« Je regrette ce qu’il s’est passé ». Paul Le Guen, l’entraîneur actuel du PSG, revient d’abord sur le départ forcé de Charles Villeneuve. Il avoue entretenir de bonnes relations avec le président actuel et avec Sébastien Bazin, l’actionnaire principal du club. Il dit, cependant, faire passer l’intérêt du Paris Saint-Germain avant tout. Il veut éviter que cette « crise » passagère ne se répercute sur le terrain. Il prône alors le travail et l’aspect sportif.
Paul Le Guen, avez-vous peur que les récents événements qui agitent la vie du Paris Saint-Germain ne perturbent les résultats de votre équipe ?
On fait tout pour éviter ça. On continue à travailler. Mais le fait que les choses se soient récemment décantées peut permettre à l'équipe de se tourner vers l'aspect sportif.
Vos joueurs ne sont-ils pas agacés par cette situation ?
Il y avait des interrogations, mais c'était déjà le cas avant notre match face à Sochaux (2-1, 21eme journée de Ligue 1). On ne pouvait répondre à toutes leurs questions. C'était mieux que les intéressés viennent s'expliquer par eux-mêmes comme ce fut le cas vendredi.
Et vous ?
Je suis salarié du Paris Saint-Germain, je suis l'entraîneur de cette équipe. Ça fait longtemps que j'entretiens de très bonnes relations avec Sébastien Bazin, mais c'est aussi le cas avec Charles Villeneuve. C'est moins connu, mais on avait vraiment pris nos marques. Ça fonctionnait bien. J'avais vraiment de bonnes relations avec les deux. Ce n'était pas incompatible, c'était même relativement pratique. Je regrette ce qu’il s'est passé.
Après le départ de Michel Moulin, vous assistez à celui de Charles Villeneuve. Avez-vous parlé avec lui ?
J'ai parlé rapidement avec lui. Mais c'est très différent de ce qui s'est passé avec Michel Moulin à l'époque. Je suis de l'avis de Sébastien Bazin et Charles Villeneuve, l'institution passe au-dessus de tout. Il faut toujours placer l'intérêt supérieur du club avant le reste. De mon côté, j'ai aussi appris à le faire. Et quand on le fait, on se sent bien dans ses baskets.
Durant votre carrière de joueur, vous aviez vécu des périodes de turbulence à la tête du Paris Saint-Germain…
Le football a changé. Ce n'est pas la même chose. Ce sont deux époques difficilement comparables. Le club a changé mais ça ne m'empêche pas de garder un attachement très particulier pour le Paris Saint-Germain.
Ces événements ont-ils une répercussion sur votre travail ?
Je suis à la fois concentré sur mon travail, mais aussi intéressé par l'évolution des événements. Je reste dans mon rôle, j'essaye de remplir ma mission au mieux. Mais je suis intéressé par la vie du club. Ce n'est pas le moment de lâcher la barre. J'ai envie de me battre pour que les résultats continuent à être bons. On ne va pas chercher des excuses. Là, on se déplace à Ajaccio. Ça va être un match très difficile dans un contexte particulier.
« J'ai montré que je savais m'accrocher »
Et si Sébastien Bazin vous demandait de prendre davantage de prérogatives ?
Je suis prêt à écouter tout le monde. Après on suppute parce que je ne parle pas beaucoup ou trop peu. Depuis quelques semaines, quelques mois, on m'a proposé des discussions. Mais je ne suis pas pressé. Je n'attends rien. J'ai envie de voir comment vont tourner les choses. J'ai toujours fonctionné comme ça. J'aime bien attendre pour avoir davantage d'éléments en ma possession. Il n'y a pas d'urgence. Je suis en fin de contrat. Le club est libre. Je suis libre. Je suis content d'être l’entraîneur du Paris Saint-Germain. Il y a eu des moments difficiles, mais j'ai montré que je savais m'accrocher. J'ai très envie de me battre pour ce club. Ce n'est pas rien d'entraîneur ce club. Je suis content d'être là. Il y a une certaine fierté. Pour le reste, on verra plus tard.
Est-ce que Sébastien Bazin vous a consulté quant à la nouvelle organisation ?
Mais demandez-lui !
Vous êtes-vous immédiatement rendu compte de l'ampleur que prenait cette histoire?
Je n'ai pas tout de suite percuté. J'ai eu un temps de retard. J'ai eu besoin d'un moment pour comprendre ce qui se passait. J'ai réalisé la veille de la réception de Sochaux. Mais dans une logique d'entreprise, le déroulement des événements n'est pas vraiment surprenant.
Pour finir, Paul Le Guen évoque le match de cet après-midi contre l’équipe du GFCO Ajaccio. Face à une équipe motivée lors de ce match piège, il va falloir rester concentré.
Que savez-vous de cette équipe du GFCO Ajaccio que vous allez affronter pour le compte des seizièmes de finale de la Coupe de France ?
J'ai déjà joué plusieurs fois en Corse, mais je n'ai jamais évolué dans ce stade. On est allé les voir jouer. On a pris des renseignements auprès d’entraîneurs qui évoluent dans leur groupe. Ils insistent tous sur la particularité de ce petit stade avec des spectateurs très proches du terrain. On aura vraiment besoin que le groupe soit très concentré. Il faudra faire abstraction de ce qui se passe autour de la pelouse.
Une victoire face au GFCO Ajaccio devient-elle indispensable compte tenu des derniers événements ?
Il y a trois semaines, c'était la même situation. Evidemment, il y a de la tension. Il aurait été mieux d'éviter tout cela, mais vous me posiez déjà les mêmes questions il y a trois semaines. Il s'agit simplement d'un nouveau tournant dans notre saison. Il y a peut-être un peu plus de pression, mais ça ne change pas fondamentalement les choses.
Quid de Ludovic Giuly qui n'a pas débuté la rencontre face à Sochaux ?
J'en ai parlé avec lui. Il a été remplaçant face à Sochaux. A mes yeux, il a réalisé une première partie de saison très satisfaisante. Il n'y a aucun problème. Et ça vaut aussi de son côté. J'ai le choix entre plusieurs bons joueurs. J'ai envie d'exercer pleinement ma fonction d'entraîneur.
Les joueurs de Paul Le Guen se déplacent cet après-midi à Ajaccio pour les 16ème de finale de la Coupe de France. Le match, diffusé sur Eurosport, débute à 17h30
Tiffany Henne










