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Zoé : Bravo, voilà des articles nuancés et complet sur un sujet trop souvent traité avec des clichés... merci, cette lecture m'a fait du bien
isa : pas facile surtout de s'avouer à soi même un non désir d'enfant
Louise : pour le moins inhabituelle me fait beaucoup réfléchir.
Louise : Bonjour Psyché, ton blog est extrêmemnt intéressant ! J'entends aujourd'hui qu'une femme de 59 ans va bientôt être mère. j'avoue que cette situation
amar : etre ou ne pas étre mère
Publié le 01/05/2009 à 19:33
Par psyche
Humeur : Rebelle
En Sicile, une femme sans enfant n’est pas considérée comme une femme à part entière ! En France, pays bâti sur le terreau de la Révolution, les esprits se sont ouverts à d’autres visions de la femme.  L’idée que "si on est une vraie femme, on devient mère un jour", parce que c’est cela qui est "normal" ne fait pas beaucoup d’adeptes. Tout comme celle que l’instinct maternel finira bien par avoir raison de ce ventre vide, ou, à défaut, l’horloge biologique, deux facettes de la féminité qui passe par la voie de la maternité. Je vais tenter de voir en quoi ces facteurs jouent réellement un rôle sur le désir de la femme de devenir mère.

 
L’horloge biologique :



Si une jeune femme qui dit ne pas vouloir d’enfant est jeune, elle entend presque toujours les mêmes réponses : "Tu es jeune, tu as le temps de changer d’avis !". "Tu verras, quand tu rencontreras l’homme qu’il te faut, tu changeras d’avis". "Tu verras, quand ta cousine-copine-voisine-collègue aura accouché, ça te donnera envie", etc.
Quand elle plus âgée, ou trop âgée pour procréer, on se questionne, on est intrigué ! Est-elle stérile ? A-t-elle une maladie ? Une raison rationnelle, médicale de préférence, suscite la compassion. Quoiqu’il en soit, elle est considérée comme une femme à qui il "manque quelque chose". Pourtant, on peut tout à fait avoir deux ovaires, un utérus, n’avoir pas d’enfant, sans jamais avoir eu la sensation qu’il manquait quelque chose à sa vie.
À la femme de vingt ans, il ne manque pas forcément quelque chose, bien sûr. C’est encore l’âge où l’on est censé se consacrer, le plus souvent, à ses études, à trouver un travail, à s’installer, à démarrer une vie de couple, avant d’envisager de faire un enfant.
Mais par la suite ?
Les statistiques montrent que de plus en plus de femmes se consacrent d’abord à leur carrière et font des enfants sur le tard, passés trente-cinq ans. Pourtant, les années ont passé, ces femmes sont souvent épanouies dans leur travail, alors, pourquoi font-elles des enfants à ce moment-là ?
Est-ce "l’intervention" de l’horloge biologique ?
Adolescente, quand j’entendais parler de l’horloge biologique, j’étais persuadée que le ventre des femmes abritait une mystérieuse horloge chimique. Sur le coup des trente-cinq ans, celle-ci devait sonner le gong, en libérant des signaux hormonaux aux femmes sans enfant pour provoquer en elles le désir de devenir mère. J’imaginais que mon corps serait soumis à cette supposée décharge hormonale qui aurait raison de ma décision, m’obligeant à devenir mère malgré moi. Cela ne s’est produit ni pour moi, ni pour d’autres femmes.
Si de plus en plus de femmes font un enfant après trente-cinq ans, l’explication est ailleurs : elles se sont consacrées à leur carrière, et le plus souvent, elles ont remis à plus tard le moment de faire un enfant. Jusqu’à l’extrême limite physiologique. Par ailleurs, elles font souvent partie des femmes qui n’étaient pas contre l’idée de faire un enfant, ce qui signifie que le projet d’enfant était loin d’être une priorité. Elles ont préféré d’abord se servir une belle tranche du gâteau professionnel. J’en ai rencontré quelques-unes qui avouent que c’est leur gynécologue qui leur a mis la pression : "Dites, il faudrait peut-être vous y mettre, parce qu’il ne vous reste plus beaucoup de temps". À l’appui, une explication physiologique : "Vous comprenez, vos ovules vieillissent, le taux de votre fécondité diminue chaque année. Il se peut que ça ne marche pas du premier coup, ça risque de prendre du temps !"

Et voilà mon mythe de l’horloge brutalement démonté
. Ces femmes reconnaissent :  « C’est vrai, d’un coup, j’ai eu peur et je me suis dit "il faut que tu te décides, c’est le moment, sinon, tu vas vieillir seule" ».

Je me souviens de l’une des femmes interviewées, 49 ans. Elle dit : "Je rencontre Jacques à 35 ans, il a deux enfants adoptés. À ce moment-là, je me disais que le temps passait… Quatre ans plus tard, la relation tourne mal et j’allais le quitter, lorsque je tombe enceinte, à 39 ans... donc !
Ma mère m’a mis une énorme pression et la gynécologue m’a gardée deux heures pour me convaincre de poursuivre la grossesse, même si je devais quitter mon compagnon. C’est elle qui m’a persuadée, elle a trouvé des arguments puissants, je suis sortie du cabinet, regonflée à bloc : j’allais garder ce bébé, je saurais me débrouiller pour l’élever seule. Trois semaines plus tard, j’ai fait une fausse couche ! Finalement, c’est la moins mauvaise chose qui pouvait m’arriver ! En fait je ne le voulais pas vraiment, j’ai surtout eu peur de vieillir sans enfant, c’était l’ultime chance pour moi. C’était tout de suite ou jamais !"

Elle n’a cependant aucun regret, et sa culpabilité initiale d’avoir perdu le fœtus s’est dissipée.

Cet exemple est frappant : si l’horloge biologique avait pour objectif d’amener toute femme à procréer dès qu’elle approche la limite d’âge, on peut supposer qu’elle aurait naturellement gouverné la décision de cette femme. Or c’est sous la pression de sa mère et surtout de sa gynécologue qu’elle a choisi de poursuivre la grossesse.
Pour conclure, je dirais donc que ce n’est pas l’horloge biologique qui prédétermine le destin des femmes.
D’ailleurs, si l’on prend la peine de vérifier la définition de cette expression dans le petit Robert, voici ce qu’on lit :  
Horloge interne ou biologique : ensemble des mécanismes biochimiques et physiologiques qui maintiennent, chez l'homme et l'animal, une répartition rythmique de l'activité de l'organisme.

D’une part, on le voit, cette horloge n’est pas spécifique à l’espèce humaine, d’autre part, elle régit l’ensemble des interactions physico-chimiques, qui ne se limitent pas aux seules sécrétions liées à la libido et aux hormones distillées par les appareils reproducteurs.

Alors, après trente-cinq ans, n’est-ce pas plutôt la pression qui fait agir ou réagir une femme ? Ou la peur de vieillir seule ? Ou encore ce que pourrait penser l’entourage ?

Publié le 01/05/2009 à 19:37
Par psyche


Un autre concept largement véhiculée est celui d’un instinct dit maternel. Je l’exprime ainsi car je le compare volontiers à l’intuition dite féminine. En ce sens que, ni l’un ni l’autre ne me semblent propres aux femmes. Il n’y a pas, selon moi, des comportements propres et spécifiques aux seules femmes ou aux seuls hommes.
On a tous, un jour, entendu parler d’une femme qui met au monde un enfant, mais n’éprouve pas, à son égard, des sentiments de tendresse et d'amour, ce que certains disent venir de l’instinct maternel.

Le petit Robert définit l’instinct comme :

Une "tendance innée et puissante, commune à tous les êtres vivants ou à tous les individus d'une même espèce" ou encore une "tendance innée à des actes déterminés (selon les espèces), exécutés parfaitement sans expérience préalable et subordonnés à des conditions de milieu" .

Or on le voit, si dans le règne animal, on peut parler d’instinct, chez l’Homme, que je distingue de l’animal, ce qui reste d’instinct se trouve peut-être dans la recherche du sein pour téter, dans l’élimination des déchets, dans l’alternance sommeil/éveil. Pour le reste, s’il y a des réflexes liés à l’éducation reçue, il y a dans ses comportements bien moins de "nature" que de "culture".
Les femelles mammifères d’une espèce s’accouplent avec les mâles (sauf exception). En revanche, pour les humains, les couples se forment sur des critères conscients et inconscients, et même si on ne peut expliquer pourquoi un couple fait un, deux, trois enfants ou plus, il en a le choix, comme il a le choix de ne pas en vouloir et de s’y tenir, malgré l’environnement et malgré la nature elle-même.
Peut-être y a-t-il de l’instinct en nous, lorsque nous volons au secours d’une personne en danger ou lorsque nous cherchons à fuir face à un adversaire agressif, mais nous restons des êtres humains, et, de ce fait, nous nous distinguons des autres mammifères. Donc je ne peux penser que la décision de faire un enfant procède de l’instinct.
L’instinct maternel est, pour ma part, une expression abusive, et je rejoins Victor Hugo qui disait : "l'instinct maternel est divinement animal, la mère n’est plus une femme, elle est femelle". Nourrir, protéger, prendre soin de sa progéniture : chez l’animal, ces actes sont innés, pour la survie de l’espèce : la femelle met bat, lèche le nouveau-né et parfois avale le placenta pour que son odeur n’attire pas les prédateurs. L’une cache ses petits dans un terrier. L’autre s’éloigne du nid pour chercher les insectes de la prochaine béquée.
 

Même si on décidait que l’instinct maternel, chez l’Homme, consistait à :
-    Aimer d’emblée son enfant (ou au moins dans les premières semaines après sa naissance),
-    Le nourrir,
-    Le protéger et
-    En prendre soin physiquement, émotionnellement, matériellement,
Alors, déjà, je dirais qu’il n’y a pas d’instinct maternel. Il y a les mères qui savent aimer leur(s) enfant(s), et celles, qui, parce que leur amour est enfoui, inexprimé, n’y parviennent pas.
Après mes interviews, j’ai été plus que jamais convaincue que l’instinct maternel n’existait pas, pour avoir entendu une jeune femme me dire le dégoût qu’elle éprouvait envers les enfants : voici comment elle en parlait :
“ Un môme, ça gueule, ça bouffe, ça chie, bref, ça m’a toujours répugnée ! Je les fusille même du regard pour ne pas qu’ils m’approchent  !”. Comme quoi, entre ‘être une femme’ et ‘avoir l’instinct maternel’, l'étendue s’apparente à un gouffre.
Les experts qui se sont d’ailleurs penchés sur la question de savoir ce que ressent une mère à la naissance de son bébé se contredisent. Il apparaît que cela varie d’une femme à l’autre, d’un enfant à l’autre. Il semblerait pourtant que plus de 80 000 femmes, chaque année, n’éprouvent pas cet amour supposé, alors remplacé par de la honte, du silence, et de la culpabilité. Elles ressentent un terrible désarroi parce qu’elle ne parviennent pas à se connecter à l’amour qu’elles sont "censées" ressentir. Ce décalage inavoué laisse ces mères souvent désorientées.
L’amour maternel bloqué, cadenassé, provisoirement ou à vie, montre bien que l'instinct maternel ne peut être mis en avant comme la panacée. En matière de sentiment, d’instinct ou d’amour maternel, on rencontre, là encore, tous les cas de figures. Les femmes qui disent n’avoir pas cet "instinct maternel" n’ont pas une vie sans amour, elles ont juste une vie sans enfant.

Mères aimantes, mères moins aimantes, sentiment maternel exacerbé ou inexistant, tout existe là encore… S’agissant simplement de l’instinct maternel, ou de l’amour maternel, les mères respectives des femmes interviewées n’ont pas eu pour elles cet amour nourrissant, ou bien il a été trop peu manifesté. Dans certains cas, c’est une raison nécessaire et suffisante pour ne pas vouloir d’enfant, soi-même. "Comment donner à son enfant ce que l’on n’a pas connu, ce que l’on n’a pas reçu ?" C’est d’ailleurs la question posée par beaucoup de femmes perdues, qui sont devenues mères alors qu’enfant, elles avaient perdu leur mère, ou qu’elles n’avaient pas reçu d’elle la moindre manifestation d’amour ou de chaleur.

Il est possible aussi que la médicalisation à outrance des accouchements ne favorise pas le déclanchement de cet élan de la mère pour son nouveau-né. Le bébé, ôté au ventre maternel, est nettoyé, aseptisé, débarrassé de toute odeur et restitué à sa mère après ce brutal arrachement. La part de l’acquis, et de l’inné, reste une éternelle source de débats, car au fond, ce qui se joue entre la mère et l’enfant est subtil, invisible, les échanges passent par les regards, par le sein, par le toucher, l’odorat, autant de déclencheurs inattendus pour les mères. J’ai en mémoire le témoignage d’une mère de trois enfants qui me disait : "quand j’allais voir mes enfants, à la pouponnière, ils étaient là, au milieu des autres, je les regardais, sans ressentir pour eux quelque chose de différent des enfants d’à côté. C’est quand chacun de mes enfants fut contre moi, pour lui donner le sein, que j’ai créé un lien avec lui, différent du lien avec les autres enfants."

Je dirais, pour conclure ce paragraphe, que l’on n’a pas le droit de mettre l’instinct maternel en avant pour exiger d’une femme l’impossible (faire un enfant) ou pour en faire un monstre (si elle est mère mais qu’elle n’éprouve pas cet amour maternel).
Jusqu’où pourrions-nous aller au nom de l’instinct ? Réduire une femme à ses instincts maternels, ne serait-ce pas comme réduire un homme à ses instincts de chasseur. La femme à l’allaitement et l’homme à sa caverne ?

Publié le 01/05/2009 à 19:40
Par psyche


Il n’est pas aisé de déterminer ce qui pousse une femme à avoir un enfant ou non. Quoiqu’il en soit, la nature ne fait pas tout : le bassin accueillant et le système hormonal dont elle dispose ne suffisent pas à la contraindre.  Et si la nature ne remplit pas sa fonction, cela enlève-t-il quelque chose à la femme ? Un statut dans la société ? (Notons qu’une louve reste une louve même si elle n’est pas la louve alpha, la seule louve habilitée à procréer) Sa féminité ?

Pour ma part, je ne saurais expliquer ce qu’est la "féminité". Je parlerais plus volontiers de valeurs féminines, du Yin.


Pour les chinois , "l'univers, c'est l'oscillation des deux énergies Yang et Yin, et leurs vicissitudes". Le Yang et le Yin, par leurs actions et interactions, sont à l'origine de l'existence de toute chose, chacune portant en elle un germe de Yang et de Yin, et n’étant rien d'autre qu'une parcelle de ces deux forces primaires de la Nature.
 L'homme est Yang, et la femme Yin : on dit que celle-ci a une qualité cosmique Yin et que celui-là a une qualité cosmique Yang.
Mais aucune chose ne possède que du Yin ou du Yang. En effet, le Yin et le Yang sont inséparables.
Les proportions de ces deux forces, dans chaque chose, ne sont pratiquement jamais égales, car le Yin et le Yang sont perpétuellement en mouvement l'un aux dépens de l'autre, cela signifie qu'il existe des choses plus Yang que Yin. C'est d'ailleurs pour cette raison que les concepteurs de la cosmogonie chinoise ont classé un grand nombre de choses suivant leur nature à prédominance Yang ou Yin, la femme étant classée Yin.
Mais elle reste à la fois Yin et Yang,
La contradiction n'est qu'apparente, car le Yang et le Yin existent toujours de manière relative. La femme est Yin par rapport à l'homme, qui est Yang ; mais elle est Yang par rapport à l'animal, qui est Yin. Dans le corps même de la femme, les organes pleins (le foie par exemple) sont Yang, alors que les organes creux (l'estomac par exemple) sont Yin. Dans un même organe Yang ou Yin, certaines parties et les artères sont Yang, tandis que certaines autres parties et les veines sont Yin. Dans le sang, les globules rouges sont Yang, et les globules blancs sont Yin. Etc.
Une chose est donc considérée comme Yang ou Yin non dans l'absolu, mais uniquement par rapport à une autre chose.

En somme, il existe bien des critères de classification de choses dans la catégorie Yin ou la catégorie Yang. Pour citer un autre exemple : la montagne est Yang du point de vue géologique en raison de sa masse et de sa forme ; mais elle est Yin du point de vue climatique en raison de l'humidité, des nuages et des neiges qu'elle abrite.



Cette incursion dans un concept totalement étranger aux occidentaux, permet de relativiser l’idée qu’une femme ne peut être une femme, dans sa féminité, qu’après avoir enfanté. Au regard de cette conception chinoise, ce serait impensable. De plus, elle reviendrait à dire, par ailleurs, qu’un homme ne peut être un homme, dans sa virilité, qu’après avoir bâti sa maison. Cette vision dichotomique revient à séparer, là où les chinois incluent.

En tout cas, ce que les orientaux nomment la qualité Yin serait, globalement, ce que nous appelons la féminité. Or, les qualités yin d’une personne ne se lisent pas sur son état civil.
À la lumière de la cosmogonie chinoise, est-il possible d’imaginer que c’est un manque de Yin chez certaines femmes, qui les conduit naturellement à ne pas faire d’enfant ?

Publié le 01/05/2009 à 20:07
Par psyche


Il n’est pas aisé de déterminer ce qui pousse une femme à avoir un enfant ou non. Quoiqu’il en soit, la nature ne fait pas tout : le bassin accueillant et le système hormonal dont elle dispose ne suffisent pas à la contraindre.  Et si la nature ne remplit pas sa fonction, cela enlève-t-il quelque chose à la femme ? Un statut dans la société ? (Notons qu’une louve reste une louve même si elle n’est pas la louve alpha, la seule louve habilitée à procréer) Sa féminité ?

Pour ma part, je ne saurais expliquer ce qu’est la "féminité". Je parlerais plus volontiers de valeurs féminines, du Yin.


Pour les chinois , "l'univers, c'est l'oscillation des deux énergies Yang et Yin, et leurs vicissitudes". Le Yang et le Yin, par leurs actions et interactions, sont à l'origine de l'existence de toute chose, chacune portant en elle un germe de Yang et de Yin, et n’étant rien d'autre qu'une parcelle de ces deux forces primaires de la Nature.
 L'homme est Yang, et la femme Yin : on dit que celle-ci a une qualité cosmique Yin et que celui-là a une qualité cosmique Yang.
Mais aucune chose ne possède que du Yin ou du Yang. En effet, le Yin et le Yang sont inséparables.
Les proportions de ces deux forces, dans chaque chose, ne sont pratiquement jamais égales, car le Yin et le Yang sont perpétuellement en mouvement l'un aux dépens de l'autre, cela signifie qu'il existe des choses plus Yang que Yin. C'est d'ailleurs pour cette raison que les concepteurs de la cosmogonie chinoise ont classé un grand nombre de choses suivant leur nature à prédominance Yang ou Yin, la femme étant classée Yin.
Mais elle reste à la fois Yin et Yang,
La contradiction n'est qu'apparente, car le Yang et le Yin existent toujours de manière relative. La femme est Yin par rapport à l'homme, qui est Yang ; mais elle est Yang par rapport à l'animal, qui est Yin. Dans le corps même de la femme, les organes pleins (le foie par exemple) sont Yang, alors que les organes creux (l'estomac par exemple) sont Yin. Dans un même organe Yang ou Yin, certaines parties et les artères sont Yang, tandis que certaines autres parties et les veines sont Yin. Dans le sang, les globules rouges sont Yang, et les globules blancs sont Yin. Etc.
Une chose est donc considérée comme Yang ou Yin non dans l'absolu, mais uniquement par rapport à une autre chose.

En somme, il existe bien des critères de classification de choses dans la catégorie Yin ou la catégorie Yang. Pour citer un autre exemple : la montagne est Yang du point de vue géologique en raison de sa masse et de sa forme ; mais elle est Yin du point de vue climatique en raison de l'humidité, des nuages et des neiges qu'elle abrite.



Cette incursion dans un concept totalement étranger aux occidentaux, permet de relativiser l’idée qu’une femme ne peut être une femme, dans sa féminité, qu’après avoir enfanté. Au regard de cette conception chinoise, ce serait impensable. De plus, elle reviendrait à dire, par ailleurs, qu’un homme ne peut être un homme, dans sa virilité, qu’après avoir bâti sa maison. Cette vision dichotomique revient à séparer, là où les chinois incluent.

En tout cas, ce que les orientaux nomment la qualité Yin serait, globalement, ce que nous appelons la féminité. Or, les qualités yin d’une personne ne se lisent pas sur son état civil.
À la lumière de la cosmogonie chinoise, est-il possible d’imaginer que c’est un manque de Yin chez certaines femmes, qui les conduit naturellement à ne pas faire d’enfant ?

Publié le 01/05/2009 à 20:09
Par psyche


Ni l’horloge dite biologique, ni l’instinct dit maternel, ni la valeur Yin, ne sont, en soi, des déclencheurs de désir d’enfant.

Les femmes ne sont pas des "femelles" ordinaires et ne sont pas soumises à la seule nature.
La culture, l’éducation, les références, les modèles, composent sa personnalité, façonnent son mode de pensées et lui permettent d’élaborer une réflexion, à l’issue de laquelle elle peut prendre une décision. Bien sûr, nous l’avons vu, toute femme peut être influencée, et comme nous le verrons plus loin sa décision, aussi ferme soit-elle au départ, peut, dans certaines situations, être remise en question.
Par ailleurs, si le biologique prend le dessus, elle aura peu de moyens de le combattre et parfois même aucun : que peut faire une femme confrontée à des fausses couches à répétitions en dehors du recours au corps médical ?
Donc, je réponds "oui", une femme reste une femme, qu’elle soit mère ou non.
Elle a simplement d’autres projets que celui de faire des enfants.


"L’amour maternel est infiniment complexe et imparfait. Loin d’être un instinct, il faut plutôt un petit miracle pour que cet amour soit tel qu’on nous le décrit".
Élisabeth Badinter
Dans "XY de l’identité masculine"

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