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Publié le 04.07.2009
Par Rubis
Humeur : Maussade

Le fait est que finalement, nous sommes tous devenus adultes. On aurait pu prolonger indéfiniment l'enfance de notre vie. Tout le monde aurait pu, non? Tout jeunes, nous rêvions d'un idéal, on l'appelait, on le guettait, on y aspirait de tout notre coeur. Et puis, le jour où il s'est dessiné, on a eu peur de le vivre. On a eu peur de ne pas être à la hauteur de nos propres rêves.
 On a eu peur de marier cet idéal à une réalité dont on devenait responsables. C'est si facile de renoncer à être adulte, si facile d'oublier ses fautes, de mettre l'erreur sur le compte d'une fatalité qui masque nos paresses.

Il est aussi facile de tout mettre sur le dos des autres, de les juger, de les condamner et de s'absoudre par le fait même. « Mon père était comme ci », « Ma mère était comme ça. » On se dit d'une famille pauvre, sans ambition, dysfonctionnelle. Puis, on justifie aussi ses propres dysfonctions, ses propres peurs, sa propre ingratitude.
On a peur d'avancer dans la vie et on n'aime pas ce que l'on voit, des autres d'abord puis de soi, tout au fond de son âme. On devient un être irresponsable envers ses rêves, qui fait de sa vie un lot de faux-fuyants et de prétextes à se vautrer dans la boue de ses propres peurs : la peur de ne pas être aimé, la peur d'être rejeté, d'être abandonné, d'être trahi, de ne pas être à la hauteur simplement.
Et on met ses masques : ceux de la fuite, de la dépendance, de l'infantilisme, ceux du contrôle, de la rigidité et le pire, le masque du paraître ou du matérialisme. On a alors perdu son idéal, ses rêves…

On fait les choses parce que la société nous dit de les faire, parce qu'on a peur des quand-dira-t-on, des jugements de surface, et on fait semblant d'avancer, on se fait croire que l'on avance, parce que cette même société nous juge selon les seuls critères de la productivité et de l'avoir. Et le pire, c'est qu'on le sait.
Ainsi, on fait un autre travail que celui qu'on aurait aimer faire. On se marie parce qu'il faut bien se caser.
 On s'habille du manteau que les autres veulent voir sur son dos.
 Et on s'enlise pour longtemps, pour trop longtemps.

Puis le réveil sonne. La crise de la trentaine ou de la quarantaine arrive.
 Et on se dit : pourquoi ne ferais-je pas ce que mes rêves me dictent depuis l'enfance? Remise en question douloureuse s'il en est. Et on « s'instrospecte » à s'en rendre malade, on se réfugie dans son petit jardin secret, on cherche, on se cherche. On y construit une muraille inattaquable sans se rendre compte que l'on nage encore dans ses peurs : la peur de réaliser ses rêves, la peur de s'aimer, la peur d'aimer l'autre, la peur de vivre, tout simplement.

Et un jour, comme le chevalier du Moyen-Âge, on tombe en bas de ce beau cheval que fut sa monture aux yeux des autres.
C'est utile et protecteur une armure, quand on est à dos de cheval et qu'on fonce dans ses peurs en étant quelqu'un d'autre que soi-même, toujours selon les voeux de la société.
Mais l'armure devient encombrante quand on est tombé au bas de son cheval on que l'on court avec cette armure sur le dos, quand on court vers l'inconnu d'une vie qui avance inéluctablement vers une fin éventuelle.

Et ce n'est que petit à petit qu'on réussira à enlever cette armure et à refaire comme l'enfant qui dormait en soi, cet enfant que l'on a endormi en soi et qu'on a enfin envie d'écouter. Et c'est là, juste là que le bonheur arrive, dans cette écoute attentive de sa voix intérieure, dans ce lâcher-prise bienfaisant, dans cette gratitude totale envers la Vie, qu'on la nomme Puissance supérieure, Dieu ou toutes autres appellations.
 Dans cet ici-maintenant qui seul nous appartient.

Tu es une poussière d'étoile tombée sur la terre pour apprendre la Vie, puis pour éclairer les zones ombragées. Tu es une parcelle, une étincelle divine qui désire, sans le savoir nécessairement, retourner vers le grand Tout que tu as quitté, comme quand tu reviens d'un voyage, tu désires te retrouver chez toi, dans tes choses. Mais d'ici là… CARPE DIEM !

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Ces mots que je me souviens de l’alphabet de mon destin. Ces mots que j’écris ressemblent aux oreillers, dans un lit à deux places, le sien n'est pas froissé. Je n'ai que la mémoire de quelques mots rosés. Les mots qui manquent ont la tristesse de mes matins gris. Ils sont parfois feutrés, parfois poussent des cris. Les mots qui manquent, je vous jure, ça fait mal Ils avalent la langue et nouent les amygdales... Je suis cette geôlières silencieuses assoiffée du silence de ces mots silencieux … Dieu! Que je me rappelle la douceur de ces mots.