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Zoé : Bravo, voilà des articles nuancés et complet sur un sujet trop souvent traité avec des clichés... merci, cette lecture m'a fait du bien
isa : pas facile surtout de s'avouer à soi même un non désir d'enfant
Louise : pour le moins inhabituelle me fait beaucoup réfléchir.
Louise : Bonjour Psyché, ton blog est extrêmemnt intéressant ! J'entends aujourd'hui qu'une femme de 59 ans va bientôt être mère. j'avoue que cette situation
amar : etre ou ne pas étre mère
Publié le 27/08/2008 à 17:36
Par psyche

"Féminisme, oui, je crois qu'il est convenable, avant que de faire un enfant à une femme, de lui demander si elle le veut"
Jules Renard


Des anciennes féministes aux féministes contemporaines, on retrouve la même revendication : le droit au respect de leurs vies, de leurs choix, de leurs libertés. Et, parlant de libertés : la plus revendiquée par les féministes des années 1970 était justement centrée autour de la maternité "un enfant si je veux, quand je veux".
Nous rencontrons là l’un des premiers préjugés possibles à l’encontre des femmes sans enfant :
"Puisque les féministes se sont battues pour le droit à disposer de leur corps et à faire un enfant si elles le veulent et quand elles le veulent, les femmes sans enfant sont sûrement des féministes".
Voyons cela.


Voici un très bref tour d’horizon en citant 3 féministes connues (et 2 méconnues) nées avant 1900 :
En effet, la liberté des femmes n’est pas un combat nouveau. Bien que nos mères et nos grand-mères n’aient pas eu la même vie que nous, les féministes des années 60-70 étaient les “filles spirituelles” d’autres femmes ayant vécu en d’autres temps. Parmi les plus connues, dont je dirai quelques mots, il y a Olympe de Gouges (née en 1748) qui considérait le mariage comme le tombeau de la confiance et de l'amour, George Sand (de son vrai nom Amantine Aurore Lucile Dupin, née en 1804) qui s’habillait en homme, Louise Michel (née en 1830), l’anarchiste défenseur des opprimés et des animaux. Ces femmes, anticonformistes et révolutionnaires dans l’âme, se sont battues pour les idées qu’elles se faisaient d’un monde plus juste, plus humain et plus égalitaire.
Publié le 27/08/2008 à 17:38
Par psyche



1791
: la femme de lettres française, Olympe de Gouges, publie " la Déclaration des droits de le femme et de la citoyenne citoyenne" . Elle y prône l’émancipation féminine notamment au travers de l’égalité entre les sexes. Selon son ouvrage, la femme devrait être considérée comme citoyenne à part entière. Ses actions ne se limitent toutefois pas à la condition de la femme. Olympe de Gouges s’était déjà engagée corps et âme dans la Révolution. Sa déclaration est calquée sur le modèle de la “ Déclaration des droits de l’homme et du citoyen”. Ces droits-là ne concernaient que les individus de sexe masculin !

Les femmes, il faut le rappeler, étaient privées du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux droits de possession, etc. S’élevant contre les préjugés des hommes (avec un petit h), ce texte dénonce en quoi la Révolution de 1789 avait oublié que les femmes étaient des Hommes (grand H) comme les autres ! L’égalité n’est donc pas au rendez-vous, la liberté non plus ! C’est pourquoi ce texte écrit par une femme, pour les femmes, dit que “La femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme”. Dans ce premier texte féministe, destiné à être adopté par l’assemblée nationale, on pouvait lire : “la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune”. Ainsi disparut cette femme qui “avait oublié les vertus qui conviennent à son sexe” : guillotinée, âgée d’à peine 45 ans, pour ses idées progressistes et ouvertement affichées.

Publié le 27/08/2008 à 17:39
Par psyche



George Sand ! Elle s’habille en homme, fume la pipe et monte à cheval “comme un homme”, et se donne même un nom d’homme.
“Pour moi, ma chère maman, la liberté de penser et d’agir est le premier des biens.” écrit George Sand à Mme Dupin, sa mère, le 31 mai 1831.
Elle a alors 27 ans.
George Sand est républicaine, socialiste et féministe. Elle lutte pour le progrès de la société, et est imprégnée d'une vision généreuse du monde. Cependant, elle a des relations envers les féministes de son époque très ambivalentes.
 

En effet, lors du soulèvement de 1848, les féministes pensent qu’elle pourrait être une porte-parole idéale pour leur cause, étant donné qu’elle revendique pour les femmes le droit au divorce et à l'égalité civile que le code Napoléon leur refuse. Mais George Sand n’a aucune intention de défendre des féministes pour qui elle ne cache pas son mépris. Elle se moque de ces "dames" et de leur journal. Elle n’apprécie pas d’être prise pour symbole d’un cénacle féminin avec lequel elle n’a jamais eu la moindre relation.
Pourtant, il en est autrement dans ses œuvres. Elle déclare qu’elle défendra une si belle cause, la cause des femmes, "tant qu’il lui restera un souffle de vie". Jusqu’à la fin de sa vie, elle croit encore en ses combats. Elle écrira à un jeune poète, sur la fin de son existence : " Apprenons à être des révolutionnaires obstinés et patients, jamais des terroristes. "  

Publié le 27/08/2008 à 17:41
Par psyche



Louise Michel, plus connue pour être une anarchiste, n’en sera pas moins une féministe (si l’on appelle féminisme une lutte pour l’émancipation des femmes), une pétroleuse. Ce qui lui tiendra à cœur : un bouleversement des rapports humains, plus de fraternité, moins d’injustices sociales, la libre conscience. Enfant, elle se préoccupe déjà du sort des aliénés et même de celui des animaux.

Intérieurement révoltée, mais intellectuelle engagée, elle est avide de connaissances et de savoirs. Elle sera institutrice dans l’enseignement privé, Elle signe ses premiers articles dans un journal de Haute-Marne sous le nom de “Louis Michel” pour avoir plus de chance d’être publiée, s’habille comme un homme. Indépendante, elle refuse le mariage à deux prétendants et s’installera à Paris pour se sentir plus libre. Là-bas, durant la Commune de Paris, elle se bat “comme un homme”. Voilà une manière contradictoire d’afficher son féminisme, s’interroge-t-on. Elle institua la compagnie d'ambulancières dont elle fit partie durant le siège de la Commune.
Elle mettra son talent d’oratrice au service du combat dans la rue et sur les barricades. Pour elle, le combat révolutionnaire et la pédagogie s’inscrivent dans une même volonté de participer à l’amélioration du sort des opprimés. Enfin, elle décrit les hommes comme conservateurs et misogynes.

L’année précédant sa mort, elle découvre que les femmes peuvent être franc-maçonnes. "Il y a longtemps que j'aurais été des vôtres si j'eusse connu l'existence de loges mixtes, mais je croyais que, pour entrer dans un milieu maçonnique, il fallait être un homme". Que n’aurait-elle fait si elle en avait fait partie dans sa jeunesse !?

Publié le 27/08/2008 à 17:43
Par psyche


•    Bien moins connue du grand public, il y eut, plus tôt encore, Marie de Gournay, née le 6 octobre 1564. Fille d’alliance de Michel de Montaigne, sans cesse calomniée, personnellement et pour son œuvre, cette célibataire vit et pense en féministe, et subvient seule à ses besoins.
En 1626, elle publie Les femmes et Grief des Dames où elle prône l’égalité absolue entre les sexes, ni misogynie, ni phylogénie.
 Elle fut féministe au sens où pour elle l’égalité des hommes et des femmes était un fait et que seul le manque d’instruction maintenait les femmes dans un état d’infériorité.



•    Christine de Pisan (née en 1364 !) fut redécouverte et réhabilité par les féministes de ces dernières décennies. 2005 fut l’année anniversaire de la publication de son livre " La Cité des Dames ", dans lequel elle démonte les clichés misogynes les uns après les autres. C’est son œuvre la plus connue. Elle fournit une des premières images féminines vouées à l'exercice intellectuel, elle est généralement considérée par les historiens comme ayant énoncé la première protestation véhémente contre les préjugés discriminatoires à l'égard des femmes.

Toutes ces femmes ont combattu, seules ou aux côtés d’autres femmes, moins connues ou inconnues, et je pense que toute féministe se reconnaîtra peu ou prou dans ces portraits. Des femmes comme on en trouvera plus tard dans les mouvements féministes français des années 1970, se battant pour les avancées sociales, n’acceptant pas de se plier à tout ce que la société impose : le mariage, les enfants, la soumission, le mépris des hommes, j’en passe et des meilleures. Calomniées, méprisées, elles ont toujours eu a cœur de moderniser la société, de la libérer de ses archaïsmes.

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