
La fable et la vérité
la vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps
étaient un peu détruits ;
Jeune et vieux fuyaient à sa vue.
La pauvre vérité
restait là morfondue,
Sans trouver un asile
où pouvoir habiter.
Sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps
étaient un peu détruits ;
Jeune et vieux fuyaient à sa vue.
La pauvre vérité
restait là morfondue,
Sans trouver un asile
où pouvoir habiter.
A ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux,
mais très brillants.
Eh ! Vous voilà !
Bon jour, dit-elle :
Que faites-vous ici seule
sur un chemin ?
La vérité répond :
vous le voyez, je gêle ;
Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,
Je leur fais peur à tous :
hélas ! Je le vois bien,
Vieille femme n'obtient plus rien.
Vous êtes pourtant ma cadette,
Dit la fable, et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,
Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n'est pas adroit :
tenez, arrangeons-nous ;
Qu'un même intérêt
nous rassemble :
Venez sous mon manteau,
nous marcherons ensemble.
mais très brillants.
Eh ! Vous voilà !
Bon jour, dit-elle :
Que faites-vous ici seule
sur un chemin ?
La vérité répond :
vous le voyez, je gêle ;
Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,
Je leur fais peur à tous :
hélas ! Je le vois bien,
Vieille femme n'obtient plus rien.
Vous êtes pourtant ma cadette,
Dit la fable, et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,
Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n'est pas adroit :
tenez, arrangeons-nous ;
Qu'un même intérêt
nous rassemble :
Venez sous mon manteau,
nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
A cause de moi,
chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :
Servant, par ce moyen,
chacun selon son goût,
Grâce à votre raison,
et grâce à ma folie,
Vous verrez, ma soeur,
que partout
Nous passerons de compagnie.
Jean-pierre Claris de Florian
( Recueil des Fables )











