La vigilance et la mobilisation des salariés et de la population sont toujours nécessaires !
C’est en lisant « Sud Ouest » lors de la manifestation du 20 décembre 2008, que les salariés de Ford avaient appris le nom du groupe allemand qui envisageait une reprise de leur entreprise et ce n’est que bien plus tard que la direction de Ford en a fait l’annonce officielle après des mois de silence acharné. Christine Lagarde, la ministre de l’Economie des Finances, est venue parader à Bordeaux pour annoncer qu’une situation avait été trouvée. Les pouvoirs publics et les élus se sont congratulés : une issue heureuse aurait été trouvée à la décision de Ford de fermer son usine Ford Aquitaine Industrie à Blanquefort. Il est vrai que le dossier Ford pèse lourd sur la situation économique et sociale locale : 2174 emplois directs et 10 000 emplois indirects et induits !
Une solution qui est avant tout le résultat de la détermination des salariés et du soutien de la population.
En fait, ce dénouement est avant tout le fruit de la mobilisation des salariés – blocage des sites, montée au Mondial de l’auto à Paris, actions de popularisation auprès de la population. C’est cette mobilisation des salariés et le soutien de la population qui a permis les interventions des élus et a empêché la direction de Ford de déménager à la cloche de bois !
La reprise de Ford Aquitaine Industrie par une holding financière, HZ Holdings et son partenaire le groupe Johan Hay est une solution suffisamment rare dans ce contexte de crise dans l’automobile et de chômage partiel et de licenciements massifs, pour ne pas s’en réjouir.
Mais les salariés de Ford et les responsables syndicaux qui ont mené la lutte pour qu’une solution soit trouvée par Ford n’en restent pas moins prudents et vigilants.
Des questions qui attendent des réponses
Ils souhaitent en savoir plus sur les projets de leur repreneur. Le premier problème qui se pose est de savoir si cette solution est viable à terme. Tous les salariés de la région bordelaise se rappellent comment une autre grand entreprise multinationale étasunienne, IBM, s’était débarrassé de son site de Cestas-Canéjan en « sous traitant » les licenciements à une autre entreprise électronique – Solectron - qui avait multiplié les plans de licenciements - avant qu’un autre groupe –Flextronics ne vienne fermer le site.
C’est la première crainte qu’ont les salariés de Ford : qu’après « l’euphorie médiatique » crée par l’annonce de la reprise, un scénario de type « Solectron » ne se mette en place.
Pour écarter cette crainte, les questions sont simples : quels sont les projets industriels du groupe repreneur ? Quels investissements compte-t-il engager st sur combien d’années ? Quels sont ses projets sociaux ? Déjà des bruits inquiétants circulent sur des projets d’externalisation de certains secteurs de l’entreprise !
Rien n’est donc réglé à Ford ! Nous devons plus que jamais être aux côtés des salariés de Ford dans la période qui s’annonce : les négociations sur les modalités concrètes de la reprise vont de dérouler sans les semaines qui viennent à raison de deux séances par semaine : le lundi et le jeudi.
Le NPA de Saint Médard en Jalles qui avait été à l’origine de la création avec le PS et les Verts des Jalles d’un comité de soutien aux salariés de Ford qui avait appelé à la manifestation du 20 décembre 2008, continuera son travail d’information et de solidarité.










