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Mon bloc perso.
Ce blog présente l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Vient de paraître : Les mines du dieu Olyphant, une aventure de Péronnik, dans l'anthologie Les enfants de Conan.
Publié le 15/08/2007 à 14:10
Par Markus Leicht


Un texte écrit, il y a deux mois, dans le train qui me ramenait de Nantes. Kayama, ma sorcière, fusionnait dans mon esprit avec les mouvements , d'Henri Michaux, ces poèmes graphiques composés de signes étranges qui sont autant de créatures dansantes. Comme tous les écrits mis en ligne depuis quelques semaines il s'agit d'un texte brut, c'est à dire sans réécriture. Le travail sur les mots, sur les phrases, viendra plus tard.

Pour les créatures dansantes
Pour Kayama aussi



Seule était la créature, perdue dans une nuit qu'elle ne connaissait pas.

Elle émettait de petits sons cristallins et de chacun de ces pleurs naissaient de minuscules étoiles qui tombaient doucement sur le sol. Parfois l'une d'elle se transformait en étoile filante et s'enfuyait pour se perdre haut dans ce ciel ténébreux, à nul autre semblable.

La créature tournait lentement sur elle même. Pareille, au milieu de cette pluie de lumière qu'elle générait, à un danseur ou à une danseuse. Difficile de savoir s'il était elle, si elle était il.

Son corps se déformait sans cesse et des bras jaillissaient de sa masse informe. Des membres qui lui donnaient soudain un caractère plus humain. Silhouette d'encre perdue dans cette nuit si dense.

Petit à petit elle prenait plus d'assurance. Sa danse s'accélérait et les protubérances se faisaient plus nombreuses et chacune d'entre elles se séparait du corps pour devenir indépendante.

Et très vite la créature ne fut plus une mais plusieurs. Et ses enfants dansaient à leur tour et la nuit se remplissait d'étoiles. Car les créatures étaient si proches l'une de l'autre que dans leurs mouvements leurs membres se frôlaient dans un feu d'artifice d'astres miniatures.

Et leurs chansons cristallines se mêlaient dans un chant unique et leurs corps s'étreignaient, si fort, si fort, qu'au coeur de cette nuit ils fusionnaient. Et, de nouveau, seule fut la créature.

Alors, mince silhouette d'encre, elle dansa encore plus vite, plus fort.

Et bientôt, de nouveau, elle fut plusieurs.

Les notes cristallines nées de ces formes en mouvement se transformaient en mots. Mots insaisissables, comme de furtifs glissements chuchotés, dont elles seules pouvaient comprendre la signification. Mots qui se croisaient, s'enlaçaient, s'entrelaçaient, s'embrassaient, dans des étreintes si intimes qu'ils finissaient par jouir les uns des autres. Puis recommençaient, insatiables, jusqu'à ce la fusion de toutes ses créatures dissemblables conduise à leur néantisation.

Et la nuit, intense, cette nuit qui ne se connaissait pas elle-même, demeura sans la moindre vie qu'elle puisse abriter. Traversée de temps en temps par une étoile filante.

Publié le 14/08/2007 à 21:56
Par Markus Leicht



William Burroughs lisait pour la troisième fois un court roman de Sturgeon. Peut-être "Some of your blood". Je ne suis plus sûr. De Burroughs non plus. Cela se passait il y a longtemps. Du côté de 1965, à moins que ce ne soit un peu plus vers le nord, du côté de 1966. Mais même de cela je ne suis plus certain. Peut-être en ce temps là 1965 dérivait-il vers d'autres lieux, vers d'autres temps. Tout ce dont je me souviens c'est que Kennedy nous avait quitté. L'Amérikkke essayait de sortir d'une longue nuit. Le rêve aux cinquante étoiles n'en finissait pas de mourir.

L'envoyé des étoiles venait juste d'arriver. Le président lui serrait la main. Flash ! Flash ! Flash !

Images mentales en 625 lignes.

Une musique métallique résonnait dans ma tête et - Flash ! - des journalistes s'agglutinaient autour du vaisseau inconnu venu de l'espace.

Moi, je me contentais de regarder, seul dans mon coin, tandis que William S. Cut/up découpait avec une mauvaise paire de ciseaux un texte peu connu de Théodore Sturgeon. Sur la dernière page du magazine, je m'en souviens très bien il y avait la petite fille de papier. Elle s'appelait Gina. Elle était italienne. Brune. Presque nue. Une culotte de dentelle. C'est tout ce dont je me rappelle. Je ne revois même pas les seins aux pointes roses. Mais peut-être cela n'a-t-il aucune importance. Seulement le rasoir.

D'autres, sans doute aussi William S., se souviendront sur la dernière page, des vêtements de la petite fille de papier. Il fallait les découper soigneusement et replier les onglet pour la vêtir.

L'envoyé des étoiles... Ce ne pouvait être qu'en 1965...

Le président souriait. Flash ! William cut/up Burroughs écrivait à Sturgeon.

Réglage de la stabilité horizontale.

Elle s'appelait Gina. La lame tranchante du rasoir découpait la culotte de papier.

Un peu de ton sang rougissait la dernière page du magazine. Et ma tête s'incendiait aux dérapages d'une musique d'Heiner Stadler. Cut/up.

L'envoyé des étoiles parlait dans ma tête. Il s'appelait Théodore S. Et je crois bien que sur sa planète il rêvait d'étranges histoires qu'il écrirait certainement un jour.

Entrelacement imperceptible des lignes horizontales.

Le magazine s'imprégnait lentement de mon sang. Cut/up. Lentement de ton sang. Cut/up. Avidement de nos sangs mêlés. Cut/up. Jusqu'à la dernière goutte.

Dans un coin de la pièce William S. dormait.

Un bout de 1965 dérivait vers 1992.

Sur une musique d'Heiner Stadler, à moins que ce ne fut un autre...

Fondu au noir.

Ou peut-être... Cut/up.

Avec un peu de ton sang. Sur la lame d'un rasoir.

A moins que ce ne fut 1966.

Publié le 14/08/2007 à 21:19
Par Markus Leicht

Emmanuel Collot, sur le site SF Mag, chronique ma nouvelle Le Snart chasse toujours, parue à la suite du roman d'Alain Le Bussy, Rork des plaines :

Quand à notre Markus, notre Frederic Brown attitré, il poursuit dans la même veine cet humour pince sans rire, quoique dans ce récit, il semble faire montre d’une plus grande complexion de l’intrigue et ouvre plutôt à des interrogations plutôt qu’à la satire dont il faisait preuve dans le sublimissime “Le Gnok” qui en a fait glousser férocement plus d’un. Avec cette nouvelle cependant Markus reste toujours dans le registre des tites bestioles façon Gremlins, Critters ou Alf de service, sauf que là, son Snart est un véritable expert en dératisation qui va très mal tourner. Qui a dit que seuls les flics et les profs pétaient les plombs ????

Alors voilà qu’un soir, notre Snart, sorte de fouine extraterrestre confinée dans les sous-sols de la Station 7, perçoit une communication extra-sensorielle agressive que les instruments de la Station où il bosse en sous marin n’ont même pas repéré. Une bombe logique doit faire beaucoup de dégât, car voilà notre Snart qui trépasse et nous qui doutons du réel. Et si nous n’étions que des soldats conditionnés par une puce, mais dont une espèce de virus en biaiserait les fonctions pour nous condamner à vivre dans un univers alternatif où nous serions tout autre et, comme d’habitude, les seuls à y croire ? Une angoissante histoire sur la relativité du réel, sur sa facticité, à moins que ce ne soit sur la duplication du réel quand l’esprit se met à croire en un monde autre où il serait autre. La fin est symptomatique d’un grand écrivain dont on attend toujours le premier gros roman nous contant l’enlèvement de Paris Hilton par un groupe de ET qui ont la gueule de celui du film de Spielberg, mais seraient d’incroyables pervers et des fous de logique quantique, à moins que ce ne soit ces courses de chevaux qu’ils prennent pour des étoiles filantes et dégommeraient comme à un stand de tirs. Bon j’arrête parce que là j’écris à sa place, et mal en plus…..


Pourvue que la bestiole Leicht se réveille un jour, ça nous changera des guimauves sf et nous fera chaud au ventre, comme un bon plat de nouilles bien grasses arrosées d’un bon vin rouge, rien que ça……

Publié le 13/08/2007 à 21:09
Par Markus Leicht


Je fais partie d’une génération qui a été élevée au roman populaire.

Il faut dire que dans les années 60 la télévision n’était pas aussi présente qu’aujourd’hui.

Et puis il n’y avait pas l’informatique et internet pour bouffer une partie de notre temps et il faut bien l’avouer nous ne vivions pas au même rythme qu’en ce début de 21ème siècle.

C’était bien avant Star Wars.

Ben oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, il existe des malheureux qui ont vécu sans La guerre des étoiles.

Quand on pense que les mêmes ne connaissaient pas le mp3 et le DVD.

Et, c’est triste à dire, je fais partie de ces malheureux. Pauvre de moi !

Aujourd’hui je me dis que nous vivions vraiment dans la préhistoire.

Fort heureusement il existait des livres, il existait un éditeur. En fait je crois me souvenir qu’il en existait même plusieurs, mais un seul nous intéressait : Marabout et ses gros livres pas chers.

Un éditeur qui avait soigneusement préparé le terrain, dans les années 50, avec les aventures de Bob Morane. C’est ainsi que nous découvrîmes les exploits de Rocambole, de Ponson du Terrail (8 volumes) ou les Habits Noirs (7 bouquins bien denses) de Paul Féval. Et un peu après les aventures plus modernes de Harry Dickson, de Jean Ray.

Si on connaît encore un peu Jean Ray, aujourd’hui, Ponson du Terail et Paul Féval ne font plus recettes.
La TV a pris le relais, avec ses séries souvent assez ternes, et le cinéma est en train de perdre la magie de l’histoire au profit d’effets spéciaux de plus en plus sophistiqués.

Nous vivons de plus en plus vite et le merveilleux finit par s’estomper devant une technologie de plus en plus omniprésente, là ou cette même technologie aurait pu servir de support au rêve.

Parfois quelques inconscients, profitant de la technologie, ramènent des bouts de préhistoires dans notre présent, comme pour le parasiter. Ainsi lira-t-on quelques oeuvres en ligne, quelques-uns de ces romans qui furent d’une certaine manière, nos star wars à nous :

- de Paul Féval :

Les Habits Noirs
Les Habits Noirs 2 : Coeur d’acier
La fabrique de crimes


- d’Alexandre Dumas :
Robin Hood, le proscrit


- de Ponson du terrail
Le serment des hommes rouges

Il s’agit du dernier roman de Ponson du Terrail, terminé par Charles Chincholle et Georges Grison.

Il faut en profiter. Bientôt plus personne ne lira. Plus personne ne saura ce qu’est un livre.

Albert Robida (qui fut sans doute un bien plus grand visionnaire que Jules Vernes, bien que moins connu) et Octave Uzanne, disaient à la fin du XIXème siècle, dans La fin des livres (attention il s’agit d’un fichier zippé à télécharger. L’introduction est en anglais mais le texte est en français) :

Il faut que les livres disparaissent ou qu’ils nous engloutissent; j’ai calculé qu’il paraît dans le monde entier quatre-vingts à cent mille ouvrages par an, qui tirés à mille en moyenne font plus de cent millions d’exemplaires, dont la plupart ne contiennent que les plus grandes extravagances et les plus folles chimères et ne propagent que préjugés et erreurs. Par notre état social, nous sommes obligés d’entendre tous les jours bien des sottises; un peu plus, un peu moins, ce ne sera pas dans la suite un bien gros excédent de souffrance, mais quel bonheur de n’avoir plus à en lire et de pouvoir enfin fermer ses yeux sur le néant des imprimés!

Publié le 12/08/2007 à 20:44
Par Markus Leicht


Chaque matin j'écris un petit texte. Un fragment d'univers, un bout d'histoire, parfois un conte complet.
A travers tous ces bouts de textes se dessinent des univers que je laisse mûrir dans ma tête. Jusqu'à ce qu'une nouvelle commence à prendre forme…



"Au fond de la vallée encaissée entre les flancs de deux parois rocheuses qui montent si haut que le soleil ne pénètre jamais jusqu'ici, se dresse un étrange château de cristal. De jour comme de nuit des milliers de candélabres l'éclairent d'une lumière irréelle, dévoilant aux regards des longs scolopendres dorés et des serpents qui vivent ici chaque pièce de l'étrange construction. Deux femmes, images l'une de l'autre, règnent sur ce lieu. On les dit cruelles mais personne alentour ne les connaît vraiment. Une femme sans âge, aux cheveux blond relevés sur le crâne, leur sert de servante. Ses grands yeux sombres s'ouvrent sur une tristesse infinie. Elle est toujours nue et lorsque elle n'a pas reçu d'ordre ou bien a terminé sa besogne, elle se met en position d'attente, assise le corps bien droit et les mains derrière la nuque. Seul les serpents et les scolopendres qui habitent la vallée savent qu'elle ne dort jamais.

Parfois, pendant de longues heures elle fait la lecture à ses maîtresses. Elle parcourt d'une voix claire les pages innombrables d'un vieux livre qui ne semble jamais devoir se terminer. L'histoire d'un peuple puissant venu d'une étoile lointaine. L'histoire d'un peuple qui se laissa doucement mourir sur un monde inconnu, loin de ses racines.

Bien qu'elle n'ait jamais essayé d'en connaître la fin la servante sait que le livre se terminera sur son histoire, car elle est la dernière à savoir en déchiffrer les signes."

Publié le 12/08/2007 à 10:09
Par Markus Leicht

Arrêtez de lire ! Vos âmes sont en grand péril.surprise Voici un extrait du livre de Jules-Paul Tardivel(1851-1905), Pour la patrie.

Le R. P. Caussette, que cite le R. P. Fayollat dans son livre sur l’Apostolat de la presse, appelle les romans une invention diabolique. Je ne suis pas éloigné de croire que le digne religieux a parfaitement raison. Le roman, surtout le roman moderne, et plus particulièrement encore le roman français me paraît être une arme forgée par Satan lui-même pour la destruction du genre humain. Et malgré cette conviction j’écris un roman! Oui, et je le fais sans scrupule; pour la raison qu’il est permis de s’emparer des machines de guerre de l’ennemi et de le faire servir à battre en brèche les remparts qu’on assiège. C’est même une tactique dont on tire quelque profit sur les champs de bataille.

On ne saurait contester l’influence immense qu’exerce le roman sur la société moderne. Jules Vallès, témoin peu suspect, a dit: “Combien j’en ai vu de ces jeunes gens, dont le passage, lu un matin, a dominé, défait ou refait, perdu ou sauvé l’existence. Balzac, par exemple, comme il a fait travailler les juges et pleurer les mères! Sous ses pas, que de consciences écrasées! Combien, parmi nous, se sont perdus, ont coulé, qui agitaient au-dessus du bourbier où ils allaient mourir une page arrachée à la Comédie humaine…. Amour, vengeance, passion, crime, tout est copié, tout. Pas une de leurs émotions n’est franche. Le livre est là.” [Citation du père Fayollat.]

Le roman est donc, de nos jours une puissance formidable entre les mains du malfaiteur littéraire. Sans doute, s’il était possible de détruire, de fond en comble, cette terrible invention, il faudrait le faire, pour le bonheur de l’humanité; car les suppôts de Satan le feront toujours servir beaucoup plus à la cause du mal que les amis de Dieu n’en pourront tirer d’avantages pour le bien.


Publié le 12/08/2007 à 09:46
Par Markus Leicht


Ecrit à la fin des années 70, ce récit met déjà en scène un ordinateur personnel. A l'époque c'était vraiment de la science fiction. Aujourd'hui c'est devenu un texte carractéristique de ce qu'on écrivait dans les années qui ont suivi mai 1968. D'autant plus que certaines références sont aujourd'hui totalement perdues dans les brumes de l'oubli collectif. Un texte en boucle. Une sorte d'exercice de style.



ALERTE !

PROCESSUS D'AUTODESTRUKTION AMORCE.


Programme n°7.

Les mots courent sur l'écran vidéo au fur et à mesure que les doigts exécutent leur danse désordonnée sur le clavier de l'ordinateur. Comme s'ils essayaient de rattraper le programme de mort en cours d'exécution.

En haut du moniteur, a droite, s'affiche l'heure : 15:35

En dessous défilent les chiffres du compte à rebours vers l'apocalypse informatikkke. 569... 568... 567... Le nombre de secondes qui nous rapproche de la dernière porte.

Et que crèvent en premiers les marchands d'apocalypses à deux sous qui se bousculent à chaque coin de rue pour nous proposer en sachet individuel l'armageddon millénariste des prophètes en mal de publicité ou un mini tchernobyle en devenir, pour s'éclater un bon coup un soir de Cafard.

Lequel de nos saints hommes fera le saut le premier ? Faites vos jeux ! Les paris sont ouverts. BIP !

Un nouveau message s'inscrit sur l'écran, à l'intérieur d'une fenêtre.


TOUTES LES UNITES SERONT DEKONNEKTEES

QUELQUES SECONDES AVANT L'ECHEANCE.


Le téléviseur montre en gros plan l'envoyé des étoiles. Il ressemble à Reagan.


Reagan est-il un envahisseur ?

OUI ! NON !

Rayer la mention inutile.


457... 456... 455...

Emeutes violentes à Needle Park.

L'Amerikkke en situation de guerre.

Les yeux rivés sur leurs vidiotcrans, deux milliards de zombis suivent, seconde par seconde, les bulletins d'information.

Dans le bunker 8, sous les monts du lyonnais (France), des yeux anonymes hautement galonnés regardent défiler le compte à rebours fatal.

345... 344... 343...

WWK Network retransmet en direct l'arrivée du visiteur de l'espace. Comme si lui seul était encore capable de sauver la situation.

Les présidents des pays de la CEE ont envoyé un message de félicitation et de satisfaction au président amérikkkain.

100 000 manifestants parcourent les rues de Manhattan au cri de : "Non au tekkkno fascisme mondial. Rendez-nous notre liberté."

Juste une question en passant, entre deux flash d'information : Y a-t-il quelqu'un dans la salle pour arrêter le compte à rebours ?

233... 232... 231...

Zap.

Clip musical. Sans intérêt. Une chanteuse que je ne connais pas montre son cul une fois de plus pour tenter de faire oublier son manque de voix.

Zap.

Télé achat. Coup d'oeil. Marrant ce qu'on arrive à faire acheter aux zombis. Aujourd'hui un bout de la kouche d'ozone pour seulement un demi kopeck. Si vous êtes intéressés téléphonez d'urgence au 728-0333.

Zap.

Canal Info - stop !

8 000 personnes sur la place des Terreaux. Des banderoles soulignent leurs revendications.

POUR UNE VILLE PLUS HUMAINE.

NON AUX VILLES PRISONS.

NON AUX INFOREZOS.

RENDEZ-NOUS NOTRE LIBERTE. (Presque les mêmes propos qu'en Amérikkke).

Boucliers, casques et longues matraques : les centurions urbains attendent un ordre pour foncer dans la mêlée.

Zap.

Retour sur WWK Network. L'humanoïde venu des étoiles et le président amérikkkain se serrent la main. Flash. Déluge d'éclairs pour la conscience du monde.

131... 130... 129...

Corriger une erreur. Ligne 325 du programme. BIP !


PLUS QUE DEUX MINUTES AVANT DEKONNEXION GENERALE.


"Ta gueule, toi. On t'a rien demandé."

L'étranger venu des étoiles s'appelle-t-il vraiment Ronald Reagan ?

Zap.

Bla-bla-bla...

Zap.


Quelquepart dans un centre militaire secret :

- Mot de passe ?

- ...

- C'est bon... Tournez la clef d'un quart de tour puis appuyez sur ce bouton.


19... 18... 17... BIP !


DEKONNEXION.



L'écran TV s'éteint automatiquement.

Maintenant les chiffres du décompte final occupent la totalité de l'écran du moniteur vidéo.

7... 6... 5... 4... 3... 2... 1... 0...

Les yeux se ferment et les poings se crispent dans l'attente du choc final.

Rien !

Rien ?

Rien...

Attente déçue. Comme si le bond ultime devait ouvrir de nouvelles portes.




Tant pis !

Retour à la case départ.

FLASH ! "Quel trip ! Vrai. Tu aurais du en prendre ! De la comme ça on n'en trouve pas tous les jours."

Image TV. Chute de neige sur l'écran.

Voix off : "Les émeutes de Needle park ont fait une cinquantaine de morts."

ZAP.

Voix off: "On dénombrerait une cinquantaine de blessés lors de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, à Lyon. Monsieur Mitterrand a félicité les forces...

ZAP.

Le président amérikkkain n'en finit pas de serrer la main à Ronald Reagan.

ZAP.

"Merde! Rien sauvegardé. Je vais devoir tout reprendre à zéro."

BIP ! Un message s'affiche sur l'écran.



ATTENTION !

AMORCE DU PROCESSUS D'AUTODESTRUKTION.

VOUS AVEZ 3 SECONDES POUR ANNULER.


OK / ANNULER


BIP!

"Merde! Encore trop tard !"

Programme n°8.

Des doigts agiles courent sur le clavier de l'ordinateur. Peut-être est-il encore possible d'arrêter la machine avant qu'il ne soit trop tard.

En haut du moniteur à droite s'affiche l'heure : 15:45.

Juste en dessous apparaissent les chiffres du compte à rebours vers nulle part. 559... 558... 557... Le début du voyage.

BIP !

Un nouveau message apparaît sur l'écran :


TOUTES LES UNITES SERONT DEKONNEKTEES...



Publié le 11/08/2007 à 22:54
Par Markus Leicht


Qu'est ce qui fait que je m'intéresse à un texte ? Qu'est-ce qui fait qu'un récit me plait, que sa lecture résonne en moi plus particulièrement ? Parfois je m'interroge.

Je suis un amoureux des mots. Et il y a des textes, pas nécessairement des histoires, des textes, parfois quelques mots à peine, qui tournent dans ma tête, qui se mêlent à mes rêves, à mes désirs.

Avec le temps ces désirs auraient pu s'émousser. Mais ils sont toujours là alors que j'entre dans la dernière partie de ma vie.

Tellement fort parfois qu'ils débouchent sur l'envie de connaître celui/celle qui est derrière. Aimer un texte pour sa musique, pour ce qu'il évoque, pour toutes ces images qu'il fait remonter du fond de la mémoire, pour ce moment de communion si intense qu'il est difficile de dire ce qu'est ce moment. Comme si l'amour était aussi un état littéraire.

Comme si les mots de l'autre enlaçaient, embrassaient vos propres mots, faisaient l'amour avec toutes ces choses que vous gardez en vous. Comme si les mots de l'autre vous envahissaient soudain pour devenir votre propre musique.

Difficile de dire pourquoi on aime un texte. Difficile de dire d'ou vient cette séduction des mots. Cette étrange histoire d'amour entre les mots de l'autre et vos propres mots, entre les mots de l'autre et vous-même.

Difficile de définir cette passion qui vous habite, qui vous dévore, qui vous amène à lire où à écrire pour faire que les mots des autres deviennent votre, que vos propres mots s'envolent vers d'autres.

Il est des histoires d'amour si difficile à raconter... Des histoires d'amour qui vont bien au-delà de ces mots, de ces phrases, de cette petite musique qui court sur la page d'un livre, sur un écran d'ordinateur et que vous cherchez à rattrapper.

Qu'est qui fait que j'aime un auteur ? Qu'est-ce qui fait que j'aime un texte ?

Sans doute suis-je un éternel amoureux.


Markus Leicht © 2007

Publié le 11/08/2007 à 22:17
Par Markus Leicht




De temps en temps, par dessus les pots de confiture posés sur le sommet de l'armoire, une tête minuscule surgissait. Une tête ronde qui, dans la pénombre, paraissait toute fripée.

- Il y a des bêtes sur l'armoire, dit Martin, qui avait surpris mon regard, tout en versant une nouvelle rasade de gnôle dans nos verres.

- Je ne pense pas qu'il s'agisse de souris ou de rats, ai-je remarqué.

- Non ?… Alors quoi ? a -t-il demandé en faisant miroiter la lumière sur l'alcool, dans son verre. La nuit je les entends parfois trottiner et couiner. On dirait qu'ils tiennent des conciliabules. Je me demande bien ce que des bestioles comme ça peuvent se raconter.

- Peut-être parlent-elles de nous, ai-je dit, plus pour parler que par conviction. Qu'en savons nous ? Peut-être les intriguons nous tout autant que nous nous intéressons à elles.

Ce n'était pas la première fois que j'apercevais ces têtes minuscules surgissant brusquement au dessus des bocaux pour disparaître tout aussitôt. Presque toujours dans la soirée, pendant que nous discutions devant une prune ou une poire maison. C'était toujours très court. Une vaque forme arrondie se montrait au dessus des bocaux de confiture ou de mirabelles à l'eau de vie. Deux petits yeux ronds nous observaient alors furtivement avant de disparaître tout aussitôt.

- Il doit y avoir un trou dans le mur, disait Martin, humant avec un plaisir non dissimulé son verre de gnôle. Il faudra que je m'en occupe.

Je levais machinalement la tête. Plus aucune présence ne se manifestait là-haut. De toute manière c'était rare que je fasse plusieurs observations dans une même soirée. Les bêtes étaient prudentes. Cela ne m'empêchait pas, régulièrement, de tenter de surprendre leurs yeux ronds une nouvelle fois.

Je connaissais Martin de longue date. Nous avions été au collège ensemble, vingt cinq ans plus tôt, et depuis ce temps nous étions voisins. J'avais même épousé sa soeur. Une belle plante que la maladie avait emporté trop tôt. Martin lui était resté célibataire. Pour justifier ce célibat il disait : J'ai trop mes habitudes. Je ne pourrai pas m'accommoder de quelqu'un qui viendrait déranger mon bordel organisé.

Régulièrement il décrétait qu'il devait entreprendre tel ou tel travaux dans la vieille demeure hérité de ses parents, mais il ne commençait jamais rien. Se contentant de dire régulièrement : "Cette maison a bien vécu. Elle mourra avec moi. Peut-être même sera-t-elle mon tombeau…"

Un soir, cependant, il m'annonça tout de go :

Les bêtes ont fait le cirque toute la nuit. Je ne sais pas ce qui leur a pris. Il faut vraiment que je m'occupe de ce trou dans le mur.

Pour une fois il avait l'ait décider à passer aux actes.

Le lendemain matin nous avons donc vidé l'armoire de la vaisselle et de diverses bricoles qu'elle contenait. Nous avons eu du mal à la déplacer. Elle était sacrément lourde. Une de ces armoires en bois massif comme on n'en fait plus depuis longtemps. Un de ces meubles dont on se demande toujours s'il n'a pas été assemblé sur place tant il semble figé pour l'éternité à la place qu'il occupe. On a sué comme des boeufs mais on y est arrivé, sans esquinter les pieds. Ce qui prouve que c'était du costaud, car souvent dans ces vieux meubles ce qui lâche en premier ce sont les pieds que la vermine a bouffé jusqu'au trognon.

Derrière l'armoire, le mur était parfaitement lisse. La peinture n'était même pas écaillée et pas la moindre ouverture n'était visible.

Martin est monté sur l'escabeau et a examiné la paroi de la main, en prenant bien son temps. Rien. Il a regardé le dessus du meuble. Il a même pris la peine de descendre tous les bocaux. Il y en avait une quinzaine. Ni poils, ni crottes. Pas la moindre trace dans la poussière qui recouvrait le dessus de l'armoire.

- C'est étrange, a-t-il remarqué. Les bestioles, quelles qu'elles soient, laissent toujours des signes de leur passage.
C'était comme si nous avions été victimes d'hallucinations.

Martin a remis les bocaux à leur place, sauf un qu'il a laissé sur la table.

"Celui-là on l'ouvrira tout à l'heure."

C'était les fameuses mirabelles. Derrière le verre poussiéreux du bocal l'alcool était légèrement trouble, juste comme il fallait.

On a remis l'armoire à sa place. Puis Martin a répété deux ou trois fois :

- Curieux ! Vraiment étrange cette histoire.

Ensuite il a rempli deux verres de gnôle.

- Je mettrai des pièges au dessus et au dessous de l'armoire. On verra bien ce que ça donnera.

Le soir même les bêtes étaient de nouveau là. Le temps d'un clin d'oeil j'ai vu une petite tête ronde qui s'est empressée de se réfugier dans l'ombre en croisant mon regard.

Martin a ouvert son bocal de mirabelles et nous les avons dégustées lentement tout au long de la soirée et d'une bonne partie de la nuit. Une fois le bocal ouvert elles se gâtent vite malgré la présence de l'alcool. Plusieurs fois dans la soirée Martin m'a expliqué combien cette variété de fruit est fragile. Qu'une fois le bocal ouvert il faut consommer jusqu'au dernier fruit sinon en moins de vingt quatre heures ils deviennent immangeables.

A un moment Martin, qui est plutôt du genre taciturne, a ri lorsque j'ai remarqué que les mirabelles, après leur long séjour dans son alcool maison, ressemblaient à de minuscules têtes fripées. Un peu dans le genre de celles qu'on apercevait brièvement au dessus de l'armoire.

En fin de compte je crois que les pièges qu'il a placé ont donné de bons résultats.

- Il y en a moins, m'a-t-il affirmé, deux jours plus tard, comme je levais la tête vers le sommet de l'armoire.

Une semaine après il a préparé une dizaine de nouveaux bocaux de mirabelles. Et pendant plusieurs jours la maison a été imprégnée d'une forte odeur de gnôle.

Que je sache, ce n'est pourtant pas la saison des mirabelles.


Markus Leicht © 2007
Publié le 11/04/2006 à 20:42
Par Markus Leicht
8 janvier

 

Lost in space, série culte de la TV américaine qui raconte les tribulations d'une famille et d'un robot dans l'espace, devient un film qui sort début avril aux USA.

A gauche image de la série TV, à droite image du film. Y-a pas à dire, la SF a bien changé. Le futur n'est vraiment plus ce qu'il était.


9 janvier

Une envie pressante de tout connaître sur les méchants de la Marvel ? Vite une adresse, celle des badguys.

La phrase du jour : Rien à signaler. (Murray Leinster).

La question qui tue : Vous avez de la bière sur Vénus ? (Richard Matheson).

 

10 janvier

Doom : l'éternel retour. Avec un nouvel épisode, autour du Doom Project : The Darkening. (1664 ko).

Le grand secret : En 1853, quelqu'un avait déjà remarqué que John Kingman avait six doigts fonctionnels à chaque main. (Murray Leinster).

 

11 janvier

Projet de film d'après la nouvelle d'Harlan Ellison : Mephisto in Onix.

On annonce aussi un Spawn 2 qui sortira pendant l'été 2000.

Bon c'est moins intéressant que l'adaptation du Ellison, je vous l'accorde. Mais il faut bien que je remplisse mon petit journanal. Nom d'un marzien !

 

12 janvier

La BD de quotidien a souvent abordé la SF. Cosmos 2200, de Fernando Fusco est l'une d'entre elles. Publiée dans plusieurs quotidiens de province, cette BD ne compte pas moins d'un millier de strips.

La réflexion du jour : Peut-être n'y a-t-il pas de Marziens. (William Temple, légèrement revu). 

L'indispensable question du jour : De quelle maladie s'agit-il ? (Eric Frank Russell).

 

13 janvier

Encore une trouvaille de notre voyageur spatio-temporel Eric Henriet. Joe Tucciarone peint des dinosaures et des paysages spatiaux. Une visite à sa galerie s'impose.

©Joe Tucciarone

 


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