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Mon bloc perso.
"Elle écrit seule à sa table...Et son café refroidit."
Publié le 09/01/2009
Par moicninis4
Humeur : Gaie

 Sourire

9 janvier 2009, fin de matinée

 

Bernard Werber a été la première étincelle, celle qui se produit après avoir frotté les pierres un long moment, celle dans laquelle on aperçoit "la possibilité de".

Les pierres sont celles d'Enid Blynton avant tout.

 

D'autres flammes sont alors aparues dans un halo doré dans lequel j'ai trouvé un miroir en fragments pourtant entiers, un ensemble de miroirs tous différents mais tous me reflétant, un ensemble qui se crée au fil des pages et des reliures, qui grandit toujours jusqu'à devenir chacune de mes cellules, chacune de celles qui naissent et meurent, et c'est pour ça qu'il est impossible de tous les trouver.

Dans un éminent et non-exaustif désorde, ils sont René Barjavel, Jack London, Jules Vernes, Franz Kafka, Charles Beaudelaire, Ovide, Pearl Buck, Sophocle, Isidore de Lautréamont, Paul Verlaine, Robert-Louis Stevenson, Jean Anouilh, Albert Cohen, Oscar Wilde, Jean Giono, Guillaume Apollinaire, André Breton, Philippe Le Guillou, Nicolas Vanier, Elisabeth Haich, Ray Bradbury, Paulo Coelho, Gustave Flaubert, Jean Racine, Robert Antelme...

Ce n'est qu'une infime partie du sommet de la pyramide.

 

Certains ont sautés de cette hauteur pour tomber sur moi à des moments cruciaux et m'ont apportés le poids de leur vie. Ils sont les flammes qui m'ont brûlées tellement bien, si profondément que j'ai cru devenir elles un instant, que j'ai cru être flamme parmi elles, au sein du brasier chaleureux où elles crépitent pour nous. Pour essayer de créer une chronologie relative, il suffit de se demander, non de quels livres on se souvient, mais quelles lectures passées ont été suffisemment vivaces pour que les frissons et les implications qu'elles ont engendrées s'animent encore à leur évocation.

Avant tout, Marcel Pagnol.

Et puis Anne Delbée, Philippe Delerm, Jean-Paul Sartres, J.K. Rowling, Charles Juliet, Yves Bonnefoy, Alberto Manguel, James Joyce, Marcel Proust, Thomas Mann, Christian Jacq, Jacques Lanzmann, Antonio Munoz Molina, Paul Auster... Et jusqu'à Marguerite Duras.

 

Si j'ai pu dire que je regrettais d'avoir choisi Lettres Modernes à la fac au lieu d'Arts Plastiques, ce fut une erreur.

Je ne le dirai jamais plus.

 

 SourireMoqueurSourire

9 janvier 2009, après-midi

 

Voilà ce que j'ai écrit ce matin. Je l'ai écrit, et je ne me doutais pas encore, pourtant, de la hauteur à laquelle je le pensais. Même, en écrivant ces mots, en réveillant ces noms, je pensais "si il arrivait maintenant, ça ne ferait pas le moindre effet". C'était étonnant d'ailleurs, quand on tient compte de l' impatience savoureuse qui m'habite depuis quelques jours.

A midi, un coli en forme de livre est arrivé par la Poste. J'ai tressailli, mais c'était ma commande de la Fnac.

J'ai commencé à peindre. Dans un cadre improvisé par la boîte en carton du coli des livres de la Fnac. La peinture m'a avalée, autour se disputaient Yann Tiersen, Tryo et Jet pour que je les entende.

Et puis un porteur à domicile est arrivé. Je ne l'ai pas entendu, je n'entendais que mes pensées qui cognaient dans un pays lointain.

 

Soudain, il a été là.


"Lulu", écrit en gros caractères sur la même boîte, mais en plus précieuse.

J'ai continué à peindre, une minute, une minute trente.

On ne peut pas s'habituer à une telle idée. Alors j'ai lâché les pinceaux, j'ai posé mes yeux vers lui, qui était là, si petit dans cette grosse boîte, et si présent, tellement demain, futur du passé et temps passé après. Confusion des états, j'ouvre, je le touche sans le voir, sous la facture il est là, entre mes mains.

Je n'ose pas le regarder et puis je le vois, et puis je le regarde. Il est là et moi aussi, qui pleure, qui l'aime, qui est lui tellement. Un moi concentré dans ce périmètre sensible, les mots sur le papier, mes mots hors du pc où ils sont nés. Ils naissent à nouveau, cette fois dans le monde matériel, qui les sort du seul écrit pour le rendre tactile. J'entrouvre. Mes mots sous mes yeux. Il est magnifique.

C'est mon bébé qui vient de naître et le porteur était cigogne. Il est beau et c'est moi, c'est moi, il vient de Séville, je crois.

 

Anaïs Roussin, c'est l'auteur, c'est le seul, c'est l'écrivain de cet objet de papier et d'encre que je tient entre mes mains.

A Bernard, je demande :

- Tu as ressenti quoi, toi ?

Il me sourit. Juste à côté, sous son bras, sur la photo je me souris.

 

C'est la piste 19 de la BO du deuxième film d'Harry Potter qui passe à ce moment-là. C'est la plus belle, c'est celle de la fin du film. Il y a quelqu'un dans mon ordinateur, qui fait en sorte que la lecture aléatoire ne le soit pas.

 

Des larmes de joie, ça tombe pas tous les jours. C'est presque douloureux. La matérialité rend les choses si présentes, relativement à l'écrit, il faut le dire.

Il est plus gros que je ne l'imaginais. Je feuillette, je zieute, je picore mes mots comme en les récitant. Il y a des pans entiers que je connais par coeur. Je vérifie si la table des matières renvoit les titres aux pages exactes et c'est le cas.

Une réflexion me tombe sur le nez : "quel travail". Sur la couverture on voit la toile, et je trouve ça pas plus mal.

Encore persone d'autre que moi ne l'a vu, si ce n'est les imprimeurs.

 

Je lis un texte en entier, en voulant le découvrir à nouveau, et je le trouve beau. Il me remet des larmes aux yeux. Je ne l'ai pas écris pour moi. Je téléphone à Nanoue et dis ma joie à son répondeur.

J'imagine un autre regard sur mes titres. Je suis opaque et j'aime ça. Il y a des textes tellement intimes dans ce livre.

Rien d'autre qu'eux ne sont plus moi. Plus, en prononçant le 's'.

Page 247, il y a une apostrophe orpheline. Il y a tellement d'homages dans ce livre, qui ne seront jamais reçus.

 

J'ai envie d'en avoir mille. J'ai envie qu'on se reconnaisse dans mes lignes comme je me suis reconnue dans celles des autres. Je voudrais que ce soit des inconnus qui en fassent l'expérience, parce que ça ajouterait de la force au fait. Sur la couverture, sous la plume qui écrit le titre, Écrits, il y a l'encrier et je suis dedans.

Et sur la quatrième, ce sont des figues, mais voyez-y ce que vous voudrez, ce sera certainement la vérité aussi.

 

C'est au lecteur de faire le livre aussi, et c'est peut-être son tour, maintenant.

 

Les commentaires
Publié le 11/01/2009
Par Nanoue
Rhaaaaa quel bonheur ma chéwie!
Dégoutée d'avoir loupé ça, comme tu peux t'en douter j'étais au boulot :s
Apporte ton bébé quand tu viendras :)
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