- Psychologie sociale –
Voila un résumé rapide, qui présente quelques clés fondamentales. Je pense expliquer plus en détails chaque concept dans les billets suivants (car il y a tant à dire ;)).
La construction d'une identité sociale va dépendre des interactions entre un sujet et un groupe, à travers des processus cognitifs, affectifs et comportementaux.
> Fondements théoriques : Le paradigme du groupe minimal de TAJFEL et All en 1979
A cette époque là, les chercheurs tentent d'expliquer les comportements de soumission à l'autorité observés pendant la 2de guerre mondiale. Les expériences vont peu à peu montrer que le contexte est un facteur bien plus déterminant que la personnalité.
TAJFEL va alors chercher à comprendre le fonctionnement des conflits sociaux, et la naissance d'hostilité entre les groupes. Il prend pour cela l’exemple d’un petit groupe d’étudiants n'ayant pas de source apparente d’opposition (d'un point de vue socio-économique et historique).
Le Paradigme Minimal : on part d'une situation très simple, les quelques étudiants se voient répartis (sans le savoir) en fonction de leurs préférences en matière d’Art, entre Kandinsky et Klee.
Ce premier élément n’est donc pas en soi déclencheur d’hostilité. Dans un deuxième temps, on va distribuer à chaque groupe des ressources en quantité limitée, et leur demander de choisir une stratégie parmi celles proposées par les matrices de FLAMENT. Le choix d'une stratégie permettra dans certains cas de gagner plus d'argent mais de laisser gagner l'autre groupe, et dans d'autre de gagner tout en laissant l'autre ramasser plus d'argent que son groupe.
Exemples de stratégies de partage : 1. 50/50 vainqueur
2. 70/30 défaite
3. 45/55 vainqueur […]
Les résultats montrent que le biais pro-endogroupe apparait dans toutes les situations expérimentales. Les participants préfèrent gagner moins d’argent en privilégiant leur groupe que de gagner plus d’argent en adoptant une règle d’égalité entre les groupes (1).
Deux principes régissent le raisonnement stratégique des étudiants : de Victoire ou d’Economie
1er critère : gagner ou perdre le concours
2e critère : faire gagner plus d’argent à son groupe ou au groupe d’en face
L’idée de la Victoire, c'est également le désir de valoriser son groupe et ce même si cela s’accompagne de pertes substantielles.
« Pourquoi est-ce si important de gagner ? » Cette remarque met l'accent sur l'aspect motivationnel de la victoire, sur un traitement cognitif particulier.
Ce qui nous amène à une théorie plus générale : La théorie de l’Identité Sociale (TIS) centrée sur un processus d’auto catégorisation. Une explication cognitive et motivationnelle.
On se définit comme membre d’un groupe dans un certain contexte, et au fur et à mesure des interactions, l’implication dans ce groupe de référence augmente. Chaque membre a envie de promouvoir une identité positive et le groupe va participer à la valorisation de cette image positive de soi.
En d'autres termes, nous sommes fortement motivés à maintenir via le groupe cette source de valorisation personnelle.
TAJFEL et TURNER – 1986
Cette valorisation avoir lieu que dans la comparaison par rapport à un autre groupe, qui doit apparaître comme différent, singulier et supérieur aux autres.
Le biais pro-endogroupe peut être un moyen de maintenir la valorisation du groupe, et constituer en cela une stratégie permettant une identité sociale positive.
« Qu’est-ce que le soi ? Qu’est-ce qu’une catégorie ? »
Le soi est l’ensemble des éléments qui nous définissent. La notion de soi est composée de 3 éléments qui sont :
Le Concept de soi : Evaluation cognitive. Comment on se définit avec quelles caractéristiques.
L’Estime de soi : Evaluation affective. La valeur qu’on s’attribue.
L’auto-présentation : Comment je me comporte en fonction de l’évaluation cognitive et affective que l’on a de soi « self monitoring ».
Et le concept de soi a un impact "affectif" sur l’estime de soi.
La catégorie quant à elle est une construction mentale constituée d’un ensemble d’éléments possédant des propriétés perçues comme semblables ou « allant bien ensemble » (théories naïves).
Des signes (Ex : chaleureux) activent la catégorie « gens biens » selon le consensus par lequel tel trait renvoie à telle catégorie de gens et via laquelle on attribue à cette même personne sans même la connaître les autres traits liés à cette catégorie.
La catégorisation sociale consiste à associer un individu à une catégorie. Le prototype est la personne qui présente le plus d’attributs de sa catégorie et le moins d’attributs d’une autre catégorie. Les personnes les plus représentatives de leur catégorie à notre sens, ce qui permet une identification et un jugement rapide avec économie cognitive.
L’auto-catégorisation correspond ainsi à l’implication du soi (Self concept) dans le processus de la catégorisation, progressivement on apprend et intègre un certain nombre de caractéristiques de notre groupe jusqu’à ce qu’elles deviennent les nôtres. Le contexte social est donc déterminant dans l’identification à une catégorie.
On observe donc trois niveaux d’abstraction des auto-catégories qui vont dépendre du contexte, de ce sentiment d’implication plus ou moins grand dans un groupe (et donc moins dans les autres).
> Le niveau supra ordonné
Quand le contexte n’est pas très socialement prégnant. On prend les caractéristiques générales de l’espèce humaine, en parallèle avec l’espèce animale par exemple.
> Le niveau intermédiaire / intergroupe
Avec implication du soi, on prend les caractéristiques du groupe comme étant personnelles, elles me définissent.
> Le niveau subordonné / interpersonnel
On est autonome, singulier et original, pas interchangeable.
On peut donc noter que la théorie de l'identité sociale permet le passage d’un niveau à un autre en fonction du contexte.
Les sujets passent d’un niveau subordonné à un niveau intermédiaire quand ils s'intègrent progressivement à un groupe et développent leur identité sociale, avec les valeurs et les normes en vigueur dans le groupe. Ils vont naturellement les appliquer à leurs propres comportements. Et plus l’adhésion est importante, plus leurs comportements auto stéréotypés sont normatifs. Le niveau intermédiaire est d'ailleurs le niveau le plus étudié en psychologie. Un déplacement dans ce sens entraîne une dépersonnalisation du soi et du comportement, les caractéristiques personnelles que le sujet ne pensait pas interchangeables vont se calquer aux caractéristiques du groupe.
C’est la stéréotypie du soi. Le sujet perçoit une similitude entre le soi et les membres de son groupe et une différence grandissante entre le soi et les membres de l’autre groupe, sur des dimensions qui lui sont pertinentes.