Précédent Créer son blog Suivant Signaler un abus Noter :  
Trafic
1 connecté
4561 visiteurs
Mon bloc perso.
"Elle écrit seule à sa table...Et son café refroidit."
Publié le 21/05/2009
Par moicninis4
Humeur : Souriante
Cool

Ushuaïa.
Et je me couche, plutôt fatiguée par ce soleil nouveau et ces examens qui ne mènent à rien.
Je voudrais dormir. Mais il faut écrire.
J'allume et entre-ouvre un oeil.

Ce que je vois d'abord, c'est un tube d'Odomos posé sur une couverture de survie.
Dessous ; un grand carnet, à côté ; deux flacons de désinfectant, une bombe d'insecticide pour vêtements, une trousse noire, une boîte de pastels, deux petites bouteilles vides, l'une en verre et l'autre en plastique, une bombe de laque, une pochette ventrale, un sac poubelle, un K-way, du papier à bulle.


Tout ça est entassé sous un banc. Sur ce banc, à cette place depuis plusieurs mois, le Guide du Routard.
INDE DU NORD, EDITION 2009.


Un peu plus haut, sur une étagère, un calendrier,
vous savez, de ces calendriers où l'on doit tourner chaque jour une page pour lire une blague de Geluck.

20 JUIN.

Il est sur la date du 20 juin depuis plusieurs mois lui aussi, depuis le jour où le Routard est arrivé sur le banc peut-être.
Il est passé du 2 janvier au 20 juin en tous cas.
Ce qui ne veut pas dire qu'il soit scotché au 20 juin depuis le 2 janvier.
Disons simplement qu'un jour il a fallut tourner la page, alors pourquoi pas tout un tas de pages.


Il y a aussi, si l'on redescend sur le banc du Routard, une petite pile de quatre livres identiques, à la couverture bleue et violette, ce sont les derniers, il paraît que trois sont réservés.
Il y a d'autres livres aussi, un peu, beaucoup, une fois j'en ai compté trois cent.


Il y a Beatus Ille, il y a la photo où je suis avec Bernard et celle de Bernard qui sourit, qui me souriait, qui souriait aux photographes officiels. Le volet est fermé. Sur le lambris il y a les tableaux de mes couvertures, il y a un paysage Corse et une vue sur le Golden Gate. Il y a les trois photos où on me voit à deux ans avec Clément. Il y a autre chose, il y a cette enfant qui me regarde et qui sourit. Il y a des morceaux de moi, il y a des morceaux de vous, il y a des morceaux d'eux, des instants de là-bas, un téléphone qui ne sert plus que de réveil et une boîte de mouchoirs. Il y a du matériel de dessin, une certaine quantité d'ailleurs, il y a des tas de dessins dans des pochettes, d'autres dessins dans des boîtes et la photocopie de cette patte d'éléphant posée sur la tête d'un poussin, parce que Malory. Il y a Matata, parce qu'Annaëlle.

Dans mon dos, derrière l'oreiller sur lequel je suis adossée, il y a un texte du Dalaï-lama, il y a sa photo, la pochette d'un vinylle, il y a Nanoue et moi à Saint-Malo, un jour qui est resté présent. Sur cette photo j'ai encore mes lunettes framboise, celles d'aujourd'hui sont cerise et en plus elles se règlent mal. A mes pieds il y a un réveil qui parle si on lui demande l'heure.

Si je lève la tête, si vous baissez la votre, il y a Jean-Jacques, parce que Jean-Jacques. En dessous il y a un batique et au dessus des moutons, parce que je suis insomniaque quelques fois et qu'alors il faut bien les compter. Il y a un clou dans le plafond, mon plafond en T, mais la moustiquaire n'y est plus, elle est pliée dans un sac et attend. Il y a un rouleau de craft qui dépasse d'une pochette. Il y a ce dromadaire en palme sêchée qu'un enfant m'a donné à Zagora. Ce Dieu de la légèreté en argile, parce que l'atelier. Ces attrapes-cauchemars qui viennent des Indiens Navaros, parce que les Indiens, parce que l'Ouest Américain, parce qu'Eric et parce que les autres. Il y a une reproduction d'un tableau de Denis O. et plus loin celle d'une photo de Marylin. Une photo avec Aymeric, une avec Emilie et ce Wriggles, une avec Nanoue encore et la photo sur ce bateau grec, parce que les Marins, tout de même. Et des coccinelles, parce que c'est depuis longtemps.


Je tourne la tête, il y a le Routard sur le banc.
Le Routard sur le banc.
Un Routard sur un banc.


Il y a le Routard et puis l'Odomos.
Il y a moi dans mon lit.
Il y a mon ordinateur sur mes cuisses, parce que sur mes genoux il serait trop loin.
Il y les mots, il y a le Routard.
Il y a l'Odomos et le reste, ils sont sous le banc et ils attendent un abri.


Ils attendent un sac à dos, en fait.
Ils attendent de rejoindre la date annoncée par le Chat.
Ils m'attendent.


Je vais laisser le banc, je vais prendre le Routard.
Je vais laisser les livres, je vais prendre l'Odomos.


Je vais laisser le calendrier, je vais prendre le large.
Je vais laisser les photos, je vais prendre mon sac à dos.

Les commentaires
Publié le 23/05/2009
Par Gémelle
Et t'as bien raison !
Odomos a aplliqué généreusement à partir de 6heures du soir, il fait nuit tôt !
Publié le 23/05/2009
Par moicninis4
a appliquer :p
Publié le 29/05/2009
Par Nanoue
Même pas de photos dans ton sac à dos??^^
Publié le 05/06/2009
Par moicninis4
rha non, y'a plus de place :p
Publié le 05/06/2009
Par moicninis4
dans ma tête les photos !
Ajouter un commentaire