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Mon bloc perso.
Ce blog présente l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Vient de paraître : Les mines du dieu Olyphant, une aventure de Péronnik, dans l'anthologie Les enfants de Conan.
Publié le 12/08/2007 à 20:44
Par Markus Leicht


Chaque matin j'écris un petit texte. Un fragment d'univers, un bout d'histoire, parfois un conte complet.
A travers tous ces bouts de textes se dessinent des univers que je laisse mûrir dans ma tête. Jusqu'à ce qu'une nouvelle commence à prendre forme…



"Au fond de la vallée encaissée entre les flancs de deux parois rocheuses qui montent si haut que le soleil ne pénètre jamais jusqu'ici, se dresse un étrange château de cristal. De jour comme de nuit des milliers de candélabres l'éclairent d'une lumière irréelle, dévoilant aux regards des longs scolopendres dorés et des serpents qui vivent ici chaque pièce de l'étrange construction. Deux femmes, images l'une de l'autre, règnent sur ce lieu. On les dit cruelles mais personne alentour ne les connaît vraiment. Une femme sans âge, aux cheveux blond relevés sur le crâne, leur sert de servante. Ses grands yeux sombres s'ouvrent sur une tristesse infinie. Elle est toujours nue et lorsque elle n'a pas reçu d'ordre ou bien a terminé sa besogne, elle se met en position d'attente, assise le corps bien droit et les mains derrière la nuque. Seul les serpents et les scolopendres qui habitent la vallée savent qu'elle ne dort jamais.

Parfois, pendant de longues heures elle fait la lecture à ses maîtresses. Elle parcourt d'une voix claire les pages innombrables d'un vieux livre qui ne semble jamais devoir se terminer. L'histoire d'un peuple puissant venu d'une étoile lointaine. L'histoire d'un peuple qui se laissa doucement mourir sur un monde inconnu, loin de ses racines.

Bien qu'elle n'ait jamais essayé d'en connaître la fin la servante sait que le livre se terminera sur son histoire, car elle est la dernière à savoir en déchiffrer les signes."

Publié le 12/08/2007 à 10:09
Par Markus Leicht

Arrêtez de lire ! Vos âmes sont en grand péril.surprise Voici un extrait du livre de Jules-Paul Tardivel(1851-1905), Pour la patrie.

Le R. P. Caussette, que cite le R. P. Fayollat dans son livre sur l’Apostolat de la presse, appelle les romans une invention diabolique. Je ne suis pas éloigné de croire que le digne religieux a parfaitement raison. Le roman, surtout le roman moderne, et plus particulièrement encore le roman français me paraît être une arme forgée par Satan lui-même pour la destruction du genre humain. Et malgré cette conviction j’écris un roman! Oui, et je le fais sans scrupule; pour la raison qu’il est permis de s’emparer des machines de guerre de l’ennemi et de le faire servir à battre en brèche les remparts qu’on assiège. C’est même une tactique dont on tire quelque profit sur les champs de bataille.

On ne saurait contester l’influence immense qu’exerce le roman sur la société moderne. Jules Vallès, témoin peu suspect, a dit: “Combien j’en ai vu de ces jeunes gens, dont le passage, lu un matin, a dominé, défait ou refait, perdu ou sauvé l’existence. Balzac, par exemple, comme il a fait travailler les juges et pleurer les mères! Sous ses pas, que de consciences écrasées! Combien, parmi nous, se sont perdus, ont coulé, qui agitaient au-dessus du bourbier où ils allaient mourir une page arrachée à la Comédie humaine…. Amour, vengeance, passion, crime, tout est copié, tout. Pas une de leurs émotions n’est franche. Le livre est là.” [Citation du père Fayollat.]

Le roman est donc, de nos jours une puissance formidable entre les mains du malfaiteur littéraire. Sans doute, s’il était possible de détruire, de fond en comble, cette terrible invention, il faudrait le faire, pour le bonheur de l’humanité; car les suppôts de Satan le feront toujours servir beaucoup plus à la cause du mal que les amis de Dieu n’en pourront tirer d’avantages pour le bien.


Publié le 12/08/2007 à 09:46
Par Markus Leicht


Ecrit à la fin des années 70, ce récit met déjà en scène un ordinateur personnel. A l'époque c'était vraiment de la science fiction. Aujourd'hui c'est devenu un texte carractéristique de ce qu'on écrivait dans les années qui ont suivi mai 1968. D'autant plus que certaines références sont aujourd'hui totalement perdues dans les brumes de l'oubli collectif. Un texte en boucle. Une sorte d'exercice de style.



ALERTE !

PROCESSUS D'AUTODESTRUKTION AMORCE.


Programme n°7.

Les mots courent sur l'écran vidéo au fur et à mesure que les doigts exécutent leur danse désordonnée sur le clavier de l'ordinateur. Comme s'ils essayaient de rattraper le programme de mort en cours d'exécution.

En haut du moniteur, a droite, s'affiche l'heure : 15:35

En dessous défilent les chiffres du compte à rebours vers l'apocalypse informatikkke. 569... 568... 567... Le nombre de secondes qui nous rapproche de la dernière porte.

Et que crèvent en premiers les marchands d'apocalypses à deux sous qui se bousculent à chaque coin de rue pour nous proposer en sachet individuel l'armageddon millénariste des prophètes en mal de publicité ou un mini tchernobyle en devenir, pour s'éclater un bon coup un soir de Cafard.

Lequel de nos saints hommes fera le saut le premier ? Faites vos jeux ! Les paris sont ouverts. BIP !

Un nouveau message s'inscrit sur l'écran, à l'intérieur d'une fenêtre.


TOUTES LES UNITES SERONT DEKONNEKTEES

QUELQUES SECONDES AVANT L'ECHEANCE.


Le téléviseur montre en gros plan l'envoyé des étoiles. Il ressemble à Reagan.


Reagan est-il un envahisseur ?

OUI ! NON !

Rayer la mention inutile.


457... 456... 455...

Emeutes violentes à Needle Park.

L'Amerikkke en situation de guerre.

Les yeux rivés sur leurs vidiotcrans, deux milliards de zombis suivent, seconde par seconde, les bulletins d'information.

Dans le bunker 8, sous les monts du lyonnais (France), des yeux anonymes hautement galonnés regardent défiler le compte à rebours fatal.

345... 344... 343...

WWK Network retransmet en direct l'arrivée du visiteur de l'espace. Comme si lui seul était encore capable de sauver la situation.

Les présidents des pays de la CEE ont envoyé un message de félicitation et de satisfaction au président amérikkkain.

100 000 manifestants parcourent les rues de Manhattan au cri de : "Non au tekkkno fascisme mondial. Rendez-nous notre liberté."

Juste une question en passant, entre deux flash d'information : Y a-t-il quelqu'un dans la salle pour arrêter le compte à rebours ?

233... 232... 231...

Zap.

Clip musical. Sans intérêt. Une chanteuse que je ne connais pas montre son cul une fois de plus pour tenter de faire oublier son manque de voix.

Zap.

Télé achat. Coup d'oeil. Marrant ce qu'on arrive à faire acheter aux zombis. Aujourd'hui un bout de la kouche d'ozone pour seulement un demi kopeck. Si vous êtes intéressés téléphonez d'urgence au 728-0333.

Zap.

Canal Info - stop !

8 000 personnes sur la place des Terreaux. Des banderoles soulignent leurs revendications.

POUR UNE VILLE PLUS HUMAINE.

NON AUX VILLES PRISONS.

NON AUX INFOREZOS.

RENDEZ-NOUS NOTRE LIBERTE. (Presque les mêmes propos qu'en Amérikkke).

Boucliers, casques et longues matraques : les centurions urbains attendent un ordre pour foncer dans la mêlée.

Zap.

Retour sur WWK Network. L'humanoïde venu des étoiles et le président amérikkkain se serrent la main. Flash. Déluge d'éclairs pour la conscience du monde.

131... 130... 129...

Corriger une erreur. Ligne 325 du programme. BIP !


PLUS QUE DEUX MINUTES AVANT DEKONNEXION GENERALE.


"Ta gueule, toi. On t'a rien demandé."

L'étranger venu des étoiles s'appelle-t-il vraiment Ronald Reagan ?

Zap.

Bla-bla-bla...

Zap.


Quelquepart dans un centre militaire secret :

- Mot de passe ?

- ...

- C'est bon... Tournez la clef d'un quart de tour puis appuyez sur ce bouton.


19... 18... 17... BIP !


DEKONNEXION.



L'écran TV s'éteint automatiquement.

Maintenant les chiffres du décompte final occupent la totalité de l'écran du moniteur vidéo.

7... 6... 5... 4... 3... 2... 1... 0...

Les yeux se ferment et les poings se crispent dans l'attente du choc final.

Rien !

Rien ?

Rien...

Attente déçue. Comme si le bond ultime devait ouvrir de nouvelles portes.




Tant pis !

Retour à la case départ.

FLASH ! "Quel trip ! Vrai. Tu aurais du en prendre ! De la comme ça on n'en trouve pas tous les jours."

Image TV. Chute de neige sur l'écran.

Voix off : "Les émeutes de Needle park ont fait une cinquantaine de morts."

ZAP.

Voix off: "On dénombrerait une cinquantaine de blessés lors de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, à Lyon. Monsieur Mitterrand a félicité les forces...

ZAP.

Le président amérikkkain n'en finit pas de serrer la main à Ronald Reagan.

ZAP.

"Merde! Rien sauvegardé. Je vais devoir tout reprendre à zéro."

BIP ! Un message s'affiche sur l'écran.



ATTENTION !

AMORCE DU PROCESSUS D'AUTODESTRUKTION.

VOUS AVEZ 3 SECONDES POUR ANNULER.


OK / ANNULER


BIP!

"Merde! Encore trop tard !"

Programme n°8.

Des doigts agiles courent sur le clavier de l'ordinateur. Peut-être est-il encore possible d'arrêter la machine avant qu'il ne soit trop tard.

En haut du moniteur à droite s'affiche l'heure : 15:45.

Juste en dessous apparaissent les chiffres du compte à rebours vers nulle part. 559... 558... 557... Le début du voyage.

BIP !

Un nouveau message apparaît sur l'écran :


TOUTES LES UNITES SERONT DEKONNEKTEES...



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