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Zoé : Bravo, voilà des articles nuancés et complet sur un sujet trop souvent traité avec des clichés... merci, cette lecture m'a fait du bien
isa : pas facile surtout de s'avouer à soi même un non désir d'enfant
Louise : pour le moins inhabituelle me fait beaucoup réfléchir.
Louise : Bonjour Psyché, ton blog est extrêmemnt intéressant ! J'entends aujourd'hui qu'une femme de 59 ans va bientôt être mère. j'avoue que cette situation
amar : etre ou ne pas étre mère
Publié le 24/07/2008 à 14:23
Par psyche

Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit :
“ Parlez-nous des Enfants”.

Et il dit :

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées,
car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, telles des flèches vivantes.
L'archer vise la cible sur le chemin de l'Infini,
et Il vous tend de sa puissance afin que ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l'archer vise la joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.

Khalil Gibran





Faire ou non un enfant ? Voilà la question. Et d’abord, quel enfant ? Un enfant sujet ? Un enfant objet ? Un enfant à aimer, à éduquer, à dresser ? Quel enfant au juste ?
Chacun sait qu’un enfant vient au monde avec son empreinte spécifique, ses potentialités, ses tendances. Les amérindiens le considèrent ainsi : l’enfant vient au monde pour être ce qu’il est, pour élever ses qualités d’âme, pour vivre sa propre nature, avec l’aide éclairée de ceux qui l’entourent. C’est sous forme de prière à la première pleine lune, que les adultes amérindiens demandent à leurs nouveaux-nés des les aider à les connaître : “ apprends-nous à savoir qui tu es et sois patient avec nous !”. Un regard bien loin du nôtre.

Notons également l’approche de Khalil Gibran : “ vos enfants ne sont pas vos enfants”, un prolongement vers d’autres horizons, d’autres aperçus, d’autres lunes.

Mais venons en à la réalité de notre société. Aujourd’hui, l’évolution des comportements marque plutôt un fléchissement de l’autorité parentale et un accroissement du manque de repères chez les enfants. Du parent despotique au parent laxiste, les parents sont dépassés ! De l’enfant soumis à l’enfant tyran, les enfants sont égarés ! Qu’est devenue la place du parent ? Qu’est devenue la place de l’enfant ? Qu’est devenue la place de la maternité ?

La procréation pouvant être contrôlée par chacun, faire un enfant revient désormais à lui donner une place de choix. D’un côté la responsabilité des femmes qui procréent est d’autant plus lourde que la société utilise l’argument d’une contraception désormais très répandue contre les parents en difficulté. Le sentiment de "propriété" que certains parents éprouvent, en outre, à l’égard de leur progéniture, "désirée" (contraception oblige), fait de l’enfant un être-objet, à qui la juste place n’est peut-être pas encore accordée, car mal définie. D’un autre côté, le destin des femmes qui n’accordent pas de place dans leur vie pour un enfant, provoque, là encore, l’envie d’aller voir du côté de cette place.
Qu’une place soit accordée ou non à l’enfant dans la vie d’une femme, ce thème est si intimement lié à la maternité.
Puissions-nous réinventer un monde plus ouvert, accorder aux enfants la place qui leur convient, puissions-nous comprendre les propos de Khalil Gibran.

Publié le 24/07/2008 à 14:29
Par psyche



Comme tous les autres moyens de contraception, la pilule peut présenter des failles. Le planning familial reçoit un grand nombre de demandes pour des tests de grossesse, et tous ne sont pas consécutifs à des rapports non protégés.

En France, deux tiers des grossesses surviennent d’ailleurs au cours d’un rapport protégé (pour mémoire, rappel de chiffres de l’annexe 2 : une grossesse sur trois n’est pas prévue et, dans ces grossesses non prévues, seule une sur trois survient chez des femmes qui n’utilisent pas de contraception).
Pourquoi ? Aucun rapport n’est pas à l’abri d’un préservatif qui craque, d’un problème de stérilet, ou d’une pilule dont le dosage n’est pas adapté, d‘une pilule oubliée ou évacuée au cours d’une maladie (diarrhée, vomissement).
Cet aspect est très important puisqu’il soulève un autre préjugé, selon lequel "si une femme est enceinte, c’est qu’elle l’a bien voulu", entendez "elle n’avait qu’à pas avoir de rapport !". Prônons l’abstinence, faisons vœu de chasteté et il n’y aura plus de grossesse !
Revenons à notre sujet : la conseillère est tenue de se garder de tout jugement sur ce qui amène une femme à faire cette demande de test de grossesse. Rapport protégé, rapport non protégé, viol, tout peut se dire car tout doit pouvoir s’entendre.
Certaines des femmes que j’ai interviewées, dans le cadre du mémoire, ont été enceintes à un moment donné de leur vie, après avoir cessé de prendre la pilule pour des motifs très variés (rupture amoureuse, problème de santé, changement de pilule). Non pas qu’elles aient tout mis en œuvre pour être enceintes mais elles n’ont pas tout mis en œuvre pour se protéger. Pourtant, elles ne voulaient pas d’enfant, mais le paradoxe n’est qu’apparent. Quand je leur ai demandé "pourquoi ce manque de précaution ?", certaines ont répondu, je cite, "inconsciemment, je voulais vérifier que je n’étais pas devenue stérile". Au début des années pilule, cette crainte d’être devenue infertile après plusieurs années de contraceptif semble avoir été largement partagée.
Désir d’enfant ? Non. Désir de grossesse, oui. Voici un des très nombreux cas de figures possibles face à une demande de test de grossesse. On le voit, les situations sont complexes, et il n’existe pas d’équation en matière de sexualité.
Qu’advient-il dans l’éventualité d’un test positif chez les femmes qui ne veulent pas d’enfant ?
Si l’on s’attarde un instant sur les femmes que j’ai interrogées dans le cadre de mon mémoire, elles ont été mises dans une situation très ambivalente. Je résume leur propos : "J’étais rassurée sur ma fertilité, mais mise devant un choix à faire, qui serait irréversible, et qu’il faudrait assumer par la suite : poursuivre la grossesse ou l’interrompre". Celles que j’ai interrogées, on le devine, ont choisi d’interrompre volontairement leur grossesse.

En dehors de toute pression extérieure et des considérations de délai, tous les motifs personnels, religieux, professionnels, familiaux, matériels, sont pris en compte. Même lorsqu’une femme a longuement pesé le pour et le contre et se rend à l’évidence qu’elle ne peut faire autrement que d’avorter, il reste que c’est une intervention médicale qui peut, de surcroît, laisser des traces psychologiques, car elle place la femme face un cas de conscience. Les mouvements anti-IVG se sont d’ailleurs emparés de cet aspect, en jouant sur la culpabilité, photos et renseignement douteux sur les stades de développement des embryons à l’appui. Parfois, il ne sera donc pas envisageable d’interrompre une grossesse. Parfois, au contraire, la poursuivre sera insupportable. L’IVG est une décision prise instantanément, de façon impérieuse et ne sera jamais regrettée.
Être ou non enceinte ? Poursuivre ou non la grossesse? À quoi cela tient-il ? C’est une affaire complexe qui tient compte essentiellement des désirs, des opportunités, des conditions.
Autant de grossesses, autant de motifs d’interruption ou de non-interruption.
Autant de femmes, autant de parcours, autant de situations d’avoir à faire un choix, ou de n’avoir pas le choix.
Nous voyons que malgré tous les moyens de contraception largement mis à disposition, toute femme peut, un jour, être enceinte, même si elle ne désire pas d’enfant, et qu’il peut être abusif de considérer une grossesse comme un désir d’enfant inconscient. Pourquoi ne pas l’envisager également comme un désir de grossesse temporaire, tout simplement ?

La vie sexuelle et amoureuse prend parfois des allures de montagnes russes, dans lesquelles on peut s’étourdir et parfois se perdre. À une époque où le mariage n’est plus l’antre d’une sexualité procréatrice, rien n’est simple. Il n’y a plus que des ultra-conservateurs, comme les adeptes des mouvements anti-IVG, pour soutenir des théories aussi archaïques que "si une femme est enceinte, c’est qu’elle l’a bien voulu !" Démonstration simple : si elle ne voulait pas d’enfant, elle aurait eu recours à une contraception efficace, éventuellement à l’IVG, ou mieux encore, elle aurait été abstinente ! Simpliste, plutôt.
Autrement dit, si un ovule est fécondé et que la femme n’a pas recours à l’IVG, est-ce la preuve ultime que l’enfant a été désiré ? Nous voici de l’autre côté du miroir ! C’est la conclusion d’un raisonnement qui n’est logique, qu’en apparence, car, dans sa formulation, il ne tient aucun compte de paramètres irrationnels ou inconscients : la culpabilité, les croyances personnelles, la contraception défaillante, le contexte, et surtout, le désir, la libido, la pulsion de vie.

Aujourd’hui, affirmer que l’enfant qui naît n’a pu être que désiré est un présupposé (un de plus) qui invalide l’histoire personnelle des femmes.
Publié le 24/07/2008 à 14:54
Par psyche
Le choix, le libre arbitre



Ce qui m’intrigue le plus dans les situations personnelles est la question du libre arbitre. Autrement dit la volonté libre, non contrainte. Dans les deux populations de femmes (avec ou sans enfant) le mot est souvent lâché : "j’ai choisi de faire/ne pas faire un enfant" ! Je ne peux m’empêcher de me poser la question de ce choix, quand je pense notamment à l’une de mes amies qui me disait un jour "à l’âge de 28 ans , il faut absolument que j’ai fait un enfant" !! "Pourquoi 28 ans ? pourquoi pas 32 ?" Elle ne sut que répondre. Environ deux ans plus tard, elle a rencontré un jeune homme dont elle est tombée enceinte au bout de trois mois de vie commune, elle avait 28 ans et demi ! De son point de vue, elle avait choisi. Je me suis posée la question.
Il y a tant de raisons différentes de faire "le choix" d’avoir des enfants ! Des raisons plutôt émotionnelles, telles que : ‘je voudrais le faire pour faire plaisir à ma grand-mère’, ou ‘avant que mon père ne décède’, ou des motifs pragmatiques tels que ‘désormais, j’ai un travail, un mari, un appartement assez vaste’. Chacune ses motifs à faire des enfants.
Dans tous les cas, une grossesse est toujours légitimée, les causes avancées allant du plus rationnel au plus incongru. Si elle survient par "accident", décider de la mener à son terme n’a rien de fortuit.
Toutes les situations sont donc dans la nature ! Il faudrait un livre par situation pour explorer ces choix, tout existe en la matière, jusqu’aux méthodes de procréation assistée, pour aider les femmes à tomber enceintes, quand cette même nature ne répond pas.
Par ailleurs, il y a les autres femmes, celles qui traverseront leur vie sans avoir fait ou concrétiser ce choix. Il en est de même pour elles, chacune ses motifs à ne pas faire d’enfants. Les injonctions à ne pas donner la vie sont parfois profondément ancrées dans les méandres de l’histoire de la femme, souvent inaccessibles, obscurs, invisibles. Ne serait-ce que pour cette simple raison, il me semble important de faire passer un message d’ouverture et de respect à l’égard de ce choix. Qu’on le perçoive comme un "vrai" choix, un "faux" choix, ce choix appartient à la femme dans son histoire familiale, et personne ne devrait avoir à y redire.

Parlant de respect, justement, les femmes qui, elles, ont des enfants, sont-elles respectées ? Combien de fois ne vivent-elles pas certaines souffrances, en serrant les dents, pour ne pas ternir leur image de mère idéale auprès des autres ou à leurs propres yeux ? Ont-elles le droit de se plaindre ? Devenant mères, ont-elles encore le droit d’être femmes ? Ont-elles le droit d’exprimer un regret, de déléguer, de souffler, sans prendre le risque qu’on leur rappelle qu’elles ont eu le choix, qu’elles l’ont fait et qu’il leur faut assumer ?

Publié le 25/07/2008 à 09:07
Par psyche




Badinter Élisabeth, XY de l’identité masculine, Odile Jacob, 1992.

Bydlowski Monique, Je rêve un enfant - l’expérience de la maternité intérieure, Odile Jacob, 2000.

Cesbron Paul, Knibiehler Yvonne, La naissance en Occident, Albin Michel, Paris, 2004.

Devienne Émilie, Être femme sans être mère - Le choix de ne pas avoir d’enfant, Robert Laffont, Paris, 2007.

Halmos Claude, Pourquoi l’amour ne suffit pas - Aider l’enfant à se construire, Nil éditions, Paris, 2006.

Knibiehler Yvonne, La révolution maternelle depuis 1945 - Femmes, maternité, citoyenneté, Perrin, Paris, 2004.

Collectif sous la direction de Knibiehler Yvonne, Maternité, affaire privée, affaire publique, Bayard, Paris, 2001.

Maier Corinne, No kid - quarante raisons de ne pas avoir d’enfant, Michalon, Paris, 2007.

Valabrègue Catherine, Des enfants, pourquoi ? - Aujourd’hui, un choix, Stock, 1978.

Vallé Édith, Pas d’enfant dit-elle - les refus de la maternité, Imago, Saint Estève, 2005.

Vallé Édith, Pas d’enfant dit-elle, Tierce, Paris,1981.

Publié le 27/08/2008 à 15:38
Par psyche
Humeur : Souriante
Multigeste : femme ayant eu plusieurs grossesses.
Nulligeste : femme n'ayant jamais eu de grossesse.
Primigeste : femme enceinte pour la première fois. 

Multipare : femme ayant eu deux ou plusieurs accouchements.
Nullipare : femme n'ayant jamais eu d'accouchement.
(adj. XIXe siècle. Composé à partir du latin nullus, " aucun ", et parere, " enfanter ").
Se dit d'une femme qui n'a pas encore donné naissance à un enfant ou d'une femelle de mammifère qui n'a pas encore eu de petit).
En médecine : qui n’a encore jamais accouché
(antonyme : parturiente)

définition du petit Robert :
nullipare [nylipaʀ] adjectif et nom féminin
étym. 1877; du latin nullus et -pare, d'après primipare
Méd. Qui n'a encore jamais accouché.
N. f. Une nullipare de 40 ans.


Primipare : femme ayant eu un accouchement.
Paucipare : femme ayant eu des accouchements peu nombreux.
Vivipare : (du lat. vivus, vivant, et parere, mettre au monde). 
Se dit d'un animal dont les petits naissent sans enveloppe et déjà développés (© Larousse-Bordas 1998)
. L'espèce humaine est vivipare.



Viviparité : mode de reproduction des vivipares. 

Ovovivipare : se dit d'un animal qui se reproduit par œufs, mais qui les conserve dans ses voies génitales jusqu'à l'éclosion des jeunes, l'embryon se développant uniquement à partir des réserves accumulées dans l'œuf. (© Larousse-Bordas 1998).

Ovoviviparité : mode de reproduction des animaux ovovivipares. 


Ovipare : (du lat. ovum, œuf, et parere, engendrer) 
qui se reproduit par des œufs pondus avant ou après fécondation, mais avant éclosion (© Larousse-Bordas 1998).
Oviparité : mode de reproduction des animaux ovipares. 

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