Psychologue : La seule personne qui regarde les autres lorsqu'une belle femme entre dans la salle.
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Publié le 19/06/2007 à 16:16
Par lynh
- Psychologie cognitive & Psychologie sociale -
Et me revoila et ... Vive les vacances ;)
Cet article m'a été inspiré par une chronique de l'internaute, d'où proviennent les images.
En psychologie sociale, il y a certaines notions fondamentales comme les stéréotypes. On élabore des théories concernant leurs fonctions, leurs causes, leurs intérêts ... Et il arrive que certains de ces concepts fassent référence à des théories provenant d'autres courants de la Psychologie, comme la psychologie cognitive.
Perception et catégorisation sociale
Le concept de catégorisation a été développé dans les années 50's en psychologie cognitive, concernant le traitement des informations provenant de l'environnement. C'est avant tout une façon de de simplifier l'environnement, car il est impossible pour notre cerveau de traiter toutes les informations nous parvenant.
On va donc procéder à une sorte de segmentation de l'environnement social et physique en construisant des classes et des catégories auxquelles on associera les éléments d'information. Un objet ne sera donc jamais représenté seul dans notre cerveau, il sera toujours associé aux autres éléments et caractéristiques de sa catégorie.
On parle donc d'un processus de structuration et d'organisation de l'environnement compenant deux aspects, le premier inductif et le deuxième déductif. L'aspect inductif correspond au fait de ranger les éléments dans des catégories, en fonction de caractéristiques données. Cela nous permet notamment d'avoir le sentiment de mieux contrôler notre environnement, de pouvoir anticiper les évènements. L'aspect déductif renvoie au fait que l'objet, étant rangé avec d'autres objets semblables, va se voir attribuer les caractéristiques des éléments composant sa catégorie, et cela sans en vérifier la pertinence. En cela, la catégorisation est un moyen de mieux connaître notre environnement via les inférences que nous faisons à partir de nos connaissances acquises précédemment.
Le catégorisation est donc un stratégie d'économie cognitive.
La sélection des informations s'opère en fonction de plusieurs facteurs, et cela va dépendre notamment du contexte, des ressources attentionnelles disponibles, de la motivation et de ses besoins ... L'acte perceptif revient donc pour une grande part à adopter et adapter des croyances quant aux propriétés de l'objet. Il renvoie à des schémas déjà stockés en mémoire.
En conséquent, quand un objet n'est pas facilement identifiable, je procède à une conceptualisation de l'information, son traitement n'est donc pas empirique, je cherche à vérifier les informations que j'ai déjà. Ce qui explique en partie que nous ne soyons pas réellement objectif quand on aborde une information, notre jugement est en amont, influencé par nos expériences passées.
Deux conséquences peuvent être observées.
1. La différence entre deux objets, appartenant à deux catégories différentes, est exagérée.
2. La ressemblance entre deux objets, provenant d'une seule et même catégorie, est amplifiée.
Et cela s'explique par le fait, que en amont, nous sélectionnons les informations que nous allons retenir, et notamment les informations qui viennent appuyer et confirmer ce que l'on sait déjà, en ignorant les autres ou en modifiant les représentations que nous en avons à ce moment là.
Et pour illustrer ces concepts élaborés en psychologie sociale, voila une série d'images formant des illusions de perception.
Préparez un verre d'aspirine ^_^  Chaque rond tourne dans des sens différents. Image fixe. © Akiyoshi Kitaoka
Les pois bleus suivent le mouvement des vagues. Notre cerveau cherche à partir de nos expériences personnelles et notre mémoire, à mettre du sens sur ce que nous voyons. Image fixe. © Akiyoshi Kitaoka
 Les serpents sont animés. Le système nerveux transmet l'image au cerveau et c'est à partir de ce moment là que l'erreur commence. Image fixe. © Akiyoshi Kitaoka
Même sans bouger la tête... L'illusion d'optique est une construction mentale élaborée à partir du signal sensoriel capté par l'œil. Image fixe. © Akiyoshi Kitaoka
Comme c'est le cerveau qui crée l'illusion, le résultat varie en fonction des expériences de chacun. Rechercher à mettre du sens partout mène parfois à commettre des erreurs et là c'est le cas, en réalité le cerveau amplifie les contrastes perçus. Il amplifie les contours, les couleurs, les perspectives, les reliefs et les mouvements en fonction de nos connaissances. Les illusions d'optiques ne vont pas provoquer les mêmes résultats chez tous les individus.
« Akiyoshi Kitaoka – Le génie de l’illusion. Akiyoshi Kitaoka est professeur au département de psychologie à l’université Ritsumeikan située à Kyoto, au Japon. Au cours de ses études, il a successivement étudié les comportements animaux, l’activité neuronale des singes, puis il s’intéresse aujourd’hui aux rapports qu’entretiennent le système visuel et le cerveau humains. En 2006, il a reçu le prestigieux prix L’Oréal "Art et science de la couleur". Ses créations visuelles sont mondialement considérées comme les plus abouties. »
Publié le 31/05/2007 à 15:33
Par lynh
- Psychologie sociale – Voila un résumé rapide, qui présente quelques clés fondamentales. Je pense expliquer plus en détails chaque concept dans les billets suivants (car il y a tant à dire ;)). La construction d'une identité sociale va dépendre des interactions entre un sujet et un groupe, à travers des processus cognitifs, affectifs et comportementaux. > Fondements théoriques : Le paradigme du groupe minimal de TAJFEL et All en 1979 A cette époque là, les chercheurs tentent d'expliquer les comportements de soumission à l'autorité observés pendant la 2de guerre mondiale. Les expériences vont peu à peu montrer que le contexte est un facteur bien plus déterminant que la personnalité. TAJFEL va alors chercher à comprendre le fonctionnement des conflits sociaux, et la naissance d'hostilité entre les groupes. Il prend pour cela l’exemple d’un petit groupe d’étudiants n'ayant pas de source apparente d’opposition (d'un point de vue socio-économique et historique). Le Paradigme Minimal : on part d'une situation très simple, les quelques étudiants se voient répartis (sans le savoir) en fonction de leurs préférences en matière d’Art, entre Kandinsky et Klee. Ce premier élément n’est donc pas en soi déclencheur d’hostilité. Dans un deuxième temps, on va distribuer à chaque groupe des ressources en quantité limitée, et leur demander de choisir une stratégie parmi celles proposées par les matrices de FLAMENT. Le choix d'une stratégie permettra dans certains cas de gagner plus d'argent mais de laisser gagner l'autre groupe, et dans d'autre de gagner tout en laissant l'autre ramasser plus d'argent que son groupe. Exemples de stratégies de partage : 1. 50/50 vainqueur 2. 70/30 défaite 3. 45/55 vainqueur […] Les résultats montrent que le biais pro-endogroupe apparait dans toutes les situations expérimentales. Les participants préfèrent gagner moins d’argent en privilégiant leur groupe que de gagner plus d’argent en adoptant une règle d’égalité entre les groupes (1). Deux principes régissent le raisonnement stratégique des étudiants : de Victoire ou d’Economie 1er critère : gagner ou perdre le concours 2e critère : faire gagner plus d’argent à son groupe ou au groupe d’en face L’idée de la Victoire, c'est également le désir de valoriser son groupe et ce même si cela s’accompagne de pertes substantielles. « Pourquoi est-ce si important de gagner ? » Cette remarque met l'accent sur l'aspect motivationnel de la victoire, sur un traitement cognitif particulier. Ce qui nous amène à une théorie plus générale : La théorie de l’Identité Sociale (TIS) centrée sur un processus d’auto catégorisation. Une explication cognitive et motivationnelle. On se définit comme membre d’un groupe dans un certain contexte, et au fur et à mesure des interactions, l’implication dans ce groupe de référence augmente. Chaque membre a envie de promouvoir une identité positive et le groupe va participer à la valorisation de cette image positive de soi. En d'autres termes, nous sommes fortement motivés à maintenir via le groupe cette source de valorisation personnelle. TAJFEL et TURNER – 1986 Cette valorisation avoir lieu que dans la comparaison par rapport à un autre groupe, qui doit apparaître comme différent, singulier et supérieur aux autres. Le biais pro-endogroupe peut être un moyen de maintenir la valorisation du groupe, et constituer en cela une stratégie permettant une identité sociale positive. « Qu’est-ce que le soi ? Qu’est-ce qu’une catégorie ? » Le soi est l’ensemble des éléments qui nous définissent. La notion de soi est composée de 3 éléments qui sont : Le Concept de soi : Evaluation cognitive. Comment on se définit avec quelles caractéristiques. L’Estime de soi : Evaluation affective. La valeur qu’on s’attribue. L’auto-présentation : Comment je me comporte en fonction de l’évaluation cognitive et affective que l’on a de soi « self monitoring ». Et le concept de soi a un impact "affectif" sur l’estime de soi. La catégorie quant à elle est une construction mentale constituée d’un ensemble d’éléments possédant des propriétés perçues comme semblables ou « allant bien ensemble » (théories naïves). Des signes (Ex : chaleureux) activent la catégorie « gens biens » selon le consensus par lequel tel trait renvoie à telle catégorie de gens et via laquelle on attribue à cette même personne sans même la connaître les autres traits liés à cette catégorie. La catégorisation sociale consiste à associer un individu à une catégorie. Le prototype est la personne qui présente le plus d’attributs de sa catégorie et le moins d’attributs d’une autre catégorie. Les personnes les plus représentatives de leur catégorie à notre sens, ce qui permet une identification et un jugement rapide avec économie cognitive. L’auto-catégorisation correspond ainsi à l’implication du soi (Self concept) dans le processus de la catégorisation, progressivement on apprend et intègre un certain nombre de caractéristiques de notre groupe jusqu’à ce qu’elles deviennent les nôtres. Le contexte social est donc déterminant dans l’identification à une catégorie. On observe donc trois niveaux d’abstraction des auto-catégories qui vont dépendre du contexte, de ce sentiment d’implication plus ou moins grand dans un groupe (et donc moins dans les autres). > Le niveau supra ordonné Quand le contexte n’est pas très socialement prégnant. On prend les caractéristiques générales de l’espèce humaine, en parallèle avec l’espèce animale par exemple. > Le niveau intermédiaire / intergroupe Avec implication du soi, on prend les caractéristiques du groupe comme étant personnelles, elles me définissent. > Le niveau subordonné / interpersonnel On est autonome, singulier et original, pas interchangeable. On peut donc noter que la théorie de l'identité sociale permet le passage d’un niveau à un autre en fonction du contexte. Les sujets passent d’un niveau subordonné à un niveau intermédiaire quand ils s'intègrent progressivement à un groupe et développent leur identité sociale, avec les valeurs et les normes en vigueur dans le groupe. Ils vont naturellement les appliquer à leurs propres comportements. Et plus l’adhésion est importante, plus leurs comportements auto stéréotypés sont normatifs. Le niveau intermédiaire est d'ailleurs le niveau le plus étudié en psychologie. Un déplacement dans ce sens entraîne une dépersonnalisation du soi et du comportement, les caractéristiques personnelles que le sujet ne pensait pas interchangeables vont se calquer aux caractéristiques du groupe. C’est la stéréotypie du soi. Le sujet perçoit une similitude entre le soi et les membres de son groupe et une différence grandissante entre le soi et les membres de l’autre groupe, sur des dimensions qui lui sont pertinentes.
Publié le 21/05/2007 à 01:06
Par lynh
- Psychologie sociale -
Un des fondateurs en psychologie sociale, Lewin reste également un auteur incontournable. Psychologue allemand né en 1890 et mort en 1947, il a fait ses études dans la prestigieuse école où a été développée la Gestalt avec les fameux travaux sur la perception, et partira finalement d'Allemagne pour fuire les nazis.
Gestalt : courant théorique selon lequel la perception est davantage guidée par les relation entre les éléments que nous percevons, que par leurs caractéristiques propres.
Largement influencé par ces travaux, Lewin va exporter cette théorie cognitive de la Gestalt pour l'appliquer à la compréhension des groupe. Il entreprend notamment des recherches pour comprendre comment des personnes en groupes peuvent en arriver à exécuter des horreurs comme celles perpétuées durant la seconde guerre mondiale.
On passe à ce moment là de la psychologie individuelle à la psychologie collective.
On ne cherche donc plus seulement à connaitre et comprendre les caractéristiques des éléments qui vont composer un groupe, mais également comprendre les relations existantes entre les éléments de ce groupe.
On peut donc considérer l'approche de lewin comme la critique d'une conception Aristotélicienne de la science, avec notamment la classifification qui amène à des sciences trop normatives. Il favorise une approche Galiléenne qui se centre sur les relations et qui évite les séparations définitives, empêchant de cerner des dynamiques plus globales. Il met en avant une attitude scientifique dynamiste, en se concentrant sur les processus et intéractions dans une situation sociale concrète, et fait de l'interdépendance le pivot de son épistémologie. Le groupe est un tout dont les propiétés sont différentes de celles de la sommes de ses parties (reprenant un principe phare de la théorie de la Gestalt).
Les pricipaux éléments en interdépendance sont les membres d'un groupe social, avec un but qui le structure, des normes, des modes de communication, des rôles, un contexte, des enjeux, un mode de commandement, tout cela formant la spécificité d'un groupe. Et si un élément est modifié, tous les autres le seront également.
Expérience de Lewin - Une étude expérimentale du commandement et de la vie de groupe - avec Lippit et White Les conséquences de la modification du climat dans un groupe. Les chercheurs envisagent 3 modes de commandement : - Commandement autoritaire L'animateur (expérimentateur) détermine les activité d'un groupe de jeunes enfants (type colonies), les moyens, la répartition des tâches et compose les petits groupes. Pendant chaque activité, il procède également à des appréciations personnelles visant les enfants.
- Commandement "laisser faire" Il n'y a pas vraimment de prise de décision en commun entre les enfants et le moniteur, il n'aide pas à déterminer d'activité, ne fait pas d'appréciations personnelles, et n'intervient que quand un enfant le demande.
- Commandement démocratique Les décisions sont prises en commun accord entre l'animateur et les enfants, le choix des activités se fait ensemble, l'organisation est laissée guidée par les enfants et l'animateur encadre les enfants, il fait également des appréciations personnelles, cette fois centrées sur la tâche et pas sur l'enfant.
Les résultats concernant le taux d'agressivité relevé dans chaque groupe, montrent d'une part que l'agressivité est présente dans toutes les modalités. Cependant on observe des différence d'intensité largement significatives. La modalité "laisser faire" est celle qui concentre le plus d'agressivité chez les enfants. Dans la modalité autoritaire, on observe soit une totale apathie de la part des enfants, soit une très forte agresivité. Et concernant la modalité démocraticie, l'agressivité s'y écoule sans jamais pour autant atteindre de paroxysme notable contrairement aux deux précédentes.
On note, qu'afin de mieux contrôler les variables parasites (liées aux individus, aux dynamiques de groupes, aux moments de la journées ... et donc donner à chaque résultat la même valeur) tous les enfants sont âgés entre 8 et 12 ans, et passent chacun dans les trois modalités.
L'expérience de Lewin et de ses collaborateurs, trouvera une grande notoriété, elle prouvait, dans un contexte social agité, de guerre, que la lutte pour la démocratie était complètement justifiée. On se doit cependant de pondérer l'extrapolation qui en a été faite à la société, étant donné que l'expérience été réalisée avec de jeunes enfants, ce qui modère la translation que l'on peut en faire, tout en nous donnant de séreuses pistes cependant.
Le gouvernement américain demandera notamment à Lewin, d'intervenir pour changer les habitudes alimentaires des américains concernant la consommation de viande rouge qui se fait rare et chère en ces temps de guerre, mais qui continuait de faire preuve d'une demande irraisonnée. L'hypothèse sera la suivante : la résistance au changement est probablement liée à la peur d'être marqué par ses pairs de hors norme, et repéré de façon négative, empêchant de changer et ce même si l'envie est présente.
Le conformisme serait donc là un facteur important de réistance au changement.
Pour commencer, si l'on veut changer un comportement, une attitude, on doit pour cela trouver les bons portiers : à l'époque, il s'agit là des femmes, elles qui s'occupent des tâches ménagères et donc des courses alimentaires et des repas. C'est donc à elles qui fallait s'adresser en premier lieu.
Les chercheurs mettent donc en place deux modalités : - une conférence avec des diététiciens et des économistes qui vont exposer le problème et proposer des alternatives argumentées, avec dépliants et documents - débats entre petits groupes de 12 à 13 femmes, des ménagères, directement concernées par la questions, et pouvant expliquer ses choix personnels, sans spécialiste présent, seulement un animateur favorisant les échanges, et les incitant à parler, et notamment de ce qui sucité leur réticence, il a également pour rôle d'aller dans le sens d'essayer et de voir ce qu'elles en pensent
Deux mois après, les expérimentateurs reprennent un deuxième contact avec ces mêmes jeunes femmes. Ils observeront essentiellement un changement durable ches les femmes ayant participé à la deuxième modalité, car la décision final d'essayer de changer d'habitude alimentaire y apparait comme une décision collective. Cette seule condition permet de changer la norme de l'intérieur du groupe, ainsi les membres, pour changer de comportement, n'ont qu'à se conformer à la nouvelle norme de leur groupe d'appartenance et ne risquent pas d'en être mises à l'écart.
Voila une petite expérience qui nous permet d'introduire différents concepts fondamentaux en psychologie sociale comme les normes sociales, le conformisme et l'identification à un groupe social, qui seront abordées bientôt.
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