Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit :
“ Parlez-nous des Enfants”.
Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées,
car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, telles des flèches vivantes.
L'archer vise la cible sur le chemin de l'Infini,
et Il vous tend de sa puissance afin que ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l'archer vise la joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.
“ Parlez-nous des Enfants”.
Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées,
car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, telles des flèches vivantes.
L'archer vise la cible sur le chemin de l'Infini,
et Il vous tend de sa puissance afin que ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l'archer vise la joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.
Khalil Gibran
Faire ou non un enfant ? Voilà la question. Et d’abord, quel enfant ? Un enfant sujet ? Un enfant objet ? Un enfant à aimer, à éduquer, à dresser ? Quel enfant au juste ?
Chacun sait qu’un enfant vient au monde avec son empreinte spécifique, ses potentialités, ses tendances. Les amérindiens le considèrent ainsi : l’enfant vient au monde pour être ce qu’il est, pour élever ses qualités d’âme, pour vivre sa propre nature, avec l’aide éclairée de ceux qui l’entourent. C’est sous forme de prière à la première pleine lune, que les adultes amérindiens demandent à leurs nouveaux-nés des les aider à les connaître : “ apprends-nous à savoir qui tu es et sois patient avec nous !”. Un regard bien loin du nôtre.
Notons également l’approche de Khalil Gibran : “ vos enfants ne sont pas vos enfants”, un prolongement vers d’autres horizons, d’autres aperçus, d’autres lunes.
Mais venons en à la réalité de notre société. Aujourd’hui, l’évolution des comportements marque plutôt un fléchissement de l’autorité parentale et un accroissement du manque de repères chez les enfants. Du parent despotique au parent laxiste, les parents sont dépassés ! De l’enfant soumis à l’enfant tyran, les enfants sont égarés ! Qu’est devenue la place du parent ? Qu’est devenue la place de l’enfant ? Qu’est devenue la place de la maternité ?
La procréation pouvant être contrôlée par chacun, faire un enfant revient désormais à lui donner une place de choix. D’un côté la responsabilité des femmes qui procréent est d’autant plus lourde que la société utilise l’argument d’une contraception désormais très répandue contre les parents en difficulté. Le sentiment de "propriété" que certains parents éprouvent, en outre, à l’égard de leur progéniture, "désirée" (contraception oblige), fait de l’enfant un être-objet, à qui la juste place n’est peut-être pas encore accordée, car mal définie. D’un autre côté, le destin des femmes qui n’accordent pas de place dans leur vie pour un enfant, provoque, là encore, l’envie d’aller voir du côté de cette place.
Qu’une place soit accordée ou non à l’enfant dans la vie d’une femme, ce thème est si intimement lié à la maternité.
Puissions-nous réinventer un monde plus ouvert, accorder aux enfants la place qui leur convient, puissions-nous comprendre les propos de Khalil Gibran.



