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Psychologue : La seule personne qui regarde les autres lorsqu'une belle femme entre dans la salle.
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Publié le 03/07/2007 à 16:22
Par lynh
 - Anthropologie -


    A l'heure actuelle un éthnologue doit nécessairement aller sur le terrain pour faire des observations et donc vivre pendant un certain temps avec les peuples qu'il étudie. Avant on pratiquait davantage "l'éthnologie en chambre", sans aller sur le terrain, ces ancêtres des éthnologues utilisaient les récits rapportés par les voyageurs et tentaient de les expliquer. Les conclusions étaient donc très imparfaites car le plus souvent ce qui était raconté était en réalité anecdotique, très frappant, mais n'était pas le reflet d'un réel quotidien. A partir du XXe siècle de plus en plus d'éthnologues éprouvent le besoin d'aller récolter eux-même leurs informations, en allant vivre sur place.


    Malinowski est le premier à revendiquer une anthropolgie de terrain et publie ses premiers livres dans l'entre deux guerres sur les peuples de l'Océanie. Il invente l'observation participante, selon laquelle on ne peut comprendre les pratiques d'un peuple qu'en les observant de l'intérieur, impliquant en cela que l'éthnologue vive avec les individus au plus près de la réalité de leur quotidien.


        L'éthologue observe donc :

    - La vie quotidienne dans ses aspects matériels, avec les techniques de production, l'alimentation, l'habitation, les vêtements ...

      - Les relations sociales dans leur ensemble.

    - Les règles sociales en général, écrites ou orales, et guidant l'action des individus dans un groupe social donné.



    Cette observation constitue le premier travail de l'éthnologue, c'est l'éthnographie, l'étude exhaustive d'une société.

    Ethnologie : elle désigne l'analyse d'une éthnie, c'est à dire d'un groupe de personnes partageant la même langue et la même culture. Elle a pour objectif la compréhension par l'interprétation, de l'organisation sociale d'une éthnie.

    Anthropologie : elle se base sur l'étude éthnologique, et cherche à faire des liens entre les différents aspects de la vie quotidienne. Elle désigne la science de l'homme et comporte deux branches : l'anthropologie physique (la plus ancienne) et l'anthropologie sociale (culturelle).

    L'anthropologie physique est une science née au XIXe siècle dans l'objectif de décrire la diversité des caractéristiques physiques des être humains, à travers le monde et à travers le temps.

    L'anthropologie sociale concerne l'étude de la diversité humaine sur le plan culturel, elle cherche à mettre avant des règles, des régularités qui organisent la vie sociale dans le monde. Elle procède donc à la comparaison des connaissances éthnologiques concernant les différentes sociétés pour en observer les ressemblances et élaborer des théories.



    En France, au XIXe siècle, les scientifiques ont lancé un grand programme de recherche en anthropologie physique, sur les crânes humains. Ils collectaient toutes sortes de crânes qu'ils comparaient entre eux sur la base de leur taille et de leur forme. On pensait à ce moment là que les capacités cérébrales étaient liées à la taille du crâne. En réalité on sait maintenant que cette théorie est raciste et sexiste, et fait l'apologie d'ingalités naturelles fausses. Actuellement on doit rappeler que la notion de race n'a pas de sens d'un point de vue génétique, il n'y a pas de catégories de patrimoines génétiques, mais un ensemble de caractéristiques qui s'associent les unes aux autres définissant chaque individu par un phénotype unique.


    La rencontre avec l'autre est toujours surprenante, et fait souvent l'objet d'incompréhension et de rejet. C'est ce qu'on appelle l'éthnocentrisme qui consiste à juger les autres cultures en fonction de nos propres valeurs.

    A une époque, l'éthnocentrisme européen a eu des conséquences dramatiques sur les sociétés traditionnelles, et en particulier au XVIe siècle avec l'envoie de nombreux missionnaires par l'Eglise catholique.




    L'éthnocentrisme est une attitude universelle. Et chaque peuple a tendance à se croire supérieur aux autres. (Et pour plus d'éléments d'explication, voir la Théorie de l'Identité Sociale TIS & le biais de favoritisme pro-endogroupe - dans la catégorie Psychologie sociale)


    L'éthnologue n'est pas à l'abri de cet éthnocentrisme car notre façon de voir le monde est façonnée par notre culture, le regard qu'il porte ne peut donc pas être complètement neutre, cependant il peut en limiter les effets en prenant conscience des schémas culturels qui sont les siens.



Publié le 03/07/2007 à 15:17
Par lynh
 - Anthropologie -

    La naissance de l'anthropologie à travers l'émergence de la curiosité pour les autres sociétés.

A l'époque des Grecs et des Romains on s'étonnait déjà en découvrant des cultures aux moeurs différentes qui attisaient la curiosité des uns et scandalisaient les autres. Les peuples découverts étaient alors bien souvent méprisés et rangés au rang d'animaux, de barbares.

    Pour les pays occidentaux, les découvertes commencent essentiellement au XVe siècle, à l'époque des grandes découvertes maritimes, avec la découverte de l'Amérique, de l'Afrique, de l'Océan Indien, de l'Australie et de l'Océanie. Les voyageurs ne sont pas encore des éthnologues, ils voyagent d'abord à des fins commerciales ou militaires, mais ils rapportent des récits provocant l'étonnement des européens qui les découvrent. Les sociétés occidentales vont rapidement se demander si ces peuples peuvent être revendiqués comme faisant partie de l'espèce humaine. Et cette perception péjorative des autres sociétés ne commencera à changer qu'à partir du XVIIIe siècle avec l'influence des courants philosophiques des Lumières, avec Rousseau et l'émergence du mythe du bon sauvage - Le Discours sur l'origine de l'inégalité entre les hommes (1755). Et c'est pour répondre à la question de l'inégalité dans la société que Rousseau va se tourner vers les sociétés traditionnelles, car il pense que les hommes y vivent à l'état de "nature" comme le faisaient autre fois les ancêtres des occidentaux, à l'origine de l'humanité. Il cherche en quelque sorte à reconstituer l'évolution de notre société afin de comprendre l'origine des inégalités.

    Rousseau décrit un portrait élogieux des sociétés traditionnelles, elles ne connaissent ni le conflit, ni la corruption, ni le vice, ni la maladie. Il décrit un "sauvage parfait". Et cette description est très éloignée de la réalité éthnologique telle qu'on la connait à présent, mais elle lui permet de soutenir la thèse selon laquelle " dans l'état de nature, l'homme est naturellement vertueux, et c'est la civilisation, la société qui le perverti ".

    C'est seulement à la fin du XIXe siècle que l'éthnologie apparait comme projet scientifique, pour la première fois des hommes de science partent en voyage afin de procéder à des études scientifiques des sociétés traditionnelles.


    Le premier nom donné à ces sociétés a été "société sauvage", à connotation très péjorative, plus proche de l'image des animaux que de celle des hommes. Le deuxième nom a été "peuple primitif" avec lequel on reconnait l'individu comme appartenant au genre humain, mais en sous-entendant encore une dépréciation des modes de vie. Ils sont considérés comme étant en retard par rapport à la société occidentale. A l'époque on pense que pour être évolué il faut avoir le même style d'organisation sociale qu'en Europe. Au XXe siècle, le nom de "société traditionnelle" est privilégié car les scientifiques démontrent grâce au reccueil de nombreuses observations, qu'elles bénéficient en réalité d'une organisation plus complexe qu'il n'y parait, elles doivent pouvoir être désignées sans mépris. Elles sont également appelées sociétés sans histoire, car elles semblent se reproduire à l'identique, sans changement notable dans le temps. De plus elles sont souvent sans écriture ce qui participe à cette image sans vestige du passé. Cependant, les éthnologues contemporains insistent sur le fait que contrairement à ce que l'on peut en penser, il est possible de repérer les traces de des changements dans les histoires orales, à travers la mémoire collective du peuple.

    L'éthnologue Claude Lévi-Strauss apporte également deux notions de vocabulaires dans la compréhension des sociétés :les sociétés froides et les sociétés chaudes. Les sociétés traditionnelles seraient des sociétés froides car résistantes au changement. Quand il se produit, il est très lent et peu valorisé, car la société est organisée de sorte à en limiter les effets sur l'organisation sociale. Tandis que dans les sociétés occidentales, sociétés chaudes, le changement est très fortement valorisé, car il est synonyme de progrès.

                    "Partout où il y a du mouvement, il y a de la chaleur."


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