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Publié le 18/07/2007 à 15:51
Par lynh
 - Psychologie du développement -

    Le développement moteur d'un bébé joue un rôle fondamental dans son développement psychologique, car il est à la base du développement de toutes les autres fonctions chez le bébé : affective, cognitive (intelligence) ...


    Commençons tout d'abord par quelques définitions ce qui évitera toute confusion par la suite.

    - Le tonus musculaire

L'état de tension légère et la résistance à l'étirement, caractéristiques des muscles du squelette. Il constitue la toile de fond des activités motrices et posturales.

Il permet : de préparer le mouvement
               de fixer l'attitude
               de sous-tendre le geste
               de maintenir l'équilibre


 > Plan fonctionnel

Les manifestations diffuses du tonus sont également associées à un grand nombre de manifestations auxquelles on ne penserait pas en premier telles que la vigilance et les émotions.

    La vigilance augmente,  le tonus augmente en parallèle.
   
    La colère s'accompagne d'une augmentation du tonus (avec les tensions musculaires).

Le tonus est également en rapport avec les manifestations au service de la posture et de l'équilibration.


 > Plan clinique

On observe chez les bébés un tonus d'action et un tonus de fond qui forment des bébés hyper-toniques et des bébés hypo-toniques, disposant d'une quantité de tonus plus ou moins importante.


    - La posture

Activité musculaire permanente.
Elle se caractérise par ka mise en forme du corps dans des attitudes permises par une immobilisation des segments dans des positions déterminées. Et plus l'enfant est jeune, et plus la correspondance entre tonus et posture et grande, car le tonus du bébé détermine complètement sa posture (contrairement aux adultes qui peuvent contrôler leur posture volontairement).
Et quand le tonus se met en place, la liberté de posture et de mouvement augmente.

 > Plan fonctionnel

Définition de PAILLARD : L'activité posturale anti-gravitaire
Elle permet le positionnement des différentes parties du corps, rendant possible la station érigée, son maintien et sa stabilité. Elle permet donc de se redresser.

Par ailleurs, l'activité posturale directionnelle, permet elle l'orientation du corps ou de certains de ses segments vers la stimulation de l'environnement. Elle s'appuie sur l'activité posturale anti-gravitaire pour avoir des mouvements précis et avoir une bonne statique.

 > Plan clinique

    - Spontanée : On observe comment le bébé ou l'enfant se présente au repos (cela change en grandissant avec l'augmentation du tonus).

    - L'aptitude posturale : On observe l'aspect dynamique de la posture chez le bébé, la résistance à la pesanteur (position assise, marche).



 Les différents types de motricité : servant à atteindre différents objectifs


       - La fonction effectrice

Elle met en jeu l'activité posturale, cinétique (mouvement) et manipulatoire chez le bébé. Elle permet donc les activités finalisées telles que la locomotion, la préhension, l'écriture (nécessitant en plus une fine coordination du contrôle de la main et donc elle est possible seulement plus tard).
Elle permet d'agir sur le monde, l'environnement.

       - La fonction expressive et communicative

Agir sur les autres à travers les gestes, les mimiques, la posture, pour exprimer des besoins, des impressions, des émotions ... Elle joue un rôle essentiel dans le développement social d'un bébé car la motricité est le seul moyen qu'il a de communiquer durant la première année de la vie.

Elle ne concerne pas que les bébés, cette forme de communication est tellement développée qu'elle fait l'objet de codes et de conventions encore employés chez les adultes.

       - La fonction évocatrice 

Elle permet d'évoquer des personnes, des situations, le plus souvent en leur absence. On représente en figurant avec le corps (la danse est un moyen de communiquer permettant l'expression de situations avec le corps).

L'immitation est la réproduction d'un modèle en effectuant les mêmes gestes et mimiques, notamment en différé.

PIAGET pense qu'elle est essentielle dans le développement intellectuel, car elle implique une capacité de représentation mentale.

Publié le 18/07/2007 à 15:11
Par lynh

 - Psychologie du développement -


    BOULBY – travaux dans les années 50 ‘s et 60’s


    Médecin anglais à la Tavistock clinic qui ne reçoit que des enfants, il va être frappé par le comportement des enfants quand ils sont hospitalisés. Souvent ces enfants sont pris en charge par l’hôpital dans lequel ils vont rester seuls, sans leurs parents (raisons économiques et géographiques). Il est notamment un des premiers à faire le lien entre l’histoire personnelle familiale et la délinquance des enfants.


                        A l’hôpital cette « perte » provisoire des parents est dramatique.

   

    Un jour il va s’intéresser aux travaux de LORENZ sur l’empreinte (avec les oies), et sur ceux de HARLOW avec les macaques.

   

    HARLOW  travaille en effet  la construction du lien entre le petit signe et sa mère, car il connait déjà les publications de SPITZ sur l’altération du développement des enfants séparés de leur mère.


    Le développement des singes étant plus rapide que chez les être humains, il va placer les petits singes dès la naissance dans des boxes à l’isolement total, avec seulement un biberon se remplissant mécaniquement, et un morceau de fourrure (à l’époque l’éthique n’était pas celle de nos chercheurs actuels). Et il va observer que le singe passe davantage de temps près de la fourrure que près du biberon, vers lequel il ne va que pour se nourrir. Il constate également que le développement social normal ne se réalise pas, en découvrant plus tard ses congénères, il ne se comporte pas normalement, est paralysé et sera finalement rapidement rejeté par le groupe social.


    Il apparait donc clairement que ce n’est pas la nourriture qui est importante, qui crée le lien, mais le contact physique avec la mère.


    Et cette remarque séduit BOULBY, ajouté à la théorie de l’empreinte de LORENZ qui conditionne le développement du petit, va donner lieu à l’émergence de la théorie de l’attachement. Contrairement à l’idée de Freud, l’enfant ne s’attacherait pas à la mère parce qu’elle le nourrit, mais grâce au contact physique essentiel, à cette recherche de proximité, garant de sa sécurité (la théorie émotionnelle d’interdépendance de Freud apparaitrait alors comme un raccourcis erroné), et qui sécurise l’enfant.


    Le besoin de contact avec autrui est donc fondamental, autant que le besoin d’être nourri et de respirer, et si ce besoin n’est pas satisfait, le développement psychique en est altéré.


    Le problème du bébé chez l’homme est qu’il ne peut pas se déplacer pour se rapprocher de sa mère, il va donc développer des signaux qui vont lui permettre de maintenir et de prolonger la proximité avec elle.


            - Pleurer

            - Sourire

            - S’accrocher (avec le grasping reflex, probablement)

 


    Et au cours du développement, ces comportements vont se complexifier, et vers un an apparait en plus la possibilité de suivre la mère en se déplaçant à quatre pattes.

 


    AINSWORTH


    Elle s’intéresse davantage aux signaux développés, et va inventer « la situation étrange ». Les bébés ne construisent pas tous le même type d’attachement avec leur mère, les processus de construction restant les même cependant.


    La situation étrange : comment réagit l’enfant d’un an quand il est en présence de sa mère, séparé d’elle, et réuni de nouveau avec elle, c’est en quelque sorte la réaction au stress de l’enfant.


    On peut se demander à quoi peut bien servir l’attachement ? Car il est en réalité très contraignant, et on ne peut vraiment bien se détacher que lorsque l’on a eu un premier attachement de bonne qualité. Et il permet entre autre l’exploration de l’environnement (qui est risqué) car la mère est une sécurité quand elle est à proximité.


    Pendant l’expérience, on installe la mère et l’enfant (1 an) dans une nouvelle pièce pleine de jouets. On remarque que la majorité des enfants va explorer l’environnement, et à la moindre inquiétude, ils peuvent revenir vers la mère. Dans une deuxième phase, la mère sort, laissant seul l’enfant dans la pièce encore étrangère, et alors un deuxième stresseur vient s’ajouter avec l’entrée d’un inconnu. Quelques instants après, il sort et la mère rentre de nouveau dans la pièce.

 

        - Le groupe A : attachement évitant

    Quand l’enfant est seul ou avec la personne étrangère, ils ne montrent pas de malaise, et quand la mère rentre, ils l’évitent.


        - Le groupe B : attachement sécurisé

    La majorité des enfants supportent assez mal l’absence de la mère et la présence de l’étranger, et quand elle revient, ils se précipitent vers elle rassurés – comportement normal.


        - Le groupe C : attachement ambivalent / anxieux

    Elle est problématique comme la première. Les enfants ne semblent jamais à l’aise, quand elle est là, ils n’explorent pas, quand elle n’est pas là, ils ne sont pas à l’aise et quand elle revient, à la fois, ils la rejettent, et à la fois ils cherchent sa sécurité.


 

 

    Le groupe B est secure, les enfants développent un lien sécurisant avec la mère dont ils n’apprécient pas d’être privés à un an. Et quand elle revient ils sont rassurés.


Les groupes A et C sont insecure et ne permettent pas  la construction chez les enfants, de la mère comme une base de sécurité. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’attachement, il y en a un et il est problématique.

 


    Main - une de ses élèves, en décrit un quatrième


    Le groupe D : attachement désorganisé / désorienté

    C’est la forme la plus pathologique. L’enfant en présence de la mère a un comportement aberrant, on le retrouve souvent chez les enfants maltraités chez qui il y a un attachement (car il est indispensable) mais il est perverti car la personne censée rassurer est également celle qui maltraite.

 


         La théorie de H.WALLON – dans les années 30’s et 40’s

 

    Agrégé de philosophie, et médecin, il a inventé la psychologie scolaire.

    On va retrouver une formulation dans laquelle on peut voir des prémices de la théorie de l’attachement : la particularité de l’enfant est d’être social.


    « L’être humain est génétiquement, biologiquement social. » Sans interaction avec autrui on ne peut pas se développer et les médecins ont souvent limité cette contrainte aux exigences corporelles.


    WALLON a décrit les étapes du développement de la sociabilité, en tant que type de relation établie avec la société, permettant de rendre compte à la fois du développement de l’individu (sa personnalité propre) et simultanément la construction de l’autre.


Ce n’est donc pas un détachement progressif entre soi et l’autre, c’est forcément en même temps. (Théorie pas actuelle)


    La symbiose physiologique – De 0 à 3 mois


    Elle s’observe avec la mère, et l’on parle de physiologie car le bébé n’aurait que des réflexes et des automatismes. Les relations s’établissant entre l’enfant et la mère ne changent pas tellement de celles in utéro. (La partie physiologique n’est pas exacte, mais la continuité est dans l’esprit des théories actuelles.)


    La symbiose affective – De 3 à 10 mois


    La grande nouveauté est l’intentionnalité de la communication et des signaux, pour obtenir quelque chose. L’enfant est capable d’activité volontaire de saisie et de manipulation. (L’auteur n’a pas tord, mais en réalité l’intentionnalité apparait avant 3 mois.) L’enfant est également capable de faire la différence entre les partenaires et d’avoir des préférences (également présent avant 3 mois).

 


    La caractéristique majeure étant l’apparition des émotions, dont l’apogée se réaliserait vers 6 mois au sens de nécessité vitale – rejoint BOULBY – car le partage émotionnel est une nécessité absolue, sinon les enfants dépérissent psychologiquement (SPITZ).

 

Publié le 03/07/2007 à 16:22
Par lynh
 - Anthropologie -


    A l'heure actuelle un éthnologue doit nécessairement aller sur le terrain pour faire des observations et donc vivre pendant un certain temps avec les peuples qu'il étudie. Avant on pratiquait davantage "l'éthnologie en chambre", sans aller sur le terrain, ces ancêtres des éthnologues utilisaient les récits rapportés par les voyageurs et tentaient de les expliquer. Les conclusions étaient donc très imparfaites car le plus souvent ce qui était raconté était en réalité anecdotique, très frappant, mais n'était pas le reflet d'un réel quotidien. A partir du XXe siècle de plus en plus d'éthnologues éprouvent le besoin d'aller récolter eux-même leurs informations, en allant vivre sur place.


    Malinowski est le premier à revendiquer une anthropolgie de terrain et publie ses premiers livres dans l'entre deux guerres sur les peuples de l'Océanie. Il invente l'observation participante, selon laquelle on ne peut comprendre les pratiques d'un peuple qu'en les observant de l'intérieur, impliquant en cela que l'éthnologue vive avec les individus au plus près de la réalité de leur quotidien.


        L'éthologue observe donc :

    - La vie quotidienne dans ses aspects matériels, avec les techniques de production, l'alimentation, l'habitation, les vêtements ...

      - Les relations sociales dans leur ensemble.

    - Les règles sociales en général, écrites ou orales, et guidant l'action des individus dans un groupe social donné.



    Cette observation constitue le premier travail de l'éthnologue, c'est l'éthnographie, l'étude exhaustive d'une société.

    Ethnologie : elle désigne l'analyse d'une éthnie, c'est à dire d'un groupe de personnes partageant la même langue et la même culture. Elle a pour objectif la compréhension par l'interprétation, de l'organisation sociale d'une éthnie.

    Anthropologie : elle se base sur l'étude éthnologique, et cherche à faire des liens entre les différents aspects de la vie quotidienne. Elle désigne la science de l'homme et comporte deux branches : l'anthropologie physique (la plus ancienne) et l'anthropologie sociale (culturelle).

    L'anthropologie physique est une science née au XIXe siècle dans l'objectif de décrire la diversité des caractéristiques physiques des être humains, à travers le monde et à travers le temps.

    L'anthropologie sociale concerne l'étude de la diversité humaine sur le plan culturel, elle cherche à mettre avant des règles, des régularités qui organisent la vie sociale dans le monde. Elle procède donc à la comparaison des connaissances éthnologiques concernant les différentes sociétés pour en observer les ressemblances et élaborer des théories.



    En France, au XIXe siècle, les scientifiques ont lancé un grand programme de recherche en anthropologie physique, sur les crânes humains. Ils collectaient toutes sortes de crânes qu'ils comparaient entre eux sur la base de leur taille et de leur forme. On pensait à ce moment là que les capacités cérébrales étaient liées à la taille du crâne. En réalité on sait maintenant que cette théorie est raciste et sexiste, et fait l'apologie d'ingalités naturelles fausses. Actuellement on doit rappeler que la notion de race n'a pas de sens d'un point de vue génétique, il n'y a pas de catégories de patrimoines génétiques, mais un ensemble de caractéristiques qui s'associent les unes aux autres définissant chaque individu par un phénotype unique.


    La rencontre avec l'autre est toujours surprenante, et fait souvent l'objet d'incompréhension et de rejet. C'est ce qu'on appelle l'éthnocentrisme qui consiste à juger les autres cultures en fonction de nos propres valeurs.

    A une époque, l'éthnocentrisme européen a eu des conséquences dramatiques sur les sociétés traditionnelles, et en particulier au XVIe siècle avec l'envoie de nombreux missionnaires par l'Eglise catholique.




    L'éthnocentrisme est une attitude universelle. Et chaque peuple a tendance à se croire supérieur aux autres. (Et pour plus d'éléments d'explication, voir la Théorie de l'Identité Sociale TIS & le biais de favoritisme pro-endogroupe - dans la catégorie Psychologie sociale)


    L'éthnologue n'est pas à l'abri de cet éthnocentrisme car notre façon de voir le monde est façonnée par notre culture, le regard qu'il porte ne peut donc pas être complètement neutre, cependant il peut en limiter les effets en prenant conscience des schémas culturels qui sont les siens.



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