Cinq ans ?! se dit la fille... Ces cinq ans là me font penser à ces cinq ans ci, c'était en effet au moment de mes entretiens d'embauche pour mon job actuel, mon job actuel que j'aurai bientôt quitté, c'est une question de semaines, et pas beaucoup de semaines d'ailleurs, c'est presque une question de jours alors ? Ok pour jours si ça te fait plaisir.
J'ai donc retrouvé des petites bribes de ma vie en 2004, ma vie avant ce job et ces petites phrases de l'époque :
"Petite précision: je ne suis pas une mère au foyer mais une fois de plus je suis entre 2 jobs et pour une fois ça correspond aux vacances des enfants, on compte en profiter! OUI, au moins jusqu'au 19 Juillet ?"
Quelques jours plus tard : " Au fait, après avoir attendu la réponse toute la journée d'hier, ce qui n'a pas arrangé mes nerfs, je suis super ravie d'annoncer que oui, j'ai obtenu le poste à l' agence immobilière! Je commence le 19 Juillet, à mi-temps."
Une autre vie tout ça et pourtant ce fil directeur , la chose immuable à travers tous les bouleversements de ces dernières années, mon boulot à l'agence immobilière. Mon boulot qui m'a suivie aussi dans la vie de mes 4 blogs intitulés "5 angelos", "Mes cinq saisons", "Le blog de Princesse Lénou" puis "Tous les jardins de ma vie".
Et bientôt mon boulot fera lui aussi partie du passé, tout comme cette ville où j'ai échoué il y a sept ans, point d'ancrage à ma nouvelle vie d'alors, théatre d'une grande partie de l'enfance de mon Club des cinq. "Non moi je suis pas le chien Dagobert" je les entends déjà protester, sauf qu'en y réfléchissant ils ne connaissent pas cette série de livres. Et voilà je suis vieille, preuve supplémentaire à l'apui : moi je "lisais" des séries, eux ils les regardent... Soupir amusé.
"C'est de la folie nos rythmes de vie", chante une certaine Ariane.
C'est de la folie à nous la cadence vivante de ces évènements qu'on enchaîne, provoque ou subit, si souvent les trois à la fois.
Mais que serions-nous sans ce rythme ardent qui nous bouscule? Peut-être les mêmes, peut-être d'autres, peut-être pas...
Je revois avec amusement la petite fille que j'étais, amusement mais une certaine frustration aussi.
Pourquoi je n'osais pas davantage ?
Pourquoi préférer la trouille de rendre une feuille blanche... encore et encore... à l'embarras de rendre un dessin pas assez beau ?
Pourquoi saborder sa compétition de gym ? Pourquoi préférer la chute à la honte de n'avoir pas réussi ?
Pourquoi se retirer six mois avant le bac ? Peu importe la mention, c'était le diplôme qui importait, non ?
Pourquoi décider encore et toujours que cette petite fille-ci, puis cette jeune fille-là n'avait pas assez de talent, qu'il y avait toujours quelqu'un plus doué qu'elle, que ce n'était pas la peine de s'imposer, qu'il valait mieux s'effacer, que si son tour devait venir, elle le saurait à ce moment-là...
La peur d'échouer plus forte que l'envie d'essayer ?
Essayer oh oui, mais en secret, sans personne qui me regarde tatonner, tomber, échouer, être ridicule, puis me relever, me battre, m'envoler, triompher et accepter que moi aussi j'ai un don et que j'ai réussi à le libérer !
Je ne sais plus après toutes ces années, ou bien je ne veux plus savoir...
Et pourtant, elle est toujours là, l'envie !
Je la sens, je peux presque la toucher et je voudrais la palper l'extirper, la contempler au grand jour, l'examiner, la réparer, la questionner aussi...
Qui a laissé tomber l'autre ?
Bientôt la course au nouveau défi professionnel, celle-là je l'ai toujours réussie au moins... Justement parce que là je me bats pour eux et pas seulement pour moi. Motivée par leur bien-être, je réunis tout ce qu'il faut d'audace et de confiance, je me transforme presque en une autre, en celle que je ne pensais pas arriver à devenir un jour, celle qui assure et qui gère, tout simplement.
Mais trop souvent chez moi, dans l'ombre et entre mes murs, je replie gentiment mes ailes pour pas les abîmer et comme le moulin ancré à sa colline, attaché par ce pieu en bois dans le dos, mes ailes immobilisées par des filins au sol, je contemple la vie du haut de ma colline, je laisse glisser les nuages et les vents audacieux, je les laisse à d'autres et je soupire légèrement dans la brise, je suis là et c'est déjà beaucoup...
Mais trop souvent chez moi, dans l'ombre et entre mes murs, je replie gentiment mes ailes pour pas les abîmer et comme le moulin ancré à sa colline, attaché par ce pieu en bois dans le dos, mes ailes immobilisées par des filins au sol, je contemple la vie du haut de ma colline, je laisse glisser les nuages et les vents audacieux, je les laisse à d'autres et je soupire légèrement dans la brise, je suis là et c'est déjà beaucoup...










