Je ne comprends toujours pas ce que mon cher voisin veut dire par là. Il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas chez les Grands-Bretons, moi Petite-Bretonne.
Les robinets, tiens. On se brûle à chaque fois, l'eau chaude et l'eau froide ne sont pas mélangées avant de couler. Les matelas. C'est de la merdasse pour le dos, les ressorts. Les conducteurs. Il y a un rond-point ou chaque expatrié français est probablement déjà mort plusieurs fois. Les briques. Les murs de la résidence sont froids et glauques, l'architecte a aussi pensé la prison de la ville. L'alcool. En vente même la nuit, moins cher que les jus de fruits, accessible sur le campus. Les alarmes incendie. Crier au loup, ils ne savent pas ce que cela signifie. Les universités. Des incitations à la débauche, un bal tous nus, une fierté nationale. Les diplômes. Quelques rares heures de cours par semaines pour un prix exorbitant. Les minies-minies-jupes, on voit des paires de fesses facilement dans ce pays. Le soit-disant chocolat. Si c'est du Cadbury, c'est pas du chocolat. Le vin, pareil. Celui qui est en bas de rayons chez nous, ici c'est le meilleur.
Les Anglais ont trois obessions : - parler météo (et la caissière vous raconte ses vacances en France, et la banquière vous raconte le mariage de son fils) - la ponctualité (et toute fête a une heure de fin) - les files d'attente
Pour en revenir à mon voisin, il a aussi l'obssession de la Fifa. C'est pas de chance, l'obsession du mur entre nous c'est pas l'insonorisation. Il s'en fout ce mur, c'est sa dernière année à tirer. Bref, mon obssession à moi ça devient souvent les boules Quiès.
En revanche, quelque chose qui ne préoccupe personne, c'est d'éteindre les lumières en sortant d'une pièce.
Je regarde par la fenêtre et devinez quoi ? Il pleut.
Et bien moi, j'adore vivre ici.
L'Angleterre : des champs verts et des bâtiments rouges. L'Angleterre : elle est humide et douillette, elle est cosy et kitch, elle est douce et lente.
"Etre seule avec le livre non encore écrit, c'est être encore dans le premier sommeil de l'humanité. C'est ça. C'est aussi être seule avec l'écriture encore en friche. C'est essayer de ne pas en mourir. C'est être seule dans un abri pendant la guerre."
Expérience, j'aime bien ce mot. Un pas de plus vers la mise à nu en quelques sortes. C'est un peu ça, ou complètement.
Être lu c'est être deviné, sans doûte. Être vu c'est être su, peut-être. Est-ce que les énigmes de mes mots sont résolues par la forme physique de ce que je montre ? Qu'est-ce qui est intime, et qu'est-ce qui est intérieur ? Et la différence entre les deux, à quoi ça tient ? Je pense cependant que l'on en voit plus dans les mots que dans les formes.
Montre-moi tes mots.
Et le courage ? C'est différent, la preuve. Cheminement, ce mot ausi je l'aime bien.
Il y a des questions depuis ce matin et pourtant elles sont loin d'hier. Je crois simplement en fait, qu'elles sont atemporelles et qu'elles reviennent, parce que même perdue en Angleterre, elles me trouveront toujours, c'est l'hiver.
Il y a ces contrariétés qui s'enchaînent en un jour alors que les quinze derniers se sont passés dans le bonheur et l'optimisme. Je vais lutter, c'est une affaire de jours, au fond je sais ce que ça veut dire.
Ce dont j'ai envie ? Mettre tout cela dans un chaudron, chauffer, mais surtout, surtout ne pas mélanger. Ce qui brûle et qui monte flotter mort à la surface, l'enlever, aidé d'une grande louche trouée genre passoire. Jeter ça. Et ce qu'il y a au fond, juste y donner un coup de cuillère pour faire un joli tourbillon de couleurs. Et disperser tout cela en Lumière autour de moi, dans une aura protectrice hivernale.
Un jour j'ai écrit "TomTomTom Badoum", qui s'en souvient ?
Il fait nuit à 18h. J'ai beau repousser ce savoir jour après jour, il faut bien admettre qu'il y a un pourcentage important de chances pour que cela n'y soit pas pour rien dans la rédaction de cet article.
C'est dingue tout ce qui peut se passer en une semaine. C'est incroyable l'essors que prennent les contours dès les premiers jours et la vitesse à laquelle se remplissent les formes ainsi esquissées.
C'est une nouvelle vie qui naît.
Très vite. Mais pas trop vite, juste à la vitesse qu'il faut pour maîtriser certaines choses en laissant au destin le temps de faire son show.
Découvrir et apprivoiser. L'inconnu qui deviendra habitude.
Erasmus. Ca me faisait peur moi, si on revient dix jours dans le passé. J'étais pas loin de regretter : quelle idée la cité U, quelle idée une chambre de 9m2, quelle idée la ville, pour moi qui ai toujours vécu en famille dans le calme de la campagne. Quelle idée, un an loin de tout ça !
Exeter. Un nom dont la connotation en quelques jours a pris un véritable sens. C'est là où j'habite maintenant. C'est chez moi en fait, chez moi pour un an. "Tu habites où ?" - A Exeter, dans le Devonshire, Royaume-Uni.
Ca fait une semaine et vous savez quoi ? Je suis vraiment heureuse qu'il reste encore neuf mois.
En 1990, Parshou et Stanley, âgés d'une vingtaine d'année, sont étudiants en sociologie et activistes dans un groupe universitaire contre le trafic des prostituées. C'est cette année-là qu'ils rencontrent Radhamma, prostituée de Mysore, Inde du Sud. Elle leur raconte la misère de sa vie qui oscille entre humiliations, violences et précarité. Elle leur raconte aussi ce qui l'a amenée à vivre dans la rue : une fois mariée, son époux -alcoolique- a quitté son travail, l'obligeant à trouver de petits boulots, que pour garder il lui fallait bien souvent coucher avec ses patrons. La prostitution s'est imposée comme le seul moyen de survivre. Parshou et Stanley, bouleversés, n'avaient plus en tête que de l'aider, financièrement et dans l'éducation de son fils, Nandjunda. Radhamma est morte quelques années plus tard d'une tuberculose et son fils aujourd'hui avocat passe une grande partie de son temps à Odanaadi. Mais alors le projet n'existait pas. Pendant deux ans, Parshou et Stanley ont mis en oeuvre toutes leurs ressources pour aider les habitants des rues : en multipliant les petits boulots pour apporter des aides financières, en fournissant des moyens d'éducation, de la nourriture, des vêtements, en dénichant des places d'aides-ménagères pour les femmes prostituées, en accueillant chez eux les enfants de celles-ci... Très vite les difficultés se sont révélées ; d'une part l'ampleur de la tâche rendait l'aspect financier impossible, d'autre part la stigmatisation des prostituées les obligeaient à déménager sans cesse (dix fois en deux ans, les voisins et propriétaires se plaignant de la présence des femmes chez les deux hommes). Malgré tout, ils ont scolarisé trois enfants. Pourtant un jour, en suivant ceux-ci, Parshou s'est aperçu qu'ils ne se rendaient pas à l'école : les enfants et les enseignants les insultaient, les frappaient, les humiliaient en public parce qu'ils étaient enfants de prostituées. A ce moment, la décision fut prise de donner cours aux enfants en privé, par l'embauche d'un jeune professeur. C'est en 1992 qu'afin de formaliser leurs activités, Parshou et Stanley fondèrent l'association 'Odanaadi Seva Samasthe' ('Une âme soeur toujours présente' en kannada, langue officielle de la région du Karnataka). Le gouvernement régional, pour un prix symbolique, leur a alloué un grand terrain à bâtir. Peu à peu, des bâtiments et dortoirs ont vu le jour, prévoyant une capacité d'accueil de deux cent personnes. Parshou et Stanley ont engagé une personne pilote pour enquêter à Mysore et interroger et suivre plus d'un millier de prostituées, de manière à être informé des réseaux et modes d'exploitation de ces femmes. Cette étude a donné lieu à la publication d'un livre, 'Body for a meal', qui livre au grand jour les manières du commerce sexuel et le constat terrible que la majorité des femmes exploités sont mineures ou prostituées depuis leur minorité. Les méthodes des trafiquants sont souvent les mêmes : dans un village, on propose à une jeune fille un travail alléchant en ville. Elle accepte, on l'emmène. On lui fait perdre conscience avant de la vendre à un bordel pour 5000 à 50 000 rupees, soit 70 à 700€. Là, les propriétaires du bordel la battent plusieurs jours durant, la torturent physiquement, la forcent à regarder et imiter des films pornographiques, l'enferment dans une boîte minuscule, parfois avec d'autres jeunes filles, abusent d'elle sexuellement. Et puis elle est emmenée sur le "marché du travail". Il faut savoir que plus la fille est jeune, plus elle est chère pour le client du bordel, le prix d'une vierge étant colossale. Pendant des mois, elle est violée et pour répondre à la demande incessante des clients, on l'empêche de dormir, en la droguant pour qu'elle reste éveillée. Lorsqu'elle ne rapporte plus assez d'argent (son prix décroît avec le temps), elle est jetée à la rue ou revendue à un bordel dans une ville plus grande : c'est la "supply chain", de Mysore à Bangalore, de Bangalore à New Delhi, Mumbaï et Kolkota. Il a fallut trois ans à Odanaadi pour devenir un endroit habitable : pièce par pièce et selon les rentrées d'argent ont été construites les dortoirs, bureaux, sanitaires, cuisines, arrivées d'eau et d'électricité... Aujourd'hui, vingt-sept ans après, une centaine de filles vivent à Odanaadi, en grande autonomie (un peu plus loin dans un autre bâtiment vivent aussi une quinzaine de garçons). Qui sont-elles ? Des filles de prostituées, des mineures qui l'ont été, quelques victimes de violences conjugales (l'alcoolisme des époux est un autre grave problème en Inde), des rescapées du trafic d'organes, de mafias de mendicité, des victimes de l'esclavage, etc. Pour s'attaquer à tous les liens de la chaîne du commerce sexuel et parvenir à les rompre, l'équipe d'Odanaadi a créé et formé un réseau d'informateurs dans les lieux les plus stratégiques, chargés de surveiller et de donner l'alerte à Parshou et Stanley lorsque surviennent des événements suspects. Pour infiltrer les réseaux, ils se font passer pour des clients ou des acheteurs auprès des propriétaires des bordels. Ils repèrent la mineure à sauver (l'alerte peut avoir été donnée de son enlèvement ou de sa disparition, quelqu'un l'a signalée... La prostitution majeure étant comme ailleurs autorisée, aucune prise judiciaire n'est possible pour les prostituées majeures) et négocient son prix. Le jour de la transaction, Parshou et Stanley arrivent avec la police, libèrent les jeunes femmes qu'il est possible de libérer et traînent devant les tribunaux les trafiquants. Mais la justice est corrompue en Inde, ce qui rend possible la victoire pour les violeurs eux-mêmes. Malgré cela, depuis 1998, pas moins de vingt-cinq réseaux de prostitution ont été démantelés, dont un international et plusieurs nationaux, cent quinze hommes emprisonnés. Quatre-cent femmes et enfants ont été secourues depuis le début du projet. Outre les opérations de secours, les actions de prévention (par exemple les filles font des rallyes à vélo dans les villages indiens à risques pour des campagnes d'informations), la lutte pour légaliser les poursuites et durcir les lois, une mission d'Odanaadi est de redonner aux victimes une vie décente. Pour leur donner confiance et goût à la vie, la route est longue, très longue quand elles arrivent au centre après une vie entière de viols et de souffrances. Terrorisées, elles se sentent coupables, sont en dépression grave, en manque de drogues ; détruites. Et les anciennes ne sont pas toujours accueillantes avec les nouvelles arrivantes à Odanaadi. C'est le travail des bénévoles que d'amorcer cette mise en confiance et d'introduire en elle un sentiment de sécurité. Des thérapies alternatives sont mises en place par les bénévoles, par le biais du sport, de la musique, du théâtre, du dessin, du yoga ou du karaté... Les volontaires passent, une semaine, un mois, six mois., deux ans.. A Odanaadi, la première semaine a été difficile, apprendre les histoires de ces jeunes filles si souriantes de la bouche de Parshou (chez qui j'étais hébergée) après avoir passé la journée avec elles était très douloureux et je me sentais inutile, qu'est-ce que ma présence pouvait bien changer en face des atrocités de leur passé ? Et puis des affinités se sont créées, "Sister, come sister ! Namaskara An' ïs Sister !", je les ai découvertes et j'ai passé beaucoup de temps avec elles. J'ai organisé des leçons d'informatique, des cours de dessin, d'anglais pour les kannadophones, des séances de sport, des sorties en ville avec les plus grande, des jeux et historiettes avec les plus jeunes... Surtout j'ai vécu leur vie quotidienne, devenant une sister parmi les autres. Et j'ai compris alors qu'elles avaient simplement besoin d'une présence, d'une oreille, bien qu'elles ne se livrent pas sur leur passé. D'une amie, d'une grande soeur : d'une âme soeur, Odanaadi.
70 jours indiens m'attendent. Embarquement 18h39 en gare de Rennes. Roissy-Zurich, Zurich-Delhi, Delhi-Bangalore, Bangalore-Mysore. Départ ce soir vendredi, arrivée dimanche.
Tête baissée vers l'inconnu. Parce que c'est moi, parce que c'est l'Inde. Rencontre imminente. Départ immiment.
Fébrilité, serénité. "Peurs contre peurs". "Ici et ailleurs".
Le départ ce sera l'arrivée, "là-bas. Où tout est"...
Aventure. "Étrange plaisanterie qu'on appelle la Vie". "Loin" parce que vivre sans frontière.
Un appel, je réponds. "J'arrive", je lui réponds. Inde, j'arrive.
Dites à mes amis que je m'en vais Je pars vers de nouveaux pays Où le ciel est bleu, dites que je m'en vais Et c'est tout ce qui compte dans ma vie
Dites à mes amis que je m'en vais Et j'aime chacun des pas que je fais Le soleil est mon guide et moi je m'en vais Je ne peux m'empêcher de sourire
Car il n'y a rien de mieux que de se revoir Peu importe ce qui nous sépare Vous ne pouvez que sourire de nos histoires Oh ça me fait chaud au cœur
Alors dites à mes amis que je m'en vais Je pars vers de nouveaux amis Et dormir sous les étoiles c'est mon idéal sous la lune qui protège mes nuits
Ni la neige et la pluie changeront ma vie Le soleil se lèvera c'est écrit Le vent qui frotte mon visage réchauffe mon cœur Je pars vers un avenir meilleur
C'est vrai je m'en vais Et je souris C'est vrai je m'en vais
Dites à mes amis que je m'en vais Je suis impatient d'arriver Et le ciel toujours bleu Dites que je m'en vais J'ai du temps à partager
Dites à mes amis que je m'en vais Je suis impatient de rentrer Sous le soleil qui descend Oui je m'en vais Le bonheur à partager Oui je m'en vais
Ushuaïa. Et je me couche, plutôt fatiguée par ce soleil nouveau et ces examens qui ne mènent à rien. Je voudrais dormir. Mais il faut écrire. J'allume et entre-ouvre un oeil.
Ce que je vois d'abord, c'est un tube d'Odomos posé sur une couverture de survie. Dessous ; un grand carnet, à côté ; deux flacons de désinfectant, une bombe d'insecticide pour vêtements, une trousse noire, une boîte de pastels, deux petites bouteilles vides, l'une en verre et l'autre en plastique, une bombe de laque, une pochette ventrale, un sac poubelle, un K-way, du papier à bulle.
Tout ça est entassé sous un banc. Sur ce banc, à cette place depuis plusieurs mois, le Guide du Routard. INDE DU NORD, EDITION 2009.
Un peu plus haut, sur une étagère, un calendrier, vous savez, de ces calendriers où l'on doit tourner chaque jour une page pour lire une blague de Geluck. 20 JUIN.
Il est sur la date du 20 juin depuis plusieurs mois lui aussi, depuis le jour où le Routard est arrivé sur le banc peut-être. Il est passé du 2 janvier au 20 juin en tous cas. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit scotché au 20 juin depuis le 2 janvier. Disons simplement qu'un jour il a fallut tourner la page, alors pourquoi pas tout un tas de pages.
Il y a aussi, si l'on redescend sur le banc du Routard, une petite pile de quatre livres identiques, à la couverture bleue et violette, ce sont les derniers, il paraît que trois sont réservés. Il y a d'autres livres aussi, un peu, beaucoup, une fois j'en ai compté trois cent.
Il y a Beatus Ille, il y a la photo où je suis avec Bernard et celle de Bernard qui sourit, qui me souriait, qui souriait aux photographes officiels. Le volet est fermé. Sur le lambris il y a les tableaux de mes couvertures, il y a un paysage Corse et une vue sur le Golden Gate. Il y a les trois photos où on me voit à deux ans avec Clément. Il y a autre chose, il y a cette enfant qui me regarde et qui sourit. Il y a des morceaux de moi, il y a des morceaux de vous, il y a des morceaux d'eux, des instants de là-bas, un téléphone qui ne sert plus que de réveil et une boîte de mouchoirs. Il y a du matériel de dessin, une certaine quantité d'ailleurs, il y a des tas de dessins dans des pochettes, d'autres dessins dans des boîtes et la photocopie de cette patte d'éléphant posée sur la tête d'un poussin, parce que Malory. Il y a Matata, parce qu'Annaëlle. Dans mon dos, derrière l'oreiller sur lequel je suis adossée, il y a un texte du Dalaï-lama, il y a sa photo, la pochette d'un vinylle, il y a Nanoue et moi à Saint-Malo, un jour qui est resté présent. Sur cette photo j'ai encore mes lunettes framboise, celles d'aujourd'hui sont cerise et en plus elles se règlent mal. A mes pieds il y a un réveil qui parle si on lui demande l'heure.
Si je lève la tête, si vous baissez la votre, il y a Jean-Jacques, parce que Jean-Jacques. En dessous il y a un batique et au dessus des moutons, parce que je suis insomniaque quelques fois et qu'alors il faut bien les compter. Il y a un clou dans le plafond, mon plafond en T, mais la moustiquaire n'y est plus, elle est pliée dans un sac et attend. Il y a un rouleau de craft qui dépasse d'une pochette. Il y a ce dromadaire en palme sêchée qu'un enfant m'a donné à Zagora. Ce Dieu de la légèreté en argile, parce que l'atelier. Ces attrapes-cauchemars qui viennent des Indiens Navaros, parce que les Indiens, parce que l'Ouest Américain, parce qu'Eric et parce que les autres. Il y a une reproduction d'un tableau de Denis O. et plus loin celle d'une photo de Marylin. Une photo avec Aymeric, une avec Emilie et ce Wriggles, une avec Nanoue encore et la photo sur ce bateau grec, parce que les Marins, tout de même. Et des coccinelles, parce que c'est depuis longtemps.
Je tourne la tête, il y a le Routard sur le banc. Le Routard sur le banc. Un Routard sur un banc.
Il y a le Routard et puis l'Odomos. Il y a moi dans mon lit. Il y a mon ordinateur sur mes cuisses, parce que sur mes genoux il serait trop loin. Il y les mots, il y a le Routard. Il y a l'Odomos et le reste, ils sont sous le banc et ils attendent un abri.
Ils attendent un sac à dos, en fait. Ils attendent de rejoindre la date annoncée par le Chat. Ils m'attendent. Je vais laisser le banc, je vais prendre le Routard. Je vais laisser les livres, je vais prendre l'Odomos.
Je vais laisser le calendrier, je vais prendre le large. Je vais laisser les photos, je vais prendre mon sac à dos.
Forcer l'oubli c'est horrible comme ça, comme quand vous essayez d'obliger quelqu'un à perdre de son importance dans votre coeur, à devenir n'importe qui, ou quelqu'un d'autre que ce que votre coeur vous dit qu'il est.
Forcer l'oubli c'est difficile comme ça ; comme quand vous essayez de vous endormir à tous prix, le premier qui s'endort a gagné.
Ne plus le voir, parce qu'il le veut.
Encore la voir, parce qu'elle le veut.
"Il y a des jours où l'on n'est plus personne"
Je constate qu'il m'est plus facile de prendre la décision de traverser le monde pour parler à des tibétains que de prendre celle de traverser l'allée pour parler à des inconnus.
Étrange paradoxe.
Je parle pourtant la même langue qu'eux.
Des visages sans prénom, des silhouettes sans voix.
"Parler, c'est pas mon fort"
Si je devais ne trouver qu'un mot pour décrire ce que je ressens et ce que je vis depuis des mois, depuis septembre, je choisirais son prénom parce qu'il contient tout. Un peu comme ceux de Jacinto et Mariana.
Elle, c'est dingue, c'est fou. Je suis Lol V. Stein et elle est une Amélie Poulain qui pense avoir des os de verre. C'est en éprouvant la vie que l'on grandit, ce sont les chocs qui consolident. Les chocs qui font mal et ceux qui réparent, qui recollent, bien sûr, ceux qui font du bien. C'est une valse entre les deux, tout un art.
Plastique, évidemment.
"Les Vénus de la vieille école, celles qui font l'amour par amour"
"[Ils ont pendu un enfant. Il était trop léger pour s'étrangler. A côté de moi, un détenu a demandé : Où est Dieu ? -Il est là, pendu à cette potence, ai-je répondu.]"
"Le seul fait qu'un Auschwitz ait pu exister devrait interdire à quiconque de prononcer le mot de Providence." (Primo Levi)
Il est des paroles que l'on nous a dit une fois et que l'on n'oubliera jamais. "Sur cette photo tu es exactement telle que je te vois." (Vincent, mars ou avril 2006)
Je trouve que celle-ci, celle du milieu, en bas, pourrait être la deuxième, la deuxième photo sur laquelle l'image me renvoit telle que je suis : une photo de moi. Sans doute parce que je suis entre ces pages plus que n'importe où ailleurs*.
Je ne me souviens pas du moment où la décision a été prise. D'ailleurs je ne dis même pas "le moment où j'ai prit la décision de publier mes écrits", comme si cet acte avait été programmé hors de ma volonté.
Moi j'écrivais, pour moi. Et puis un jour le livre a été là.
Prêt à se donner, à être découvert, lu. Où est-ce que j'ai trouvé ce courage ? A la lumière du soleil que je viens de remballer jusqu'à l'année prochaine, peut-être.
Vous allez découvrir mon intimité la plus profonde et ça ne me fait même plus peur. J'ai confiance.
"Laisse-toi porter", m'a dit Danielle, et Danielle Sait, de ceux qui Savent.
* Je relis des passages en écrivant et oui, je suis totallement nue dans ce livre, un scanner me traverse et fait ressortir des choses que vous n'auriez jamais vu si mon livre n'avait pas décidé tout seul qu'il voulait être lu et qu'il allait se multiplier pour vous, pour 55 lecteurs aguéris... Je ne sais pas ce que ça veut dire, aguéri. Mais ici c'est ici sa place.
J'ai "tant de rêves à vivre et si peu l'envie de rêver" et toi tu as tellement l'air d'avoir encore envie de rêver avant de vivre tes rêves.
Ces temps-ci la logique de mon existence m'atteignait de plein fouet et je la recevais avec autant de compréhension. Il doit y avoir une explication à cet épisode.
Dire - écrire - les mots que je ne croyais même pas avoir en moi mais qui s'avèrent être en totale corrélation avec ce qu'ils veulent signifier. Sa et Sé à l'unisson de leur référent, référent même impalpable. Les termes que j'emploie à raison sont stylistiquement radicaux : premier, jamais. Référent impalpable, Sentiment. Majuscule marce qu'elle est Majestueuse et Magicienne.
Je me demande si "elle savait avant".
Depuis que je vis - et je veux dire par là, depuis que j'ai guéris, depuis que vivre remplace dans mon existence le questionnement sur un sens ironique et innacceptablement absurde - il semblerait que tout soit possible et que rien ne soit plus jamais complexe.
Il suffit d'écouter. La moindre des questions trouve une réponse : qui a déjà connu une telle chose, qu'il me le dise s'il comprend mes mots. Elisabeth les entendrait. Il est impossible que cela n'arrive qu'à moi. Peur d'un danger ? Évolution. Encore du temps à venir et je sais que chaque jour nous en rapproche, preuve en est de tout ce qui peut m'arriver depuis quelques mois.
Pour décider de vivre, j'en suis certaine, il faut passer par le fond de l'étang. Mais c'est tellement dangereux, ensuite, de survoler de si près la surface sans le vouloir. C'est pourtant la seule solution pour être bien. Se rendre compte que la volonté n'y est pour rien, c'est un coup qui permet de mieux apprécier la capacité que l'on a convoquée, dans toute sa dimention d'aboutissement, de pas, de chemin quand même et de circonstances.
Et une nouvelle occasion de comprendre encore le Culte de tous les âges, celui que j'ai peut-être - je le crois plus que jamais - vécu de plus près que ce dont je peux être certaine.
{Et pourquoi "UNSALted mixed nuts and raisins" juste ce jour-là ?} J'ai tellement envie de dire "comme par hasard", parce que le mot que je voudrais employer pour dire le contraire n'existe pas.
{Il y a à l'intérieur cette madeleine que je ne parviens pas à atteindre, pourtant comme à chaque fois, elle est si proche dans ma bouche.}
Aussi : c'est hallucinant à quel point en ouvrant pour la première fois de cette vie un manuel de feng-shui je me suis rendue compte que toute ma chambre était déjà établie "en plein dedans" à tous les niveaux et jusqu'au plus petit, jusqu'au triangle rouge placé au bon endroit. A se demander si je ne m'en étais pas déjà servie auparavant.
Aujourd'hui je suis certaine de beaucoup de choses, alors qu'auparavant je doutais et cherchais. Ma vie fait un bond en 2009 et tout est explication. Devenir. Devenir est un mot à mille emplois.
Il y a aussi cette Angel. Il y a beaucoup de réponses. Je n'ai plus peur de rien. Mais il me faut mon soleil.
"Plus peur de rien" ? Pense à Mao, on verra si tu n'a peur de rien. Et dire que c'est au pays du Soleil levant que tout cela se passe encore, je suis certaine que cela explique bien des choses. Cela excite la convoitise chinoise. Mais comment expliquer la haine ?
Il reste encore des questions, ça a quelque chose d'humain et de rassurant - ou pas -, même si elles portent sur l'inhumanité de l'humain, que l'on n'ose jamais appeler par son nom ; humanité, dont la définition est pour consoler et mentir aux hommes, positive. En fait ce sont des erreurs que je n'ai plus peur. Des remords, non plus.
Peut-être que le fait qu'il ne me reste que quatre mois à vivre en France avant longtemps aide à entreprendre ce type de déclaration.
QUI s'est déjà senti si * que trouver chacune des touches d'un clavier azerty devienne difficile et fasse mal aux doigts parce que tout l'être nous porte aux vappes, floutte la vue, arrête les mouvements malgré soi et développe un cortège de symptômes plus ou moins inquiétants ?
* Etat d'anxiété stimulante où l'on ressent la situation d'entre-deux, la sensation d'un moment M, où l'on comprend que si l'on a fait ceci c'était pour en arriver là.
Pourtant même à 5 heures ce vendredi matin, la vie n'est pas un problème à résoudre. La vie est faite d'un temps. Qui passe. Si on attend trop avant de décider de s'en servir, il n'en restera plus assez pour vivre les choses qui n'auront pas eu lieu.
Bernard Werber a été la première étincelle, celle qui se produit après avoir frotté les pierres un long moment, celle dans laquelle on aperçoit "la possibilité de".
Les pierres sont celles d'Enid Blynton avant tout.
D'autres flammes sont alors aparues dans un halo doré dans lequel j'ai trouvé un miroir en fragments pourtant entiers, un ensemble de miroirs tous différents mais tous me reflétant, un ensemble qui se crée au fil des pages et des reliures, qui grandit toujours jusqu'à devenir chacune de mes cellules, chacune de celles qui naissent et meurent, et c'est pour ça qu'il est impossible de tous les trouver.
Dans un éminent et non-exaustif désorde, ils sont René Barjavel, Jack London, Jules Vernes, Franz Kafka, Charles Beaudelaire, Ovide, Pearl Buck, Sophocle, Isidore de Lautréamont, Paul Verlaine, Robert-Louis Stevenson, Jean Anouilh, Albert Cohen, Oscar Wilde, Jean Giono, Guillaume Apollinaire, André Breton, Philippe Le Guillou, Nicolas Vanier, Elisabeth Haich, Ray Bradbury, Paulo Coelho, Gustave Flaubert, Jean Racine, Robert Antelme...
Ce n'est qu'une infime partie du sommet de la pyramide.
Certains ont sautés de cette hauteur pour tomber sur moi à des moments cruciaux et m'ont apportés le poids de leur vie. Ils sont les flammes qui m'ont brûlées tellement bien, si profondément que j'ai cru devenir elles un instant, que j'ai cru être flamme parmi elles, au sein du brasier chaleureux où elles crépitent pour nous. Pour essayer de créer une chronologie relative, il suffit de se demander, non de quels livres on se souvient, mais quelles lectures passées ont été suffisemment vivaces pour que les frissons et les implications qu'elles ont engendrées s'animent encore à leur évocation.
Avant tout, Marcel Pagnol.
Et puis Anne Delbée, Philippe Delerm, Jean-Paul Sartres, J.K. Rowling, Charles Juliet, Yves Bonnefoy, Alberto Manguel, James Joyce, Marcel Proust, Thomas Mann, Christian Jacq, Jacques Lanzmann, Antonio Munoz Molina, Paul Auster... Et jusqu'à Marguerite Duras.
Si j'ai pu dire que je regrettais d'avoir choisi Lettres Modernes à la fac au lieu d'Arts Plastiques, ce fut une erreur.
Je ne le dirai jamais plus.
9 janvier 2009, après-midi
Voilà ce que j'ai écrit ce matin. Je l'ai écrit, et je ne me doutais pas encore, pourtant, de la hauteur à laquelle je le pensais. Même, en écrivant ces mots, en réveillant ces noms, je pensais "si il arrivait maintenant, ça ne ferait pas le moindre effet". C'était étonnant d'ailleurs, quand on tient compte de l' impatience savoureuse qui m'habite depuis quelques jours.
A midi, un coli en forme de livre est arrivé par la Poste. J'ai tressailli, mais c'était ma commande de la Fnac.
J'ai commencé à peindre. Dans un cadre improvisé par la boîte en carton du coli des livres de la Fnac. La peinture m'a avalée, autour se disputaient Yann Tiersen, Tryo et Jet pour que je les entende.
Et puis un porteur à domicile est arrivé. Je ne l'ai pas entendu, je n'entendais que mes pensées qui cognaient dans un pays lointain.
Soudain, il a été là.
"Lulu", écrit en gros caractères sur la même boîte, mais en plus précieuse.
J'ai continué à peindre, une minute, une minute trente.
On ne peut pas s'habituer à une telle idée. Alors j'ai lâché les pinceaux, j'ai posé mes yeux vers lui, qui était là, si petit dans cette grosse boîte, et si présent, tellement demain, futur du passé et temps passé après. Confusion des états, j'ouvre, je le touche sans le voir, sous la facture il est là, entre mes mains.
Je n'ose pas le regarder et puis je le vois, et puis je le regarde. Il est là et moi aussi, qui pleure, qui l'aime, qui est lui tellement. Un moi concentré dans ce périmètre sensible, les mots sur le papier, mes mots hors du pc où ils sont nés. Ils naissent à nouveau, cette fois dans le monde matériel, qui les sort du seul écrit pour le rendre tactile. J'entrouvre. Mes mots sous mes yeux. Il est magnifique.
C'est mon bébé qui vient de naître et le porteur était cigogne. Il est beau et c'est moi, c'est moi, il vient de Séville, je crois.
Anaïs Roussin, c'est l'auteur, c'est le seul, c'est l'écrivain de cet objet de papier et d'encre que je tient entre mes mains.
A Bernard, je demande :
- Tu as ressenti quoi, toi ?
Il me sourit. Juste à côté, sous son bras, sur la photo je me souris.
C'est la piste 19 de la BO du deuxième film d'Harry Potter qui passe à ce moment-là. C'est la plus belle, c'est celle de la fin du film. Il y a quelqu'un dans mon ordinateur, qui fait en sorte que la lecture aléatoire ne le soit pas.
Des larmes de joie, ça tombe pas tous les jours. C'est presque douloureux. La matérialité rend les choses si présentes, relativement à l'écrit, il faut le dire.
Il est plus gros que je ne l'imaginais. Je feuillette, je zieute, je picore mes mots comme en les récitant. Il y a des pans entiers que je connais par coeur. Je vérifie si la table des matières renvoit les titres aux pages exactes et c'est le cas.
Une réflexion me tombe sur le nez : "quel travail". Sur la couverture on voit la toile, et je trouve ça pas plus mal.
Encore persone d'autre que moi ne l'a vu, si ce n'est les imprimeurs.
Je lis un texte en entier, en voulant le découvrir à nouveau, et je le trouve beau. Il me remet des larmes aux yeux. Je ne l'ai pas écris pour moi. Je téléphone à Nanoue et dis ma joie à son répondeur.
J'imagine un autre regard sur mes titres. Je suis opaque et j'aime ça. Il y a des textes tellement intimes dans ce livre.
Rien d'autre qu'eux ne sont plus moi. Plus, en prononçant le 's'.
Page 247, il y a une apostrophe orpheline. Il y a tellement d'homages dans ce livre, qui ne seront jamais reçus.
J'ai envie d'en avoir mille. J'ai envie qu'on se reconnaisse dans mes lignes comme je me suis reconnue dans celles des autres. Je voudrais que ce soit des inconnus qui en fassent l'expérience, parce que ça ajouterait de la force au fait. Sur la couverture, sous la plume qui écrit le titre, Écrits, il y a l'encrier et je suis dedans.
Et sur la quatrième, ce sont des figues, mais voyez-y ce que vous voudrez, ce sera certainement la vérité aussi.
C'est au lecteur de faire le livre aussi, et c'est peut-être son tour, maintenant.
Je cherche à ouvrir cette fenêtre magique depuis laquelle on peut cliquer sur l'attrayant "fin de tâche".
Je voudrais choisir le programme qui s'est mal exécuté, qui a buggé, et lui dire de se la fermer.
Dans ma tête il fait du bruit et je ne peux pas m'endormir.
Alors je rallume la lumière et je prends un livre.
Le ravissement de Lol V. Stein, Marguerite Duras.
Je lis et, vous savez ? Je suis le premier chapitre.
Je ne crois pas au hasard moi, ce n'est pas nouveau.
Je découvre ces mots le 2 janvier 2009 et on voudrait me faire croire qu'ils n'ont pas été écrits pour ça.
Peut-être que beaucoup oseraient dire que ce n'est pas un appel, moi pas.
Je n'oserai pas parce que c'est loin d'être la première fois que la Littérature me fait ce coup-là.
Extraits choisis :
"... deux femmes franchissent la porte de la salle de bal du Casino municipal de T. Beach. (...) Lol, frappée d'immobilité, avait regardé s'avancer, comme lui, cette grâce abandonnée, ployante, d'oiseau mort. (...) Avait-elle regardé Michael Richardson en passant ? L'avait-elle balayé de ce non-regard qu'elle promenait sur le bal ? C'était impossible de le savoir, c'est impossible de savoir quand, par conséquent, commence mon histoire de Lol V. Stein. (...)
Aussitôt qu'on le revoyait ainsi, on comprenait que rien, aucun mot, aucune violence au monde n'aurait eu raison du changement de Michael Richardson. Qu'il lui faudrait maintenant être vécu jusqu'au bout. Elle commençait déjà, la nouvelle histoire de Michael Richardson, à se faire. (...) La femme était seule, un peu à l'écart du buffet. (...) Michael Richardson se dirigea vers elle (...). Lol, suspendue, attendit, elle aussi. La femme ne refusa pas. Ils étaient partis sur la piste de danse. Lol les avaient regardés, (...) elle parut les aimer. (...)
Lol avait instinctivement fait quelques pas en direction d'Anne-Marie Stretter en même temps que Michael Richardson. (...) Lol était retournée derrière le bar et les plantes vertes. (...) Ils avaient dansé. Dansé encore. Lui, les yeux baissés sur l'endroit nu de son épaule. Elle, plus petite, ne regardait que le lointain du bal. Ils ne s'étaient pas parlé. (...)
La nuit avançant, il paraissait que les chances qu'aurait eu Lol de souffrir s'étaient encore raréfiées, que la souffrance n'avait pas trouvé en elle où se glisser (...). Tous les trois, ils avaient pris de l'âge à foison, des centaines d'années (...). Lol resta toujours là où l'événement l'avait trouvée lorsque Anne-Marie Stretter était entrée, derrière les plantes vertes du bar. (...) Sans doute Lol (...), comme eux, n'avait pas encore pris garde à cet autre aspect des choses : leur fin avec le jour. (...)
L'orchestre cessa de jouer. (...) Les yeux baissés, ils passèrent devant elle. Anne-Marie Stretter commença à descendre, et puis, lui, Michael Richardson. Lol les suivit des yeux à travers le jardin. Quand elle ne les vit plus, elle tomba par terre (...). "
La première page du chapitre 2 dit ceci : "(...) elle criait en effet qu'elle n'avait rien à penser tandis qu'elle attendait, réclamait avec l'impatience d'un enfant un remède immédiat à ce manque."
Et un peu plus tard : "Elle se croit coulée dans une identité de nature indécise qui pourrait se nommer de noms indéfiniment différents, et dont la visibilité dépend d'elle. (...) Au décrochez-moi-ça de quelles aventures parallèles à celle de Lol V. Stein étouffées dans l'oeuf, piétinées et des massacres, oh ! qu'il y en a, que d'inachèvements sanglants le long des horizons, amoncelés, et parmi eux, ce mot, qui n'existe pas, pourtant est là : il vous attend au tournant du langage, il voue défie, il n'a jamais servi, de le soulever, de le faire surgir hors de son royaume percé de toutes parts à travers lequel s'écoulent la mer, le sable, l'éternité du bal dans le cinéma de Lol V. Stein. (...)
Remplacée par cette femme, au souffle près. Lol retient ce souffle : à mesure que le corps de la femme apparaît à cet homme, le sien s'efface, s'efface, volupté, du monde. (...) Michael Richardson avait été aimé en son temps d'un amour trop grand, rien de plus. (...) et Lol attend vainement qu'il la reprenne, de son corps infirme de l'autre elle crie, elle attends en vain, elle crie en vain."
Ctrl Alt Suppr sur ce bal de T. Beach qui ne sera jamais plus.
La fenêtre C11133 est toujours bloquée.
Oui, cette fenêtre là, celle du couloir des juristes, au premier étage du Conseil Général d'Ille-Et-Vilaine.
Si je repassais devant, j'y verrais encore son prénom.
Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Je ne sais pas ce qu'il fallait que je fasse ou que je ne fasse pas, je sais pas ce qu'il aurait fallu dire ou ne pas dire.
Je regrette mais je ne sais pas quoi.
"C'était inévitable", voilà ce que j'aurais pu dire. Que ça se passe mal, je veux dire, in-évitable. Parce que je suis moi et que tu es toi, c'est tout.
Je te hais mais je croise ton regard à chaque fois que je ferme les yeux. Je te hais mais je croise ton regard à chaque fois que je ferme les yeux. Je te hais mais je croise ton regard à chaque fois que je ferme les yeux.
Je pourrais l'écrire encore, l'écrire toujours, jamais tu ne te doûtera à quel point c'est vrai. Tu ne sais pas me lire et pourtant je suis certaine que si tu voulais tu pourrais me comprendre. Si je pouvais te parler. Si tu savais m'écouter.
Je vais disparaître de ta vie jusqu'au jour où je ne croiserai plus ton regard en fermant les yeux. Jusqu'au jour où je ne te haïrai plus de toutes les forces qui accompagnent le sentiment si agréablement vivant de toi dans mon esprit. Jusqu'au jour où je ne pourrai plus dire que je suis prête à faire n'importe quoi pour toi.
Je suis prête à faire n'importe quoi pour toi. Disparaître, aussi, parce que c'est ce que tu veux.
Je me fiche de tout et j'ai mal, mais tu te fiches du mal et c'est tout.
(Comment peut-on faire un si joli chiasme un premier janvier ? Tous les premiers janviers de ma vie ne sont que mauvaiseries.)
Ce sont les choses que j'ai à te dire et si tu ne les lis pas, d'autres le feront, c'est le principal. Je les connais et je les aime, mais je les aime si positivement, alors que je t'aime si mal et si malsainement qu'on croirait à la haine du condamné pour la vie qu'il quitte. La haine du condamné pour la vie qu'il quitte. C'est tellement ça. C'est l'exactitude du sentiment que je te porte. Mais jamais ni toi ni moi ne saurons vraiment combien le condamné peut aimer la vie dans ses derniers instants.
Si tu savais tout ce que j'aurai pu donner pour que tu me prennes une minute dans tes bras. Si tu savais tout ce que j'aurais pu tuer pour que tu tournes les yeux vers moi.
Moi je ne suis pas Europe et la suite est toujours vraie, malgré les heures qui passent et qui font semblants d'effacer les mots. Les mots qui comptent, qui comptent, pas seulement pour moi.
"Au fond vous êtes amis toi et lui, mais peut-être qu'il n'y a pas eu encore assez de temps à passer pour que vous vous en soyez rendu compte". Tu sais qui m'a dit ça cette nuit ?
Tu sors et je reste. C'était trop tôt et je le savais.
Il ne faut pas regretter, parce que c'était si beau. Ca vallait le prix que je paie. Sauf que, domage, c'est encore moi qui paie. Tant pis. C'est ma vie qui veut ça et je ne mourrai pas pour toi.
Je vais partir, loin, bientôt. Réaliser ma vie tellement différente. Je ne voulais pas de la tienne.
Je voulais seulement que tu n'ignore pas mon existence et notre passé.
Il ne reste rien à dire, je crois.
Je vais rejoindre la famille et l'alcool, et la brume de mes pensées.
Après avoir passé des dizaines d'heures de formatage, je ne pouvais plus entendre le nom de "pdf".
C'était fini, c'était foutu, c'était relégué à un futur lointain dans lequel je prendrais le temps de chercher un éditeur.
Et puis j'ai tenté cette solution si idiote qui m'est apparue cette nuit-là, il y a deux nuits, et à laquelle je n'avais tout simplement pas songé.
J'ai essayé, sans y mettre d'espoir, et ça a marché.
"Votre pdf est accepté sur les presses..."
Retenons-nous d'hurler, rien n'est encore fait.
Mais la couverture passe.
Anecdotique : le A de mon prénom est coupé sur la couverture.
Je pourrais attendre quelques semaines, suivre des cours de Photoshop et recommencer, atteindre la perfection matérielle.
Mais non, c'est ainsi qu'il doit être.
(Je ne comprends pas pourquoi maman se moque de moi quand je dis que c'est un accouchement)
Ma gestation est arrivée au bout et je ne peux plus attendre.
Ce matin, la commande est passée et je recevrai bientôt en direct des States, le premier exemplaire de mon premier livre.
Mon bébé.
On ne demande pas à son enfant d'être sans défaut. Le A sera coupé.
Si ça vous fait rire allez vous-en, vous ne comprenez rien.
Bientôt je me lancerai sur le marché mondial. Oui !
Bientôt, depuis tous les ordinateurs du monde, vous pourrez acheter mon livre.
380 pages, je les attends.
Je l'ai porté en moi, longtemps, deux ans.
Peu à peu il se formait, grandissait, prenait de l'importance en moi.
Puis il a demandé à sortir.
A exister ailleurs que sur des fichiers wordpad que ne lisaient que mon... cercle de fidèles !
Un bébé, on voudrait le garder pour soi, et en même temps on voudrait le montrer au monde entier.
Nous sommes à la fin de l'année 2008 et ce sont deux ans de mes écrits qui vont sortir sur les presses.
Ce livre est ce que j'ai été pendant ces deux années d'écriture,
et s'il contient des choses regrettables, c'est qu'elles y ont leur place.
Plus d'une centaine de textes ; des histoires, des nouvelles, des poèmes, des haïkus, des réflexions, des pensées, des choses innomables.
Mes Écrits.
Concrétiser l'écriture par la forme.
Ce qui me rend triste, c'est que beaucoup des gens que j'aime ne le liront sans doute pas.
Tant pis, ils ne sauront jamais qui je suis, c'est tout.
Ils ne le sauront pas parce que je ne suis moi que dans ce que j'écris.
Je sais qui sait.
Je sais qui ne veut pas savoir.
A partir de là, je sais où je vais, et j'y vais.
Je l'appréhende calmement.
Je suis serreine.
J'ignore s'il arrivera dans 10, 20, 30 jours.
Lorsqu'il sera là, peut-être je pleurerai, peut-être pas, je ne sais pas ce que ça fait de rencontrer ce qu'on a engendré.
Rencontrer ses mots sur une surface et se dire que cela est.
Je ne voudrais pas qu'il y ait de méprise, aussi je le précise : c'est d'auto-édition qu'il s'agit, ce qui signifie que personne ne me paie pour publier mais que c'est moi qui paie pour cela. Je n'ai fait aucune démarche pour trouver un éditeur, parce que ce n'est que mon premier livre (le second suivra, proche, mais je ne le commercialiserai pas, pour les raisons que vous savez...) et je souhaite attendre d'autres mots pour chercher un éditeur. Je n'ai pas décidé de prendre le temps d'en cherché un, je préfère commencer par l'auto-édition, voilà.
...
Mon nom sur la couverture d'un livre.
En 2006 je n'osais même pas y rêver.
Mais un rêve, ça s'accroche.
Quand on sait qu'on attend un enfant, on en rêve par avance. On l'imagine près de soi.
Jean-Jacques, encore une fois tu avais raison, "elle a fait un bébé toute seule". Je ne te croyais pas.
Oui mais vous, on ne vous a jamais dit que votre enfant ne pourrait pas naître si vous ne formatez pas correctement votre pdf avec des embedded polices.
Il faut s'accrocher à ses rêves.
Il ne faut pas se laisser avoir par des embedded polices.
"Si dans ta vie tu veux vraiment quelque chose, prend-le."
(Into the Wild, vers l'inconnu...)
Mon nom sur la couverture d'un livre.
C'est pour bientôt.
Cette fois j'y crois.
PS : en relisant cet article, j'ai l'impression qu'il n'est pas de moi.
Hier je balançais dans un coin perdu et sombre de la toile intersidérale du net l'une des idées qui sont ci-dessous. Une heure plus tard, Jean-Jacques me dit ces mots, que je dis avec lui, car je le connais, je le connais comme s'il m'avait faite. On dit, et encore une fois je comprends pourquoi je l'aime.
"On écrit bien mieux qu'on ne dit, on ose tout ce que la voix bannit."
Temps qu'il y aura du tant qu'il y en aura, à temps.
Et je la lis, ou je me lis, me relis, c'est la même chose. Je me lis en elle et justement, oui, justement c'est elle.
Que ce soit le jour ou la nuit, c'est pareil. Mais la nuit surtout, pourtant, parce que la nuit c'est fait pour ça. Ou pas.
Pour quoi est faite la nuit ?
Depuis combien d'années est-ce que je me pose la question ? Des réponses j'en ai plein . On est pas là pour se reposer.
Du temps on en a pas. Il faudrait que j'y entre. Ou ça ? Dans l'aujourd'hui. J'y suis, ça y est. On vit dans le je vais.
Donne moi du temps mon petit Papa Noël que j'aime. En petites pilules dorées ou alors apporte moi le retourneur de temps d'Hermione. Hermione, ma Belle Hermione qui n'est pas à moi.
Donne moi du temps pour que je puisse écrire, parce que si je ne peux pas écrire, je ne serais pas née.
Si je n'écrirai pas, je ne serais pas née. (Les scies aiment bien les raies quand elles les rencontrent au futur)
C'est comme elle, et je n'ai jamais cru au hasard, sinon je n'aurais jamais lu tous ces livres et je n'aurais jamais écris tous ces mots.
On n'invente pas, on assemble. Nous sommes artistes et receveurs, receveurs avant artistes, transmetteurs, vecteurs, des mots en heures, un peu comme un coeur en pleurs.
Non, je ne pleure pas, je ne pleure plus depuis que l'on m'en empêche. C'est difficile d'écrire quand on ne parvient plus à déprimer...
On n'invente pas, mais ensemble, si, peut-être. Pourtant est-ce qu'on ne peut pas écrire que seul ?
Je me souviens comme ça cognait avant, juste avant, au moment où il le faut parce que sinon c'est trop tard, au moment où il le faut parce que sinon ce n'est pas vivre et c'est être nul, et que je ne le suis pas, alors j'y suis allée. Parce qu'aussi après, peut-être que ça aurait été suspect. Au moment où on décide, au moment où l'on se lève et où l'on avance, au moment où l'on parle, pour dire n'importe quoi.
Dire n'importe quoi, parce que c'est le but du moment, mais vient un moment où il faut parler pour dire ce qu'on a à dire, non ? Je ne sais parler qu'en silence. Est-ce que tous les artistes sont artistes justement pour dire ce qu'ils ne peuvent pas prononcer ? C'est étonnant la facilité avec laquelle je trouve le mot que je cherche, sans le prononcer. Si je cherche sans crayon, il ne me trouve pas.
Je n'aime pas les gens qui ne m'aiment pas, je les déteste.
Et puis il y a des gens à qui il ne vaut mieux même pas dire qu'on les aime, ça finirait mal. Pour moi. Pourtant, c'est contredire l'idée de vivre. Est-ce complètement idiot d'attendre que la vie passe ? Les regrets, c'est bien aussi. Oui, c'est bien parce que ça permet d'écrire.
Et c'est bon de pouvoir commencer une phrase par le mot "et", parce qu'ainsi l'union naît sur le monde virtuel - ou le papier - et ça même si devant il n'y a rien.
Voilà, ça fait du bien. Merci. Maintenant je retourne à l'écriture de mon dossier sur les hiéroglyphes. C'est passionnant les hiéroglyphes, moi ça me passione. Mes parents sont en Egypte et moi aussi, en Egypte dans ma chambre. Je fais de l'Egypte au logis ^^
Un jour viendra, et j'attends ce jour au lieu de le faire venir à moi. Peut-être qu'un jour ça changera. Peut-être que ce sera juste avant qu'il ne soit trop tard.
Bonne tournée facteur, et joyeux soleil Christian. (et Christian c'est mon clavier et ce n'est que mon clavier. Et c'est lui qui prend le soleil avec moi, tous les matins.)
Je catalogue des livres allemands sur la Guerre, ça me fait une impression étrange. Surtout que je ne peux pas savoir ce qu'ils racontent.
"Des vieilleries", je cite.
Dans les valises que j'ai sous les yeux il y a lui et il y a elle. Je suis avant, c'est lui, je suis dans le rêve, c'est elle, mais en tous cas je ne suis pas là.
Il y a des lecteurs qui oublient la place qu'ils occupent entre les mots. Entre mes mots ?
Le monde avance vers son passé, toujours plus vite et plus proche du détour.
Mon livre de chevet, c'est le guide de la mobilité étudiante.
Les tests de méthologie documentaire sont décidemment d'un niveau bien ridicule, j'ai bien fait de ne pas aller en cours. Ou alors je suis une pro de la doc. Oui, ce doit être ça, je suis une pro de la doc. C'est mon métier, c'est pour ça. 100% de bonnes réponses en 4 minutes 37.
J'ai des projets d'avenir pour 50 ans d'études. Bac + 53, ça me va.
Je ne savais pas que c'était si simple de se débarrasser d'un tel fléau. Il SUFFIT de brancher une lampe. C'est magique, c'est un été synthétique. Novembre devient Avril. Comme les vitres redeviennent sable, comme l'encre redevient eau, comme les pupitres redeviennent arbres, comme la craie redevient falaise, comme le porte-plume redevient oiseau. (Merci Monsieur Prévert)
Humeur : souriante (c'est pour Guilhem mais c'est vrai)
Vide. Est-ce qu'on doit dire qu'il n'y en a qu'un, ou que vide ; c'est rien ? Et si c'est rien, qu'est-ce que je crains ?
Aliénée. Des bâtons dans les roues, des bâtons du destin. Comment expliquer les choses autrement que par des évidences ?
Opaque. Toujours plus, parce que c'est le fond de ce que je veux, même si ça ressemble au contraire. Ne volez jamais mon rêve, je disparaitrais de jalousie.
Âbime. Y vivre un temps, parce que finalement, plus qu'une bibliothèque, c'est chez moi. Combien de réalités se superposent pour parvenir au semblant ?
Doûtes. Mais c'est utile et je m'y reconnais, parce qu'il n'y a rien d'autre, rien, je le sais. Le quête est la même, la solitude est entière, c'est celle de ***.
Non-dits. Parce que c'est indicible. Passades éternelles, incompréhensible. L'humanité est folle et le clash est énorme d'une saison à l'autre.
Absence. On dit qu'il faut vivre. On dit certainement que demander "reviens", c'est interdit. Ou stupide.
il disparait et je ne sais pas si j'ai le droit de me fantômiser pour le rejoindre.
Nul en plus. Que veux-tu, c'est ainsi... En attendant... Quoi ? La vie ?
Cette scène est fulgurante d'un réalisme passé que rattrape la musique des années et du temps mort à jamais. Tiens, j'écris.
J'aime ça et je voudrais ne pouvoir faire que ça. Mais il ne faut pas, parce que la vie a décidé pour vous que vous deviez faire ce que vous faites. On obéit.
Je veux mon livre entre tes mains. Je veux ta peau sous les miennes.
Ecrire c'est vivre, écrire c'est être.
il disparaît et si je m'évapore ce n'est même pas dit que je le retrouve.
Un méchant et un gentil ça fait deux fois moins au final, alors qu'on croirait le contraire.
On est seul, toujours, partout, tout le temps. On le cache, mais quelques fois on se rend compte que c'est vrai.
Nous vivons sous le même soleil que des êtres, en tous points pareils, qui partagent leur existence entre l'espoir et la souffrance.
Nous gardons la blessure au coeur, la blessure du chagrin des peuples qui demeurent par la force ou par la violence en perdant jusqu'à l'espérance.
Les oubliésdu Toit du Monde nous appellent à chaque seconde, et leur chant se heurte en silence au vacarme de l'inconscience.
Les oubliés du Toit du Monde nous appellent à chaque seconde, mais leurs chants se perdent en silence, au désert de l'indifférence.
C'est la voix d'un peuple épuisé, la voix de ces femmes paralysées, qui revivent en un seul regard tout ce que leur coeur a pu voir.
C'est la voix d'un peuple brisé, la voix de ces moines martyrisés, qui nous offrent en un seul regard des milliers de vies de mémoire.
Cette lignée, si elle s'éteint avec le dernier Tibétain, laisserait pour l'éternité tant de portes, à jamais fermées.
C'était hier, c'était ailleurs,on disait « plus jamais l'horreur » ; c'est là, tout près, c'est maintenant, et je pleure pour tous ces gens.
C'était hier, c'était ailleurs,on disait « c'était une erreur » ; c'est là, tout près, c'est maintenant, et je rêve, pour tous ces enfants, d'un pays libre sur la Terre, à des milliers d'années-lumière de ces uniformes barbares, de la peur et du désespoir... Pour revivre sous le soleil une histoire en tous points pareille et pour pouvoir enfin raconter les chapitres inachevés.
Il est dit que jamais la flamme de la vérité, dans nos âmes, ne peut s'éteindre tout à fait et qu'elle nous éclaire en secret.
Comme du miel sur les blessures, j'entends toujours la voix, si pure, de la Tibétaine, chanter avec ses soeurs emprisonnées, quelque part au-delà des murs, j'entends toujours la voix, si pure, de la Tibétaine, chanter leur espoir en la liberté.
La Tibétaine au coeur si pur, qui chantait à l'ombre des murs, attendra jusqu'à ses tente ans pour revoir le soleil levant...
Chanson librement adaptée par mes soins : La Tibetaine, Yves Duteil
Vous êtes nombreux à m'avoir demandé de quoi a parlé le Dalaï-lama lors de la semaine d'enseignements à
laquelle j'ai assisté du 15 au 20 août 2008 au Zénith de Saint-Herblain (près de Nantes).
Pour ceux qui souhaiteraient prendre le temps de lire les notes que j'ai pris sur le vif,
je peux vous prêter mon dossier (plus de 30 pages et de jolis dessins qui vous plongeront dans l'ambiance... ^^).
Pour tous ceux dont la société a formé un esprit demandeur de rapide-simple-précis (et aussi pour mes amis qui habitent loin),
j'ai écrit une sorte de synthèse-analytique-résumatoire qui contient - j'espère - les idées les plus fondamentales
de ce qui a été enseigné relativement à la philosophie bouddhiste.
Voici mon texte.
Il s'adresse aussi à ceux qui prétendent que je suis allée dans une secte : qu'ils voient par eux-mêmes que
ce qui a été dit n'est que message de paix et d'amour bourré de bon sens et d'idées qui s'adressent aussi aux
occidentaux et qui ne font de mal à personne.
À ceux qui souhaitent la prendre, bonne route vers l'Éveil !
Naïs
[REPRODUCTIONS ET COPIES INTERDITES, MERCI.]
15 août 2008, Conférence sur le thème "Paix intérieure, paix universelle" :
À cause de la mort, toute personne porte en elle le désir d'accéder au bonheur pendant sa vie. Or, il semble que des obstacles s'opposent à cet attrait naturel ; parmi ceux-ci, les difficultés physiques (maladies, vieillesse) et mentales (angoisse, anxiété, solitude...). Pourtant, la force mentale est capable de surmonter les douleurs physiques (un état d'esprit positif aide à surmonter une maladie grave et l'empêche de devenir plus dramatique encore) et l'intelligence humaine est en mesure de remédier aux douleurs mentales puisque c'est elle qui gère nos émotions intérieures. Ces émotions intérieures sont de deux types : les états mentaux destructeurs (colère, haine... qui entraînent un sentiment d'inconfort) et les états mentaux constructifs (altruisme, compassion, pardon... qui amènent le soulagement et l'objectivité face aux événements, notamment la capacité à distinguer l'acte de celui qui commet celui-ci). C'est de notre capacité à gérer ces émotions négatives et positives que dépend notre bonheur.
Dans la voie qui mène à la compassion, il est important de comprendre que les hommes sont interdépendants. La compassion est d'abord liée à notre biologie fondamentale (le bébé a besoin de l'amour d'une mère pour survivre et croître sans séquelles) donc les hommes ont tous d'instinct le désir d'accéder au bonheur. Comprendre que les hommes sont égaux (reconnaître qu'ils ont la même souffrance et la même frustration que nous de ne pouvoir accéder au bonheur durable, mais aussi la même possibilité et la même capacité à se débarasser de la souffrance), c'est les placer sur le même plan que soi : voilà le premier pas vers l'altruisme.
"Le désarmement intérieur devrait être mondial" : nous devons construire plutôt que tuer. La non-violence et le dialogue pacifique peuvent résoudre les conflits. Transformer nos attitudes contribuera à prendre un chemin vers la paix universelle.
Du 16 au 20 août 2008, Enseignements sur la philosophie et les textes bouddhistes :
Trois questions fondamentales apparaissent chez chaque être humain : "Que suis-je ?", "Si un 'moi' existe, a t-il un début ?" et "A t-il une fin ?".
Intuitivement et de par notre expérience, on pense que ce 'moi' existe ("j'étais enfant", "j'étais malade") et on lui acolle la notion de 'miens' ("mon corps, "mes amis"). Or, le 'moi' n'a pas de permanence (absence de conscience pendant le sommeil, impossibilité à le trouver puisqu'il n'est pas dans une partie du corps...) donc il ne peut exister autrement qu'en tant qu'étiquette nominale que l'on attache au corps et au flot de la conscience : le 'moi' n'a donc pas d'existence indépendante ou intrinsèque. Cela dit, il a une existence conventionnelle, qui permet de le désigner en relation d'autre chose.
Toute chose est conséquence de quelque chose qui l'a précédé, résultat d'un ensemble de circonstances particulières (un Big-Bang même ne peut pas avoir pour cause le néant). La production des phénomènes se fait sur le mode de la dépendance : c'est la loi de cause-à-effet (ou causalité). Ainsi les choses n'existent que conventionnellement, en dépendance de leurs causes. Le fait que les phénomènes et les choses n'ont pas d'existence intrinsèque, c'est ce que l'on nomme la vacuité. Nos perceptions de la réalité sont erronées : en fait les choses n'existent qu'en relation avec d'autres (pas de 'haut' sans 'bas', une chose n'est grande ou petite qu'en comparaison d'une autre, l'arbre n'existe pas sans une graine à son origine...). On ne doit donc jamais isoler un événement en lui attribuant une charge totallement positive ou négative puisque tout dépend de facteurs singuliers.
Il faut donc s'en prendre aux causes des choses pour les faire cesser. Il en va ainsi de la souffrance. À son origine on trouve des facteurs interdépendants : pour briser ce vercle vicieux il faut rompre le lien le plus fragile : l'ignorance. On supprime l'ignorance par la connaissance : la connaissance de la vacuité notamment, permet de dissiper l'obscurité qui plane sur notre perception du monde. Et éradiquer l'ignorance permet de stopper la souffrance.
Réaliser la vacuité nécessite de procéder à un examen approfondi des choses. En cherchant, on ne trouve nulle part le 'moi' telle qu'on en a le concept : son existence est nominale. Percevoir le 'moi' comme tel permet de dissper la croyance en un 'moi' comme entité de conscience absolue et cela diminue le fait de comettre des actes qui attirent la souffrance. Cela permet aussi de se détacher de l'attachement à la notion de 'miens' et à l'attachement à la notion d'existence véritable des phénomènes (par exemple si on cherche une "main", on ne la trouvera pas : il n'y a en fait que des doigts, des ongles, une paume... Et finalement tout cela n'est fait que d'atomes, il n'y a donc pas de main dans l'absolu.).
Il faut prendre garde à rester dans la Voie du milieu : éviter le nihilisme (rien n'a d'existence) et le matérialisme (tout a une existence) : en fait les choses n'ont pas d'existence absolue (intrinsèque) mais elles ont un existence relative (conceptuelle, conventionnelle, nominale) : la nature ultime de toute chose est sa vacuité. Il faut analyser les choses selon leurs deux modes d'existence. Les deux aspects de la réalité sont importants pour éviter de sombrer dans une position extrémiste. L'ignorance, responsable de l'attachement à la perception solide de l'objet, une fois dissipée par la connaissance fondamentale de la vacuité, les liens interdépendants reponsables de la souffrance deviennent inofensifs (En bouddhisme, ces 12 liens sont appelés Roue de l'existence dans le samsara). L'arrêt de l'ignorance arrête le désir, la haine et autres "plaies" qui attirent la souffrance.
Telle est la voie qui mène à la bouddhéité ( = état du Bouddha : illumination, éveil. En boudhisme, on dit qu'atteindre l'éveil permet de se libérer du cycle des existences dans le samsara, d'atteindre la possibilité d'accéder au nirvana).
Un mot de sagesse :
"Si un problème peut être résolu, il n'y a pas de raison d'être anieux. S'il ne peut pas être résolu, il ne sert à rien d'être anxieux ; il faut accepter."
Amusant... Cette fois c'est un homme, 45 ou 50 ans, qui s'est assi en face de moi dans le métro. Pas l'air d'être très en forme... J'ai fais pareil qu'avec la petite fille de la veille. Pour tester, pour "voir". Sauf qu'à la place de la bouteille d'eau, j'ai sorti un triple-album de Francis Cabrel et j'ai dit "waaah, trop bieeen !!" J'ai jeté un coup d'oeil au monsieur, il me souriait grandement.
Me philantropiserais-je ? Moi qui détestais les gens.
Dans le métro. Une petite fille, dix ou douze ans, s'assied en face de moi, l'air morose. Une question s'impose à moi : comment la dérider ? Hop, Naïs fait l'andouille, actes I & II... Action !! Je sors de mon grand sac à la Mary Poppins, tour à tour, comme si je cherchais quelque chose de précis ; une brosse à dents, une fourchette, une boîte tuperware vide, un livre, un tube de dentifrice, un CD, le couvercle de la boîte tuperware, un gobelet-doseur, une cuillère, un yaourt à l'abricot, un crayon, un badge de travail, des papiers, une bouteille d'éludril, un pacquet de mouchoirs, un tube de mascara, un portefeuille, des lunettes de soleil, la boîte des lunettes de soleil, un chèquier, une pomme, la boîte de la bouteille d'éludril, une bouteille d'eau. Je bois une gorgée d'eau et dis à haute voix :"haa, dégueux". La petite fille se retient de rire, moi j'ai du mal. A me retenir. En fait on éclate de rire, où comme le dit courament ma chère Gémelle,"Nous rimes quelques instants".
"Croisons nos vies, de temps en temps" "En passant"
Camping-car (night in the) Bus (deubeul) Vie du Citoyen (Mz) Bus (A voir) Taj Mahal (Dinan et non India)
Il est 15h02 et ma meilleure amie ne m'a pas souhaité mon anniversaire. Elle n'est pas la seule. Il reste 8h58, je sais. A partir de minuit je fais la tête à tous ceux qui auraient dû ne pas oublier. Ceci n'est pas une menace, mais la stricte vérité.
15h30 : Il faut compter alors comptons : 5 lecteurs de périodiques 1 internaute debout 5 wifi 6 internautes résa 1 borne dvd 0 borne audio (comme d'hab) 13 "autres" qui travaillent ou se promènent = 31 gens à surveiller.
Le truc marrant c'est que s'il y en a un qui fait un peu de bruit, les 30 autres ME regardent pour qu'IL se taise. Le téléphone sonne en interne et on me souhaite mon anniversaire. Waww, c'est trop la classe. (Les 31 ne sont pas de cet avis mais tant pis.)
Le problème de commencer à midi, c'est qu'on a pas assez faim pour manger avant de venir. Je mangerai bien un gros gâteau d'anniversaire avec des bougies en chocolat. Traduction = J'ai faim.
Les ongles assortis au T-shirt : Turquoises. J'essaie en vain d'affirmer que je ne l'ai pas fait exprès mais on ne me croit pas.
Twenty ! Et encore beaucoup plus... A dire... ; A taire... A voir... ; A entendre... A vivre... ; A découvrir... A écrire... ; A lire... A peindre... ; A croquer... A sentir... ; A aimer...
"Personne, tu le sais bien, ne repasse par sa jeunesse" ...a dit Serge.
C'est con. C'est con mais c'est vrai : Je trouve la vie jolie. !!
C'est pas juste ! On m'a volé QUATRE dents et la petite souris est MÊME PAS passée. Pfff. Le monde n'est plus ce qu'il était. Ce qu'il était quand j'étais une petite fille. Anecdote : Juste au moment où j'ai senti l'anésthésie s'éprendre de mes membres et de chacune de mes cellules, j'ai eu comme pensée ultime... "J'ai pas encore 20 ans... J'ai toutes mes dents... Mais plus pour longtemps !" (Et paf, dodo.) Et ma Mamy m'a rappelé que quand elle m'a dit : "Haa, tu vas avoir 20 ans c'est le plus bel âge, profites-en !", Je lui ai répondu : "Non Mamy, pour moi le plus bel âge c'est quand on est enfant." ENFANT. Moi je retournerais bien, là-bas, entre 2 et 8 ans...
Quoi qu'il en soit voici la nouvelle : j'ai écrit un Harry Potter VIII !
...Et celui-ci cherche des lecteurs !!
Donc si vous faites partie de ceux qui ont lu les sept tomes avec avidité, et qui à la fin du dernier se sont dit "Ho non, c'est fini..." avec un soupir de tristesse infinie, cette histoire est pour vous : c'est parce que j'ai moi même eu ce blues que j'ai écris pour ceux qui n'auraient pas envie d'abandonner Harry aussi facilement.
Donc, avis aux intéressé(e)s : faites moi signe et je vous envoie le pdf !
ATTATION : C'est gratuit mais il y a une condition : tout lecteur doit me donner ses impressions !!
Dans ce desert... Une lumière, un frisson, une euphorie de toute puissance. Si l'on veut dire : un petit homme vert ? (Au choix : trois bonhommes rouges qui piffent) Natâlahïga, not'souät !
Des idées, des mots, des pensées. Des impressions tenaces, des sentiments d'étrange. Des gens, absents. Moi, seule. Des projets, des besoins. Des nécessités, des faux-semblants. Créative, créatrice ? Incomprise, imcompréhensible ?
Tous les ans, le 2 janvier, je prends la résolution de faire du sport. Le 3, j'attaque l'année avec force et conviction. Le 4 janvier, ce n'est plus qu'un mauvais souvenir.
Je me souviens de cette métaphore à laquelle j'ai pensé il y a quelques années à Sort (Catalogne espagnole) ...
Une bonne résolution dans une année, c'est comme une pagaie dans un canoé : si tu la tiens pas elle tombe à l'eau, mais tu avances toujours. Sauf que tu te diriges plus.
"Comment c'était dans l'monde sépia? Comment c'était la vie avant, La vie en noir et blanc ?"
Et ailleurs, c'est comment ?
En licence et en deust depuis bientôt 2 ans "Tu te demandes si tu vas pas tout plaquer, partir maintenant" Tes études, ta maison, ton petit badge des Champs Libres "Partir un an ou deux ou plus", sans adresse et sans billet de retour.
"Mettre des formes Prendre le large Elle veut vivre les normes et l'extralarge Glisser de la norme à la marge"
"Qu'est ce qui t'retiens ici c'est vrai tu dis tout l'temps..." Qu'il faut faire vite, qu'il est déjà quasi 20 printemps "...Que tes copines sont toutes casées Cocoonisées par l'habitude Qu'elles font la gueule Qu'elle sont plus tristes qu'un resté tout seul"
"Je n'aime rien tant que ces heures où tu t'énerves En montrant du menton ceux qui avalent les idées tout rond Toi tu n'maches pas tes mots et c'est comme ca qu'on t'aime Quand tu dis les sourcils en V On a pas l'temps d'attendre d'aller fertiliser les chrisanthèmes"
"Mettre des formes Prendre le large Elle veut vivre les normes et l'extralarge Glisser de la norme à la marge"
"Alors toutes dispositions à l'ennuie s'envolent Quand elle rêve d'excès, de démeusure et de sensations folles. Se font la malle les lapins, les rateaux, les grippes et les rentrées Les mois d'novembre et les lundis, les découverts et les trains ratés."
"La vie s'obstine dans ses heures assassines" Oui, encore et toujours elle s'obstine... Oui, encore et toujours je le répette, elle s'obstine Et après qu'est-ce qu'elle fait ? Elle met un pied devant l'autre, elle avance. La vie a deux pieds. Etrange... Moi aussi.
Ces choses que l'on voudrait ne pas avoir à dire. Ces choses que physiquement l'on est obligé de prononcer. Même si c'est pas bien.
"Ca fait un an qu'il m'a quittée..."
Ca changera rien de l'écrire. "C'était un jour bizarre, un jour sans soleil et sans vent..." Tss. Penses donc à autre chose. - J'essaie, qu'est-ce que tu crois ? Ca marche. Des fois.
"Comme un soleil couchant de Méditerranée" "Comme le vin de Bordeaux dans ma tête étoilée" "Comme le sang de Rimbaud coulant sur un cahier" "Comme la mer qui recouvre le désert de Judée" "Comme les joues d'un enfant quand il a trop joué" "Comme cette étoile au cœur de ce dormeur couché"
"Comme la couleur du ciel quand il va s'écrouler" "Comme le feu des Tziganes quand les violons s'affolent"