- Psychanalyse -
Le principe de plaisir et l'élaboration du psychisme
Chez l’homme l’imaginaire au sens strict n’existe pas, pas comme chez l’animal où l’imaginaire est fidèle à la réalité. Il y a d'une part l’objet et d'autre part la représentation que l’on en a et qui peut évoluer indépendamment de ce dernier.
La notion de plaisir est introduite et ne prend tout son sens qu’à partir de la notion de déplaisir et vice-versa : et au commencement il a toujours un ressenti physique.
Quand le bébé naît, apparaît rapidement un phénomène d’hypoglycémie, ce qui va créer une tension insupportable pour le bébé qui, afin de s’en décharger, crie … et la mère interprète ça comme un appel auquel elle va répondre. A ce moment de la vie, on dit que le bébé a accès à une jouissance totale car il est régit par ses besoins physiques qui sont assouvis dans une parfaite fusion avec la mère.
Il n’a pas conscience d’être une unité corporelle, n’ayant pas « conscience de soi », tout ce que le bébé connaît est ce qu’il ressent.
Le stade oral du développement libidinal
L’activité alimentaire est prédominante. Le bébé connaît seulement : le déplaisir quand il a faim et le plaisir quand il est nourri. Rapidement le plaisir est relié au contexte de l’allaitement : la présence de la mère, les caresses faites pendant, la chaleur de la peau, la sensation d’ingestion … Ces sensations de plaisir amènent à une érogénéisation de toutes les zones stimulées.
Ce stade est donc basé sur le fonctionnement anatomo-physiologique de la régulation de la faim. C’est la fonction biologique qui permet et tend à organiser l’expérience psychique qui est d’emblée et durablement inscrite dans la culture et dans la relation à la mère.
" L’alimentation comme métaphore universelle de l’amour, du don et du plaisir, dans la culture et dans les mythes. "
Le modèle freudien de la pulsion va instaurer la bouche comme source pulsionnelle articulée avec le but de l’incorporation. Au plaisir orificiel succède normalement la satisfaction moins intense mais plus durable de l’ensemble du vécu corporel : capital pour l’instauration des premières ébauches du soi – premières assises du narcissisme (cf. Moi peau – D. Anzieu).
C’est également à travers le ressenti des différentes parties de son corps que l’enfant peut acquérir une représentation de son corps, se l’approprier. Apprendre à différencier son corps, ce qui l’entoure, c’est faire la différence entre l’intérieur et l’extérieur.
Prendre conscience de son unité corporelle, c’est prendre conscience de soi : limites physiques et limites psychiques.
En même temps prendre conscience de l’Autre c’est objectiver (rejeter à l’extérieur) tout le reste qui n’est pas moi.










