
Nous vivons sous le même soleil que des êtres, en tous points pareils,
qui partagent leur existence entre l'espoir et la souffrance.
Nous gardons la blessure au coeur, la blessure du chagrin des peuples qui demeurent
par la force ou par la violence en perdant jusqu'à l'espérance.
Les oubliés du Toit du Monde nous appellent à chaque seconde,
et leur chant se heurte en silence au vacarme de l'inconscience.
Les oubliés du Toit du Monde nous appellent à chaque seconde,
mais leurs chants se perdent en silence, au désert de l'indifférence.
C'est la voix d'un peuple épuisé, la voix de ces femmes paralysées,
qui revivent en un seul regard tout ce que leur coeur a pu voir.
C'est la voix d'un peuple brisé, la voix de ces moines martyrisés,
qui nous offrent en un seul regard des milliers de vies de mémoire.
Cette lignée, si elle s'éteint avec le dernier Tibétain, laisserait
pour l'éternité tant de portes, à jamais fermées.
C'était hier, c'était ailleurs, on disait « plus jamais l'horreur » ;
c'est là, tout près, c'est maintenant, et je pleure pour tous ces gens.
C'était hier, c'était ailleurs, on disait « c'était une erreur » ;
c'est là, tout près, c'est maintenant, et je rêve, pour tous ces enfants,
d'un pays libre sur la Terre, à des milliers d'années-lumière de ces uniformes barbares,
de la peur et du désespoir... Pour revivre sous le soleil une histoire en tous points pareille
et pour pouvoir enfin raconter les chapitres inachevés.
Il est dit que jamais la flamme de la vérité, dans nos âmes, ne peut s'éteindre tout à fait
et qu'elle nous éclaire en secret.
Comme du miel sur les blessures, j'entends toujours la voix, si pure, de la Tibétaine,
chanter avec ses soeurs emprisonnées, quelque part au-delà des murs,
j'entends toujours la voix, si pure, de la Tibétaine, chanter leur espoir en la liberté.
La Tibétaine au coeur si pur, qui chantait à l'ombre des murs,
attendra jusqu'à ses tente ans pour revoir le soleil levant...
Chanson librement adaptée par mes soins :
La Tibetaine, Yves Duteil



