrinthe de saillies osseuses
en forme de lames, les cornets,
qui remplissent presque tout l'espace.
Les cellules olfactives
qui tapissent la muqueuse
au sommet et à l'arrière
des cavités nasales sont capables de détecter
des substances odorantes volatiles,
mais le chat doit faire
l'effort de renifler,
une respiration normale
ne suffit pas pour que l'odeur
pénètre dans cette région.
Son flair est meilleur lorsque
la température de l'air
est inférieure à celle du sol,
c'est à dire généralement le soir
.

Le sens du goût est développé chez le chat,
mais moins que chez l'humain :
on compte près de 2 000 bourgeons gustatifs
chez le chat,
alors que l'homme en possède 9 000,
soit 4,5 fois plus.
Ses cellules gustatives sont présentes
uniquement sur la pointe,
l'arrière et les bords latéraux de la langue.
Le chat distingue les saveurs amères,
acides ou salées
mais n'est guère sensible
au sucré, contrairement à
la plupart des mammifères.
D'ailleurs,
il digère mal les aliments sucrés,
si tant est qu'il les apprécie.
Les chats sont essentiellement carnivores
tout comme les félins sauvages,
dont le régime alimentaire se compose
presque exclusivement
de proies animales.
Et des siècles de domestication
n'ont pas altéré
son besoin fondamental d'acides aminés
et d'éléments nutritifs présents
dans les protéines animales,
ainsi que de lipides.
Mais à la différence de bien des mammifères,
le chat ne synthétise pas ces
éléments essentiels à partir
d'autres types d'aliments :
il lui faut un apport direct.
Il a donc besoin d'une
grande quantité de protéines,
environ deux fois plus que le chien.
L'organe de Jacobson
Coupe de la cavité nasale
d’un embryon long de 28 mm.
L’organe de Jacobson est identifié à droite.
Comme beaucoup d'autres animaux,
dont les chevaux
et les chiens, les chats possèdent
un organe supplémentaire,
véritable sixième sens,
l'organe de Jacobson,
situé au-dessus de la voûte du palais,
dont l'entrée se localise juste derrière
les incisives centrales
de la mâchoire supérieure.
Chez l'homme, cet organe est
atrophié et ne joue plus un rôle
aussi prépondérant
que pour d'autres espèces.
Cet organe leur permet de littéralement
" goûter " les odeurs.
Il est surtout utilisé
par les mâles pour renifler
l'urine des femelles et
savoir si elles sont réceptives.
L'organe de Jacobson
( appelé aussi organe voméro-nasal )
doit son nom au médecin danois
qui l'a découvert
il y a près de deux siècles.
Cet organe de type olfacto-gustatif
est formé de deux petites cavités
se terminant en cul-de-sac.
Pour y faire entrer l'air,
le chat se livre à
une étrange grimace,
une sorte de rictus,
en entrouvant la bouche :
c'est ce que l'on appelle le flehmen .
L'action d'entrouvir la bouche 
bloque automatiquement
le passage de l'air
dans les voies nasales
habituelles pour le diriger vers l'entrée
de l'organe de Jacobson,
où les
molécules odorantes sont détectées.
Le chat appuie parfois sa langue
contre son palais
pour mieux capter les odeurs
qui sont ainsi " lapées "
vers l'organe voméro-nasal.
Le flehmen du tigre
pour renifler l'urine d'un congénère
est le plus spectaculaire,
puisque le fauve
retrousse ses babines,
ce qui
laisse entrevoir ses dents énormes.
A L'instar des autres sens,
l'odorat se developpe rapidement chez les chatons.
En quittant le " nid ",
ces derniers découvrent vite
le " langage " olfactif du vaste monde
qui les entoure et
developpe une véritable
" banque de données " d'odeurs,
très détaillée,
qui les accompagnera toute leur vie.
Il semble que cette mémoire olfactive dont
l'homme fait occasionnellement l'expérience,
fasse partie intégrante
de la vie du chat.