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Publié le 13/11/2009 à 16:00
Par matincalme
Humeur : Tendre
      Film français d'Emmanuel Salinger.

      J'ai vu ça mardi matin un peu par hasard, alléchée par les noms de Socrate et de Platon sur l'affiche. Et c'est pas si mal. On me reprochera peut-être d'être sévère avec Kucky Kuke et d'éprouver de la tendresse pour cette petite comédie un peu bancale. Que voulez- vous ! A choisir entre le Kentucky Fried Chicken et un repas chez Clignotant Borgne , je choisis toujours  Clignotant Borgne.

      Grégoire est prof de philo en province (à St Etienne, c'est dire si c'est la province). Il milite pour le droit au logement. Sa vie est grise et terne. Ses élèves sont crétins. Sa fiancée est plate. Ses collègues de l'association sont lourds. Ses collègues du lycée sont convenus. C'est un p'tit gars bien (comme dit Cheval d'Acier) qui bovarise.

      Il a renoncé à l'écriture et le reproche à sa vie. Il a tort. Quand on a vraiment quelque chose à écrire, ce ne sont pas 20 heures de cours hebdomadaires et quelques dizaines de copie qui vous en empêchent. 

     Il se retrouve malgré lui projeté dans ce que la vie parisienne a de plus superficiel et clinquant, aux côtés d'un présentateur de talk show vulgaire (le talk show est vulgaire, le présentateur vaut mieux que ça).
    

      Laurent Capelluto (le prof de philo) et Michel Boujenah (le présentateur) jouent un couple attachant. On éprouve pour eux une grande tendresse malgré tous les défauts du film. Et c'est ce que je retiens.
Publié le 12/11/2009 à 16:00
Par matincalme
Humeur : En colère
 
Rembrandt Harmensz van Rijn
Le reniement de seint Pierre, 1660
   
      A la
Pinacothèque, jusqu'au 7 février 2010.

      Je trépignais de colère en sortant de cette exposition. La Pinacothèque n'a aucun scrupule et enfourne autant de visiteurs que ses guichets peuvent en générer. Si bien que les salles sont transformées en véritable foire d'empoigne. J'ai fait la queue devant chaque oeuvre. Je les ai vues dans des conditions déplorables, sans pouvoir m'approcher, bousculée de toute part, agressée par les guides des groupes qui s'estimaient le droit de faire place pour leur troupeau bruyant. C'est indigne !

        J'ai quand même pu admirer de loin quelques chefs d'oeuvre, notamment des Rembrandt, un Vermeer et d'étonnantes natures mortes grouillantes d'instectes. 
Publié le 11/11/2009 à 16:00
Par matincalme
Humeur : Rebelle
      Au Théâtre Mouffetard. Mise en scène de Cyril Le Grix. Jusqu'au 21 novembre.

      La professeur de français de Perle de Rosée semble avoir baissé les bras. Au lieu de leur faire étudier les tragédies du Grand Siècle comme elle l'avait promis lors de la réunion parents-prof, voilà qu'elle sort de son chapeau un de ses livres préférés : un roman policier de Sébastien Japrisot. Je ne lui en veux pas. Ces mômes sont parfois décourageants. 

      Mais je reprends le flambeau. J'ai emmené Perle de Rosée voir Dom Juan vendredi dernier. On trouve toujours Dom Juan sur sa route à un moment où un autre de sa scolarité. C'est une pièce admirable. Le théâtre Mouffetard est un drôle d'endroit, coincé dans une cour intérieure d'immeuble. Mais comme tous les petits théâtres, il offre l'avantage d'une grande proximité avec les acteurs dont les premiers rangs reçoivent les postillons.

      La salle était pleine, et pour une bonne partie les spectateurs étaient des scolaires. Ils se sont installés fort bruyamment mais reconnaissons qu'ils ont été attentifs pendant la pièce.   
    

      La mise en scène était classique, sans fioriture. Sganarelle et Dom Juan étaient remarquables. Elvire était belle mais un rien compassée. Bref, spectacle de bonne qualité. Faute de moyens, la scène de séduction des paysannes avait été coupée, ce qui est fort dommage. Mais la distribution ne comptait pas assez d'acteurs. Cyril choisi de montrer un Dom Juan vieux et fatigué. Il est cynique et amer. Il semble demander qu'on en finisse. Je préfère le voir en révolté flamboyant mais je reconnais que cette vision est possible et intéressante.

      La pièce est tellement riche que chacun en a sa vision. On ne voit jamais assez de Dom Juan différents.

      Quant à Sganarelle, regardez-le mettre une serviette sous le menton de Dom Juan avant de lui colorer la barbe : ne trouvez-vous pas qu'il ressemble à Clignotant Borgne ? 
Publié le 10/11/2009 à 16:00
Par matincalme
Humeur : Ironique
    
      Film français de James Huth.

      Pourquoi c'est nul ? Parce qu'on s'ennuie. Lucky Luke, qui est un mec cool, se retrouve avec un traumatisme originel qui vient plomber le personnage et le film. Les scènes se répètent. L'esthétique colle de temps en temps aux westerns spaghetti, de temps en temps aux mystères de l'ouest (pas version télé, version les navets récents avec Will Smith). On n'a aucune surprise surtout si on a déjà vu la bande annonce. Jean Dujardin est sympathique mais lui aussi semble s'ennuyer.

      Finalement, les seuls personnages qui nous amusent sont Sylvie Testud en Calamity Jane et Melvil Poupaud en Jessie James mais c'est pareil : au bout de la 20ème réplique Shakespearienne, on se lasse.

      N'y allez pas.

      Moi j'ai une excuse : on m'a obligée. J'ai dû accompagner Perle de Rosée et Luke pendant les vacances. Leia a préféré voir une oeuvre moins culturelle. Elle a choisi Mission G (et G, c'est pas pour le point G).     
Publié le 09/11/2009 à 16:00
Par matincalme
Humeur : Gaie
      Au Grand Palais, jusqu'au 4 janvier 2010.

      En visitant cette exposition, j'ai été surprise d'apprendre que la période la plus tardive de l'oeuvre de Renoir souffrait d'un désamour certain des amateurs d'art. Quelques années après sa mort, quand ses fils cherchent à offrir à l'état Les Baigneuses, peu s'en faut qu'elle ne soit refusée. Heureusement, elle est finalement au Musée d'Orsay. Plus près de nous, certains musées (comme le MOMA de New-York) n'hésitent pas à revendre les toiles de cette époque pour investir dans de la peinture plus "tendance".

      L'exposition visible au grand palais permet de rendre justice au vieux maître ou au moins de se faire sa propre opinion. Elle est riche d'oeuvres parfois surprenantes (on y voit même des sculptures réalisées en collaboration avec le sculpteur catalan Guino).  

       A partir des années 1880, Renoir s'éloigne de l'impressionnisme et de Paris. Il poursuit son chemin. Au début du XXème siècle, il s'installe définitivement en Provence. Il souffre de polyarthrite. Il est peu à peu condamné au fauteuil roulant, ses doigts se déforment au point qu'on devra lui attacher les pinceaux dans la main pour qu'il continue à peindre. Et puis c'est la guerre, ses fils partent au front, sont grièvement blessés. Sa femme meurt.

      Et Renoir peint. Il peint le bonheur, les couleurs vives, la gaieté, la douceur des chairs abondantes. Renoir cherche la beauté. Sa peinture veut embellir la vie, de tous côtés. Embellir, décorer même. Pourquoi pas? 

      Il développe une manière un peu flou, ou le dessin est sacrifié à la couleur. Il peint beaucoup de nus, des nus pudiques où une serviette pleine d'à propos vient  cacher le sexe des femmes. Les femmes, il les rève sur la toile. Pour le corps, ce sont de vigoureuses déesses grecques, aux petits seins ronds, aux jambes terriennes, aux hanches généreuses. Leurs visages se ressemblent tous, des joues rondes qu'on voudrait embrasser sous des yeux en amandes. La chair n'est pas triste, elle est colorée, vive, pleine de sang et de vie.

      La dernière période de Renoir, c'est une leçon d'optimisme, de lutte contre la douleur et la mort, donnée par un vieux monsieur qui s'y connaissait. 
   
La danse à la campagne - 1883 - Musée d'Orsay
 
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