Ce blog présente l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Vient de paraître : Les mines du dieu Olyphant, une aventure de Péronnik, dans l'anthologie Les enfants de Conan.
Publié le 15/08/2007 à 21:57
Par Markus Leicht
Les livres électroniques: pas vraiment des livres, pas vraiment électroniques, est une traduction de l’article de Cory Doctorow, Ebooks: Neither E, Nor Books (attention, la traduction, assez superficielle, contient des erreurs du type : “the story trickled out in monthly funnybook installments” traduit par “les épisodes sortaient chaque semaine dans les magazines"). “Ce discours fut initiallement prononcé lors du séminaire O’Reilly sur les technologies émergentes, accompagnée d’une série de diapositives qui, pour des raisons de copyright (ironie !), ne peuvent être reprises dans ce fichier. Toutefois, insérées dans ce texte, des notes [entre crochets] indiquent où les nouvelles diapos doivent être placées. Ce texte est laissé dans le domaine public, sous la licence Creative Commons .” Il s’agit à mon avis d’un des meilleurs articles sur le livre électronique, dans la mesure ou il pose les bases de ce qu’il faut savoir sur les ebooks, outre qu’il ouvre de nombreuses pistes de reflexion sur le sujet, sur l’écriture, sur les écrivains. Extrait : “Les livres électroniques sont une bonne affaire pour les écrivains. En général, les royalties qui leur sont versées sont plutôt maigres. *Amazing Stories*, le magazine de science-fiction d’Hugo Gernsback [dans les années 50, NdT], payait quelques cents par mot. Aujourd’hui, les magazines de S-F paient… quelques cents par mot. Les montants impliqués sont si ridiculement bas qu’ils ne sont même pas insultant: ils sont *anecdotiques* et *historiques*, comme la pancarte WHISKY 5 CENTS qui trône au-dessus du bar dans un village du Far-West. Quelques écrivains font fortune, mais ils sont des *erreurs d’approximation* en comparaison de la masse des écrivains de S-F qui gagnent un tant soit peu d’argent par leur talent. La plupart d’entre nous pourrait se faire plus d’argent dans un autre domaine (bien que nous rêvions tous de nous faire stephenkingplein d’argent et que, bien sûr, personne ne jouerait au loto s’il n’y avait pas de gagnants)…” Note de Markus : La période Hugo Gernsback correspond pour Amazing Stories à la fin des années 20 et non 50. En effet celui-ci quittera le magazine en 1929.
Publié le 15/08/2007 à 18:33
Par Markus Leicht
Parfois on me demande ce que je pense de tous ces petits concours littéraires (il y en a des milliers) qui fleurissent un peu partout. La plupart, ne vous apporteront pas grand chose. Sinon la satisfaction d'avoir obtenu une carotte. Dans l'ensemble je n'en connais pas beaucoup de sérieux. Vous pouvez déjà éviter d'office tous ceux qui demandent une somme quelconque (pour frais de dossiers soit disant : quels frais ? quels dossiers ? Un auteur n'a pas à payer. En aucun cas). J'en connais qui participent à ces concours depuis des dizaines d'années. Je ne vous dis pas ce qu'ils ont dépensés en argent. Souvent des petites fortunes. A coup de 10, 15 ou 20 euros le pillule passe plus facilement. La plupart, au bout de ces dizaines d'années, ne sont guère connu que leurs voisins et de leur chat... Plutôt que participer à ces concours inutiles envoyez vos textes à des petites publications. Pierre Gévart édite l'excellent fanzine de science-fiction : Géante Rouge. En faisant des recherches vous en trouverez d'autres. Il en existent des centaines, couvrant tous les domaines, et la plupart d'entre eux vous feront connaître d'autres adresses. Ce sont ces petites publications qui ont besoin de votre support. Plus que les concours ils vous apporteront une vrai satisfaction : celle d'avoir quelques lecteurs à défaut de gagner de l'argent. Et n'est-ce point le but d'un écrivain de faire connaître son oeuvre, si petite soit-elle. Participez, lisez, découvrez d'autres auteurs qui font leurs premiers pas, mais surtout évitez de dépenser votre argent inutilement dans des concours qui s'intéressent plus à votre compte en banque qu'à vos textes. (Certains organisateurs de concours sont d'ailleurs derrière des dizaines d'entres eux...) (J'ai moi-même écrit pour beaucoup de ces petites publications. Pour moi elles ont constitué un très bon stimulant et surtout m'ont amené à beaucoup travailler mon écriture. Les premières fois qu'on est publié on se rend souvent compte de ses défauts et petit à petit on essaie de les corriger. Je ne parle pas ici de tous ces gens qui n'ont jamais rien publié mais qui se trouvent géniaux et qui se prennent pour de grands incompris. Méfiez vous aussi des amis qui vous encenseront souvent trop facilement. J'ai souvent vu arriver de jeunes auteurs avec cette phrase à la bouche : "Mes amis trouvent que ce que j'écris est excellent". La plupart du temps, lorsque je commençais à lire le manuscrit je me rendais tout de suite compte que le chef d'oeuvre en question était illisible).
Publié le 15/08/2007 à 14:10
Par Markus Leicht
Un texte écrit, il y a deux mois, dans le train qui me ramenait de Nantes. Kayama, ma sorcière, fusionnait dans mon esprit avec les mouvements , d'Henri Michaux, ces poèmes graphiques composés de signes étranges qui sont autant de créatures dansantes. Comme tous les écrits mis en ligne depuis quelques semaines il s'agit d'un texte brut, c'est à dire sans réécriture. Le travail sur les mots, sur les phrases, viendra plus tard. Pour les créatures dansantes Pour Kayama aussi Seule était la créature, perdue dans une nuit qu'elle ne connaissait pas. Elle émettait de petits sons cristallins et de chacun de ces pleurs naissaient de minuscules étoiles qui tombaient doucement sur le sol. Parfois l'une d'elle se transformait en étoile filante et s'enfuyait pour se perdre haut dans ce ciel ténébreux, à nul autre semblable. La créature tournait lentement sur elle même. Pareille, au milieu de cette pluie de lumière qu'elle générait, à un danseur ou à une danseuse. Difficile de savoir s'il était elle, si elle était il. Son corps se déformait sans cesse et des bras jaillissaient de sa masse informe. Des membres qui lui donnaient soudain un caractère plus humain. Silhouette d'encre perdue dans cette nuit si dense. Petit à petit elle prenait plus d'assurance. Sa danse s'accélérait et les protubérances se faisaient plus nombreuses et chacune d'entre elles se séparait du corps pour devenir indépendante. Et très vite la créature ne fut plus une mais plusieurs. Et ses enfants dansaient à leur tour et la nuit se remplissait d'étoiles. Car les créatures étaient si proches l'une de l'autre que dans leurs mouvements leurs membres se frôlaient dans un feu d'artifice d'astres miniatures. Et leurs chansons cristallines se mêlaient dans un chant unique et leurs corps s'étreignaient, si fort, si fort, qu'au coeur de cette nuit ils fusionnaient. Et, de nouveau, seule fut la créature. Alors, mince silhouette d'encre, elle dansa encore plus vite, plus fort. Et bientôt, de nouveau, elle fut plusieurs. Les notes cristallines nées de ces formes en mouvement se transformaient en mots. Mots insaisissables, comme de furtifs glissements chuchotés, dont elles seules pouvaient comprendre la signification. Mots qui se croisaient, s'enlaçaient, s'entrelaçaient, s'embrassaient, dans des étreintes si intimes qu'ils finissaient par jouir les uns des autres. Puis recommençaient, insatiables, jusqu'à ce la fusion de toutes ses créatures dissemblables conduise à leur néantisation. Et la nuit, intense, cette nuit qui ne se connaissait pas elle-même, demeura sans la moindre vie qu'elle puisse abriter. Traversée de temps en temps par une étoile filante.
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