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Mon bloc perso.
Ce blog présente l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Vient de paraître : Les mines du dieu Olyphant, une aventure de Péronnik, dans l'anthologie Les enfants de Conan.
Publié le 14/08/2007 à 21:56
Par Markus Leicht



William Burroughs lisait pour la troisième fois un court roman de Sturgeon. Peut-être "Some of your blood". Je ne suis plus sûr. De Burroughs non plus. Cela se passait il y a longtemps. Du côté de 1965, à moins que ce ne soit un peu plus vers le nord, du côté de 1966. Mais même de cela je ne suis plus certain. Peut-être en ce temps là 1965 dérivait-il vers d'autres lieux, vers d'autres temps. Tout ce dont je me souviens c'est que Kennedy nous avait quitté. L'Amérikkke essayait de sortir d'une longue nuit. Le rêve aux cinquante étoiles n'en finissait pas de mourir.

L'envoyé des étoiles venait juste d'arriver. Le président lui serrait la main. Flash ! Flash ! Flash !

Images mentales en 625 lignes.

Une musique métallique résonnait dans ma tête et - Flash ! - des journalistes s'agglutinaient autour du vaisseau inconnu venu de l'espace.

Moi, je me contentais de regarder, seul dans mon coin, tandis que William S. Cut/up découpait avec une mauvaise paire de ciseaux un texte peu connu de Théodore Sturgeon. Sur la dernière page du magazine, je m'en souviens très bien il y avait la petite fille de papier. Elle s'appelait Gina. Elle était italienne. Brune. Presque nue. Une culotte de dentelle. C'est tout ce dont je me rappelle. Je ne revois même pas les seins aux pointes roses. Mais peut-être cela n'a-t-il aucune importance. Seulement le rasoir.

D'autres, sans doute aussi William S., se souviendront sur la dernière page, des vêtements de la petite fille de papier. Il fallait les découper soigneusement et replier les onglet pour la vêtir.

L'envoyé des étoiles... Ce ne pouvait être qu'en 1965...

Le président souriait. Flash ! William cut/up Burroughs écrivait à Sturgeon.

Réglage de la stabilité horizontale.

Elle s'appelait Gina. La lame tranchante du rasoir découpait la culotte de papier.

Un peu de ton sang rougissait la dernière page du magazine. Et ma tête s'incendiait aux dérapages d'une musique d'Heiner Stadler. Cut/up.

L'envoyé des étoiles parlait dans ma tête. Il s'appelait Théodore S. Et je crois bien que sur sa planète il rêvait d'étranges histoires qu'il écrirait certainement un jour.

Entrelacement imperceptible des lignes horizontales.

Le magazine s'imprégnait lentement de mon sang. Cut/up. Lentement de ton sang. Cut/up. Avidement de nos sangs mêlés. Cut/up. Jusqu'à la dernière goutte.

Dans un coin de la pièce William S. dormait.

Un bout de 1965 dérivait vers 1992.

Sur une musique d'Heiner Stadler, à moins que ce ne fut un autre...

Fondu au noir.

Ou peut-être... Cut/up.

Avec un peu de ton sang. Sur la lame d'un rasoir.

A moins que ce ne fut 1966.

Publié le 14/08/2007 à 21:19
Par Markus Leicht

Emmanuel Collot, sur le site SF Mag, chronique ma nouvelle Le Snart chasse toujours, parue à la suite du roman d'Alain Le Bussy, Rork des plaines :

Quand à notre Markus, notre Frederic Brown attitré, il poursuit dans la même veine cet humour pince sans rire, quoique dans ce récit, il semble faire montre d’une plus grande complexion de l’intrigue et ouvre plutôt à des interrogations plutôt qu’à la satire dont il faisait preuve dans le sublimissime “Le Gnok” qui en a fait glousser férocement plus d’un. Avec cette nouvelle cependant Markus reste toujours dans le registre des tites bestioles façon Gremlins, Critters ou Alf de service, sauf que là, son Snart est un véritable expert en dératisation qui va très mal tourner. Qui a dit que seuls les flics et les profs pétaient les plombs ????

Alors voilà qu’un soir, notre Snart, sorte de fouine extraterrestre confinée dans les sous-sols de la Station 7, perçoit une communication extra-sensorielle agressive que les instruments de la Station où il bosse en sous marin n’ont même pas repéré. Une bombe logique doit faire beaucoup de dégât, car voilà notre Snart qui trépasse et nous qui doutons du réel. Et si nous n’étions que des soldats conditionnés par une puce, mais dont une espèce de virus en biaiserait les fonctions pour nous condamner à vivre dans un univers alternatif où nous serions tout autre et, comme d’habitude, les seuls à y croire ? Une angoissante histoire sur la relativité du réel, sur sa facticité, à moins que ce ne soit sur la duplication du réel quand l’esprit se met à croire en un monde autre où il serait autre. La fin est symptomatique d’un grand écrivain dont on attend toujours le premier gros roman nous contant l’enlèvement de Paris Hilton par un groupe de ET qui ont la gueule de celui du film de Spielberg, mais seraient d’incroyables pervers et des fous de logique quantique, à moins que ce ne soit ces courses de chevaux qu’ils prennent pour des étoiles filantes et dégommeraient comme à un stand de tirs. Bon j’arrête parce que là j’écris à sa place, et mal en plus…..


Pourvue que la bestiole Leicht se réveille un jour, ça nous changera des guimauves sf et nous fera chaud au ventre, comme un bon plat de nouilles bien grasses arrosées d’un bon vin rouge, rien que ça……

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