Voici des extraits de l'interview de Patrick Sébastien par TV8.ch. Je vous voit d'ici : quoi mais il est fou, il diffuse la parole d'un copain de Chirac. certes mais lisez bien et vous verrez que nous sommes pas les seuls à être remontés contre notre gland président. C'est saignant et succulent. La seule chose qui me fasse tiquer c'est le fait qu'il fasse parti des résistants, je demande à voir. Pour le reste, je vous laisse juger.
Trente ans de télé, quel changement.
Ce n’est plus le même outil. J’ai eu la chance de travailler dans un média où on pouvait rêver, où passer à la télé voulait dire quelque chose, où le but n’était pas d’être riche et célèbre, mais la création. La télé d’aujourd’hui fait encore de bonnes choses; mais pourquoi la majorité des journaux télé ne parle-t-elle que des séries américaines et de la téléréalité? Pour résumer, je suis de L’école des fans et L’île de la tentation, c’est l’école des putes! Ce qui est triste, c’est tous ces mômes qui m’arrêtent dans la rue pour me dire: «Aide-moi à devenir riche et célèbre!» Avant, la télé était une fenêtre. C’est devenu un trou de serrure. Il y en a qui ont compris qu’un certain public a plus envie de regarder par un trou de serrure que par la fenêtre. Du voyeurisme pur. Je vais vous dire comment faire de l’audience: tous les soirs, pendant une demi-heure, vous mettez une émission «spéciale accidents», sous prétexte de prévention routière. Vous faites un carton! C’est ça, la nouvelle télé. Et les animateurs avec un prompteur, une oreillette. Le seul mal qu’ils se donnent? Lire. Les gonzesses, elles, doivent être jolies; et après, lire la météo ou les infos. Je n’ai aucun mépris. Il faut juste savoir que nous ne sommes pas dans ce monde-là mais dans la réalité que les gens vivent.
Vous vous voyez comment dans cet avenir, cette nouvelle télé?
Vous vous voyez comment dans cet avenir, cette nouvelle télé?
Mort (rires)! Mort très, très vite! Tant qu’ils me veulent pour continuer à faire ce que j’aime, je continuerai. J’aimerais que le Cabaret dure jusqu’à ce que ma petite fille de 1 an soit en âge de le voir. Le jour où ils ne me voudront plus, je ne me battrai pas. S’ils me demandent de faire autre chose, ce sera non. Je n’ai jamais fait de compromis, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Mais je suis à la merci du premier petit con venu délégué par Sarkozy qui prendra la chaîne et dira: «Celui-là, je l’aime pas, on le jette!»
Sarkozy place ses hommes?
C’est la moindre des choses dans un régime comme celui-là. Il tient sur l’apparence. Je le connais bien. Je sais comment il fonctionne et sur quoi il fonctionne. Il est au service du pays, bien sûr, mais avant tout, il est au service de sa propre personne. J’ai un mépris profond pour tous les hommes politiques qui font du showbiz, n’ont plus d’idées de l’Etat, n’ont plus le goût du sacrifice. La seule chose importante pour eux, c’est de passer au journal télévisé. Aujourd’hui, on est dans un système qui ressemble, hélas, à une période dure de notre vie, quand il y avait des collaborateurs et des résistants. Ce pays est partagé entre les uns et les autres. Il y a ceux qui passent à la télé et ceux qui ne passent pas. Ceux qui ont des avantages et ceux qui n’en ont pas. Je ne suis certes pas à plaindre, mais je fais quand même partie des résistants; autour de moi, je vois des gens qui en bavent tous les jours, et je n’accepte pas! Et mes impôts, on peut me les augmenter quand on veut, je ne partirai pas en Suisse!
Des résistants comme vous, il n’y en a pas beaucoup.
Il faut en avoir les moyens. Sarkozy, la chose qu’il a le plus créée, c’est le désespoir! Et le désespoir n’est pas filmable. On ne va pas à la télé – et on ne vous invite surtout pas – pour dire «je suis désespéré». Derrière les faits divers qui arrivent tous les jours, il y a des gens désespérés parce que ce qu’ils vivent au quotidien est dur, leur boulot, leur niveau de vie, tout est dur. Ils sont désespérés, fatalistes.
Source TV8.ch
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